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À la découverte de l’éveil Auteur: Françoise Boldireff-Rhéaume Merci à Linda, Laurence et Lucie qui m’ont donné les ailes pour enfin trouver la lumière Pour tous ceux qui ne peuvent partir à l’aventure unique d’une vie Avant-propos Comme tout, ce livre a une histoire. C’est mon histoire réelle, authentique toute simple tel un ruisseau qui serpente une montagne. Il abreuve la faune et la flore de cette magnifique création que nous a donnée ce Maître Créateur. Il chuchote ou gronde, aide ou détruit selon son humeur. Il reflète les rayons d’un soleil éblouissant ou d’une lune toute endormie, mais il n’est pas silencieux. On ne peut l’arrêter. Je vous invite à prendre kayac ou canot pour entreprendre, pour suivre son cours, selon votre rythme pour apprécier, goûter à la vie qui nous donne toute sa saveur tel un fruit mûri au temps des saisons. Ce livre mûrissait vraiment au fond de l’ordinateur. Il attendait les circonstances de la vie qui, si moindrement, on ose porter un peu d’attention, se placent dans notre esprit et s’emboitent tel des morceaux de casse-tête pour nous révéler le chemin à parcourir. Il n’y avait pas seulement mon histoire qui restait dans l’ordinateur. Je crois que moi aussi, je paressais où, à bien y penser je couvais mon œuf comme l’oiseau dans son nid. Cet œuf a éclos à l’écoute des impressions des amies. Je leurs fais confiance, je leurs ouvre mon cœur sans orgueil. Oui, j’avais besoin d’aide. Dans chaque personne, il y a des trésors inestimables qui ne demandent qu’à être trouver pour que chacun puisse mettre une lueur de bonheur dans ses yeux, un sourire resplendissant de fierté d’avoir pu être utile. Alors, je me fais confiance, je vous offre mon trésor, ma vie, une très petite parcelle de vie, si on la compare à l’éternité. Avant d’entreprendre de grands travaux, il y a différentes questions à se poser : pourquoi? Est-ce nécessaire? Quelles énergies demandent-ils? Suis-je prête à m’invertir? Après réflexions et patience, surtout patience, Rome ne s’est pas construit en un seul jour. Voilà que j’imprime déjà des proverbes, ah ces proverbes, maman nous en sortait à toutes les sauces. J’aimerai bien qu’elle m’accompagne dans cette aventure, mais comme elle dit se ne sont que des souvenirs. Voilà exactement ce que je ne voudrai pas faire, vous relater seulement des souvenirs. J’espère y joindre tout l’amour qu’elle m’a apporté cette grande aventure. J’espère additionner autant de sucre que le soleil sur un fruit mûr pour vous donner le goût de partager votre vie avec tous ceux qui vous entoure, car le plus grand trésor sur cette terre, c’est l’humain dans son intégralité. Suis-je prête? Oui, toujours prête! Paroles de scout! Pourquoi? Parce que le monde malgré les différents de part et d’autres semble endormi, hypnotisé, incrédule. Chacun semble s’occuper de son petit domaine sans regarder celui qui est près de lui. Son prochain a tellement à offrir. Il attend un simple sourire, un geste ou un bonjour pour vous ouvrir son cœur. C’est là, le plus grand des trésors. Est-ce nécessaire que j’écrive ces mots? Oui! Car je suis grand-maman, et responsable de mes petits-enfants. Pour eux, je dois transmettre les valeurs auxquelles je crois. C’est leur héritage. Foi, amour et confiance. À la découverte de l’éveil, se présente en deux parties : sur les chemins de la paix et l’araignée solitaire. Les deux ne peuvent plus être dissociés car une vie ne peut être séparée. Je vous la livre toute entière. Première partie Sur les chemins de la paix Au cours de chaque vie, vient un moment où une crise existentielle souffle sur le miroir tranquille que reflète la vie quotidienne. Si nous écoutons et restons ouverts aux coïncidences de cette vie, le chemin se clarifie, si nous la laissons voguer au rythme de notre foi. Elle va nous jouer des tours cette foi, sera mise à l’épreuve, grandira mais ne nous laissera certainement pas indifférents. Elle permettra des rencontres, des amitiés fabuleuses, des enfants attachants, des villes aux mils visages. Une bonne journée, j’ai pris le kayac de ma vie, un biplace, une place pour moi une place pour Dieu. Je l’ai jeté dans le courant de ce fleuve magnifique qui s’appelle la foi. Durant quatre années, j’ai pagayé avec force et persévérance comme bénévole, en Bolivie. Je vous livre donc mes aventures, mes espoirs, j’espère que ce fleuve, LA FOI, saura vous envahir d’énergie, de confiance tout comme je fus envahie. Pour faire voguer mon kayac, ma pagaie fut la prière, mon phare, Marie, Sainte-Marie, mère de Dieu qui est toujours attentive à nos intentions. Depuis deux ans, seule, dans ma maison, je Lui donne tout mon temps car je lui avais dit que je Lui consacrerais mon temps quand je serai de retour chez moi. A paroles données, choses dues. Ma mère aussi a eu droit à plus d’attentions de ma part. Cela a porté fruit. Ses trésors de livres me furent découverts. Les plus beaux furent la collection L’évangile tel qu’il m’a été révélé par Marie Voltorta. Par ceux-ci, j’ai découvert une Marie toute différente, une aide inconditionnelle à Jésus. Elle est devenue mon idole, ma référence pour un bon cheminement de vie.
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Prologue Toute notre vie est basée sur des suites de coïncidences qui sont les ouvertures sur notre chemin de vie. Je me suis ouverte à ces coïncidences, je les écoute, je leur fais confiance. Cette ouverture d’esprit s’agrandit avec le temps, avec le calme, la foi et l’espérance. Dans mon adolescence, suite à l'audition du film les ailes de l’espérance, je me suis dis : C’est cela que je veux faire ! C’est entré dans mon subconscient quand fut le moment propice ce subconscient m’envoya les coïncidences qui me donna le courage de partir à l’aventure au moment voulu. Je ne suis pas arrêtée pour dire : Mon chemin est terminé, car il sera terminé quand j’aurai rendu l’âme, ce n’est pas encore le temps. Technicienne de laboratoire, gardienne en milieu familiale, scoutisme, mère de famille et épouse autant d’atout dans mes expériences de vie pour suivre l’appel pressant qui était en moi. D’un coup de balai, j’envoie à la poubelle mes craintes et mes peurs en prenant comme simple bagage ma foi en Dieu, en l’Esprit-Saint. Je confie à mon ange gardien, ma protection et je fonce dans l’aventure vers la Bolivie. Au terme de la révolution russe, le 11 février 1920 naquit un garçon qui sera exilé en Belgique, ainsi il aura la vie sauve. Dans ce pays d’adoption, il grandit dans des orphelinats ou familles d’accueil. Sa jeunesse est remplie d’espoir malgré, tous les désagréments d’une vie en solitaire, sans famille. À l’âge de 18 ans, il décide de se convertir, il se remet entre les mains de Dieu. Survient la deuxième guerre mondiale, l’amour entre dans sa vie. Papa et maman se retrouvent hospitalisés en même temps, le 8 décembre 1944. Ils se font la cour par l’intermédiaire d’un miroir. Ces échanges amoureux se terminent par un mariage qui à lieu le 28 décembre 1946, le jour des Saint-Innocents. La famille se forme, mais encore des orages à l’horizon. Pour une plus grande paix d’esprit, un second exil est nécessaire. Le 8 décembre 1951, la petite famille qui se compose alors, du père Victor Boldireff qui est un orphelin, la mère Thérèse-Hélène Mack, fille de Gabrielle Leonet et Adelin Mack et petite-fille de Joseph Leonet et Eulalie Ménager qui décède le 9 décembre 1951. Joseph Leonet fut le premier civil tué dans la ville de Graide, lors de la première guerre mondiale. Graide fut occupé par une garnison allemande forte de 500 hommes ; l’église fut transformée en hôpital par la Croix-Rouge pour recevoir les nombreux blessés venus principalement des combats de Bièvre et de Porcheresse. Ces hommes du VIIIe corps de rhénan se montrèrent quelque peu énervés à Graide ; des soldats tuèrent volontairement un civil, M. Leonet, qui refusait de laisser amener sa fille comme guide forcé dans le village. Ils sont allés jusqu’à interdire de toucher à sa dépouille, et ce durant trois jours. Son corps est resté, étendu au centre de la place, à la vue de chacun. Je vous redonne Monsieur Léonet, en ce jour votre place d’honneur. La guerre est le spectacle de tant de calamité, Il faut maintenant parler de PAIX pour que la PAIX vienne. Trois petits bouts de femme complètent la famille Anne trois ans et demi, Marie-Jeanne deux ans et demi et Françoise treize mois. Le Canada devient une terre d’adoption, 25 décembre 1951, un paquebot de la compagnie britannique CUNAR LINE accoste sur l’Île de Montréal. Tous les rêves sont permis. Tous les espoirs bourgeonnent malgré la froideur de l’hiver. Papa nous disait que c’était superbe, la vue des sapins illuminés le long des berges du Saint-Laurent. Pour moi, un sapin illuminé représente cet accueil canadien, cet accueil de liberté. Après la fête de Pâque 1954, lors d’une sortie familiale avec un ami contagieux, il avait la scarlatine. J’étais assise sur ses genoux, tout au long du trajet, ce qui me contamina. Cette scarlatine était tellement forte, c’était sans espoir selon l’avis des médecins. Une nuit, en dernier recours, il demande à Kateri Tekathwika de me redonner la santé, en échange, je ferai toujours le bien. Cet échange, je l’ai su voilà une dizaine d’année. En l’année 1959, une épidémie de polio envahit Montréal. André, mon second frère, âgé alors de trois ans, est atteint par celle-ci. Ce fut l’un des cinq cas les plus lourds de cette époque, ce fut aussi, l’un des derniers est décédé, soit le 23 décembre 1995.Durant les nombreuses présences de mes parents auprès de notre frère malade, nous étions responsables, mes deux sœurs et moi, du reste de la famille qui grandissait, toujours au fil des ans, pour être complète au compte, de huit enfants. Ces années furent celles où j’emmagasinais les expériences qui m’ont fourni: débrouillardise, assurance, maîtrise de soi et confiance. Pour sortir de mon clan familial, Je rentre dans le mouvement scout dans lequel je fais ma promesse, le premier octobre 1963. Je me rappellerai toujours de cette soirée, car cette promesse Sur mon honneur, avec la grâce de Dieu, je m’engage à servir de mon mieux, Dieu, l’église, ma patrie,à aider mon prochain en toutes circonstances et à observer la loi des guides. Elle m’oblige d’aller toujours au bout de mes limites cela je le fais avec le plus grand des plaisirs. Avant de m’ouvrir toute à vous, il faut que je vous dise, papa était le plus clairvoyant des hommes, car c’est le seul qui a pu entrevoir mon désarroi quand j’étais dans ma maison avec mes jeunes enfants. Une certaine journée, en visite, par un beau dimanche ensoleillé, il me demanda : Françoise es-tu heureuse ? Cachant mon étonnement par cette question très discrète, je lui réponds : Oui, je le suis ! Me regardant de nouveau dans les yeux : Es-tu vraiment heureuse ? Mais oui ! Je le suis ! Mais au fond de moi, je ne l’étais pas, il le sentait. Cette petite question me laissait de l’espérance, je lui ai menti, car, comment ne pas être heureuse avec trois jeunes enfants en santé et un mari aimant. Je me sentais prisonnière d’un bonheur superficiel. J’ai tout donné l’amour que je pouvais à ma famille en me réservant que très peu de liberté. Ce besoin de liberté, c’est accumulé en énergie. Cette énergie, c’est transformée en courage et explosa le temps propice.Le dernier dimanche du mois de janvier 94, le jour des missions, je me le rappelle bien, car j’ai donné à la quête, le seul 10.00$ que je possédais, quand un itinérant après la messe, lui aussi me demanda un peu d’argent. Comme je n’avais plus rien à lui offrir, il me dit ceci. Cela ne fait rien, je suis riche, j’ai des biens en plusieurs endroits dans le monde ! Ses paroles m’ont surprise. Durant le goûter, ce même homme jouait du piano. Il jouait très bien, plus les conversations montaient, plus il jouait fort, personne ne se semblait s’occuper de lui, je trouvais cela navrant. Je me lève, alors l’embrassa sur la joue et le remercia, avant de saluer maman pour mon départ. Celle-ci avait croqué la scène. - Tu ne devrais pas embrasser cet homme, c’est un pouilleux, il est sale et il pue ! - Maman, je l’ai seulement remercié ! As-tu remarqué, comme il a de beaux yeux Oui, il avait de beaux yeux, d’un bleu azur couleur de ciel. La réplique à ma mère pourrait sembler grossière, mais elle a été d’une telle spontanéité, que cela me surprend encore. Cette spontanéité fit même le sujet principal du travail présenté, lors de mon cours d’animatrice de pastorale. Ce cours est au c.e.g.e.p de Longueuil. J’ai demandé l’appui du curé de Saint-Michel, le père Slavoy. Il était à la fin de son mandat. Il est un bon ami. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. Quand pour la troisième fois, j’ai vendu tout mon matériel de garderie, il m’a dit : - Toi, avec ta foi, tu peux transporter des montagnes ! Il aurait dû me dire : Toi avec ta foi, tu t’envoleras vers les montagnes ! A l’hiver 97, je faisais du bénévolat auprès d’une de mes amies Élise qui avait le cancer. Chaque jour, je me rendais chez elle pour la soutenir, l’aider dans son entretien ménager. J’apportais avec moi mes cassettes d’espagnol pour mettre cette troisième langue dans mon bagage de connaissance. Les paroles de Jésus me trottent toujours dans la tête, celle-ci, m’ont accrochée plus particulièrement: Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime Jn15, 8 Je donne donc mon temps pour mon amie, Élise qui est en phase terminale de cancer, je lui dis pour la réconforter : Je partirais en Bolivie pour toi, je veux bien faire cet échange avec Dieu, si cela est sa volonté. Mon idée de départ s’accentue davantage. Au mois de mars 1997, papa est hospitalisé, son cœur est très fatigué. Le 27 mars, Jeudi Saint, je vais lui rendre visite et lui lire une lettre que je lui avais envoyée par courrier. Maman l’ayant reçue me la remet en me disant Gardes-la, ce n’est pas le moment pour ce genre de lettre. Elle ne l’avait pas ouverte. Me voici donc près de papa qui se trouve dans une chambre aux soins intensifs avec trois autres patients. Je lui dis bonjour avec un baiser sur la joue et lui dis : - Papa, je vais te lire cette lettre. Très cher papa Victor J’ai eu la visite d’Anne, hier après-midi. Tu dois te douter de la raison de sa visite. Je n’ai pas été surprise de la cause de ton silence, des pages qui restent blanches.J’ai surtout compris pourquoi tes parents adoptifs n’avaient pas dit la vérité à ton père. Mais ces malheurs de ta vie ne fait qu’augmenter la fierté que j’ai envers toi. Le courage que tu as eu d’avoir une famille, de nous montrer l’amour et surtout la foi en Dieu, sans lui, comment passer au travers d’une vie avec autant d’orages et de nuages. Tu as eu de la persévérance, tu nous as montré tout ce que tu pouvais. Comment nous montrer à communiquer quand même. Même si c’est un peu tard, le chemin nous est ouvert encore plus grand pour montrer aux autres, comment s’atteler à la vie. Ne t’en veux surtout pas, nous ne te jugeons pas, nous t’aimons. Nous sommes là pour t’aimer, encore t’aimer, tel que tu es, un homme splendide qui demande à être connu dans toute sa dignité, avec une vie remplie, chargée d’émotions et de souvenirs .Mais voici le beau temps, j’espère que tu as enfin, trouvé la paix. Je crois que, Oui, car mon projet pour le Mexique est basé sur la boule de Paix. Je suis tellement contente que toute la paix que je demande arrive, comme des flocons de neige qui rendent le paysage immaculé. Pour la paix, les boules de paix, je t’en reparlerai. J’arrête ici, toujours fière de toi, je t’aime. Je lui demande après cette lecture : Qu’est-ce que je fais de ta lettre ? Il ne peut parler, il est entubé. Je fais signe à l’infirmière qui est soignante au lit voisin. Celle-ci lui passe un papier et un crayon. Papa inscrit, d’une main tremblante:
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GARDES-LA Dans la même soirée, je reçois un appel de Anne qui me demande ce qui c’est passé avec papa au cours de l’avant-midi, car maman a trouvé papa plus agité que d’ordinaire. Mais rien d’extraordinaire, j’ai simplement parlé avec lui. Papa nous a quittés, le 29 mars 1997 à 00.15 heures. C’est Pâques, car la fête de Pâques commence le samedi chez les Byzantins. Papa fut l’un des premiers diacres mariés à être ordonné sur l’île de Montréal. Le 12 avril fut son service. Ce fut une journée extraordinaire. Il y avait présent tous les diacres ordonnés, ses amis, sa famille, tous nous étions là, présents pour lui dire notre fierté, notre amour. Oui, papa nous t’aimions, nous t’aimons encore et de tout notre cœur. Les cours d’espagnol sont ma priorité. Ils occupent mes pensées car j’ai demandé à Sœur Lucie Saint- Pierre que je voulais partir en mission en Amérique du Sud. Il y a des jours pénibles car le départ de ceux que nous aimons, nous laisse la tristesse, mais quand nous savons qu’ils sont près de Dieu, cela embaume un peu cette blessure du grand départ. Cette charmante Lucie me propose un travail à Tijuana, au Mexique, sur le bord de l’océan Pacifique. Je lui donne mon accord, mais je dois présenter un projet qui intéresserait des adolescents. Mon projet est basé sur les boules de Paix . Une boule de paix est un origami ou pièce faite en pliage de papier. Chaque boule est faite avec 30 carrés de papier identique car chaque papier représente une personne et que chaque personne est unique aux yeux de Dieu. Ces papiers pliés de la même façon représentent des gens qui se donnent la main dans toute leur simplicité en acceptant son voisin tel qu’il est avec ses défauts et ses qualités. Sur chaque papier, les personnes qui désirent fabriquer une boule peuvent inscrire à l’endos de son papier ses qualités et ses défauts, ainsi chaque membre de la boule va connaître cette personne et l’accepter comme tel sans vouloir la changer, mais ainsi elle pourra avoir une piste pour l’aider si celle-ci le désire. Chaque carré s’emboîte dans un autre. Il est soutenu par de la colle ou un morceau de papier collant pour être certain que la boule tienne fermement. Cette colle représente l’amour et l’entraide. C’est avec cet amour et cette entraide de chacun appuyé par l’aide de Dieu, de Marie, de soi-même, de la prière, de l’entraide mutuelle que la paix va revenir, mais surtout avec la bonne volonté de chacun et de la patience. Les boules peuvent être de différentes couleurs. Vert pour l’espérance, elle peut être une étoile par elle-même. Bleu représente les liens entre les personnes, elle peut être une étoile par elle-même. Jaune représente l’amour, violet représente le pardon. L’amour et le pardon ne peuvent être une étoile isolée. Pour que l’amour puisse exister cela demande une bonne dose de pardon. Deux semaines passent, Sœur Lucie me rappelle me disant : - Françoise, à Vallegrande, en Bolivie, un orphelinat à besoin d’une mère pour les garçons orphelins et abandonnés. - C’est merveilleux, je serai dans les montagnes! Oui, je préfère l’Amérique du Sud au Mexique. Gaston revient de Vallegrande, au milieu de mai. Nous entrons en communication, le plutôt possible, peu avant son anniversaire. C’est un jeudi, nous avons rendez-vous dans un stationnement. Comment faire pour reconnaître une personne que l’on connaît seulement de voix ? Je sors de ma camionnette, debout bien en vue. Une voiture se stationne pas très loin, le chauffeur sort, me regarde et dit : - Tu dois être, Françoise ! -Oui, et toi Gaston ! Je l’accompagne dans une école. Il va parler du hogar. C’est une partie de son travail de bénévolat. Faire connaître le hogar, ses besoins et aux écoles aux paroisses qui veulent bien l’entendre. Tout comme ses jeunes de l’école, je suis toute ouïe. Je veux connaître le hogar. Nous visionnons une cassette qu’un bolivien a bien voulu enregistrer pour l’aide dans ces rencontres. Sur cette première cassette, nous pouvons voir les premières bénévoles au travail. Nathalie, Diane et Karine sont les premières pionnières. Elles ouvrent la voie à tous les prochains bénévoles qui veulent bien donner amour, soin et attention à ces petits bouts d’homme orphelins ou abandonnés. INTRODUCTION En l’an 1920, en Russie naquit mon père Victor Boldireff. C’est la fin de la révolution russe. Ses parents pour lui garder la vie sauve l’expédia en Belgique, par bateau de Novorossisk au port de Marseille. A son arrivée à Marseille, ses effets personnels furent jetés en mer, pour effacer toutes traces possibles. On lui laisse seulement, une paire de boutons de manchette en or et la bague de sa mère, celle-ci est sertie de sept diamants. Il est âgé de trois ans. Il vécut en Belgique pendant trente années. Pour ensuite immigrer, au Canada. Dans ce second pays d’adoption, il espère trouver la paix car il a connu les horreurs de deux guerres. Avec une foi, hors du commun, il fonde sa famille sous des bases solides, amour et foi en DIEU. Je suis la troisième de la famille de huit enfants. Quatre garçons, quatre filles. Dans ma petite enfance, j’ai contracté une violente scarlatine qui, selon les médecins ne laissait plus d’espoir. Le père Joseph Ledit, curé de l’Église La Présentation de Marie au temple, église russe catholique de rite byzantin, m’offre les derniers sacrements. En dernier recours, avec sa foi débordante, il demanda, durant mon ultime nuit à KATERI TEKAKWITHA de bien me laisser la vie. A mon réveil, j’étais guérie. J’ai maintenant cinquante ans. J’ai cette foi en Dieu, qui est un héritage de mon père. Il connaissait très bien la voie à suivre, celle inscrite dans la bible. C’est avec plaisir que je peux prendre cette bible, en lire quelques versets, au hasard, pour ensuite me lancer dans de nouveaux défis. Pour mes quarante ans, je me suis payée un retour aux sources ; Un mois en Belgique. En espérant, connaître un peu plus, papa, qui était toujours très réservé sur sa vie. Ses amis m’ont parlé de lui avec tant de gentillesse, qu’il me semblait découvrir un trésor inestimable. Après ce mois de découverte, de liberté, je ne me sentais pas prête à rester, un autre bout de vie, enfermée dans ma maison, avec ma petite garde en milieu familial. Je me devais de faire un autre défi, pour aller au bout de moi-même. Quand ma mère fut hospitalisée, ce fut le temps idéal pour prendre mon père lui parler, le connaître. Il y avait toujours une question qui me trottait dans la tête : Qu’as-tu demandé à KATERI TEKAKWITHA pour qu’elle me redonne la santé? Les larmes aux yeux, il me dit simplement : -Demande-le à ta mère ! Ce que je fis dès qu’elle sortit de l’hôpital. - Maman, dis-moi ce que papa a demandé à Kateri en échange de ma santé ? - Françoise sera une sainte, si tu la laisses en vie ! Ce fut pour moi comme un boulet de canon. Dans ma tête, je me disais, comment un père peut faire un tel échange, c’est de ma vie qu’il s’agit. J’étais estomaquée, fâchée. C’était donc pour cela qu’instinctivement, je cherchais à toujours rendre service, d’aller au bout de mes limites. Mais au fait ; Qu’est-ce qu’un saint ? C’est une de mes amies qui m’a donné cette réponse. C’est celui qui fait toujours le bien. A cette amie, je lui dois ce calme que m’a procuré cette réponse toute simple. Seulement faire le bien, ce n’est pas si difficile à faire. J’ai donc pris un défi encore plus grand, suivre les traces de JÉSUS. L’ayant entendu, Jésus lui dit ; ”Une seule chose encore te manque : tout ce que tu as, vends-le, distribues-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi.” Lc18 22 J’ai donc laissé ma famille, mon mari que j’aime, mes biens que j’ai vendus pour acheter mon billet d’avion et je suis partie pour la Bolivie, au hogar Jésus Infante. Le 16 septembre 1997, contre vents et marées, je m’envolais pour Vallegrande car pour moi la Bolivie, c’est la paix, ma paix intérieure que je devais trouver. Je remercie mon époux Jean-Claude, ma fille Isabelle 22 ans, Stéphane 20 ans et Sébastien 18 ans de leurs accords. Mes enfants m’ont dit : “ C’est ta vie, maman !” Voici donc ma vie à Vallegrande, avec toutes ses aventures, ses joies, ses peines, les espoirs, me voici toute à vous. À COEUR OUVERT CHAPITRE 1 QUI SUIS-JE ? Ce chapitre est la transcription des textes laissés sur l’ordinateur de mon père. Quand j’ai questionné maman, sur les origines de papa, ainsi que des siennes, c’est avec une certaine réticence que j’ai finalement obtenu satisfaction. Je vous considère comme mes amis, je vais donc dès le début m’ouvrir toute à vous, en toute confiance, les phrases en italiques qui suivent sont celles écrites par papa. Papa, je t’aime, tous doivent savoir quel homme bienveillant tu étais, avec ta permission, j’ouvre tes récits à qui veux bien te connaître. QUI SUIS-JE ? Pourquoi cette question à propos de moi-même au tout début de ces pages ? Oui, y a-t-il une raison valable pour cela ? La seule réponse que je puisse donner à ces deux questions peut-être proposée dans ce fait : c’est une reprise aujourd’hui, 25 octobre 1993, de ce début de composition commencée le 2 février et arrêtée le 9 février 1991. J’ai pris d’autres problèmes, dans lesquels je me suis plongé avec avidité, par crainte peut-être de continuer à écrire la suite…Et comme depuis deux ou trois jours je me suis poussé à reprendre ma plume…électronique (hi! Hi!, Je me suis trouvé à me poser cette question, que je crois sincèrement et réellement primordiale. Ne faut-il pas savoir qui l’on est, si l’on veut parler de soi pour que vos proches vous connaissent un peu mieux ? Tout ceci a commencé le 30 décembre 1990 par ce mot trouvé dans un cahier vierge, emballé dans un papier des fêtes : peut-être le plus beau des cadeaux reçus cette année-là. Je me permette vous le retranscrire car il vous expliquera bien mieux lui-même le pourquoi de tout ce qui va suivre. 30 Décembre90 Cher Beau papa, Nous vous offrons ce journal pour y déposer votre vécu, vos émotions, vos pensées ou tout simplement pour s’écrire à soi-même. Je suis persuadée que vos enfants, les petits comme les grands, aimeront un jour lire la vie de leur grand-père ou père. Enfin…ce n’est qu’une pensée…pleine de bonté. Joyeux Noël et Bonne Année 91 Francine, Jean et Cie* xxx Merci de tout cœur, gentille Francine, et Jean, et Cie ! Ce préambule vous aidera certainement à comprendre que je puisse poser sur papier cette question : Qui suis-je ? Je crois réellement que, inconsciemment, elle m’a poursuivi depuis ma plus tendre enfance. Ce que je vais maintenant vous écrire, vous tous mes bien-aimés à qui j’ai tellement mal exprimé mon amour, vous aidera à comprendre le pourquoi de mon comportement avec vous, de toujours à toujours. Je reprends tout d’abord ce que j’avais commencé à écrire dans ce beau cahier le 2 février 1991 et j’enchaînerai avec ce que j’ai arrêté une semaine plus tard.
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2 Février 1991 Le 30 décembre dernier, vous vous êtes réunis chez Marie-Jeanne (et Luc aussi, évidemment) pour la réunion traditionnelle de la famille. Je n’étais pas avec vous, grippé plus ou moins, et fatigué beaucoup à cause de ces périodes des fêtes de Noël. Votre mère, la bien-aimée de mon cœur, a dû m’excuser auprès de vous. Lorsqu’elle est rentrée, elle m’a remis les cadeaux, vos cadeaux pour moi, et c’est avec la hâte fébrile des enfants que je me suis dépêchés de les ouvrir, reconnaissant déjà à chacun d’entre vous pour la pensée que vous avez eue à mon intention. Mais le cadeau qui m’a le plus surpris et, en même temps le plus ému, c’est ce modeste cahier, bien relié mais vierge de toute écriture, à l’exception de cette feuille sur laquelle j’ai pu lire des mots bien simples, mais qui m’ont profondément bouleversée. Livre de ma vie Du coup ce cadeau si gentiment “inquisiteur” m’a rappelé pour la quantième fois la même demande qui me fut faite par deux mots que remirent Marie-Jeanne et Françoise le 25 mars 1981 (dix ans bientôt), au soir de mon ordination au diaconat. Bien que je fusse ému aux larmes par ces appels à l’ouverture, je me suis tue. Non par envie de me taire, mais parce que dès ma plus tendre enfance, j’avais pris l’habitude de me taire, comme ces pages vous le diront bientôt. Voilà trois ou quatre ans que j’ai eu l’idée, un jour, de vous écrire à chacun, croyant plus commode, sans doute, de m’exprimer par écrit. Une fois de plus, je n’ai pas bougé. Toujours, je le crois au fond, pour la même raison : il est extrêmement difficile de rompre le silence qui s’est épaissi de jour en jour, de semaine en semaine, d’année en année! Mais ce cahier aux pages blanches et cette charmante invitation semblent me dire, de la part du Seigneur, que le moment était enfin venu de rompre le silence. Puisqu’en un seul cahier je peux dire la même chose. À chacun, comme si aux fil des mots qui se déposent sur les lignes, je vous voyais chacun devant moi : Hélène ma bien-aimée, Anne, Marie-Jeanne avec Luc, benoît et Dominique ; Françoise avec Jean-Claude, Isabelle, Stéphane et Sébastien : André (qui ne lira pas ces lignes) ; Jean et Francine, Mathieu, Rémy et Cie les signataires de la charmante invitation ; Philippe avec Carole, Simon et Marie-Josée ; et Catherine, la petite dernière. Ceci pour les vivants, auxquels je demande de vous tasser un peu, pour faire place à Georges puisque, même là où il est, il est toujours des nôtres. Pour clore cette introduction, je vous demande tout d’abord pardon : à chacun, pour avoir été avec vous tous “le silencieux” ; À vous, Marie-Jeanne et Françoise, pour n’avoir pas saisi la perche, tendrement et anxieusement, tendue, il y aura 10 ans dans un mois et demi (près de 13 ans aujourd’hui). À vous, “Francine, Jean et Cie XXX”, je vous dis du plus profond de mon coeur : Merci ! Et que le Dieu d’Amour, Père de Miséricorde et Dieu de toute Consolation, vous garde tous et chacun ! Que la douce Vierge Marie, la Mère du Bel Amour, vous donne de percevoir, comme le filigrane commun à chacune de ces pages, un amour sincère qui n’a pas su, et finalement pas osé, s’exprimer. PREMIERS SOUVENIRS 3Février 1991 Vous savez déjà que je viens d’un pays lointain, réputé froid en ce qui concerne le climat, nonchalant quant au comportement ou caractère, passablement mystique sur le plan spirituel. Je crois bien que ce soit vrai dans l’ensemble. Comme pour tous les peuples de la terre, c’est le résultat de la situation géographique et du cours de l’histoire personnelle à chaque peuple. Histoire vécue par toute une série de générations locales, à certaines périodes influencées par des déplacements de populations, d’invasions, de conquêtes, de guerres et d’autres influences étrangères plus pacifiques. Tout cela, malheureusement, je ne l’ai pas vécu, appris, senti sur place car, sur mes 71 ans d’existence dans quelques jours, il semble que je n’ai passé que les 10 premiers jours de ma vie dans mon pays, alors que la plupart d’entre vous êtes originaires d’ici. C’est drôle de dire “il semble”, en parlant de mon bref séjour là-bas. Mais, en plus de ne pas connaître mon pays, je ne puis dire aussi que je n’ai pas connu les miens, cet homme et cette femme qui se sont unis un jour et m’ont donné la vie, Je n’ai jamais pu leur dire : Papa! Maman ! J’ai dû donner ces noms à ceux qui m’ont gardé en vie et qui m’ont éduqué. Dans quelques pages vous comprendrez facilement la difficulté que je pourrai avoir à rester parfois objectif au cours de ce voyage aux sources que des cœurs aimants m’ont demandé d’entreprendre. 4 Février 1991 Avant de vous raconter ce que je sais de moi-même, je dois commencer par ce qui est, et resterai sans doute à jamais nimbé de mystère : quelles sont mes origines, quel coin de mon immense pays est réellement le mien, qui sont mes parents? En tout cas, voici ce que l’on m’a raconté (je ne vous dirai pas toutes les variantes, car j’en ai oublié pas mal). Par la force des choses, je suis né à NOVOROSSYSK, un petit port de mer sur la Mer Noire, entre la Crimée à l’Ouest et la chaîne montagneuse du Caucase à l’Est, un jour de février 1920. Je dis bien par la force des choses, parce que c’est dans ce port de mer que s’embarquaient pour l’exil les combattants de l’Armée Blanche. Abandonnés par les alliés, ils ne pouvaient plus, faute de munitions, résister aux assauts répétés de l’Armée Rouge du nouveau régime communiste qui s’était installé à Moscou. Il semblerait que mon père, Georges BOLDÉREV (selon la prononciation russe), était un militaire de carrière. Il aurait été d’un grade assez élevé, soit colonel. Ce qui, en temps normal dans la Russie Impériale, lui aurait ouvert les portes de la noblesse militaire. Les familles de militaires qui avaient pu suivre ceux-ci, évacuaient aussi avant les militaires qui protégeaient l’embarquement des leurs. C’est ainsi qu’à l’âge de 10 jours, j’aurais quitté ma patrie avec ma mère et, semble-t-il, mon frère (Georges, Grégoire ou Gabriel), qui devait mourir à Constantinople un an ou un an et demi plus tard. 5 Février 1991 En ce qui concerne ma mère, ce n’est que bien plus tard évidemment, en Belgique, que j’ai su qu’elle serait morte alors que j’avais 5 ou 6 mois, et ceci dans deux versions différentes. Elle serait morte à Chypre, cette île de Méditerranée entre la Grèce et la Turquie, soit à Varna, un port de Bulgarie sur la Mer Noire. C’est ma “maman” éducatrice qui donnait ces deux versions, de temps à autres, lorsque le sujet revenait sur le tapis, dans des conversations entre adultes, et qu’il m’arrivait de surprendre parfois. Pour ce qui est de mon père, c’est elle qui, dès mon jeune âge en Belgique, M’avait appris qu’il s’appelait Georges. Curieusement, je ne l’ai jamais entendu prononcer ni le prénom ni le nom de ma mère. Et j’ai grandi ainsi sans savoir, mais inconsciemment anxieux de savoir, jusqu’à un certain jour de 1943 (j’avais donc 23 ans) qui m’a permis de découvrir que ma mère s’appelait Anne. Mais chaque chose en son temps. Avant de mourir, ma mère nous aurait confiés, mon frère et moi-même, à cette dame, Paraskève KAOUFMANN, qui m’a élevé. C’est avec elle et son mari Édouard que nous serions arrivés à Constantinople, en Turquie. Là C’est constitué un orphelinat, avec lequel nous sommes venus en Belgique en 1923, trois ans après ma naissance. 6 Février 1991 Ici commencent mes propres souvenirs, dont les tout premiers ne peuvent avoir de signification particulière à cause de mon jeune âge. Mais ils sont toujours présents en moi, nets et précis comme une belle image, dont je ne puis pourtant pas définir l’origine. Des explications m’en ont été inconsciemment données plus tard par mes “parents adoptifs”. Inconsciemment, parce que je les entendais ressasser leurs souvenirs avec les clients de leur petite pension de famille. Tout d’abord un grand feu dans le ciel. C’était comme un feu vivant, semblant monter puis redescendre, pour remonter encore et redescendre à nouveau. Parfois, il lui arrivait de disparaître pour un moment, avant de réapparaître de nouveau, plus brillant que jamais, puis diminuer d’intensité et réapparaître. Bien des années plus tard, au fil des souvenirs égrenés et ressassés, j’ai compris que sur notre route pour Marseille, où nous devions débarquer, nous étions passés non loin de l’Etna ou du Vésuve alors en éruption. C’était à la fin de 1922 ou au début de 1923. Je n’avais donc pas encore trois ans. Ensuite, une grande chambre blanche avec, à coté du lit dans lequel j’étais couché, une petite table sur laquelle se trouvait une minuscule montagne de bonbons. De là sans doute mon amour immodéré pour ces petites gâteries ! Toujours plus tard, j'appris qu’a notre arrivée en Belgique, j’avais été à l’hôpital Saint-Camille, à Namur. Probablement une visite de routine pour un orphelinat qui venait de Turquie en qualité de réfugiés. Le même hôpital dans lequel, 21 ans plus tard, je devais rencontrer celle qui serait mon épouse, votre maman et vénérable grand-mère, (si tu permets papa, j’ajouterai ici, plus que vénérable arrière-grand -mère). 9 Février 1991 Mes premiers souvenirs vraiment conscients suivent presque aussitôt dans la grande maison au milieu, d’un grand parc-jardin, dans les environs de Bruxelles, la capitale de la Belgique, là où l’orphelinat organisé à Constantinople s’était installé. D’abord quelques piqûres d’abeilles lorsque j’allais fourrager trop près de certains buissons. Il y avait aussi un laitier ou boulanger qui venait régulièrement nous livrer le nécessaire avec sa voiture tirée par un cheval. Il aimait beaucoup les enfants et nous promenait à tour de rôle, presque à chacune de ses visites.Un jour cce fut mon tour.Je ne me souviens pas si nous étions plusieurs, mais j'étais, quant à moi,assis sur la banquette,tout à fait au bord de la voiture. Pas de portière. Le chemin dans le parc étais assez long et comportaisau moins un tournant assez accentué, avec un fossé pas mal creux, surtout du coté intérieurdu virage, justement de mon coté, ce jour-là. La voiture avait du rouler trop prèsdu fossé car elle s'est penchée à un moment donné, assez fort et assez brusquement. Je suis tombé dans le dis fossé. On m'a dit plus tard que j'avais eu l'épaule droitecassée ou démise. Il m'a été précisé que l'opération avait du être reprise, ayant été mal faite la première fois. C'est sans doute la raison pour laquellej'ai un bras plus court que l'autre. 18 Novembre 1993 Comme le temps passe! Il me semble avoir écrit hier le paragraphe précédent.alors que plus de deux ans, presque 3 en fait, sont passés déjà. Et dire que Simenon(auteur belge, créateur de Maigret, commissaire) arrivait à écrire deux ou trois romans par année! Il est vrai que ce soir même que je viens de retaper ce paragraphe, et le gentil cahier offert par Francine et Cie ne se couvrira sans doute plus d'encre, puisque c'est tellement plus clair et plus lisible sur cette écritoire électronique. Si j'ai tellement de diffucultés à poursuivre, c'est sans doute parce que je vais me replonger, et vous entraîner tous avec moi, hors des régions ensoleillées de l'enfance et des paysages lumineux de ce grand parc dont je viens de vous parler un peu. Oui! Il va falloir nous enfoncer dans le noir, de plus en plus sombre à mesure que la prime enfance va faire place à l'enfance tout court, puis à l'adolescence. Puisque Dieu a permis cela pour moi, je vais m'efforcer à me replonger dans ces souvenirs sans trop d'animosité, sans haine, sans rancune en tout cas, puisque j'ai déjà confié au Seigneur toutes ces âmes qui ont marqué ma vie d'une manière indélibile. PREMIÈRES DOULEURS J'ai fait leur connaissance dans cette même maison au milieu du grand parc-jardin, où les petits orphelins se baladaient dans la voiture du laitier ou sedisputaient les abeilles dans les buissons de framboises ou de mûres, Je n'ai pas encore quatre ans. 22 Novembre 1993 Ne m'en veuillez pas si vous constater des hésitations par la suite des dates dans le texte. Il m'arrivera encore souvent, sans doute, de suspendre l'écriture, à cause de l'heure, ou d'une autre copie ou, plus vraisemblabement, par peur de parler. Mais je me rappelle à l'instant quun homme, voilà près de 16 siècles a pris la peines d'écrire ses confessions. Il s'agit de Saint-Augustin dont la mère, Sainte Monique, a prié et pleuré pendant 30 ans pour obtenir qu'il vienne à Jésus. 12 Décembre 1993 Me revoilà! 29 janvier 1996 Je ne suis pas resté bien longtemps avec vous, il y a deux ans et 15 jours, en ce 12 Décembre 1993! Mais vous pouvez voir que je ne vous oub;ie pas. Ce fut les derniers écrits de papa. Vous comprenez pourquoi cet appel de la Bolivie est si fort au fond de moi! Tous ces petits bouts d'homme représentent mon papa, mon petit papa d'amour qui a tant souffert. Il me faut aider ses petits, les faire parler, pour qu'ils s'extériorisent, qu'ils deviennent des boutons de joie pour tous ceux qu'ils côtoieront. Papa! Je t'aime! Nous t'aimons tous! Chapitre 2 LES PRÉPARATIFS Des cours de formation sont offerts à tout bénévole qui ressent l'appel de mission. Nous ne partons pas sans cette formation, car elle nous donne les moyens pour centraliser nos énergies. Les filles de Marie Auxiliatrice: salésiennes, m'ont fourni les coordonnées nécessaires. Soeur Lucie Saint-Pierre (qui est décédée maintenant), nous est d'un grand secours. Le 29 mai 1997, nous partons à New York, au Marian Shrine, pour une semaine. À 8 heures p.m., c'est le premier contact avec un quarantaines de participants venant des États-Unis et du Canada. Quelque peu craintive au départ, car mon anglais n'est pas tellement au point, il manque de pratique, bref, je charge mon ange gardien de m'appuyer, c'est son boulot, n'est-ce-pas. C'est ce qu'il fait, d'un bon coup d'aile! Il fait envoler mes craintes au loin. La semaine semble bien plainfiée, nous recevons de la documentaion qui, je crois, me tiendra réveillée, une partie de la nuit. Ce ne fut pas le cas, car nous dormons dans un dortoir et l'extinction des feux est prévue pour 11 heures. Le lendemain matin, chacun se présente, je ne peux m'empêcher de regarder un jeune polonais, que tout au long ce ce livre, sera nommé:Georges. C'est le sosie de mon frère qui s'est suicidé. le jour de son anniversaire, le 11 février1976, à ses 18 ans. Gaston nous a fait une surprise, nous avons obtenu des chambres sépsrées, avec douche et grand confort. Cette journée fut plaisante car j'ai pu m'appercevoir, que mon anglais n'étais pas aussi pourri que je le croyais. Les sessions de formation furent de ce fait très intéressantes, tout comme les animateurs. Ce qui est difficile, c'est ce manque de confiance en moi, d'avoir le coeur dans l'eau. J'aimerai voir le jour où je me sentirai vraiment épanouie, sans complexe, à l'aise avec tout. Rêver ne coûte rien, c'est à moi de plonger, de faire en sorte que cela arrive. Samedi, 31 mai. Debout à six heures, pour une petite balade matinale,un sifflement strident attire mon attention. C'est Kathleen, une volontaire qui aimerai bien aller en Bolivie, elle sait un peu parler l'espagnol. Nous convenons d'aller à la sorite proposée par le père Cesto. Nous prenons place dans sa voiture ainsi qu'Irma qui parle bien l'espagnol. Tout au long du parcours ce fut un charivari d'anglais, de francais et d'espagnol.Ce fut plaisant d'échanger nos dialectes comme on partage de merveilleux bonbons. J'ai été ravi de pratiquer mon espagnol. Nous sommes allés voir la graduation à West point ce que j'ai bien apprécié ce fut quand les gradués ont lancés leurs casquettes pour qu'elles soient ensuite attrapées au vol par de jeunes enfants tel des oiseaux de proies attrapant leurs trophés. Le Mountain Bear nous acceuillait pout le dîner. La petite balade digestive, dans le parc m'a particulièrement plu, car le fil des conversations tissait une toile de confiance sur mon langage. Nous prenions plaisir, à mettre un brin d'Humour, sur tous les nouveaux mots appris, sans oublier, d'y ajouter la bonne intonation. Une petite chenille descendit d'un arbre par son fil, quand Irma passa, au même moment, elle s'accrocha à celle-ci. De panique, elle cria. Délicatement, je fis monter cette petite chenille intrépide sur ma main, puis la déposa sur une feuille, un peu plus loin sur le chemin, en disant: Regardes! Elle n'est pas bien méchante! Au retour, dans ma chambre, je termine mon rosaire, c'est le dernier jour du mois. Ce mois de Mai, ce mois de Marie à qui j'ai offert un rosaire, chaque jour de ce mois. Après le soupewr, c'est la vidéo sur la Bolivie. Gaston me dit, avant la projection: Je ne sais pas si je dois te dire ceci! Je le regarde d'un air surpris, inquiète. Le père Cesto m'a dit que tu feras une bonne maman pour ces enfants! Il est content moi aussi. Comment peut-on dire qu'une personne est qualifiée, seulement après une sortie, quelques conversations, quelques minutes d'attention? Suis-je trop spontanée? Les gens peuvent-ils voir au travers moi d'un seul coup d'oeil? Autant de questions qui passent rapidement sans réponse, car je ne fais pas confiance à l'autre. Je n'ai pas cette habitude de parler sur moi. C'est très délicat de s'ouvrir. J'ai peur d'avoir mal, d'être un objet de risée. Cela, je ne le veux pas, c'est un point bien clair dans ma tête. Mes impressions sur ce Mountain Bear. Voilà. Il y a une partie superbe où il y a la possibilité de faire du kayak. Cette partie m'a envoyée rapidement au pays de mes souvenirs, la Belgique. Ce fut plaisant de faire ce court voyage, cela sans dépenser un seul centime. Malgré cette journée chargée, je n'ai pu avoir une bonne nuit de sommeil. C'est un de mes défauts majeurs, ne pas faire le vide dans ma tête quand je vais me coucher. Je devrai mettre en application le chapitre 36 du livre de Marcelle Auclair: Ce soir en vous déshabillant, pensez fortement que vous enlevez en même temps que vos vêtements, tous vos soucis de la vie quotidienne. Remerciez ces vêtements d'avoir été de bons servieurs. Trouvez autant de raisons que vous le pourrez de louer cette journée écoulée, et les êtres que vous rencontrés. Plein de ces pensées, reconnaissance. La reconnaissance et la louange sont parmi les pensées, force, les plus effiaces et les plus bienfaisantes, couchez-vous. Refusez les lectures sinistres, ou qui engendrent l'agitation: Exemple, les journeaux. Si, lorsque vous fermez les yeux, telle affaire qui vous préoccupe se présente à votre esprit, faites mentalement le geste de balayer; si vingt fois elle se présente, balayez-la vingt fois. C'est vous qui aurez le derneir mot. Et endormez-vous dans la paix de l'esprit qui est en vous. Ce livre était sur ma table de chevet. Je l'ai lu plus d'une fois, probablement trop vite, comme d'habitude. Ce fut le chapitre, d'hier soir. Il me sert maintenant. Il s'agit probablement de coïncidences, mais je tiens beaucoup compte des coïncidences, elles sont pour moi, le signe des chemins que je dois prendre. La lecture de livre LA PROPHÉTIE DES ANDES, m'a ouvert l'esprit sur l'écoute des coïncidences. Durant ce mois de Mai, il y avait tellement de coïncidences, que cela en était aberrant, assez que mon amie, lors d'un souper m'a dit: Arrêtes! Avectes coïncidences, tout n'est pas sujet aux coïncidences! J'ai décider se suivre l'appel, les coïncidences qui étaient en moi. Je leurs fait confiance, l'Amérique du Sud, la Bolivie m'appelle avec tous ces enfants en difficulté. Je partirai les aider quoi qu'il arrive. J'ai le coeur dans l'eau, je suis à me préparer pour la Bolivie et demain sera mon anniversaire de mariage. Je demande à l'Esprit-Saint de bien vouloir m'envoyer de la conciliation pour moi-même, pour que je me sente bien dans ma peau. Rien de meiux qu'un petit entrtien avec un prêtre pour me remonter le moral. Il y en a justement un qui se promène tranquillement devant moi.C'est justement celui qui présidais la messe matinale, il est non-voyant. Je l'accoste doucement. "Je voudrai partir comme bénévole et mon mari semble avoir des réticences.Comment trouver les bonnes paroles pour le convaincre que les enfants de Bolivie m'attirent pour un certain temps, qu je l'aime. Je ne voudrais le faire souffrir." "D'après ce que vous me dites, votre mari est peut-être trop possessif. Il veux vous garder pour lui seul." "Merci du conseil!" Et je repars avec ces quelques paroles enrigistrées dans ma tête. à la fin de ces cours préparatoires, les bénévoles choisissent l'endroit où ils ont la préférence. Nous avons la surprise de voir Georges, le polonais, inscrit pour la Bolivie. Youppi! Mon frère sera des nôtres, à la fin de l'année. Je reçois de RML (regroupement des missionnaires laicques) les formulairespour le départ. Ce RML sera notre tuteur en Bolivie. Pour le départ, ces formulaires doivent être complétés, ainsi que mon testament et une lettre d'approbation de mon mari qie voici: J'autorise mon épouse à partir pour la Bolivie. Cette lettre est très courte, mais les réponses du prêtre était aussi très courtes. C'est seulement à partir ce cette lettre que j'ai eu la bénédiction de ce RML pour le départ. Il demande aussi une lettre de références pour mon travail auprès des enfants. Je demande à ma mèresi elle veut bien m'en écrire une. Elle refuse, car elle ne sait pas comment je travaille avec les enfants. Elle accepte le fait que je parte, mais pas aussi longtemps. Mon devoir d'état est avec ma famille, mon mari, mais mon devoir d'état à moi c'est Dieu, après c'est ma famille, je reviendrai avec plus d'énergie. C'est la directrice de l'agence de service de garde les jeunes pousses qui me fait parvenir la lettre de références requise. J'ai une discussion avec mon mari, je lui dit qu'il me voulait pour lui tout seul, mais il me comprend. Il comprend qu'il ne pourra m'empêcher de partir. J'espère seulement qu'il ne me boudera pas éternellement.
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Il y a un questionnement sur mon cheminement de vie : Pourquoi je suis née dans une telle famille, avec une enfance et une adolescence fait de tant de travail? Pourquoi le mouvement guide me semble si salutaire ? La famille est le premier lieu d’apprentissage, c’est vraiment là que j’ai appris à me dévouer pour les autres, en ne pensant pas à moi en premier. Aider ma mère même quand j’avais mal au dos, m’occuper de mes frères même quand j’avais des sinusites et des bronchites, travailler sans se plaindre. Le guidisme m’a permis de me sortir de ma coquille, surtout de me faire connaître les joies de l’amitié. Mon mari le plaisir de l’amour, mes enfants, le plaisir d’être mère, de me consacrer aux enfants. La Bolivie m’offre le plaisir de me faire plaisir, c’est à mon tour, ce n’est pas difficile, quand je comprends le bien-être que je pourrais en ressortir. Je compte partir pour une année, l’avenir me dira combien de temps cette aventure va durer. CHAPÎTRE 3 Le premier départ, 17 septembre 1997 Dans ce chapitre, je pourrai vous écrire textuellement les pages de mon journal, car j’ai pris ce temps d’écrire chaque jour, ce que je faisais, cela pourrait probablement être très ennuyeux, essoufflant. Ce n’est pas l’objectif que je vise dans ce bouquin. C’est de vous montrer la vie, ma vie dans le contexte d’une bénévole qui va vers sa mission, en espérant se connaître, connaître les autres en les aidant de mon mieux. Il va y avoir certainement quelques passages tirés de mon journal, car ils me sembleront essentiels. Êtes-vous prêts pour mon envolée! La voici! Bon voyage! J’attends à la porte d’embarquement, mes bagages sont passés sans problème, malgré un excédent de poids. Mes adieux, à la famille, se sont faits, sans trop de misère. C’est ma fille qui semble avoir plus de peine. Faire ses adieux calmement, lentement c’est super. Je suis contente d’avoir eu le courage de parler avec mon mari, de lui avoir fait bien comprendre la raison de ce voyage. La sérénité était au rendez-vous. La meilleure amie de ma fille m’a appelée à 7 heures, pour me souhaiter bon voyage, me prévenir qu’elle prendra soin d’Isabelle durant l’année. C’est bien vrai que l’amitié est plus forte que l’amour. Isabelle a vraiment une bonne amie, elle a bien compris mes raisons. Mes trois enfants ont reçu une carte identique, avec pour chacun, un message personnel disant que dans les moments difficiles, qu’ils prennent le temps de dire Le Notre Père. Jean Claude, aussi a reçu une carte. Je l’ai glissée sous son oreiller. J’espère que chacun prendra le temps de redécouvrir sa FOI, le plaisir de prier. L’utilité de la prière dans la vie, pour moi, c’est devenue une habitude, un réflexe. Je réalise que je peux y trouver, une source d’énergie, de courage, de réconfort. Pendant que j’attendais, une chinoise est venue me parler. On parle en anglais, elle a un peu de difficultés, tout comme moi. Le fait de lui avoir parlé, a détendu l’atmosphère, mon anxiété s’est envolée. L’escale à Toronto s’effectua sans anicroche, À Miami, je dois ramasser mes bagages. C’est un aéroport très grand, une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Le jeune préposé aux bagages de la compagnie bolivienne me fait passer mes bagages sans frais supplémentaires, après avoir lu la lettre stipulant que je suis bénévole, pour s’en assurer, il parle à sa supérieure qui n’est pas d’accord. Il a droit à un petit sermon, je passe quand même sans frais supplémentaire. J’essaie de comprendre les conversations espagnoles, ce n’est pas mal, malgré que dans l’avion, je ne comprenne pas grands choses, leur prononciation laisse à désirer. Je suis arrivée à l’heure à Santa Cruz, durant l’heure d’attente de mes bagages, un groupe de Mariachi souhaitait la bienvenue à une passagère. C’est un bon présage pour moi, un accueil stimulant. Le directeur est venu à ma rencontre. Nous partons à Mano Amiga, centre d’hébergement pour enfants en difficultés, nous y passerons 2 ou 3 semaines, car rien n’est encore réglé pour Vallegrande. Il fait très chaud, l’humidité est accablante. Si je dois rester à Santa Cruz, ce ne sera certainement pas pour une année, mon retour sera pour le 11 février comme l’indique mon billet de retour. Après avoir déposé mes bagages dans ma chambre, nous faisons une petite balade pour mon premier tour de ville. C’est affreux; il y a beaucoup de circulation, avec de vieilles voitures, pas de panneaux routiers ou si peu, tout comme les feux de circulation. Il faut faire attention à sa peau, en traversant la rue, l’automobiliste est maître. Il y a des enfants partout quémandant, même des familles complètes, tel une mère avec ses 4 enfants dont un, marche à quatre pattes, les trois autres sont couchés sur le trottoir. Un trajet d’autobus coûte 1 boliviano (5 sous). Quand nous voulons un autobus, il s’agit de lever la main et l’autobus s’arrête, il n’y a pas de point d’arrêt fixe, quand il s’agit de descendre de l’autobus, nous demandons l’arrêt peu importe le trajet. Mon travail à Santa Cruz sera celui d’aide cuisinière. Mano Amiga héberge pour l’instant présent 70 jeunes, en attente d’un domicile fixe. Ce sont des enfants de la rue, orphelins, abandonnés ou en situation d’aide. Ils sont organisés pour groupe de 10, sous la supervision de bénévoles de différents pays ou d’animateurs boliviens. Ces jeunes sont mixtes, garçons et filles, pour les activités scolaires et parascolaires, mais séparés pour les dortoirs. Ils sont âgés de 14 ans et moins. Me voici donc dans la cuisine, elle se situe, dans le coin gauche, du centre Mano Amiga (main amie). C’est une pièce éclairée par deux cotés de murs bien fenêtrés, le troisième reçoit sa porte d’entrée qui est verrouillée ainsi qu’une ouverture offrant l’accès, à la salle à manger, pour la distribution des repas et des collations. Le dernier mur est plein, il reçoit les réfrigérateurs, le congélateur ainsi que l’emplacement pour le pain. Le centre de cette pièce de 900 pieds carrés est occupé par les fourneaux et les éviers servants, au lavage des énormes chaudrons. Nancy, la cuisinière, a fort à faire pour la préparation des repas. Elle est bien contente de trouver aide et compagnie. Chacune apprend de l’autre, elle le français, moi l’espagnol. Mon dictionnaire est dans ma poche quand je ne trouve pas le mot juste, nous arrêtons, nous trouvons exactement les significations voulues. Peut importe si je me trompe, je suis là pour apprendre, elle est là pour m’aider, je suis là pour l’aider dans la préparation des repas. Soupes, salades, repas principal, l’ensemble demande beaucoup de préparation, je me demande comment cela se fait-il qu’elle soit seule, pour tout faire, car elle doit faire aussi les achats pour tout ce petit monde. Après le dîner, c’est le temps de repos, j’en profite pour prendre une douche en espérant trouver un peu de fraîcheur, peine perdue. Je vais vous expliquer les douches boliviennes. La douche est près du cabinet de toilette sans séparation. Le siège de toilette est immanquablement mouillé après chaque douche et si l’on est distrait tant soit peu, notre linge peut être mouillé. L’eau chaude s’obtient par une résistance calorifique qui est directement reliée au pommeau de la douche. Il arrive fréquemment qu’un petit choc électrique nous réveille un peu. Pour dormir, cela m’est impossible, j’en profite donc pour écrire mon journal. Il vente tellement que nous sommes dans un nuage de poussière constant. J’écris sur la page gauche du mon cahier, quand vient le temps d’écrire, sur la page droite, elle est empoussiérée. Santa Cruz, son nom complet est Santa Cruz de la tierra, car nous sommes toujours dans un nuage de poussière. Le directeur a finalement une date fixée pour Vallegrande soit le 11 octobre, d’ici ce temps, nous resterons à Mano Amiga, le travail ne manque pas, J’améliore mon espagnol de jour en jour, cela est encouragent. Les enfants viennent spontanément demander de l’aide, comme réparer une casquette, ou un chandail déchiré. Je dois me mettre sur mes gardes, car le mot est rapidement lancé, déjà quatre enfants sont venus, avec le travail à la cuisine, maintenant, celui de couturière, me pend au bout du nez. Il faut que j’apprenne à mettre des distances. Je vais ici prendre les mots espagnols pour vous décrire comment fonctionne l’organisation du travail de ces enfants. Nous sommes dans un centre qui officie sous l’exemple du travail de Saint Don Bosco. L’enfant reçoit de l’attention, sa nourriture, son logis mais celui-ci doit gagner sa place, par de petits travaux. N’ayez crainte vous ne serez pas obliger de vous procurer un dictionnaire espagnol-français, les traductions seront entre les parenthèses. Voici les noms des 8 groupes : Angelitos (petits anges) c’est un groupe de petits garçons Angelitas (petites anges) c’est un groupe de petites filles Los del sur (ceux du sud) Picaflores (oiseaux-mouches) Los new kids, c’est ici que l’on voit que les adolescents ont une tendance vers les États-Unis Muchachitas (les jeunes filles) Carinosas (les affectueuses) Hermanas (les sœurs) Chaque groupe est responsable d’un service communautaire : basura, basura de baño (vider les petites poubelles et celles des toilettes) baño, ducha chicos (nettoyer les toilettes et les douches des toilettes des garçons) cocina (aider au nettoyage de la cuisine) cuarto, portico abajo (nettoyer le dortoir et le portique du haut) comedor, salon, portico arriba (nettoyer la salle a dîner, le salon, le portique du bas) baño, lavandora, ducha(nettoyer les toilettes, endroit ou les enfants lavent leurs linges, les douches) Pasillo, cuarto (nettoyer le passage et le dortoir) Les vendredis après-midi, les plus grandes apprennent à faire la cuisine. Elles sont responsables du souper, le tout se fait avec beaucoup d’ambiance, car les fenêtres donnent directement sur la rue. Les jeunes filles sont toutes contentes de voir les garçons qui défilent, pour les cours d’après-midi. Telles de petites poulettes, elles jacassent sans arrêt, cela me semble plus énervant avec leur présence, je les laisse se débrouiller toutes seules, elles sont tout de même là pour apprendre, je ne ferai pas leur travail. Dans la soirée, je téléphone à mon mari, pour lui donner de mes nouvelles. Ce fut un appel assez difficile, émouvant. Il faut s’habituer à l’éloignement, rien ne sera facile. Chacun s’en doutait, c’est là que les cours préparatoires sont essentiels, ils disaient vrai. Après quelques jours de séparation, il y a toujours une vague creuse, de dépression, il s’agit de la remonter, cela est normal. Les bénévoles allemands présents ont fait une réflexion, qui peut-être vraie. Je suis venue seule, pour apprendre une nouvelle langue, communiquer cela pourrait être plus difficile pour moi. Il y a bien le directeur qui est avec moi, mais il doit s’occuper d’activer les choses pour Vallegrande, il connaît son monde cela n’est pas la première année qu’il est en Bolivie. Je dois faire avec ma solitude, le chemin que j’ai choisi. Je vais donc m’ouvrir davantage, sortir de ma coquille comme cela, cette solitude se comblera de nouvelles amitiés. La cuisinière Nancy sera désormais, une complice plus qu’appréciée dans le perfectionnement de mon espagnol, une confidente pour certains moments difficiles. Gaston devient lui aussi un complice. Nous prenons cette habitude d’une marche nocturne, pour nous rafraîchir des journées humides. Il me met en garde sur la nourriture. Il me parle de la soupe de pattes de poulets. En Bolivie, rien n’est jeté, en fait de nourriture. Les pattes de poulets, ainsi que les têtes de ces volatiles font d’excellents bouillons. Mais ces pattes sont aussi bonnes à déguster, dans la soupe. Il me prévient, un soir, que j’aurai à manger de cette soupe. Il ne savait pas que pour le dîner, j’avais eu droit à cette soupe. Étant nouvelle, j’ai eu droit à une patte entière, au désespoir des petits qui étaient à coté de moi.. Que vais-je faire de cette patte ? Je regarde les enfants qui semblent se gaver de cette chose, plus qu’inattendue dans mon bol. Je prends donc ma patte, tout comme les enfants, la mange, c’est vrai elle me semble la partie la plus goûteuse du poulet. Ma mère m’a souvent parlé des sacrifices qu’elle devait faire en temps de guerre, quand elle n’avait rien a mangé, alors pourquoi ferais-je la fine bouche, quand il y tant d’enfants qui ont faim, ici. Je fais comme eux, je mange, ce qu’ils mangent, voilà tout. Il y a même dans certains cas que la nourriture ne plaise pas aux enfants, mais comme je l’ai écrit quelques lignes plus hautes, aucune nourriture ne doit être jetée. Une jeune fille avait un peu trop de légumes frits dans son assiette, elle passe quelques morceaux à sa compagne de droite, en catimini, sans que son animatrice ne s’en rende compte. Je me rends compte de son petit stratagème, ne dis rien, au soulagement de celle-ci. Je me suis faite, cet après-midi là, huit nouvelles copines que je comprenais. Combien de fois ai-je moi-même, fais ce petit manège avec mes frères et mes sœurs. Nous partagions, sous la table, les morceaux que nous ne désirions pas. C’était une loi dans ma famille, tu dois tout manger ce que tu as dans ton assiette, aime ou n'aime pas, pas de gaspillage. Il y en a qui crève de faim ! C’était souvent la réplique que nous avions. Je comprenais ma mère, nous n’avions pas toujours les sous nécessaires pour avoir de belles assiettes bien garnies. J’ai pris cette habitude de ne rien gaspiller, c’est une habitude, qui vaut de l’or. Quand on se rend complice, d’un enfant, surtout avec un sourire, rien de plus facile pour l’apprivoiser. Premier dimanche à Santa Cruz. La messe dominicale est toujours de rigueur, surtout avec les enfants, Tous y participent, de bon cœur, c’est une fête pour eux. C’est vraiment agréable d’entendre tous ces jeunes, même les plus petits, cela n’est pas une corvée. Après la messe, il y a un petit qui m’a donné la main, il fredonnait le cantique de la messe. - Chantes plus fort, je veux l’apprendre ! Il l’entonne, je l’accompagne. Il m’a accompagnée, une partie de l’après-midi, dès qu’il me voit, il accourt, pour de petites attentions. Ces petits s’attachent très facilement, je ne tiens pas à former de liens trop affectifs. Si je dois partir le 11, je ne veux pas de séparations difficiles. Je sais que je pourrais jouer avec eux. J’ai des jeux dans mon sac, mais c’est mettre de l’huile sur le feu, leur donner un plaisir, pour peu de temps, c’est regrettable. Le directeur me paye le dîner au restaurant : poulet frit, patates frites et bananes frites. C’est très bon, leur cuisine est beaucoup basée sur la friture. Au retour, marche dans Santa Cruz. Les arbres sont en fleurs, c’est le printemps, des taches de mauve, fuchsia, rose, hibiscus, manguiers. Je n’ai pas l’appareil photo, même dans ce dépotoir à ciel ouvert, comme l’appelle le directeur, il y a des fleurs. Il n’y a pas seulement la misère, il y a aussi la nature qui peut-être belle. Après le souper, nous sommes allés au maxi, faire quelques emplettes. Nous avons pris l’autobus, celui-ci est bondé. Le chauffeur roule très vite. Il n’y a pas de porte à l’autobus, la sécurité n’est pas de mise, c’est la moindre de leur préoccupation. Je me suis pesée 87.05 kilos. J’ai le papier dans les mains, dans un mois, nous verrons bien, j’espère que cela va baisser. De retour, discussions avec tisane et thé, mise au point sur ce que je ressente jusqu’à présent. Tout va bien, à part la température, que je trouve dans la journée, très peu supportable. Je dois repenser ma façon de travailler, y aller plus doucement car, avec cette chaleur, c’est l’épuisement qui surviendrait. Le lendemain, préparation du dîner. Le directeur s’aperçoit, qu’il y a des coquerelles dans l’armoire à épices. Une fumigation s’impose dans la cuisine, cela se fera dans la soirée, car pour l’instant, il y a beaucoup de travail de préparation pour le menu : Panse de vache avec petits pois, oignons, tomates, patates, riz et soupe au poulet. Ce fut un très bon dîner préparé au son des fanfares, car c’est la fête des étudiants et mercredi sera la fête de Santa Cruz. Tout est sujet à des fêtes, lors de ces fêtes, naturellement les enfants n’ont pas d’école. Après le dîner, je vais faire les achats, au marché de légumes, avec Nancy et quatre enfants. Nous apportons une brouette. Le marché est à l’autre bout de la ville, nous y allons avec une camionnette. Je prends place à l’avant, les enfants dans la boîte du camion. Nous voici au marché. Ce n’est pas seulement un marché de légumes, c’est un marché aux puces, tout ce que vous pouvez imaginer se présente là, avec des odeurs de légumes plus ou moins frais, d’effluves d’urine qui assaillent mes narines délicates.
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Il semble y avoir beaucoup d’agressivité dans l’atmosphère quand on parle de ce hogar. Qu’y a-t-il de tellement spécial à travailler avec ces enfants orphelins et abandonnés? L’avenir me le dira. Me voici seule, pour quelques jours. Ce soir je confectionne deux boules de paix : une pour le père Gérard et la deuxième pour Mama Nellie que je n’ai pas encore rencontrée. Le lendemain après la messe et le déjeuner, je discute avec le propriétaire de la casita, José, qui me donne son appui et son aide inconditionnel. Sur cet encouragement, je me rends au hogar, seule. Les enfants sont heureux de m’accueillir, probablement à cause des bonbons de la veille. Je vais vous décrire le hogar. La superficie totale 100 mètres de profondeur par 35 mètres de largeur. Situé au bas de Vallegrande, quelques montagnes s ‘élèvent à l’horizon ouest. Le fond du terrain s’élève abruptement pour laisser un énorme arbre s’ériger sur sa cime tel un maître veillant sur ses ouailles. Une clôture, en adobe, qui sont des blocs de terre séchée avec de la paille et recouvert sur le sommet par des tuiles de terre cuite délimite le terrain. Le jardin est aussi clôturé par des fils barbelés. Pour bien vous représenter l’ensemble des bâtisses, plusieurs photos ont été prises car nous devons faire beaucoup de rénovations car elles sont assez vétustes. Toutes les bâtisses sont isolées, pour aller de l’une à l’autre nous devons sortir à l’air libre. Les murs sont faits d’adobe recouvert de ciment. Revenons à l’entrée principale : Les deux portes centrales, à gauche, une salle qui me paraît être une salle de classe, à droite, le mur adjacent du voisin, qui est une ancienne meunerie. Sur ce même mur, il y a une petite salle de bain, c’est la salle de bain privée pour le directeur : lavabo, toilette avec siège, douche et même un petit espace de rangement sans oublier une petite fenêtre. Cette meunerie appartient au hogar mais sans les profits d’exploitation. Un mur de deux mètres s’éloigne du mur de cette meunerie sur une longueur de 30 mètres pour tourner à angle droit sur 5 mètres. Ici se trouvent les douches- toilettes, sans siège, dont l’espace est d’un mètre par un mètre. Il y en a cinq et à leurs extrémités deux petites pièces adjacentes. L’une est un dépôt et l’autre semble être une infirmerie, adjacente à celle-ci une autre pièce qui reçoit la réserve de linge ainsi que la machine à coudre. L’espace centrale est à l’air libre et reçoit les cordes à linges. Sur le dernier coté, sont alignés des 5 lavabos. C’est là que les enfants lavent leur linge. En sortant de ce quadrilatère, cinq robinets attendent les mains et les pieds des enfants. C’est aussi l’abreuvoir communautaire. Après trois marches à droite, une grande salle où, se trouvent un deuxième dortoir et une salle de classe. Deux petites chambres se trouvent à la même extrémité, en face des cuisines. En ressortant de ce dortoir, à la gauche se trouve un petit espace vitré, c’est la place réservée pour Marie Auxiliatrice. En face, un espace de terre de10 mètres carré, à l’extrémité, un réservoir d’eau est élevé de 5 mètres. Redescendons les trois marches, à droite, à l’air libre se trouve le jardinet après 20 mètres d’espace libre. À gauche, les cuisines, la réserve de nourriture, une chambre libre et pour terminer une réserve d’outil. J’aide tant bien que mal à la couture, à la boulangerie. Nous devons payer les frais d’hôtel, car Mama Nelly ne veut pas nous que nous prenions possession des lieux avant que le Monseigneur ne signe les papiers nous désignant responsable du hogar, cela nous désole un peu, car cet argent semble fondre à vue d’œil. Il y a deux pièces qui sont disponibles au hogar, je commence tranquillement à les nettoyer pour qu’elles soient prêtes, lorsque l’autorisation nous sera obtenue. Je fais toujours mes boules de paix que je commence à distribuer aux personnes qui veulent bien nous aider. Le hogar Anicet Solares trouve l’idée intéressante. J’apprends donc aux jeunes filles comment faire ces boules. C’est une activité manuelle qui change de leur quotidien. Elles peuvent ainsi préparer des décorations qui seront utiles pour Noël. Les soirées se passent encore avec des marches, des parties de carte. Elles sont un peu plus relaxantes. Nous reprenons des énergies qui semblaient s’envoler avec ces longs moments d’attente. Vendredi le 24 octobre, comme rien ne semble bouger nous recevons de la paroisse la suggestion de se rendre directement à Postervalle, ou se trouve le monseigneur pour la fin de semaine, nous verrons bien demain, car avec la pluie qui tombe, la route peut être encore plus dangereuse. Dans la soirée, un coup d’œil au hogar, une tasse de riz, sans cuillère, c’est la confusion. J’ai Angelo, garçon orphelin total de 7 ans, qui me colle, il veut que je reste, le directeur sort du hogar, me fait signe de le suivre. Il n’en peut plus, cette attente, ces enfants qui demandent notre aide et nous, nous avons les mains liées. Il éclate en sanglot comme un bébé. Il se rend malade, cela m’inquiète, car il a fait une crise d’angine, voilà deux semaines. Je le console en lui disant que ces enfants ont au moins, un toit et un bol de riz. Ils sont chanceux, si on tient compte de tous les autres qui n'ont rien. Dans la soirée, on joue une seule partie de cartes, car je suis crevée, je suis comme un zombie, je n’ai plus de force. Chaque journée est importante, celle du 25 octobre fut la plus magnifique. Après ma messe quotidienne, de 7 heures, je passe au hogar ou je rencontre le directeur qui sait fâcher avec Mama Nellie. Nous lui remettons les articles pour la première communion qui aura le lendemain. Pendant le temps que le directeur essai d’envoyer un fax, je prends mon courage à deux mains, je prie l’Esprit-Saint de m’aider à trouver les paroles exactes pour influencer Mama Nellie. C’est une personne âgée de 75 ans qui n’a plus la capacité physique de diriger le hogar. Je vais près d’elle et lui demande un entretien privé, ce qui me vaut un regard terrifiant de Martha, l’aide de Mama Nellie. Après quelques secondes de concentration, de réflexion, je commence à parler de ma situation familiale, de ce qui m’a amenée dans ce hogar. C’est que tous ces enfants représentent mon père qui a vécu toutes les misères d’un orphelinat et même pire. Je suis ici pour aider seulement ces jeunes, car en aidant ces jeunes c’est mon père que j’aide. J’ai apporté dans mes bagages, tous les jouets éducatifs de ma garderie, que ces jouets seront très utiles maintenant, surtout que les enfants seront en vacances, la semaine prochaine. Sur ce fait, elle me fait attendre une minute, elle revient avec une pile de jeux éducatifs neufs. - Pourquoi les enfants ne les utilisent pas? - Parce qu’il faut une personne responsable pour surveiller et les enseigner aux enfants! -Durant 20 années, j’avais une garderie avec des jeux identiques. Je connais ces jeux, des jeux d’artisanats, Ma place est auprès de ces enfants, je peux très bien leur apprendre beaucoup de choses. Lundi sera mon anniversaire, le plus beau cadeau que vous pourriez me faire, serai de me donner l’autorisation d’entrer dans le hogar, d’y rester pour y dormir. Nous nous regardons, 30 secondes, qui me paraissent une éternité, elle me dit: - Tu peux rentrer! Septique, je lui redemande : Est-ce que je peux rentrer? C’est la même réponse: Oui, tu le peux! Après toutes ces prières me voilà récompensée. Je cours à la rencontre du directeur qui m’attend car nous allons à Postervalle. Il est content de la nouvelle, il me tend la main, me félicite. Enfin une petite lumière au bout du tunnel. Après un dîner rapide c’est le départ pour Postervalle. Nous avons un chauffeur immérité, car c’est une route désastreuse, précipices, roches, bosses, animaux, autos, camions, bref, la grande épopée. La grande aventure dans un paysage magnifique. Ce paysage de montagnes enlève mes craintes, au bout de trois heures, nous trouvons Monseigneur Tito, avec un rassemblement de 500 jeunes. Monseigneur Tito se demande pourquoi deux canadiens ont fait ce chemin périlleux pour le voir. Après un entretien, d’une heure et demie, il consent à remplir les papiers plus rapidement. Avant de quitter, je donne une boule de paix au Monseigneur. Le directeur dans la voiture me dit: - Je crois que ta boule de paix est la lumière sur le cierge! J’espère que ces boules de paix feront leur travail, j’y pense tellement qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Le chemin du retour est tout aussi dangereux, sinon plus car il se fait de noirceur. Pour éloigner mes craintes de la route je regarde le ciel parsemé de millions d’étoiles. Les arbres scintillent par des milliards de lucioles. On se croirait à Noël. Jamais, au grand jamais, je n’oublierai cette épopée magnifique. Je dois seulement rajouter. Un grand merci, un grand GRACIA A DIOS pour la vie! Pour tout ce qui rend cette vie indispensable, pour toutes ces émotions qui vont nous chercher jusqu’au plus profond de nous-mêmes. Je ne crois pas que tout cela aurait pu être vécu dans le calme, le luxe, la sécurité, le bien-être du Canada, du Québec. Tout laissé derrière soi implique des sacrifices, mais en retour, on est comblé au centuple, par la satisfaction, la réalité du bonheur, la réalité de la vie, la réalité de l’amour. C’est la première communion des enfants, des plus grands. Ils doivent être âgés de 12 ans, avoir réussi leur cinquième année. Les premiers communiants sont propres mais les autres sont sales, l’hygiène ne semble pas au rendez-vous dans ce hogar. Ils sentent mauvais, surtout un certain Angelo. C’est un orphelin total, sans la moindre famille, il nous vient de Santa Cruz. Après la messe, les enfants m’aident à transporter toutes les valises qui sont toujours accumulées, dans nos chambres d’hôtel, celles-ci ressemblent à des dépôts. J’ai une mauvaise surprise à mon arrivée. On m’a assignée la plus petite chambre, où il n’y a pas de fenêtre. C’est Emma la responsable des enfants qui me l’assigne sur l’ordre de Mama Nellie. Elle a 4 enfants dont le cadet est âgé de huit mois. Les cinq vivent au hogar, ils dorment dans la même pièce de 10 pieds par 4 pieds, près du dortoir des enfants. J’ai besoin d’air, de lumière. J’obtiens finalement satisfaction, à une condition, je dois seulement rester dans cette chambre, je ne peux en sortir, je ne peux aller avec les enfants. Gustavo, un des plus vieux m’aide à m’installer. Je lui demande s’il tient à ce que le directeur entre dans le hogar, si oui, il a besoin d’aide. C’est aux enfants à demander à Dieu qu’il rentre, car Dieu écoute plus les enfants que les adultes, qu’ensemble tout espoir est permis, tout peut se réaliser. BONNE FÊTE! BONNE FÊTE À MOI! J’ai le cadeau que je souhaitais, je suis au hogar. Je vais à la messe avec mes trois mousquetaires, Juan, Roberto et Gustavo. Gustavo est surpris qu’il puisse communier. - Tu as fait ta première communion, alors tu peux communier! Il semble malade et fatigué. Je fais quelques téléphones qui me sont des cadeaux de fête. Entendre la voix de ces amis remonte le moral, donne de l’énergie, j’en ai besoin, le travail sera accablant. J’essaie de m’organiser avec les moyens du bord, ce qui veut dire à peu près rien. Emma m’apporte mon souper et m’oblige à le manger, car je n’ai rien mangé de la journée. Je fais une boule de paix, au son de la musique. Les enfants sont turbulents, contents que je sois parmi eux. Ils ont allumé trois feux près du jardin. Ils étaient sans surveillance. Je dois mettre les choses au clair avec Emma. Tant que je serai ici, les enfants ne se feront plus battre, même s’ils ont fait des gaffes. Il s’agit de leur parler et de leur donner plus d’attention, de cette façon ils nous écouteront. Comme punition, ils n’auront pas droit au désert qui était prévu pour une fois, cela leur servira de leçon pour l’avenir. En faisant le décompte des vas et viens dans Vallegrande, 8 fois j’ai du monter et redescendre ces rues tortueuses, à chaque fois que je rencontrais quelqu’un je lui parlais, ce fut le cas de nombreuses rencontres avec la population que je commence à apprivoiser. Je dois me débrouiller avec mon espagnol, ce qui occasionne souvent des fous rires par mes expressions naturelles, mais les gens sont tous très sympathiques, m’aident avec gentillesse. Je m’organise pour être plus confortablement installée, lavage de ma salle de bain. Elle sera au moins propre car les enfants n’y ont pas droit d’accès. Gustavo a une pneumonie, pour obtenir ce diagnostic, je me suis coltinée trois voyages chez le médecin, qui n’était pas à l’heure à ses rendez-vous, quand finalement j’ai pu le rencontrer, je lui ai fais part de ma désapprobation sur son temps d’horaire. - Par trois fois, votre infirmière m’a assuré que vous seriez là, il y a tellement de travail au hogar que ces trajets retardent le travail, j’apprécierai à l’avenir, que l’heure dite soit certaine. - Je m’excuse, madame, je vois que vous aimez la ponctualité! - Quand il s’agit de la santé des enfants, oui, je suis ponctuelle. Gustavo doit recevoir des injections de pénicilline, celles-ci se donnent à la pharmacie, et non chez le médecin. Le médecin écrit l’ordonnance, aller à la pharmacie, c’est la pharmacienne qui fait les infections. De la façon qu’elle s’y prend, je me réserve ce travail à l’avenir. Gustavo sera donc le premier à recevoir mes injections, c’est là que le travail de la doctoresse de Santa Cruz est utile. Elle m’a appris à faire les injections, me disant que certainement cela me servirait. Le directeur est toujours à Santa Cruz pour obtenir l’intérim du RML (regroupement des missionnaires laïques de Montréal). Nous avons besoin d’un groupe nous supportant pour que tous les papiers soient en règle avec l’archevêché, car c’est lui qui est le responsable du hogar. Tant de bureaucratie qui nous enlève de l’énergie qui serait bien plus utile à ses enfants. Les enfants ont encore allumé des feux. Ils adorent le feu. Ils trouvent moyen de garder des tisons, dans les trous du mur, ma surveillance sera accrue, même si je n’ai pas le droit de sortir de ma chambre. Le soir je me promènerai, je ferai l’inspection, trouverai lequel de ces petits moineaux tient tellement à faire des feux. Je n’ai pas le droit de sortir de ma chambre mais, ma porte de chambre est grande ouverte. Les plus jeunes se pointent, un à un, je sors des jeux, un à un. J’apprivoise doucement ces petits bouts d’homme. Des petites tables sont ajoutées dans ma chambre pour que ces petits puissent jouer, sans se chamailler, sans crier sinon, ils doivent laisser la place à d’autres qui attendent patiemment, le nez collé sur la moustiquaire de la fenêtre, m’observant faire les boules de paix, qui s’accumulent au-dessus de mon armoire. Malgré que les enfants soient en vacances, Mama Nellie vient faire l’école où plutôt me surveiller. Elle a la voix forte, cela m’oblige à fermer ma porte. Les enfants la craignent tout comme les employés, je ne la crains pas. Je dois apprendre à la connaître. Gualberto est un garçon orphelin total, sans père ni mère, d’une agressivité qui peut-être hors du commun. Voici son histoire, vous comprendrez cette agressivité. Il fut témoin de la mort de sa mère, c’est son père qui l’a tuée, celui-ci s’est suicidé par la suite. Il faut prendre cet enfant avec tellement de délicatesse, pour ne pas brusquer, il a une tendresse toute spéciale. Un soir il me semblait triste, agité. Plusieurs enfants qui possédaient encore de la famille, partaient en vacances pour deux mois avec celle-ci. Lui aussi aurait voulu sortir de ce hogar, où pour l’instant tout semble noir, difficile à vivre. Je le comprends. - Qu’est ce qui se passe Gualberto? Pourquoi es-tu triste? - Tu sais, je n’ai plus de papa! J’aimerai voir mon papa. - Moi non plus je n’ai plus de papa, quand je m’ennuie de lui, je lui parle. Regardes le ciel, tu vois cette étoile! Il est là! Ton papa où est-il? Choisis-toi une étoile! Il me montre une étoile, Maintenant quand tu voudras parler avec ton papa, regardes cette étoile, il t’écoutera. J’ai eu droit au plus gros câlin comme remerciement. J’ai donné un peu d’espoir à ce petit bonhomme. Il sait que je peux l’écouter, l’aider, que je ne me moque pas de lui. J’ai maintenant sa confiance. Un autre gamin vient se joindre à nous en posant rapidement cette question: - Pourquoi, toi tu es ici? Pourquoi le directeur ne peut-il pas entrer? - Écoutez si vous voulez que le directeur entre dans ce hogar, nous ayons seulement à le demander à Dieu, demain matin que tous ceux qui veulent que le directeur entre viennent à la messe avec moi, nous irons à la messe pour demander que le directeur nous rejoigne rapidement. Faites le message aux autres! C’était pour moi un défi, comment parler de Jésus à ces enfants qui ont déjà tellement souffert. Je ne veux pas les berner, je veux qu’ils apprennent à avoir seulement confiance en Dieu. Je crois que j’ai réussi, car le lendemain matin, devant ma porte tous les petits m’attendaient. Il pleuvait très fort. Nous y allons quand même. Pour ne pas que tous ces petits oisillons soient mouillés, ils ont trouvé refuge sous une toile de plastic jaune soleil. Ils étaient heureux, quand ils rencontraient une personne sur la rue, ils disaient presque en chœur: Nous allons à la messe pour le directeur! À l’église nous sommes les premiers. Ils se divisent dans les tous premiers bancs. C’est super à regarder. Ils sont en silence, agenouillés, les mains jointes, chacun fait sa prière, demandant que le directeur nous soit rendu, car je leur ai bien dis: - Si chacun demande à Dieu avec son cœur d’enfant, le retour du directeur, celui-ci rentrerai. Le 18 novembre le directeur avait l’autorisation officielle pour entrer physiquement avec tous les titres en main. Je savais qu’il entrerait mais cette attente m’a permis de faire connaître l’espoir à ces enfants, qu’il y a un Dieu qui veille sur eux, qu’ils doivent Lui faire confiance, qu’ils seront écoutés. En attendant son retour, les boules de paix vont bon train. Tous les grands savent les faire. Dans ma chambre une dizaine de tables sont maintenant alignées recevant à tour de rôle des enfants qui jouent tranquillement avec les jeux qui sortent un par un des mes sacs. Les veritechs, les autocorectarts, les dominos, la plasticine, les crayons de couleur…..Chacun choisit maintenant celui qu’il préfère, il a le choix. Mama Nellie vient encore nous faire une visite surprise. - Que se passe-t-il ici? Pourquoi les enfants sont dans ta chambre? - Ils jouent! Puisque je ne peux sortir de ma chambre, ma chambre leur est ouverte. - Mais ils sont bien tranquilles! Et ces jeux, ils savent comment jouer? - Certainement, je vous ai dis que j’avais une garderie dans ma maison durant 20 ans. Se sont tous mes jeux, ils sont tous en très bon état, voyez par vous-même! Elle fit le tour des tables, sous les regards terrorisés des enfants qui la craignent. Elle repart très rapidement pour revenir quelques minutes plus tard: - Alors ces jeux, je vous les donne, je crois qu’ils seront plus utiles ici que dans mes armoires! Vous pouvez sortir quelques tables dehors. Tous dans la même chambre, il n’y a pas assez de place! Avec de la patience, j’ai finalement la permission de sortir de ma chambre. Je suis emballée tout comme les enfants qui seront plus nombreux à jouer ensemble. Cette sortie me permet de commencer un ménage complet du hogar, en commençant par le dortoir des enfants. Faire sortir les matelas, les fumiger pour exterminer les puces et les poux qui y ont élus domicile. Lavage systématique de la literie et des enfants. Il y a un peu moins d’enfants car plusieurs sont dans leur famille. Les enfants présents n’ont pas de famille où sont tout simplement abandonnés. Il y en a une trentaine. Cela sera plus facile pour le nettoyage des têtes qui sont toutes habitées pour de gentils petits poux. Je peux donc aussi commencer à soigner les petites blessures et maladies de peaux que tous ont, surtout des ninguas, petit insecte qui se loge sous la peau, qui pond ses oeufs provoquant des inflammations douloureuses. Ces inflammations se trouvent surtout au niveau des pieds, car les enfants marchent souvent nu-pieds ou en sandale.
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sont On extirpe l’insecte à l’aide d’une aiguille, on nettoie le tout, le tour est joué. Mais les enfants ne viennent pas encore spontanément me voir, c’est à leur démarche que je me rends compte de ceux qui ont besoin de mon aide. Avec douceur, le soir, ma chambre est devenue, l’infirmerie. Un pied a arrangé ou un doigt, une maladie de peau à arrêter, un rhume…….Chaque enfant reçoit au début, un bonbon, comme récompense pour la confiance qu’il m’a accordée. En peu de temps, la file d’attente s’allonge. Chaque enfant se trouve un petit bobo, pour obtenir cette petite gâterie, cette petite attention, ce petit baiser qui devient vite une habitude qui s’étire jusqu’au lit de l’enfant. Chacun reçoit sa caresse, son baiser du soir. Il est bordé dans son lit avec un bonsoir spécial à chacun. J’ai ces enfants dans ma main. Ils sont déjà moins turbulents, plus calme, plus joyeux. Gaston nous fait la surprise d’une visite le 9 novembre, il n’a toujours pas les papiers et Mama Nellie qui sape l’espoir de certains jeunes en leurs disant que le directeur n’aurait jamais les papiers nécessaires. Je leur dis de garder espoir, que tout va s’arranger qu’ils continuent de prier le soir, cela va certainement nous aider. Il est à Vallegrande, nous en profitons pour faire l’achat de matériel pour confectionner des draps de lit, Emma se met sur la couture, la confection de 20 paires de draps est faite en un temps record. Les enfants trouvent moyens de se fabriquer des jouets avec rien, surtout leur vroum-vroum. Ils écrasent une capsule de bouteille de bière qui traîne dans toutes les rues, percent celle-ci dans le centre, à deux endroits, passent un fil, d’un coté et l’autre. En tirant rapidement sur les fils, la capsule tourne et fait du bruit. Si l’enfant ne trouve pas de capsule, il va tout simplement fouiller dans les poubelles, revient avec le dessus d’une boite de conserve, il a le même résultat. Ils sont tous prévenus que cela pouvais être dangereux de se couper, mais un enfant écoute-t-il toujours? Il y a toujours quelques obstinés qui veulent jouer, c’est le seul jouet qu’ils peuvent posséder. Une matinée, j’aperçois Quintin assis dans un coin, la main en sang - Montres moi ta main! Elle est bien entaillée. Une visite au médecin qui couture cette entaille de 8 petits points, je dois aller à la pharmacie pour le vaccin antitétanique et l’achat du fil à suture que je dois remettre au médecin. Maintenant nous avons l’exemple parfait pour que les enfants me prennent au sérieux. - On ne fouille pas dans les poubelles! Les vroum-vroum confectionnés à partir de couvercles métalliques seront confisqués. A mon retour, le lavage des couvertures recommence. Les couvertures sont lavées une par une, je crois que ces couvertures n’ont jamais été lavées. L’eau de lavage est de la bouette. La machine à laver s’arrêtera tous les jours seulement vers 10 ou 11 heures du soir tant que toutes les couvertures ne seront pas toutes propres. Nous partons à Santa Cruz jeudi soir le 13, se sera un petit changement, voilà un mois exactement que je suis à Vallegrande, sans prendre une minute de congé. Avant notre départ, nous allons récupérer du matériel que les trois premières bénévoles, Diane, Sandrine et Nathalie avaient pris soin de consigner chez Eusébia, maman Osso, comme les enfants l’appellent. C’est la cuisinière du Hogar. Elle a trois enfants dont le cadet est âgé de trois mois. Elle réside dans une petite maison près du hogar. Ces 3 bénévoles ont passé une année complète en Bolivie. Elles ont commencé à Santa Cruz pour ensuite se joindre à Gaston au mois d’avril pour revenir au Québec en septembre. Ces premières jeunes filles ont eu le privilège de connaître, d’amadouer ces enfants et de vivre dans des conditions terribles car Mama Nellie ne voulait pas de canadiens en relève. C’est l’archevêché qui a trouvé Gaston pour la remplacer. Nous serons hébergés à Mano Amiga à chaque séjour. Chacun espère que je resterai à Santa Cruz. Je les avais tous bien aidés, je leur dis que maintenant mon temps sera pour les enfants de Vallegrande. Le responsable de Mano Amiga en espérait autant, de notre directeur, qui a la même réponse que moi. Nous sommes en Bolivie pour les enfants de Vallegrande, pas pour Mano Amiga. Dès 8.30 heures départ pour le magasinage. C’est là que je commence à connaître les méthodes boliviennes. Il y a une bande dessinée ASTÉRIX ET SES DOUZES TRAVAUX ceux qui ont lu cette bande me comprendront très vite. À la banque pour échanger des chèques de voyage, la communication entre les fonctionnaires boliviens est très spéciale. Une personne nous dit descendre deux étages, ces deux étages descendus, un second fonctionnaire nous en fait monter trois, une signature, redescendre un étage, une formalité à cet étage, puis remonter deux étages pour encaisser. Je sors dehors, je voudrais crier devant autant de stupidité, mais le directeur me calme: Nous sommes en Bolivie! Ce fut le même scénario pour la pièce de rechange d’un appareil ménager. Trois coins de rues à droite, mais non, à deux coins de rues, au nord, pour finalement la trouver, après une heure de marche sous la chaleur de Santa Cruz. Nous allons finalement dîner à Mano Amiga où Nancy me trouve passablement amaigrie. Je n’ai pas d’appétit, je le sais, je m’oblige à manger. Avec tant de travail au hogar et l’attitude de Mama Nellie, de Monseigneur Tito, du responsable de Mano Amiga, j’ai l’impression que personne ne tient à notre arrivée dans ce hogar. Il y a en plus la montagne qu’il faut monter plusieurs fois par jour, cela dépense beaucoup de calories. Je m’en porte que mieux. J’ai encore perdu 10 kilos, enfin je retrouve un peu ma ligne de jeune fille. J’aime toujours Vallegrande, même plus, car j’ai ce besoin de serrer dans mes bras ces enfants, de leur donner des caresses que je n’ai pas reçues. J’avais tellement le goût d’être enlacée, sans jamais être satisfaite que je sais ce que ressentent ces enfants, je me ferai donc à l’avenir ce plaisir autant de fois que je le voudrais. L’après-midi fut réservé pour certains achats de Noël, tel des nappes, des pyjamas pour les enfants. C’est plaisant de voir ce grand enfant s’emballer pour la fête de Noël qui arrive à grand pas. Nous achetons une vidéo, pour les enfants, ils seront combler, Ils pourront commencer à regarder des cassettes de dessins animés. Le dimanche nous allons à la messe avec les enfants, au retour je prends plaisir à les photographier. Gaston me dit que je m’embarque dans un beau bateau. Je comprends son allusion car quand les enfants ont vu l’appareil, tous voulaient être photographiés. Je serai plus prudente à l’avenir. Nous sommes de retour à Vallegrande le lundi après-midi. Gaston décide de rentrer dans le hogar, même si les papiers ne sont pas tous signés, peu importe si Mama Nellie n’est pas contente. Les enfants sont contents, moi aussi, j’aurai plus de temps à leur consacrer. Je suis au hogar pour les enfants, premièrement! Je ne suis pas fâcher d’être enfin reléguer à l’animation des enfants, c’est ce que je préfère. Ma tête bourdonne d’idées que j’ai hâte de concrétiser. Le directeur a remarqué un changement chez les enfants. Ils sont plus calmes et obéissants. Ils veulent tous, entrer dans ma chambre, jouer, avoir le choix d’une activité. Les petites tables sont transférées à l’extérieur, permettant plus d’espace sur le plancher, pour les jeux de domino, plutôt pour les serpents de domino. Il s’agit de mettre les dominos debout, faire un parcours le plus long possible. La dextérité manuelle, le calme, la patience de ces enfants sont ainsi mis à l’épreuve, j’apprends à connaître le caractère de chacun. Je dois mettre une nouvelle règle pour les jeux: celui qui veut jouer avec mes jeux doit se présenter, les mains propres et sèches, sans nourriture, car en peu de temps les jeux étaient déjà assez sales. Il ne s’agit pas seulement de jouer, il faut apprendre à respecter le matériel, remettre toutes les pièces, spontanément, sinon l’enfant qui sera pris à garder une pièce sera privé de jeux durant une journée. Je dois me montrer sévère pour que les enfants sachent comment je compte travailler avec eux. La propreté du hogar laisse à désirer, ce qui donne une chance à quelques bestioles délirent domicile. Je vous ai parlé des coquerelles, il y en aura toujours, mais il y a les scorpions dans la réserve de nourriture, les rats qui se promènent le soir ou le jour. Il y a aussi les tarentules dont deux ont été retrouvées, dans les dortoirs. Celles-ci sont aussitôt tuées à l’aide d’insecticide, exposées sur la moustiquaire. Les enfants peuvent les étudier avec passion. J’en prends une dans ma main, un enfant me dit aussitôt: - Tu vas te faire piquer! - Regardes un peu, elle est morte. Regardes ses pattes, ses crochets comme ils sont longs, viens la caresser! Avec crainte au début, les enfants sont septiques, à tour de rôle, ils osent toucher aux tarentules. Si nous ne voulons plus de tarentules dans les dortoirs, il s’agit de les garder propres. Nous devons maintenant s’organiser pour tenir ce hogar bien propre, c’est notre maison. Les enfants sont d’accord, chacun y mettra du sien. Il y a 32 enfants qui sont avec nous. Je suis en charge de leurs activités. J’ai encore des jeux qui rentrent en scène, tel le bingo animal. Tous peuvent jouer en même temps. Les premiers gagnants doivent attendre patiemment la fin du jeu pour recevoir leur récompense, un suçon. Il y a quelques petits tricheurs qui essaient de passer outre les règlements du jeu. - Quand vous jouez, je ne veux aucun tricheur, la loyauté et le respect de chacun sont de rigueur! J’ai quelques regards désapprobateurs, mais tout semble bien clair. Les gagnants semblent s’énerver. Pour les prochaines fois, il y aura plus de planification, car je ne peux tous les tenir occuper en même temps. Après le dîner, des tables supplémentaires sont ajoutées, offrant ainsi, de l’espace pour dessiner aux premiers gagnants, car le jeu de bingo fut très apprécié. Tous veulent participer une autre fois, mais le prix du gagnant est une feuille à colorier. Ces feuilles seront exposées pour Noël. Nous devons préparer un Noël inoubliable. C’est notre premier Noël avec ces enfants, ils vont participer aux préparatifs. Toutes les boules de paix recevront des confettis de couleurs et de forme variée tel, lion, girafe, flamant, papillon, parapluie, étoile, poisson. Il y a six couleurs différentes pour chaque forme. Les enfants sont emballés par ces couleurs et ces formes brillantes. Dans les magasins à un dollar, au Québec, il y en a de toutes sortes. Je suis venue avec tous ceux que je pouvais rencontrer. C’est cette activité qui intéresse le plus les enfants. Chacun veut confectionner sa propre boule. Toutes les boules terminées sont bien identifiées pour retrouver son propriétaire après Noël. Pendant que les enfants sont occupés au bricolage, Gaston installe la vidéo. Dans la soirée, c’est un plaisir d’être avec ces petits qui voudraient tous être sur nous pour recevoir un brin de tendresse. Gualberto devient un habitué, pour mes petites attentions, il devient moins agressif plus attentionné aux autres. La projection du vidéo se passe, après la douche, en pyjama, après la session à l’infirmerie, quand tous sont prêts, le téléviseur est allumé, de cette façon il y a moins de retardataire, chacun s’entraide pour garder le dortoir à l’ordre. Le soir quand les enfants sont tous endormis, c’est le temps réservé à l’état des comptes. Toutes les factures sont ramassées, bien identifiées pour que le budget soit respecté, sans oublier le lavage des couvertures qui n’est toujours pas terminé où le lavage des vêtements des enfants, où quelques parties de cartes qui nous distraient de tant de travail. Les journées de Gaston sont occupées par l’entretien et les achats qui sont très nombreux, car tout est à rénover. Alfonso est l’employé chargé de l’entretien matériel, sa femme aussi employée est couturière et lavandière. Leurs salaires sont payés par la préfecture. Leur fils Brian, 17 ans, est engagé par Gaston comme animateur. Ils vivent dans leur maison qui hébergera plus tard quelques bénévoles quand nous manquerons de place pour coucher. Adémar, un jeune de 16 ans avec une légère déficience mentale, est de retour au hogar. Il est très timide avec très peu d’élocution. Lors de l’activité dessin, je découvre qu’il a des possibilités artistiques étonnantes. Pour l’apprivoiser, je le rends responsable de quelques petits tout en gardant un œil sur lui. Quand les enfants ne l’écoutent pas, il se fâche très vite, il veut les frapper tout comme lui a été frappé. Il a subit de mauvais traitements. Il ne sera pas responsable avec les jeunes. Il doit y avoir un échange, pour deux semaines, avec le hogar de Santa Cruz. Nos enfants tous habillés de vert et jaune, habits de joueurs de base-ball qui nous sont offerts par un groupe du club optimiste de Montréal. Ces habits nous ont occasionné un peu de travail, car les enfants boliviens sont beaucoup plus petits que ceux du Québec. Pour que chacun ait son habillement, des périodes de couture intensives furent nécessaires pour rapetisser, chaque pantalon ou blouson, mais tout est à l’ordre, nos enfants attendent impatiemment le camion qui les amènera à Santa Cruz. Naturellement, dans l’échange noua avons 6 enfants de plus, ce qui demande une autre réorganisation des dortoirs. Mardi le 2 décembre 1997(extrait du journal de bord) Debout 5h1/2 partir la laveuse parce qu’il y a beaucoup de drap à laver, préparer le gruau et le café, manger deux oranges, je tiens à manger ces fruits car ils me donnent l’énergie pour la journée tout comme les vitamines que le directeur m’a apportées. Les enfants vont chercher le lait avec le directeur, il y en a qui sont surpris, ils pensaient que l’on devait traire les vaches, par la suite, c’est la cueillette des légumes dans le jardin, pour le dîner et le souper. La terre est tellement dure que je casse mon couteau. Vient le tour des commissions, viande pour le bœuf aux légumes. C’est plaisant de voir tous ces jeunes qui veulent nous aider, soit au jardin soit à la cuisine. Pendant que je découpe la viande, deux bénévoles arrivent de Santa Cruz. Un gracias à Dios sort spontanément, ce qui nous fait bien rigoler. Ce surplus d’aide est fort apprécié. Durant la journée, je dois garder en tête le temps de lavage 45minutes, ce qui donne comme résultat, qu’à 18 heures tous les draps et couvre-lits sont terminé. A10h1/2 pendant que la viande mijote, le linge sec des enfants est ramassé et mis en un seul paquet au milieu du déposito, se sera un autre problème pour séparer le tout. Pour le dîner, le directeur doit me dire: Françoise vient manger! Car je commençais à réorganiser les chaudrons. Après le dîner, avec une tasse de thé, c’est la corvée du bilan de novembre, ce n’est pas plaisant mais cela nous permet de retrouver les factures manquantes. L’une des bénévoles s’offre pour la confection des bas de Noël pendant que j’explique au hermano le fonctionnement des veritechs. Quand je parle de Noël, de ma présence en Bolivie, les volontaires sont encore plus disponibles à m’aider. Elles s’offrent pour la confection des bas, des boules et surtout l’art de l’origami. A 4 heures, nous avons 2 bonnes nouvelles et une moins bonne. Nous récupérons le restant du matériel chez Lydia, mais nous avons perdu 4 caisses de matériel. Il récupère par le fait même son lit double. Je prendrai donc son lit. On va acheter le matériel pour les bas. On repart au hogar, pendant que je mets une brassée de linge dans la laveuse. Le directeur doit aller à Santa Cruz pour de l’argent. Cela me débine un peu, c’est presque un coup de massue qui me fait ressentir toute la fatigue de la journée mais travailler avec les volontaires me redonne un peu de PEP.A 18.30 heures, nous allons à entel où un fax nous attend, il est du RML qui nous dit qu’il y a 3,500.00 à notre compte, enfin une bonne nouvelle. Est-ce le fait de dire, ce matin, à Kateri et Don Bosco qu’ils étaient paresseux! Ils nous ont écoutés, merci à tous. Nous achetons de la peinture bleue pour donner du travail au peintre, portes et fenêtres à rajeunir. Je reconduis le directeur à l’autobus, encore monter cette côte, la forme va y être, revenir au hogar. Sécher la couverture, douche, écrire le journal au son de la musique. Journée terminée 23.15 Merci mon Dieu pour cette magnifique journée Cette journée a été transcrite en entier de mon journal. Jusqu’au 15 décembre, les journées ont été terriblement chargées question travail, car les jeunes présents étaient des enfants plus âgés, des adolescents. Ils étaient venus pour nous donner un coup de main pour mettre ce hogar sur pied. Tous les lits superposés ont reçu une couche de peinture fraîche, tout comme les murs. Le hogar est maintenant prêt à recevoir ses vrais résidents. Je suis bien contente de revoir nos tout petits, car les enfants de Santa Cruz sont vraiment plus turbulents étant plus âgés, ils demandent plus d’action mais ils nous aident. Un matin deux jeunes devaient aller à la laiterie chercher le lait pour le déjeuner. Ils sont partis à 7 heures et à 8 heures, ils n’étaient pas de retour. Je vais à leur rencontre. Ces deux garnements revenaient bien tranquillement en jacassant. - Les garçons vous ne pourriez pas aller plus vite, nous avons besoin du lait pour déjeuner! Vous me paraissez deux tortues! Piqués au vif, les deux me répondirent: - C’est toi la tortue (tortuga)! Depuis ce jour, les enfants m’appellent la tortuga. Nous avons besoin d’un nouveau réfrigérateur, ainsi que d’un fourneau plus gros, car les repas sont maintenant compte de trois et non d’un seul comme avant. Il y a beaucoup d’achats en prévision et l’argent ne rentre pas facilement. Je fais beaucoup d’appels téléphoniques pour obtenir de l’aide, qui entre au compte-gouttes. Je prends donc la décision de me rendre personnellement à Montréal pour demander de l’aide. Je partirai le 6 janvier. J’ai quatre semaines encore à gâter, à aider ces petits. Je vais leur donner toute l’énergie que je pourrai. C’est l’échange des enfants aujourd’hui ceux de Santa Cruz retournent chez eux, les nôtres reviennent bien contents de leur séjour. Ils sont très fiers d’être maintenant responsables de leurs vêtements, de leur lit tout frais peinturé ainsi que de leur matelas neuf et propre. Ils ont même la surprise de recevoir un oreiller, ce n’est pas pour faire des batailles sinon ils seront confisqués. Si les enfants se comportent bien, ils seront ainsi récompensés pour de petits luxes auxquels ils n’avaient eu droit. Ils sont plus obéissants. Ils sont contents d’être auprès de nous pour visionner de nouvelles vidéos, se faire dorloter, recevoir une dose d’amour supplémentaire. Julian, jeune de 17 ans, vient avec nos jeunes. Gaston l’embauche comme animateur ou encargado comme on les appelle. Je laisse un peu l’animation des enfants pour préparer la fête de Noël, car chaque enfant recevra un cadeau, un bas de Noël et autres gâteries, cela demande beaucoup de préparation. Les décorations commencent à prendre place. Les boules de paix sont devenues des boules de Noël. Les enfants sont bien fiers de voir leurs œuvres ainsi exposées, aux yeux de tous. Ils acquièrent ainsi un peu plus de confiance en eux, en leurs possibilités. Pour que les enfants prennent l’habitude de mieux manger à table, un nouveau stratagème prend forme. La table qui sera la plus propre après chaque repas se verra attribuée une nappe de plastic, toute neuve, mais il faut vraiment que la table soit propre, sans être souillée par de la nourriture où des verres renversés. Ces enfants ne sont pas habitués de bien manger. Ils mangent la plupart avec leurs doigts. Le maniement de la fourchette demande à certains une concentration extrême, car ils avaient seulement une cuillère pour manger. Ils doivent apprendre à se servir aussi d’un couteau, couper leur viande par petit morceau, prendre le temps de bien manger. Ils ont tous peur de manquer de nourriture comme avant, cela nous demandera, une année de patience pour que ces enfants aient cette confiance, AU PAIN DE CHAQUE JOUR, qu’ils avaient que rarement reçu. Leur estomac demande aussi ce temps pour s’habituer à ce surplus de nourriture, à ne plus crier famine même quand celui-ci est plein. Au bout d’une semaine les enfants mangent plus proprement, pour les stimuler, je sors les nappes de Noël: - Regardez comme elles sont jolies, elles seront pour Noël! Elles devront rester propres, c’est pour cela que vous devez continuer à bien manger, tranquillement et proprement. Chaque table aura une nappe de Noël! Elles sont semblables avec des Pères Noël! Ils sont tous contents. Chacun prend plus de précautions, s’entraident comme dans une grande famille. Une célébration de la parole sera célébrée directement pour nos petits, le 24 en après-midi. Nous avons trouvé un responsable pour la mettre sous pellicule. La niche dans le mur reçoit la scène de la nativité sous des couleurs de poinsettia qui furent découper de chaque coté des nappes. Des boules de paix sont au-dessus de la crèche et tout autour au patio. Il y en a une centaine, les dessins des enfants terminent cette décoration. Nous attendons la venue du prêtre. Tous les enfants sont habillés de neuf, chemise, pantalon et souliers. Chacun est fier de sa tenue, tout joyeux d’être aussi bien habillé. Ils attendent la fête de Noël avec impatience, mais la fête de Noël est avant tout la célébration de la nativité de Jésus, c’est lui que nous fêterons en premier. Après cette célébration, c’est le souper de Noël et la distribution des cadeaux dans la soirée, cela fut merveilleux de voir les enfants se réjouir d’une petite auto, de quelques crayons, se réjouir devant si peu quand on compare aux achats encourus au Québec pour Noël. Le 29 décembre, c’est l’arrivée tant attendue, pour moi, de Georges, ce bénévole polonais, celui qui ressemble tellement à mon frère. Pour lui faire un bon accueil les enfants ont appris la chanson Bienvenue dans ma demeure. J’ai en main une casette en français et la traduction est distribuée aux enfants qui savent lire. Julian s’est occupé de la pancarte de bienvenue le tout au couleur de drapeau polonais, rouge et blanc. Je suis anxieuse de le rencontrer. Il entrera au hogar le jour de son anniversaire tout comme moi. J’ai une surprise pour lui, il y a aussi un jeune prêtre, le père Mario. Qui lui arrivera la même journée. Il est polonais lui aussi, les deux pourront se parler dans leur langue maternelle, de cette façon, ils pourront se lier d’amitié avec facilité. Georges ne parle pas espagnol, je parle très peu l’anglais, étant donné que nous sommes ici pour les enfants nous parlerons espagnol ensemble, nous nous aiderons l’un et l’autre. Il me trouve passablement amaigrie. - Es- tu malade? - Non! Pourquoi? - Tu as maigri beaucoup! Tu dois être malade! - Non! Demande à Gaston, lui aussi a perdu beaucoup de poids la première fois! Il a quand même raison, ma silhouette s’est amincie de vingt kilos. C’est un peu rapide pour une durée de trois mois. Ma famille ne me reconnaîtra pas. Ce sera une belle surprise. La veille de la Saint Sylvestre, nous préparons des crêpes pour les enfants, se sera une nouvelle surprise pour cette nouvelle année, tout comme les bas de Noël qui seront déposés sur leur lit à l’aube. Ce furent des fêtes magnifiques que je ne pourrai oublier. J’ai une semaine qui sera difficile à passer, car je dois me préparer à partir, je ne sais pour combien de temps. Pendant cette semaine l’occupation principale fut le nettoyage des matelas. Certains confectionnés de caoutchouc mousse lavable,
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disons. Nous déshabillons ceux-ci et hop au lavage, plié en deux sur la longueur puis placé dans l’abreuvoir des enfants, pilonné à coup de pieds, l’eau cristalline se transforme en une couleur café par l’addition de savon. Ils sont essorés une fois, deux fois, rincés pour être étalés sur les toits des bâtisses. Les enfants nous aident de bon cœur, cela n’est pas très habituel. Les matelas trop sales ou abîmés devront être remplacés. Gaston a ainsi des frais supplémentaires à rencontrer. Mon séjour tire à sa fin ce fut une expérience sans égale. Je pars le cœur gros car mais content. Je me suis fait de très bons amis. Je sais qu’il y a beaucoup de travail. Georges semble prêt pour faire du bon boulot, cela m’encourage. Je suis contente de rentrer au pays. Je suis assez fatiguée. AU REVOIR LES ENFANTS! JE REVIENDRAI CELA EST UNE PROMESSE! CHAPITRE 4 LE GRAND VERGLAS AUCUNE AIDE POUR LA BOLIVIE Le 6 janvier 1998, j’atterris à Dorval me questionnant sur celui qui m’accueillera à la sortie. Pascal mon futur gendre est là. Son sourire me réchauffe le cœur. Il est là, en souliers, sans mes bottes. Il n’y a pas de neige, il ne fait pas froid. - Où allons-nous ? Je n’ai rien à faire jusqu’à 4 heures ! - Puisque c’est ainsi, allons à la paroisse de l’Immaculée Conception, je pourrai parler des enfants à Slavoy, j’attends de ses nouvelles, il sera surpris! Je ne suis revenue au pays pour m’amuser, je dois trouver manière de ramasser de l’argent très vite. Les enfants manquent vraiment de tout. Je regarde le paysage, que c’est beau toute cette glace, ce petit verglas sur les arbres, tout est en diamanté. Nous voici arrivés à Saint Hubert. Je sonne à la porte. Slavoy m’ouvre, je lui fais une bonne accolade. - Mais que fais-tu ici et la Bolivie? - Je ne peux rien faire, là-bas! Nous avons besoin d’argent, par téléphone, tous sont incrédules, je viens donc, personnellement. Je lui montre les quatre photos que j’ai reçues en cadeau, avant de partir. - Tu comptes ramasser des sous avec de si belles photos, c’est le bonheur sur ces photos, se sont des sourires, ici, les photos doivent montrer de la misère, sinon tu n’obtiendras rien! Il me fait quand même un chèque que je compte bien envoyer au plus vite à Vallegrande. Me voici enfin à la maison. Les baisers de Jean-Claude sont des plus amoureux tout comme ceux de ma grande fille Isabelle. Il fait déjà sombre. Il est six heures. Isabelle se fait une grande joie d’allumer le sapin. “Mais comme il est beau!” Celui-ci s’éteint aussitôt, c’est la coupure de courant. Les chandelles sont allumées, le poêle à combustion lente est lui aussi, entre en fonction. Pour Jean-Claude et moi, c’est le bonheur. Nous voici enfin seuls, sans lumière. Ma grande est repartie à son appartement. Nous laissant cette intimité, ce bonheur que d’être avec l’être aimé. Quatre mois de séparation vous rendent amoureux fous. Ce fut une nuit superbe. Au matin, le froid se fait légèrement sentir. Le courant n’était pas revenu de toute la nuit. Manon, mon amie et ses trois enfants n’ont rien pour se réchauffer. Je leurs téléphone aussitôt. - A qui téléphones-tu? - À Manon, il doit faire froid chez elle? Ses enfants vont avoir froid! - Mais tu viens juste d’arriver! Tu penses déjà à Manon, et moi? - Ses enfants vont avoir froid, les enfants en premier!” À son grand désarroi, trois petits lutins ont alors installé domicile chez moi, au grand soulagement de Manon qui devait aller travailler au centre Narbonne. Elle est animatrice auprès des personnes du troisième âge. Les voici donc, avec leurs sacs à dos, leurs sacs de couchages et quelques nourritures qui pourraient se perdre. Pour eux, c’est la fête, ils sont contents de retrouver leur amie, leur gardienne, moi aussi je le suis. Mon homme et Manon vont tous deux à leur travail respectif. Me revoici, encore avec des enfants c’est ma vie, je la vie, je la comble de tous les instants présents. Ces moments donnés dans la spontanéité sont les meilleurs car ils me remplissent de joies. Merci, Mon Dieu, me donner un cœur si généreux. Au début de l’après-midi, le verglas semble donner une accalmie. On s’emmitoufle, tous les quatre. D’un commun accord, nous nous dirigeons vers l’église, il y a seulement un kilomètre et demi de marche. Il ne fait pas froid. Au bout de cinq minutes, le verglas recommence, le tonnerre gronde. Saint-Pierre qui joue aux quilles! Que je dis aux enfants. Quelques éclairs osent sillonner le ciel. Nous accélérons le pas tout en jasant. Ces trois petits curieux questionnent, questionnent, ils veulent savoir comment se passe la Bolivie. Nous voici à l’église. Je sonne à la porte, sans réponse. Nous repartons à la maison. En passant devant le dépanneur, nous y entrons. Nos trois lutins semblent des petits bonshommes de glaces. Dans une risée générale, je demande aux enfants de se choisir, une tablette de chocolat et hop nous repartons rapidement sur le chemin du retour. Dès notre arrivée, chacun se change. Les habits de neige ou plutôt les habits de glace sont suspendus au-dessus du poêle. Ils sèchent rapidement en faisant une mélodie de grésillement, à chaque goutte d’eau qui ose tomber sur celui-ci. Jean Claude est rentré plus tôt, étant sans électricité au bureau. Nous nous installons du mieux possible, occuper les enfants, de cette manière, ils sont moins turbulents. Un jeu de pichenette prend en charge de ces trois petits mousses ainsi que des jeux de carte. Des chandelles sont placées aux points stratégiques, entrée de l’escalier, à la chambre de bain, où la consigne est de ne pas tirer la chasse d’eau, de la neige fondue, gardée dans des chaudières servira pour expulser les eaux souillées. Une bonne soupe aux légumes, bien mijotées sur le poêle à bois nous servira de souper, avec des sandwichs. C’est un souper à la chandelle qui sera suivi d’un coucher, assez précoce. Manon est en sécurité au centre de santé. Tout semble sous contrôle. Bonne nuit. Au courant de la journée Manon doit aller à Mirabelle chercher son mari qui était en vacances, avec sa famille, en France. Tard dans la soirée, nos deux parents-tourtereaux sont enfin de retour, pour ramasser leurs progénitures qui s’impatientent. Les retards ont été plus longs que prévus. Vous connaissez sans doute, chacun, ou moins un petit désagrément, que ce verglas a pu vous causer. Les cinq repartent, à leur domicile, dont la génératrice fera son travail, Rémi, en connaît l’utilisation. Ils repartent, après avoir partager un bon fromage de France avec un bon rouge, délices et amitiés, tout est parfait, au grand bonheur de chacun. Le samedi après-midi, je tenais à rencontrer un autre prêtre et ami, qui reste à Montréal, mais tous les ponts semblent fermés, à part selon la radio, le tunnel Hippolyte Lafontaine peut-être encore ouvert, mais pour les cas majeurs. Il serait préférable de rester chez soi, pour éviter tout risque d’accident. Je ne tiens plus en place, je prends la voiture, à la grâce de Dieu, je vais à Montréal. Il y a une messe à 4 heures, cela sera une surprise pour mon ami. Le chemin, s’est bien déroulé, malgré que je voie les morceaux de glace qui tombaient soit devant ou soit à l’arrière de la voiture, quand je passais sous les arbres. Je me suis dis à certains moments que je faisais peut-être une bêtise, mais je vais au bout de mon idée première. À l’église, naturellement, c’était fermé. J’ai même du monter les marches à quatre pattes, pour ne pas tomber. Je rejoins mon ami au téléphone, qui me dit : - Sais-tu, ce qu’est un cas d’urgence? Retournes chez-toi! On se verra plus tard! Je passe vite voir mon garçon qui est emballeur, à une épicerie. Quand il me voit surpris: - Qu’est-ce que tu fais ici? - Je suis venue te dire bonjour et t’embrasser, cela fait quatre mois que je suis partie! Une grosse accolade, un gros bisou, aux yeux de tout le monde. Cela m’était égal, une mère a bien le droit d’embrasser son fils. Je repars aussitôt par le tunnel, en faisant du slalom dans les rues déjà chargées de verglas. À mon arrivée à la maison, mon mari était bien content que je sois saine et sauve. Nous sommes enfin seuls, seul au loin quelques craquements d’arbres commencent à résonner, comme des coups de fusil. Nous allons nous coucher, coller l’un contre l’autre, pour rattraper quelques temps de solitude. Le lundi mon mari va à son travail, je me retrouve seule à la maison, poings liés par ce verglas, cette coupure de téléphone. Sans le téléphone je ne peux rien faire, comment communiquer avec les gens qui pourraient bien nous aider. Je ramasse mon linge qui est encore dans le sac de hockey, ramasse le linge sale de mon mari. Quand celui-ci arrive nous partons chez ma mère à Montréal, celle-ci m’accueillera pour deux semaines, le temps que la ligne téléphonique soit rétablie, à notre maison. Quand ma mère nous a aperçus chez elle, elle était bien contente, comme une tornade, les linges souillés furent dans la laveuse, mon lit organisé sous un flot de paroles qui m’abasourdissent. - Tu vas passer deux semaines avec elle? Me questionna Jean-Claude en m’embrassant sur le palier de la porte. - Je n’ai pas le choix! Ici, il y a au moins le téléphone! Je peux travailler pour les enfants! J’ai compris alors pourquoi, le directeur, me prénommait à certaines occasions avec le prénom de ma mère. J’agissais comme elle, je passais comme une tornade, sans écouter celui ou celle qui était à côté de moi. Si je n’ai pas d’argent de ce voyage éclair, j’aurai appris à me connaître un peu plus. C’est à moi, à corriger ma façon de faire vis-à-vis des autres, leur laisser plus de place, sans vouloir faire tout, toute seule. J’ai communiqué avec différents postes de radio et de télévision, mais vous pouvez tous vous imaginer la réponse, que j’ai eu de chacun. - Nous sommes ici, en état de catastrophe, comment voulez-vous que nous parlions parle de votre Bolivie! C’est ce que l’on peut dire se river le nez sur le verglas, j’en suis bien consciente, le verglas, ce verglas me coupe l’herbe sous les pieds. Comment demander de l’aide, aux gens qui sont pris avec ce problème, je l’ai vécu aussi, je suis de la Montérégie. Ce verglas m’a permis, de réaliser que je travaillais comme ma mère, faire tant de choses en peu de temps. C’est elle qui m’a donné ce sens de l’organisation, du travail, mais pas le sens du repos. Mon court séjour ne dure que six semaines, me voyant, me sentant inutile pour les collectes de fond, je retourne donc à Vallegrande. Jean Claude me laisse partir sachant bien que je n’étais pas venue pour m’amuser et me reposer. CHAPITRE 5 Second départ, où est donc mon passeport ? Le 26 février 1998, je me retrouve donc pour une seconde fois à l’aéroport de Viruviru. Georges est venu à ma rencontre avec un prêtre polonais. Je fais une TRÈS GROSSE ACCOLADE à Georges sous les yeux impressionnés de son nouvel ami. Il nous amène dans sa paroisse en espérant pour je prenne quelque jours de repos, peine perdue je veux rejoindre Vallegrande rapidement. Je retrouve ces montagnes, ce soleil, tous ces petits et même plus. Deux nouvelles bénévoles allemandes se sont jointes à nous, Francesca et Suzanne. Les enfants m’appellent aussi Francesca pour éviter les malentendus, ils m’appelleront Françoise ou tortuga. J’apprends, où je mets, une autre corde à mon arc, comme directrice d’un hogar, car Gaston doit lui aussi faire la navette, Bolivie-Québec, aux 6 ou 8 mois. Avec l’aide de Georges, ce défi, m’emballe. Il y a plus d’enfants présents car les vacances sont terminées. Ils sont divisés en trois groupes les petits sous les soins de Francesca, les moyens sous la tutelle de Suzanne et les grands Julian en sera l’encargado. Ces trois sont responsables des enfants pour occuper les temps libres car le matin nous avons trois professeures qui nous sont assignées par la préfecture. Je suis responsable des plus jeunes, ceux de la maternelle. Cela est SUPER. Ma chambre est près du dortoir des petits. Durant la nuit, ma porte de chambre est toujours ouverte, de cette façon je puis me réveiller au moindre son suspect, malaise, pleurs, envie pipi. C’est dans ma chambre de dix pieds par six pieds que je joue avec les trois enfants, les plus jeunes inscrits à la maternelle. Les enfants doivent absolument aller à l’école pour entrer au hogar car quand ils vont à l’école public les après-midi, les bénévoles ont la possibilité d’avoir une peu de temps libre. Voici donc mes trois petits poussins : Pépé, cinq ans, orphelin de père. Il vient de Guadalupe. Yon, cinq ans, orphelin total, il vient de Vallegrande et le dernier mais non le moindre Colo, cinq ans, de Vallegrande orphelin de père. La première journée d’école de ses trois poussins fut un peu spéciale. Les trois ne voulaient pas y aller. C’est la crise de larmes, ils veulent se sauver. Yon le plus turbulent, sur mes épaules tandis que les deux autres, sont bien tenus par chacune de mes mains. Il fait chaud, il faut monter une côte. Nous voici arrivés à la maternelle publique au bout de dix minutes. Je suis rouge comme une tomate avec de l’aide, Yon est mis par terre. Les professeures recueillent les trois enfants tout en pleurs. Je les quitte en les assurant que je viendrai les recueillir deux heures plus tard. Ils ont apprécié cette nouvelle activité. Après quelques semaines, ils partaient seuls bien contents de jouer avec de nouveaux amis jusqu’au jour ou Mama Nellie, à l’heure du souper, vient me parler. - Cette après-midi, il y a trois enfants qui sont venus briser la clôture! - Cela n’est pas possible ils étaient tous à l’école. - Je peux les reconnaître! - Eh bien entrez! Ils sont justement en rang pour la prière! Elle avance sous les yeux craintifs de tous les enfants. Elle se dirige directement vers le groupe des plus jeunes. Les voici! C’était mes trois petits larrons. Elle accepte mes excuses mais me demande, d’être plus vigilante à l’avenir. C’est un cas de désobéissance majeur, ils seront sévèrement punis, le lendemain, car dans la soirée un feu de camp était prévu. Le seul espace disponible est près du dortoir des petits, au fond du hogar, au bas du gros arbre. Le lendemain, il faut effacer les traces de ce feu de camp, cela n’est pas tellement difficile mais salissant. Les trois petits chenapans sont mis de corvée. Il y a quelques branches qui ne sont pas consumées, elles sont transportées au terrain de jeux, en face. Le tout doit être impeccable pour le dîner. Après la collation et les devoirs, le travail est entrepris. Il y a des grands qui voudraient les aider. Non, car cela est une punition. Tout sale, noircis, ils terminent le nettoyage. J’espère que cela leur à servit de leçon. Les jeux de véritech, autocorect art, dessins ou tous autres jeux éducatifs s’éparpillent sur mon lit et sur ma table de chevet, tout cela au son strident de voie d’une professeure, celle qui est responsable de la première année. Je prends mon courage à deux mains pour lui parler. Je parle très doucement, elle ne me comprend pas, elle demande aux enfants le silence en brandissant une baguette dans sa main. Je l’attrape aussitôt et la casse. - Il est formellement interdit de frapper un enfant, encore moins de l’effrayer avec des bâtons! J’ai eu droit à un regard fusillant de sa part et des yeux pétillants des enfants. Les bâtons ne sont jamais réapparus. Les cours se donnent avec aussi plus de douceur. Je ne trouve plus le temps d’écrire à chaque jour, où plutôt, je n’en sens plus le besoin, car je sais où je vais, je suis plus sure de moi, la confiance aux autres c’est accru; ce qui m’aide beaucoup, c’est cette participation à la messe du matin. Je me fais un plaisir d’y participer, car elle me permet de rencontrer, cette doyenne de Vallegrande, de lui donner la paix. Ce baiser de paix de chaque jour la réjouie. Quelques fois, il est accompagné d’une rose recueillie dans le jardin qui illumine son visage d’un radieux son sourire. Je l’ai accompagnée chez elle, une certaine journée. Sa sœur cadette est alitée presque aveugle, avec ses petites mains, elle tâtonne mon visage pour me découvrir. - C’est la canadienne qui me donne les roses! Lui dit sa sœur - C’est très gentil de votre part, elles sentent très bon! Elle attire ma tête pour m’embrasser. Ce baiser fut réciproque, il a illuminé deux petits yeux aveugles mais bien rieurs. Elles sont installées dans une petite chambre bien exiguë. Débuter une journée en rendant quelqu’un d’heureux, stimule toute personne. C’est probablement cette énergie accumulée qui m’a permis de passer au travers de tant de travail. Les enfants au hogar sont plus calmes, plus sereins, plus en santé. Il y a bien des hauts et des bas, un des moments le plus difficile, c’est de ne pouvoir avoir l’argent pour le bien-être de ces enfants. Nous sommes habitués, au Québec, de vivre avec un certain confort, tant matériel qu’alimentaire. Il est parfois difficile de concilier le peu de la Bolivie, avec ses habitudes acquises. Il ne faut pas non plus donner aux enfants des habitudes qu’ils n’ont pas, qu’ils ne devraient pas avoir, sinon, pour eux, plus tard, se sera difficile. Il faut leur rendre la vie plus agréable, qu’ils profitent de leur enfance, qu’ils apprennent surtout à avoir confiance en l’adulte, en eux-mêmes, qu’ils s’extériorisent dans le calme, la confiance. Un certain matin après la collation, les enfants crient: Un rat! Un Rat! C’est presque la panique, pas de peur mais de joie. Les enfants courent comme des perdus après ce gros rat, montent sur les chaises les tables pour prendre des raccourcis et attraper ce rat. J’attrape une boîte de chaussure vide et emprisonne ce rat contre le mur. Il est furieux, grouillant. - Allez tous à vos places et en silence! Le calme revient rapidement. D’un bon coup de bottine, car je suis chaussée de bottines, au travers de la boîte, une fois, deux fois, plus rien ne bouge. Le rat est mort. Ne me demander comment j’ai fait et de le refaire, car le tout c’est fait en l’espace de quelque secondes. Francesca me regarde et me dit : - C’est cruel! Tu n’aurais pas du le tuer! Ce qui est fait, est fait, je crois même bien fait. Revenons un peu sur les collations qui sont la plupart du temps des fruits de saison. Il y a des pêchers chez nos voisins, du hogar et du terrain de jeux qui se trouvent en face du hogar à coté de la propriété de Mama Nellie. Quand les pêches se pointent à l’horizon, nos enfants, que celles-ci soient mûres ou non, sont aussitôt attirés vers elles, tel des aimants. Les enfants reçoivent des sanctions qui ne servent à rien. Des conflits entre voisins prirent souvent origine, au début de la saison de pêches. - Les enfants vous n’avez plus faim! Vous n’aurez plus faim! S’il vous plait, ne touchez plus aux pêches des voisins, sinon là vous serez privés de collation! Les voisins nous ont envoyés des plaintes et la police, c’est avec les années que nos jeunes ont finalement réalisé qu’ils n’auraient plus faim. Nous avons aussi un jardinier payé par la préfecture. Il travaille à la même heure que les professeurs. Pour obtenir un meilleur rendement de notre jardin, durant le mois de janvier, Georges et Julian sont partis en promenade, quelque fois avec tous les enfants dans le but de ramasser du fumier. Chacun était muni de deux sacs de plastic, l’un était un gant et l’autre servait à récupérer les bouses d’animaux bien sèches qu’ils trouvaient sur la montagne. Un monticule de merde séchée se trouve au milieu du jardin, c’est à notre jardinier de bien l’employer. Un beau matin Francesca vient me voir : - Viens vite, il veut couper l’arbre! Elle a raison. Notre jardinier, la hache à la main, est juché dans l’arbre. Cet arbre si joli. Le roi et maître qui étant ses grandes branches sur les seuls espaces de terre du hogar. - Arrêtez! Vous ne toucherez plus à cet arbre! - Mais il fait de l’ombre sur le jardin! - Je m’en fou! Descendez ou c’est moi qui vous coupe un bras! Il est redescendu mais une semaine après une scie à chaîne brondissait. Une grosse branche fut amputée de l’arbre. Le directeur avait donné la permission. J’ai croisé son regard, partie sans discuter. Il est le directeur, il a tous les droits. Il repart à la fin avril, en me donnant ce poste de directrice. Au mois de mai, deux jeunes québécois viennent pour six semaines, nous donner leur appui, leur temps de vacances. Ils sont super. À peine arrivés, sans faire de vagues, les deux s’étaient attelés à différentes petites tâches, sans qu’il fut nécessaire de dire ce qu’il y avait à faire. Les simples corvées devenaient des plaisirs. Les montagnes de linge qui s’empilaient au milieu d’une pièce, à notre grand désespoir, chaque jour, se voyaient maintenant diminuer avec rapidité et humour. Nous avions la chance de retrouver quelques fois nos bras libres pour prendre un enfant qui demande de l’attention. C’est un cadeau qui tombe pile pour les vacances de juin. Étant donner qu’il y a des bras supplémentaires, je pourrais peut-être m’organiser pour faire un saut, moi aussi jusqu’au Québec, Ma grande fille obtient son diplôme de technicienne en aéronautique, à la fin mai et c’est aussi mon 25ième anniversaire de mariage. Depuis mars, mon passeport se promène, à la Paz, aucun moyen de le retrouver. Il est si loin, car je veux obtenir un visa pour 2 ans, cela est un peu plus compliqué. Pas de passeport, pas de voyage. Ce fut pour moi un temps bien difficile, se sont des habitudes que de fêter un diplôme ou un anniversaire, si vous y pensez bien, en fait, se sont des journées comme les autres, le soleil se lève et se couche ! La terre continue sa rotation ! Pourquoi faire tout un plat pour certaines journées ! Quand on ne peut les célébrer, cela donne le cafard, car on sait que l’on peut faire mal aux êtres aimés par son absence. Voici la lettre envoyée à ma fille pour sa graduation : A ma grande fille, Isabelle, tu étais une petite chenille, maintenant, tu es le plus merveilleux papillon, tu t’envoles en toute liberté. Tu es le plus beau cadeau du ciel, cette étoile qui brille dans la nuit, qui illumine ma nostalgie. Loin de vous, je pense à vous, ne l’oubliez pas. Ma grande continue ce chemin que tu as entrepris, fais ta vie à plein, avec tes idées, ton assurance, tes convictions. Je suis très fier de toi Isabelle, gardes foi en toi, la vie t’ouvre les bras, mords dedans à pleines dents, s’il t’arrive un problème, je serai toujours là, Encore une fois, ma grande, Félicitations ! Un fax m’est parvenu le jour d’anniversaire du 25 ième de mariage. Chacun avait mis son petit mot, c’était super. J’ai bien donné la frousse au directeur quand il a vu que je voulais rejoindre ma famille pour un mois, il m’a écrit sur un fax que nous aurions perdu de la crédibilité. Ce fut une suite de coïncidences qui ont fait que je ne sois pas partie, probablement que ce n’était pas le moment. Les deux bénévoles se rendent compte qu’être bénévole implique beaucoup de sacrifices, c’est ce qui donne un peu plus de piquant à cette amitié. C’est avec ces deux bénévoles, Frédéric et Stéphanie, ces deux perles rares, que j’ai pu fraterniser plus que tous les autres, parce qu’ils ont pu voir, que je me donnais à plein aux enfants, que les bénévoles passaient à la suite, avant de me chouchouter moi-même. Le temps minimal disponible, que je pouvais accrocher au fil des journées, je parle, ici, de quelques minutes à peine, aux bénévoles, qui eux aussi étaient occupés, se donnait en toute franchise à l’ouverture de chacun, sur sa vie, sur ses attentes des séjours boliviens, sans chercher à changer ou à moraliser, simplement parler de la vie, sans prétention. Ils m’ont donné de l’espoir pour la venue des prochains bénévoles, si les prochains peuvent être des aides comme eux, la vie au hogar sera superbement plus facile. Nous pensions avoir ces deux bénévoles pour les vacances, mais comme nous sommes en Bolivie, les dates finales pour les vacances des enfants coïncident avec leurs dates de départ, qu’à cela ne tienne, nous partirons quoi qu’il advienne à l’extérieur du hogar, à Trembaderal, pour deux semaines, à la fin juin. Trembaderal est un petit village isolé, sans électricité, sans eau courante. Les plus petits partiront pour la première semaine, les plus grands pour la seconde. Quand j’ai visité le village, j’entrevoyais le travail supplémentaire. J’ai demandé aux gens du village, qui étaient tous réunis pour la circonstance, que j’acceptais de bien venir chez eux, mais que j’avais besoin d’aide, surtout pour les plus petits. Imaginez-vous nourrir, surveiller et surtout occuper 40 jeunes dans ces conditions. Je les voyais déjà, courir comme des chèvres partout. J’ai bien 20 années de scoutisme, comme bagage, mais je n’étais pas seule. Le plus âgé du village se lève et dit : - Je suis bien prêt à vous aider ! Sur ce fait, les autres se levèrent nous assurant de leurs appuis, de leurs aides. Nous repartons le père Mario, Julian et moi, à Vallegrande avec cette bonne nouvelle. Nous irons en vacances à Trembaderal. Deux jours avant cette visite, durant la nuit, il y eut un petit tremblement de terre, qui soit dit en passant n’a fait aucun dégât à Vallegrande, mais les autorités craignaient une autre secousse pour Vallegrande dans la semaine, car Vallegrande se trouve sur la ligne de tremblement. Nous laissons cette crainte de côté, en donnant toute notre concentration pour les vacances des enfants, aucun autre tremblement ne se produisit. Il faut vraiment prendre le temps de vivre le présent, sans s’inquiéter du futur. Laisser à Dieu ses préoccupations parce qu’Il prend soin de nous. Ce fut pour les plus petits, des vacances superbes. La première soirée, à 7 heures, tout est obscur, à la lumière de la lampe à gaz, nous faisons le décompte des enfants, voilà je me dis, cela commence bien, il nous en manque un. Le plus petit naturellement. C’est la recherche qui commence. Tous veulent participer. Donc, on divise le groupe deux par deux, un plus âgé avec un plus jeune, Le plus âgé ne doit en aucun cas perdre son protégé de vue, et celui-ci doit obéir à son protecteur. Quand la liste est faite, nous retrouvons notre brebis égarée, couchée dans un coin, épuisée, il n’entendait pas nos appels. Le reste de la semaine, c’est passé dans un climat de fraternité, avec tous les gens du village. Les enfants passaient, le matin, boire du lait, tiré directement de la vache, tout chaud, ils se régalaient, tiraient le lait et le buvaient. Chaque villageois se faisait un plaisir de nous inviter. Ce fut formidable. La rivière procurait pour les après-midi, l’occupation idéale pour ces enfants. Le plaisir de se baigner, de courir dans l’eau, de se gaver de fruits fraîchement cueillis. Les arbres leur procuraient leur collation, tant qu’ils en voulaient et même plus. Il y a bien eu la corvée de l’eau potable, mais là encore, ce fut une partie de plaisir. Aller chercher l’âne, remplir les cruches, revenir, faire un tour sur cet âne, ce fut un manège bien apprécier des petits qui joignaient ainsi l’utile à l’agréable. Nous étions installés dans l’école du village. Cette école contenait trois pièces : la première sert pour les réserves de nourriture et de jeux, d’infirmerie, de chambre pour la cuisinière et la mienne, la seconde, accueille en vingtaine d’enfants, qui sont installés deux pour trois matelas, leurs effets personnels sont installés à la tête des matelas. La troisième pièce plus petite reçoit les plus grands. Les animateurs dorment avec leur groupe respectif. La toilette est une toilette sèche, un trou entouré de quatre murs assurent ainsi une certaine intimité. Pour les repas, ils sont préparés sur le poêle à gaz que nous avons amené, au directement sur des feux de bois, un grand récipient de 24 pouces de diamètre reçois en même temps tous les ingrédients nécessaires pour le repas. À chaque jour une surprise nous attendait, de la part des villageois, des biscuits, du pain, des oeufs, des légumes et même une fête fut organisée. Tout le village se faisait un plaisir de nous aider, avec le peu qu’il possédait. L’entraide était superbe et se faisait sans compter. Une chèvre fut abattue pour cette fête. Cette gentillesse pour ces gens envers les enfants est inoubliable, ils auraient donné leurs chemises pour eux. C’est cet esprit d’entraide, de fraternité qui me donne, ce bonheur en Bolivie. Le retour en camion, car il ne faut pas compter sur le confort d’un autobus, il n’y en a pas, où s’il y en a, se n’est pas à la portée de notre bourse. Tous les enfants sont placés à l’arrière d’un camion à ciel ouvert. Sur des routes de terre, de trous, durant 6 heures, sans confort. Quand je pense aux règles de sécurité du Québec, on se retrouve, ici, au moins 100 ans en arrière. Il n’y a pas eu d’embûche, tout c’est bien passé. Pour la semaine des grands, ce fut pour eux aussi une bonne semaine, mais allongée de deux jours, car il y a eu beaucoup de pluie. Les chemins étaient devenus impraticables. Ils ont eu droit à autant d’aide que nous, sinon plus car ils commençaient à manquer de nourriture. Je remercie du fond du cœur, tout ce village. Il a l’amitié de chacun de ces petits en retour, la mienne leur est acquise, merci, merci beaucoup. CHAPÎTRE 6 PASSAGE D’ARMÉNIE Les deux bénévoles retournent au Québec, quand une autre fait son entrée. Son arrivée fut le 27 juin à l’aéroport de Santa Cruz. Je fus à sa rencontre, on ne laisse pas seule, une jeune bénévole arriver dans un pays qui lui est complètement inconnu. C’est la première fois que je dois me débrouiller pour aller à la rencontre d’une personne, dans cet aéroport, j’attends deux heures, à une porte d’arrivée, personne d’étranger ne semble perdue. Je commence à m’inquiéter. J’appelle le directeur pour m’assurer que c’est la bonne journée. C’est engagé, je dois refaire l’appel une autre fois, celui-ci répond à mon appel la seconde fois. - Je vais me renseigner auprès de ses parents. Rappelles-moi dans 10 minutes. Dix minutes qui me semblent des heures. J’étais en communication avec lui quand j’entends une jeune fille qui parle le français. - Une minute, attend ! - Tu ne t’appellerais pas Arménie, par hasard ! - Oui ! De me répondre celle-ci - Monsieur le directeur, elle est ici, tout va bien! Prévenez ses parents de ne pas s’inquiéter, je la prends en charge, excusez-moi du dérangement. Je l’attendais à la mauvaise porte d’arrivée, j’étais à la porte des arrivées locales, elle est arrivée du coté international. Cela n’est pas grave, mais nous donne tout juste le temps pour acheter les billets pour l’autobus de 13 heures. Tout au long du trajet, elle a parlé, parlé. - Jamais je ne parle autant à une personne ! Me dit-elle Je suis plutôt du genre réservée. - Ah oui ! Mais moi je n’ai pas dormi depuis 24 heures, les trajets d’autobus ne sont pas mes lieux de prédilections pour un bon sommeil. Si cela ne te dérange pas, mes yeux semblent se fermer tout seul. Calmes-toi un peu, tiens écoutes un peu de musique, regardes ces montagnes comme elles sont magnifiques. - Oui ! C’est le voyage ! Je suis un peu nerveuse, je vais faire comme toi, essayer de dormir. À 21 heures fut notre arrivée au hogar. Je n’étais pas fâcher d’être arrivée, surtout que je n’ai pas réussi à dormir, j’avais à coté de moi, un moulin à paroles. Si elle voulait parler, je la laissais faire, mais sans l’écouter attentivement. Son énervement commençait à semer de la méfiance sur son efficacité. Elle est aînée d’une famille nombreuse, ce qui lui donne de l’expérience auprès des enfants. Avec le temps, on verra, surtout ne pas se faire d’idée à la première rencontre. Dans le bureau, elle détache sa blouse et me demande un massage car elle a mal à son épaule, une autre bénévole qui était près de moi, prends la relève, car elle se rend bien compte que j’ai juste besoin d’aller me coucher. Georges entre sur l’entrefaite obligeant Arménie a se couvrir un peu, à la grande surprise de chacun. Qu’elle est cette bénévole, qu’est-elle bien venue chercher ici ? Le lendemain après-midi, c’est l’animateur des plus grands qui vient me prévenir de parler avec Arménie, car celle-ci, a décidé de parler de condom, aux animateurs boliviens. Arménie me semble être une jeune fille qui est venue pour sauver ce monde, qui lui semble totalement ignare et dépourvu de tout. Elle va s’attirer des problèmes majeurs si elle ne se tient pas tranquille. Durant ses temps libres, elle écrit son livre. Elle veut écrire un livre, elle me fait lire les premières pages de son histoire amoureuse. Au fil des semaines, elle avait souvent le crayon à la main, laissant les enfants à eux-mêmes, nous laissant le travail s’accumuler comme nous l’avions avant. Voilà en deux mois, deux sortes de bénévoles, ceux qui sont là pour les enfants et l’autre cas de celui qui ne sait trop pourquoi, il est présent parmi nous. Nous ne sommes pas des patrons qui devons dire quoi faire. Le bénévole est là pour faire
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du travail spontanément, quel que soit le travail, être ouvert à toutes les opportunités. Elle s’est acheté un joli chapeau rouge vif, elle fut un peu offusquée quand Georges ne l’a pas complimentée sur son couvre-chef, mais au moins celui-ci pouvait se voir de loin, je savais ou elle était, car je devais la surveiller. J’avais l’intuition qu’elle nous attirerait des problèmes. Elle semble très volage en quête de d’aventures. Mais ce n’est pas l’endroit idéal pour des aventures dans un pays inconnu, cela elle ne semble pas vouloir le comprendre. À la moindre occasion elle téléphone, nous assurant qu’elle payera toutes les communications, ce qui ne fut jamais fait, à notre grande surprise, après son départ, elle avait eu une communication de 55 minutes avec ses amis du Canada. C’est un risque que nous prenons quand nous acceptons des bénévoles, il nous faudra être plus explicite pour les futurs arrivants. Les téléphones se feront dorénavant à l’extérieur du hogar celui-ci sera exclusif pour les affaires internes ou fait par carte de débit personnel. Nous sommes en hiver durant le mois de juillet. La température est très variable, le froid peu nous surprendre très rapidement. Mais, là-haut, Dieu probablement surveille toujours ses ouilles car, un matin très froid, notre bienfaiteur, notre Papa Noël de juillet arrive toujours au moment propice, que se soit pour nous donner ce surplus d’argent qui nous manque pour boucler les fins de mois, où pour cette année, réchauffer nos petits lutins qui tremblent de froid. Il est à la porte du hogar à 8 heures du matin, avec une cargaison de manteaux d’hiver, 72 manteaux. Par un froid sibérien, il y a eu de la neige sur la montagne. Les petits font la queue devant le bureau, seulement ceux qui n’ont pas de manteaux ont droit à un manteau neuf, les autres nous verrons par la suite. Mais il faut faire vite, du premier coup d’œil sur l’ensemble des sacs, nous pouvons commencer à distribuer ces petits trésors. À l’heure du dîner, tous les enfants bien alignés, avaient quelques choses de plus dans les yeux, des éclats de ravissement, de bonheur. Ils avaient des manteaux chauds et neufs, pour plusieurs c’est le premier manteau neuf qu’ils possèdent. C’était Noël en juillet, un autre souvenir inoubliable. Il y a sur terre des gens qui ont le cœur sur la main, je suis bien contente de connaître ce Josèphe, tout comme notre directeur se sont des hommes extraordinaires qui donnent sans compter. Ils sont pour ces enfants des exemples de vie, essentiels pour le futur, car ces enfants sont l’espoir de demain, il leur faut des exemples concrets de vie. Je fais ici, un peu de coq à l’âne, car je reviens sur Arménie. Un certain soir vers trois heures du matin, elle vient taper à ma porte de chambre. - Françoise ! Aides-moi ! - Qui a-t-il ? De la questionner, de la calmer, pour finalement comprendre. Elle a été violée! Qu’est ce que c’est que cette histoire ? Que faire dans une telle situation ? Notre ressource fut le père Mario qui nous donne toutes les procédures à suivre, l’hôpital, la police, les parents et le directeur qui coordonne les efforts pour évacuer cette bénévole au plus vite du hogar, la retourner d’où elle vient. Il y a quelques complications avec la police qui fit incarcérer un de nos animateurs. Quand je sus cela, quatre fois durant la journée, il a fallu que je me rende au poste pour parler au capitaine. Ce capitaine n’était jamais là malgré les assurances de ses collègues, c’est finalement à 19 heures que nous avons pu parler. - Monsieur le capitaine, je puis vous affirmer que cet animateur a été toute la nuit dans sa chambre car celle-ci se trouve à coté de la mienne. Toute la nuit, il y est resté ! Durant trente secondes, ce capitaine m’a regardé dans les yeux, sans broncher sans sourciller tout comme moi, il dit alors : - C’est très bien ! Il peut donc sortir ! Nous partons tous les deux au hogar. Je lui demande de toujours se tenir sur ses gardes de ne jamais toucher à une bénévole, car il pourrait avoir de gros problèmes. Le lendemain soir je mettais Arménie dans un autobus sous les yeux d’un policier qui s’assurait que celle-ci repartait dans son pays. C’est ce qui m’effraye quand je vois arriver de jeunes bénévoles. Il faut absolument les prévenir qu’elles viennent pour les enfants. Elles doivent se mettre des œillères sur le cœur pour éviter les problèmes. Ce soir-là, Georges revenait de trois jours de congé cumulés. Il a seulement entrecroisé Arménie avec ses bagages. - Où va-t-elle ? - Je l’accompagne à l’autobus, elle repart pour le Canada. Je t’expliquerai à mon retour. Ce fut le passage d’Arménie au hogar. Vous voyez dans un court chapitre, vous pouvez connaître deux mondes complètement opposés. C’est ce qui fait le charme ou le déplaisir d’être bénévole, être là pour les enfants ou pour soi-même. CHAPÎTRE 7 6 août 1998, Fête de la Bolivie Avant de commencer le récit sur la fête de la Bolivie, j’entrouvre une parenthèse sur mon courrier personnel, je vous considère comme mes amis, à des amis, j’ouvre mon cœur. Voici une lettre envoyée à mon époux le 28 juillet 1998 : Cher amour, Si loin de toi, tu dois t’imaginer qu’il y a des fois, où l’ennui, prend le dessus et même le désespoir. Le désespoir surtout, surtout de n’être pas comprise. Si je suis en Bolivie, c’est parce que j’ai une dette envers Dieu, envers celui qui m’a donné la vie une seconde fois. La première fois se fut à ma naissance, la seconde est quand j’ai été malade. Papa a demandé à Dieu de me sauver, de me sauver à condition que je sois une sainte. Ce sont les paroles exactes que maman m’a dites. Pour moi une sainte, c’est celle qui suis les paroles de l’évangile, car là j’y trouve mes chemins, dans mes moments difficiles. J’y retrouve des défis que je m’oblige à vivre, mais ces défis sont supers, car ils me rapportent des satisfactions, du bonheur, une joie de vivre au centuple. J’ai pris mari, je te suis fidèle, je t’aime, j’ai fais une famille, que j’ai élevée avec toute mon énergie, ma patience, mon amour. Ces trois enfants sont rendus adultes, ils doivent faire tourner la roue de la vie. Je leur ai donné tous les moyens pour y arriver, la confiance, l’amour. Chacun en est capable. Je les aime, tous les trois très fort, autant que toi. Mais je dois faire du bien à d’autres enfants, surtout aux plus démunis, car c’est à Dieu que je le fais, c’est ma façon de le remercier. Il me paie d’un bonheur, trouvé ici, qui vaut tous les salaires du monde. Je vais passer un peu plus de temps au Canada, mais la Bolivie est rendue ma raison de vivre, Tes caresses me manquent, tout comme tes bras et tes baisers, mais l’amour pour ces enfants semblent prendre le dessus. Je n’oublie pas les 25 années de bonheur que tu m’as données, se sont probablement ces années qui ont chargé mes batteries, qui m’ont donné ce courage de partir, pour donner cet amour accumulé, au long des années, à ces enfants abandonnés qui ne demandent qu’une mère pour eux. Je suis prête à être leur mère, ils le savent, ils m’appellent maman. Ils ont besoin d’une couturière, pour leur linge souvent déchiré, d’une cuisinière, car ils doivent manger, d’une infirmière, car tout enfant est quelques fois malade, d’une éducatrice, car ils doivent apprendre, apprendre à lire, à écrire, à vivre, à vivre dans la joie, la confiance. Ils doivent apprendre à avoir confiance en eux. Je crois que je le peux, mes enfants en sont un exemple super. Je me sentirai, tellement mal, d’être au Canada, avec un seul homme à qui donné mon attention, quand je peux en donner à 80 garçons, tous démunis. Je ne te laisse pas tomber, je veux profiter à plein de mon séjour au Québec, pour te donner toute mon attention, mais ce projet d’un hogar pour les plus jeunes fait vraiment partie de mes rêves, de mes défis. J’espère bien le mettre en œuvre. Cela peut demander quelques années. Ici, la température est idéale, les montagnes sont superbes, les gens sympathiques. Il y a tout pour passer de vacances formidables, avec des gens aimables qui font des pieds et des mains pour nous mettre à l’aise. Tout est super, je suis en amour, oui, je suis en amour avec la Bolivie, tu verras, c’est super. Il y a, il y aura toujours une place pour toi, aussi, tu pourras les aider à régler leurs problèmes de camions. N’oublies pas mon amour, je t’aime, je t’aimerai toujours, je t’embrasse de tout mon être, à bientôt. J’aurai bien aimé, cette année là qu’il me rejoigne, en Bolivie, pour ses vacances, mais peine perdue. Lors de ses vacances, il resta à Saint- Michel, seul, ce fut pour moi, une terrible déception. Pourquoi ne pas me rejoindre pour seulement deux semaines ? Un manque de confiance, cette crainte de manquer d’argent pour l’essentiel, l’essentiel, n’est-il pas la vie de chaque jour. J’aimerai qu’il ait cette confiance que j’ai en ce Dieu d’Amour, de justice, de partage. J’aimerai qu’il ait cette confiance en cette prière, NOTRE PÈRE. Je sais qu’Il ne me laissera jamais tomber, que le pain de chaque jour, il veille à ce que je ne manque de rien. Je reviens maintenant au sujet direct de ce chapitre, 6 août, la fête de la Bolivie. Tant de travail pour un défilé, pour une durée de deux heures. Il nous a fallu deux semaines de préparation, arranger, coudre, réparer, mettre des boutons, faire accepter aux enfants qu’ils ont grandit, grossit que maintenant leurs pantalons ou leurs chemises sont trop étroites. Ils doivent le voir par eux-mêmes, c’est peut-être une perte de temps, mais s’il y a confusion, je prends ce temps. L’enfant incrédule doit enfiler son ancien pantalon, marqué à son nom, voir le résultat du travail du temps. Ce petit, maintenant bien nourri, a engraissé, grandit, le pantalon ne lui sied plus, il doit être changé malgré certaines réticences. Deux voyages à Santa Cruz, en vitesse, ces deux voyages m’ont permis d’apprendre à mieux connaître les gens et la ville, d’être plus sure de moi, de marchander. Tous les achats ont servi ; 24 paires de pantalons, 24 chemises, 5 douzaines de paires de bas, 60 paires de lacets, je pensais en avoir acheté de trop, mais la journée de ce 6 août, tout avait servi. Si je reviens sur les souliers, c’est à Cochabamba que je les ai achetés. Georges fut le responsable du cirage de ces 84 paires de godasses. C’est avec une planification bien particulière, que tout c’est bien déroulé. Chaque paire de soulier fut numérotée, bien coordonnée avec le nom de son propriétaire. Ces souliers furent placés dans la chambre de Georges, dans la soirée du 5, avec deux ou trois grands, ils furent bien lustrés. Les enfants sont capables de cirer leurs chaussures, me direz vous, mais n’oubliez pas que nous sommes responsables de 85 garçons, nous manquons de temps, et surtout nous voulons que tous aient ces souliers bien cirés, un autre point à notre appui, c’est que les enfants seront en pantalons blancs, nous tenons à ce que ces dits pantalons restent blancs, le plus longtemps possible. À 11 heures du soir, tous les souliers sont bien reluisants, attendent bien cordés, dans la chambre leurs propriétaires qui en prendront possession, le lendemain matin après le petit déjeuner. Il y a une chose à ne pas oublier, la marche, la pratique pour ce défilé. Chaque école a sa pratique, cela est très strict, disons, militaire. Dans des films, vous avez probablement remarqué des objets manuels qui donnent des chocs électriques, pour être certain d’être écouté et vite. Ces objets qui servent pour obtenir l’ordre, je l’ai vu par moi-même, lors d’une pratique, d’une école de filles. Un homme a gentiment remis à sa place une jeune fille qui n’avait pas le rythme, le bon pas. C’était la vie réelle, ce n’était pas du cinéma. Nous devons, avec nos petits diables, prouver à la population que nous sommes capables d’être écouter, sans VIOLENCE. Le premier point n’est pas de seulement marcher, c’est premièrement de se faire écouter, montrer à ces jeunes que c’est le hogar qui défile, que chacun doit y mettre du sien, grand comme petit. Les petits doivent apprendre à écouter, les grands aussi mais ceux-ci, à apprendre à être responsables des petits. Un, dos, tres, cuatro, un, deux, trois, quatre, en trois files bien droites par ordre croissant, tous démarrent du même pied, droite, gauche, on se croirait aux services militaires. Les temps libres sont pour la pratique. Il y a eu un peu de chantage. Les enfants savent bien qu’ils ont toujours droit à une collation. Trois jours avant cette date fatidique du 6, Georges se présente au terrain de pratique, notre terrain de jeux, avec la collation, des tranches d’ananas, bien juteuses, succulentes, sucrées à souhaits. Un régal pour chacun, mais le hic ! Chacun doit marcher au pas ! Sinon nada, RIEN ! Je suis assise sur le gazon, ce spectacle, je dois le graver dans ma mémoire. Ce grand Georges, de six pieds trois pouces, près de ces bouts d’homme, une tranche d’ananas en main. Les enfants défilent, cette fois-ci, avec un peu plus de conviction. Chacun a eu sa part. Ils ont toujours leur part, pour cela, ils le savent bien. Ces ananas ne sont-ils pas de meilleurs atouts d’obéissance que les électrochocs? Je crois que, oui. Un dernier tour de piste, voilà qu’un des petits, Taylor, aperçoit par terre, une pierre éblouissante. Tous marchent au pas, un, deux, trois, mais cette pierre est bien attirante, Taylor, s’arrête, se penche pour la ramasser. Imaginez l’effet domino, la file derrière lui s’affaisse sur lui, c’est hilarant, mais j’entrevois ce même problème pour le 6, celui-là demandera un peu plus de surveillance, je me le réserve. Je reviens quelques jours en arrière pour vous parler de mon second voyage à Santa Cruz. Il fut un surplus de fatigue, beaucoup d’achats en vue. Sur le chemin vers Santa Cruz, l’autobus nous fait le plaisir d’une crevaison, ce qui résulte un léger retard ainsi qu’un manque de sommeil. Au retour, l’autobus nous réserve un problème de différentiel ou de transmission, bref, il en suit un retard de trois heures, arrivée à Vallegrande à trois heures du matin. Une nuit blanche, nous sommes le 5 août. J’aurai une mine de déterrée cela vous pouvez en être certains, si je ne parviens pas à récupérer un peu, pour le lendemain. J’entrevoie le travail de ce mercredi comme une montagne, faire le pain, séparer les pantalons et chemises par chambrée, en prenant soin de laver ceux qui ne sont pas impeccables. Au lavage, certains noms s’effacent, ce sera un léger problème, pour le lendemain matin. Je ne trouve aucun temps mort, pour récupérer un peu. Jeudi matin, lever à six heures pour les enfants. Je suis déjà debout, car je n’ai pas eu une minute de libre, il y avait trop de raccommodage et de boutons manquants aux chemises. Je me demande dans quel état se faisait le défilé les années passées, la représentation du hogar devait être la risée de la population. Non, cette année nous sommes là, les gens vont bien voir que nos petits savent bien se comporter, qu’il y a eu du changement. Les enfants déjeunent, en pyjama. Les plus vieux reçoivent leurs vêtements les premiers, pendant que les plus jeunes regardent une vidéo. Les plus vieux iront à la messe, ici, se présente, les premiers problèmes. Les retardataires arrivent, pantalons pas ajustés ou carrément sans pantalons. Voilà le moment de me servir des achats superflus de pantalons et chemises. Nous avons du faire coudre des chemises bleues, le mercredi à 20 heures, par le hogar Anicet Solares, car un retardataire, ne nous avait pas informé que certains avaient besoin de chemises marines, c’est ça la Bolivie, il y a toujours des changements de dernières minutes. Il faut savoir se retourner, très vite dans les imprévus. Les grands sont prêts, il est 8 heures. Ils vont à la messe, avec les professeurs responsables. Au tour des plus jeunes. Je suis toujours en pyjama, malgré que je ne me sois pas couchée. Par ordre donné : - Chaque enfant, sur son lit ! Chacun reçoit son pantalon et sa chemise, qu’il doit mettre sans descendre de son lit, les vêtements doivent rester propres. Après ce fut le tour des souliers qui sont toujours dans la chambre de Georges, par numéro. En avant ! Marche ! En rang, sans courir, à la chambre, c’est la distribution des souliers avec les bas. Les enfants doivent se chausser dans leur chambre, quand tout est terminé, s’asseoir, regarder la suitée la vidéo. Il est 9 heures, tout fini par être organisé, sauf moi, c’est la risée pour les responsables : - Françoise ! Tu ne comptes pas aller au défilé en pyjama ! La messe va se terminer, nous devons partir ! En cinq minutes, je suis changée, jupe et chemise blanche déjà bien repassés m’attendaient sur mon lit. Pendant ce temps chaque enfant recevait un papier mouchoir, pour ne pas qu’il souille sa chemise par cette mauvaise habitude de s’essuyer les narines avec les manches des chemises. Tous sont prêts ! Nous sortons du hogar, suivant la bannière du hogar, trois files bien droite, au pas jusqu’à la place centrale. - Nous ferons comme à la pratique, chacun surveille la tête de son prédécesseur, gardez le pas ! Ce fut superbe de voir Coco, le responsable avec sa chemise bleu, tout comme ses deux acolytes donner le ton, le bon pas aux autres. Arrivés à la place se sont les hymnes nationaux, les discours des officiels. Nous n'entendons presque rien, les enfants commencent à s’impatienter, ils sont ceux qui restent le plus tranquille, si je compare aux files des écoles participantes. Après ces discours, c’est le défilé proprement dit. Chaque école défile devant les dignitaires, les hogars aussi. Nous sommes les deuxièmes à passer. Il y a des lignes peinturées sur la route, les enfants de cette manière sont assurés de faire une ligne parfaite. Tous nos garçons attendent le signal. - Françoise ! Vas prendre ta place! De me dire une professeure du hogar - Quelle est ma place ? - Au centre, après les enfants, tu es la directrice, non ! Les enfants se retournent, voient que je me mets dans le défilé. L’effet domino a encore lieu, mais en paroles. Les plus grands préviennent les plus petits. - Françoise marche avec nous, faites bien attention ! C’est bien notre tour. Je me vois obligée de marcher entre deux professeures. Georges ne défile pas, il prend des photos. Tous les enfants bien droits, tête haute, marquent le pas. On avance, je marque le pas, aussi. Je sens mon cœur battre à tout rompre, j’espère que tout va bien se dérouler. Les enfants passent devant les dignitaires, les responsables des écoles ou des hogars doivent attendre que les enfants aient avancé cent mètres pour continuer d’avancer. Je me retrouve ainsi, la première en tête de file. Le micro résonne : Maintenant, le hogar Jésus Infante ! Maintenant, je dois avancer, plus j’avance plus les applaudissements se font entendre. Les gens mettent finalement un visage sur moi. Ils se rendent compte que celle qui courait dans toutes les directions pour les enfants était la directrice. Je les remercie en leurs disant des gracias silencieux mais lisibles sur mes lèvres. Je viens de recevoir mon salaire pour tant de travail, mais je suis tellement fière de ce travail, du résultat. Quand mon passage fut terminé, au bout de la rue, un OUF ! De soulagement, tel un ballon qui se dégonfle, Georges se met à rire, tout fut super. Mais le résultat est après, la réaction des gens. Les gens à la radio ont dit que maintenant ce hogar à trouvé une mère et un père. Ces enfants sont disciplinés, propres, ils paraissent tous très heureux et en santé, mieux que les autres années. Ils semblent manqué de rien. Les gens sur la place ont vu le changement, ont vu que ces enfants pouvaient être bien. Ils me saluent plus qu’avant, nous avons reçu notre salaire, le meilleur salaire du monde, un résultat jamais escompté, qu’avec l’amour et la patience, nous pouvons faire des petits hommes avec ces enfants, dans la joie et le bonheur. Ce fut une journée fantastique. Merci à Dieu pour ces enfants, pour ce travail, pour l’amitié, le soleil et le bonheur d’être bien en vie et de vivre cette vie pleinement. CHAPITRE 8 Retour à Montréal, 17 septembre 1998 Dans ce chapitre, il sera question d’une durée d’un an. Dans les cours préparatoires donnés en début de séjour pour les temps de bénévolat, il est question de périodes d’adaptation et d’instabilité qui doivent survenir. Il faut en tenir compte, laisser le temps arranger les choses, ne pas précipiter les événements. Je suis une femme très prompte, qui ne laisse pas cette place tranquille, au présent. Est-ce un manque de confiance aux autres, cela peut être une partie du problème. Je ne regrette pas d’agir sous l’impulsion des moments, mais avec le recul, il y a eu probablement, certains moments de flagrantes d’étourderies, à vous de juger, comment j’ai pu faire pour me trouver dans ces situations rocambolesques. Mon retour à l’aéroport de Dorval fut le 18 septembre. Il était convenu avec le directeur, que je passais les hivers avec ma famille et revenir au hogar pour l’échange de direction, au mois de mars. Je ne tiens pas compte de ces avertissements donnés lors des cours préparatoires. J’entre de plein pied dans les événements, je me laisse emporter par ceux-ci. Où était mon ange gardien durant ce temps, je me le demande. Il devait être épuisé tout comme je l’étais. Il m’a certainement fait des signes, mais je n’écoutais pas ces voix intérieures qui me dictaient ma ligne de conduite. À peine arrivée, j’écrivais ce fax au directeur soit le 20 septembre. Cher Gaston, Je crois que j’ai fait encore une belle gaffe en pensant aux autres en premier. Je m’explique. Jean-Claude voulait tellement que je sois près de lui, que je l’ai rejoins trop vite. J’aurai du me donner plus de temps pour parler avec toi. Maintenant, je me sens encore plus seule qu’avant, je ne sais plus dans quelle direction diriger le kayak de ma vie. J’ai au hogar, deux amis qui me comprennent. Ici, c’est presque l’isolement total. Je vais tout faire pour revenir au hogar très vite. Mon auto ne fonctionne plus. Je dois attendre le bon vouloir de chacun pour mes déplacements, je vais regarder pour en louer une, car seule à la maison, c’est comme une prison, le silence est triste. La nuit, je me réveille en ayant, tous les enfants autour de moi, leurs rires me stimulent un peu, mais me fait tomber aussi vite dans la réalité. Je te promets que je vais faire mon possible pour me remettre en forme. Toutes mes salutations à chacun, surtout aux enfants que je n’oublierai jamais. P/S je reviens de chez le médecin, bronchite et sinusite, repos obligatoire. Je vais donc me coucher et suivre, pour une fois tes conseils. Bye ! Bye ! Bonne nuit. Je prends le temps de me reposer, d’aller voir mes amis, ma famille en espérant trouver de l’intérêt dans ma venue au pays. Je réussis à ramasser l’argent nécessaire pour mon billet d’avion. Je laisse passer la fête de mon mari. Je repars aussitôt vers ceux qui semblent m’appeler chaque nuit. Chaque matin, je me réveille en me pensant au hogar, le calme de la maison me pèse, je me sens inutile, quand je pense à tout le travail au hogar. Je sais bien qu’il y a des bénévoles supplémentaires avec le directeur. Je me sens pleine d’énergie malgré que je sois arrivée depuis seulement six semaines. Jean-Claude me laisse partir le 10 novembre, il est formidable pour cela. Il me laisse partir pour mon bonheur. À mon retour au hogar, les enfants sont toujours aussi formidables. Il y a beaucoup d’adultes responsables pour le hogar et l’animation des enfants ; Trois animateurs boliviens, deux cuisinières boliviennes ainsi que une autre responsable de l’entretien, Georges bénévole pour deux ans, deux allemandes bénévoles pour une année, une américaine aussi bénévole pour une année, tous ceux-là étaient présents à mon départ, voilà que le directeur est présent avec une douzaine de bénévoles supplémentaires. Avec toutes ces aides, je réalise sur place, que je ferai mieux d’aller faire un vrai plein d’énergie près de ma famille, que le meilleur cadeau de Noël que je pourrai leur faire, c’est ma présence. Le 16 novembre j’envoie ce fax à mon mari : Bonjour Jean-Claude, j’ai été bien contente de retrouver les garçons et les amis. Je savais qu’il y avait des bénévoles de plus, que la vie du hogar serait changée. Le travail est moins ardu, les enfants sont heureux. Ils ne manquent de rien. Les trois derniers jours ont été très chauds ce qui m’incommode un peu. Je sais que je suis ici seulement depuis une semaine, que je t’ai dis que je t’attendrais pour revenir, mais je compte rentrer plutôt, avant les fêtes, se sera votre cadeau de Noël. Quand j’aurai une date plus précise je te la faxerai ? Je sors de Bolivie le 15 décembre. J’ai très peu de vêtements, car je sais que je vais revenir. Les enfants le savent. Ils me laissent partir plus facilement que la première fois. Les allers-retours du directeur ainsi que les miens, leurs ont donné confiance en nous. Ils savent que nous allons revenir. Il ne faut pas leurs donner de faux espoirs, qui briseraient cette confiance acquise. Je passe Noël avec ma famille. J’en profite pour me reposer, ne rien faire, ce qui n’est pas dans mes habitudes. Des casse-tête reçus en cadeaux de Noël comblent mes moments libres. C’est en disant des rosaires que je forme ces casse-tête, car de cette façon, il me semble que je ne perds pas mon temps. Étant donné que je suis là, les prières vont remplir mes temps libres, me donner le courage dans cette attente du printemps, pour mon troisième départ le 26 mars 1999. CHAPITRE 9 Mon troisième retour à Vallegrande Durant les mois d’avril et de mai, il faut que je reprenne les guides du hogar. Le directeur repart vers le Québec, avec une bonne partie des bénévoles. Naturellement avec le froid la varicelle fait son apparition contaminant quelques enfants et animateurs au passage, certains doivent être hospitalisés, mais cela devient une petite routine annuelle. La fête des mères terminée nous laisse avec du travail supplémentaire, comme les pantalons blancs et les chemises qui donnent quelques problèmes car la pluie est au rendez-vous depuis quelques jours. C’est le temps des cayotes, c’est un genre de courge ou citrouille verte ayant des graines identiques à la citrouille. Je fais découvrir aux enfants le délice de ces graines séchées. Je ne manque ainsi d’aucune main-d’œuvre pour récupérer celles-ci, le séchage et pour la consommation. On se fait un devoir de réserver une partie de ces délices pour un enfant qui est hospitalisé. L’animateur qui était hospitalisé, reçoit son congé. Son sourire me réchauffe le cœur, qui semble être gelé, tout comme mon corps qui ne parvient pas à trouver une chaleur confortable. C’est de cette façon qu’il me parle, me dit : - Ouf ! Prends le temps de te reposer ! Tu es fatiguée ! Tous se rendent compte de ma fatigue, car je ne vais pas au hogar. Georges vient me retrouver l’après-midi avec une salténia qu’il m’oblige à manger. Il a les yeux pétillants, il m’annonce cette nouvelle : - Je suis amoureux ! - Tu crois que cela est une nouvelle pour moi ? Tu ne t’es pas regardé ! Cela est inscrit dans tes yeux! Tu as les mêmes yeux que mon fils, quand il était amoureux. C’est super, profite de l’instant présent, malgré la différence d’âge, cela n’a pas d’importance. L’amour n’a pas d’âge, fais ce que ton cœur te dicte. Il est content que je comprenne sa situation. Il a mon appui, cela le réjoui. Je le rends responsable d’envoyer un fax pour mon mari, car le 2 juin c’est notre anniversaire de mariage. Il le lit, le trouve super, il aimerait recevoir un tel fax : Cher Jean Claude, voilà 26 ans, j’étais à tes côtés, en toute liberté, je t’ai donné ma parole, mon amour. Ils te sont toujours acquis, n’en doute pas. Il n’y a pas une journée passée sans que je ne pense à toi. Tu es celui qui m’accorde cette liberté, cette liberté d’accrocher un bonheur inestimable, par ma présence, auprès de ces enfants. Ces enfants sont toujours pour moi, une vraie raison de vivre, de donner 100% de moi-même. Malgré notre éloignement, passes une belle journée, je t’embrasse très fort, je t’aime toujours autant sinon, plus, merci de ta compréhension, de ton amour, pour ces trois enfants, notre plus grande richesse, pour ces 26 ans de bonheur, Je t’aime, je t’aimerais toujours. Je n’arrive pas à dormir au cours de l’après-midi. Je vais me chercher des somnifères, car je dois récupérer. Les vacances des enfants arrivent et Georges qui doit aller dans sa famille pour un mois. Cela me fera du travail supplémentaire, je dois retrouver mon énergie coûte que coûte, j’ai le cœur dans l’eau car je hais que mon mari soit triste de cet éloignement. À 23 heures, Georges m’apporte mon souper. Il arrive dans le pire moment de ma tempête intérieure. C’est là que je me rends compte de l’utilité de l’amitié, moi qui m’en réserve que quelques-uns uns. Il doit m’asticoter pour obtenir mes sources de tristesse. Pourquoi ne puis-je pas parler spontanément ? J’ai toujours tout gardé pour moi, mes mauvais cotés, mes sentiments négatifs. Partager mes émotions, c’est difficile, manque de confiance, montrer que j’ai des périodes difficiles. C’est à ces moments que je me rends compte que la communication avec ma famille n’était pas exemplaire. Plusieurs fois, j’aurai voulu parler, mais je n’ai pas trouvé d’oreilles pour m’écouter. J’ai la chance d’avoir cet ami, qui veut mon bonheur, une joie de vivre. L’amour a de bons cotés, mais comme toutes roses, il a aussi ses épines. Plus la rose est éblouissante, plus ses épines sont piquantes. Je suis avec lui, il veut célébrer son amour et mes 26 ans de mariage, je crois bien que cet ami, je ne l’oublie jamais. Le 2 juin fut une journée plus que chargée, Georges doit organiser ses effets personnels dans le bureau. Voici la méthode utilisée par celui-ci. Tout mettre au centre de la place et replacer le tout par la suite, c’est un vrai capharnaüm. Je me lance donc dans la réparation des sandales, cordonnière, il manquait ce métier à mon arc. J’ai un peu d’expérience ayant quatre frères, j’ai souvent vu ma mère arranger des paires de souliers, cela n’est pas tellement difficile, nous avons dix doigts il s’agit de s’en servir à bon escient. Au début de l’après-midi, ce Georges m’envoie hors du hogar, à la casa 8. La casa ocho(8), est une maison située au limite de Vallegrande. Une petite marche d’une quinzaine de minutes la sépare du hogar. Elle sert de résidence pour les bénévoles pour leur donner plus d’intimité et de calme sans les enfants, ce qui leur permets d’avoir une chambre individuelle quand cela est possible. Elle a deux étages sans cuisine et une chambre de bain à l’extérieur. Au rez de chaussée se trouve trois chambres, au second étage, deux chambres, la mienne, la seconde adjacente est utilisée par trois bénévoles allemandes. - Vas dormir ! On se dérange mutuellement, tu dois te reposer avant mon départ. Comment feras-tu quand je ne serai pas là ? Je ne veux pas m’inquiéter sur ta santé lors de mon départ, sinon, je ne partirai pas ! J’écoute ses conseils. J’ai aussi promis au directeur que je prendrai soin de moi, alors, en route vers la casa 8, sans bruit, sans enfant, seulement la musique, la lecture, le temps du repos. C’est temps de repos que je n’ai jamais pris. Cela vient probablement de mon éducation, chaque fois que je voulais prendre un temps de repos, pour moi, il y avait toujours un travail qui m’attendait ou une remarque désobligeante, en retour. Si je regarde les paroles de l’Évangile : Tu travailleras à la sueur de ton front. Je voulais être, faire du mieux que je pouvais où selon moi que je devais, travailler sans répit. Aimer ton prochain comme toi-même, m’aimer un peu plus, autant que j’aime les autres, m’aimer autant que j’aime Dieu, ce Dieu qui m’a donné la vie, qui a donné sa vie pour nous. Être ce guerrier pacifique, qui est en paix avec lui-même. Je finis par m’endormir, je fais le tour du cadran, pour une rare fois. J’ai même eu droit à la présence de mon père dans un rêve. Il est venu me saluer, me serrer tellement fort dans ses bras que cela m’a réveillée. Il était fier de moi, je sais qu’il sera toujours là pour m’appuyer quand cela sera nécessaire. À mon réveil, j’ai du attendre le levée de la bénévole allemande, pour que celle-ci débarre ma porte, car Georges l’avait barrée de l’extérieur, dans la soirée, étant endormie, il m’a laissée à ce repos réparateur. Je dois me mettre à la conduite de la camionnette, elle est manuelle. Je me dois de la conduire cela éviterait bien des soucis de transport. Après quelques étouffements de moteur, tout entre dans l’ordre, mais j’entrevois un travail superflu avec cette conduite. S’il y a un problème de moteur, de crevaison, quand Georges sera parti, comment vais-je me débrouiller ? Je ne sais rien sur ces sujets, je ne veux pas me sentir responsable des enfants qui m’accompagneront lors de certaines randonnées. Je renonce donc à la conduite de cette camionnette, elle restera dans la cours de la casa 8 durant l’absence de Georges. À sept du matin, se présente
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se présente une jeune fille de 9 ans, avec Carlito qui n’était pas rentré coucher au hogar, c’est la sœur de Carlito: - Bonjour ma petite, Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? - Rien tout va bien ! - Je ne te crois pas. Tu me sembles bien nerveuse. Elle se met à pleurer, je ne comprends rien de sa conversation. J’appelle un animateur bolivien. On reprend la conversation. - Tu peux me faire confiance, tu peux lui faire confiance ! - J’ai été violée, hier soir, Carlito était avec moi, c’est pour cela qu’il n’est pas rentré, hier soir. L’animateur se charge de cette petite, l’amène à la protection de la jeunesse, c’est à eux de régler ce problème qui peut être très courant, en Bolivie. Cette petite a besoin d’aide, c’est à nous de faire le nécessaire. La protection de la jeunesse la confie au hogar Anicet Solares. Une psychologue de passage à Vallegrande veillera à donner quelques soins, à ces deux enfants. Je suis l’éducatrice du cours de première année. Ce groupe a désorganisé l’ordre dans la classe à l’école publique, il est ainsi puni pour des pages de copie. Les enfants ne tiennent pas à copier les 10 pages prévues. Après délibération, des petits collants seront remis sur chaque feuille de copie. - Si vous n’avez pas écouté à l’école, vous vous êtes attirés ces ennuis de copies. La prochaine fois vous tacherez d’écouter, mais ces copies doivent être faites, coûte que coûte. Le premier qui a fini une page recevra un joli collant qu’il choisira ! Je ne manque pas de bien les montrer aux enfants qui se mettent au travail, avec plus d’ardeur. Ils finissent tous, leur travail dans les temps voulus. Chacun a ainsi droit à dix collants différents, choisis selon le goût de chacun. La psychologue Elizabeth Fletcher revient au courant de l’après-midi, pour discuter d’une piste pour les bénévoles qui sont désireux de travailler 5 ans, auprès des enfants nécessiteux ou auprès des enfants de la guerre. Cela nous intéresse, Georges, sa copine et moi. Elle reviendra, le lendemain, pour d’autres informations. Pour le souper, nous allons faire des crêpes. Il y a encore une panne d’électricité, elles sont courantes depuis le début du mois, car il y a l’organisation d’une nouvelle ligne qui demande ces coupures pour l’installation. Tout est noir au hogar, les enfants sont en attente des crêpes que Georges se fait un plaisir de cuisiner. S’il ne le sait pas, nous avons 80 enfants cela va demander du temps, mais c’est un moyen de faire patienter ces enfants, dans ces salles à dîner que quelques chandelles osent éclairer. Je m’aperçois que je n’ai plus mon portefeuille avec tout l’argent pour le mois de juin. Je n’ai pas refermé la fermeture éclair de ma poche, il a du tomber. Un moment de panique s’empare de moi, mais ou peut-il bien être. - Les enfants, Françoise a perdu son portefeuille avec tout l’argent du hogar, que chacun regarde bien sur le plancher, s’il ne le voit pas, sans crier, avec calme. Demande Georges. Je vais dans ma chambre chercher une lampe de poche. Je refais systématiquement tous les trajets que j’ai fais. Je me suis rendu compte de cette perte en allant chercher des chandelles, au dépanneur, quand se fut le temps de payer, mon portefeuille n’était plus là. - Prends les chandelles, tu les payeras quand tout sera en ordre. Telle une fourmi, je refais tous les chemins, à la lueur, de ma lampe de poche. Dans la rue, rien de ce coté, dans les chambres rien non plus. Je suis à quatre pattes dans le bureau, c’est le dernier endroit, ou il me semble que je l’avais encore. Je passe une fois, deux fois, finalement le retrouve sous l’armoire. Il avait du tomber, et dans le noir quelqu’un l’avait poussé sous l’armoire, Jamais je ne voudrais revivre un tel stress, perdre l’argent de tous les enfants, l’argent pour la nourriture d’un mois. Je prends maintenant bien soin de toujours bien refermer mes fermetures éclairs de mes poches, j’en ai quatre, je suis Marie quatre poches ! Nous sommes enfin décider sur le lieu de vacances pour les enfants, le même que l’an passé Trembaderal. Je connais l’emplacement et les gens, les enfants aussi profiteront de cet avantage. Madame Fletcher nous donne l’espoir d’une aide substantiel de la part de son groupe la coopération Israélite, avec le temps nous verrons si cela sera réel. Les enfants font des boules de paix, pour les tenir occuper cela est un bon moyen et un système d’émulation, car les enfants de première année, colleront différents confettis qui leurs seront remis quand leurs devoirs sont terminés. Le premier à droit à trois confettis, le deuxième à deux et les autres à un seul, le dernier se trouve sans aucun. De cette manière, les enfants traînent beaucoup moins, ils ont ainsi la chance de participer à différents jeux éducatifs ou sportifs. Surtout pas de billes, car ces petits jouets sont rendus un fléau à l’école. Les enfants se rendent à l’école avec les billes, ils ne font que s’amuser, ils écoutent de moins en moins, celles-ci sont maintenant confisquées jusqu’aux vacances, au détriment de tous, la directrice est de mauvaise humeur, oui, Françoise est de mauvaise humeur, car j’ai du me déplacer deux fois au courant de la semaine pour remettre les pendules à l’heure, avec les autorités scolaires. J’ai un petit problème de coiffure. Mes cheveux allongent vite et demandent plus de temps pour sécher. Je demande à Georges de bien vouloir me raser les cheveux de cette façon ce petit problèmes sera résolu. C’est avec une certaine joie qu’il me coupe les cheveux, en prenant soin de faire un chef d’œuvre. C’est super, j’aime cela. Au souper, mon groupe des petits discutent au lieu de manger. - Qu’est-ce qui se passe? La question est discrète, je l’ai posée en me penchant vers Yon. Celui-ci me frotte la tête avec ses deux petites mains, en me disant : -Maintenant, tu es comme notre maman! Cette coupe de cheveux est formidable car maintenant les enfants ne font plus de crise quand il faut les raser pour éliminer les poux. Les vacances des enfants seront du 23 juin au 2 juillet, en espérant qu’elles ne soient pas changées à la dernière minute comme l’an dernier. Madame Fletcher nous promet 2,500$U’S que je devrais aller chercher à Santa Cruz le 25, j’aurai à m’organiser avec le transport pour Trembaderal. Samedi 12 juin, c’est le départ pour Georges, dans son pays. Il est très nerveux. Je le comprends, il est quelques fois plus difficile le départ de ces petits, de celle qu’il aime, des questions avec sa famille. Il a droit comme tous bénévoles à sa fête de départ. Au courant de l’après-midi, le bureau fut une suite continuelle d’entrée et de sortie d’enfants qui lui apportait des souhaits de bon voyage. Ils voulaient se rassurer qu’il partait seulement pour des vacances, il y a toujours de l’incertitude, rien n’est acquis. Je suis responsable de Georges, pour que celui-ci ne s’échappe pas, pour qu’il ne s’éloigne pas. Je sais qu’il ne veut pas de fête, mais voilà deux ans qu’il travaille avec nous, il a droit à la reconnaissance des enfants, ceux-ci doivent s’exprimer, c’est un signe d’évolution même si cela est difficile, il faut le faire ce pas, marcher sur sa gêne. Moi aussi je dois écrire un petit mot, cela m’est très difficile, je comprends l’état des enfants : Cher Georges, toujours comme un frère, tu étais et tu le seras toute ma vie! Georges, tu es mon ami maintenant, tu le seras pour tous les jours! Merci pour ta présence, merci pour ton aide avec les enfants! Tu étais et tu seras un fils compréhensif que j’aime beaucoup! Bon voyage, reposes-toi bien, je t’espère avec beaucoup d’impatience! Amicalement Françoise En fin d’après-midi, Georges décide de sortir du hogar. Je le suis sans arrêt : - Où comptes-tu aller ? - Voir des amis que je n’ai pas salués ! - Eh bien, je vais avec toi, car tu dois être avec les enfants à 19 heures, que cela te plaise ou non ! Il y a une petite fête de préparer pour ton départ, tu dois être présent. Il n’a pas le choix, il en est bien conscient, il se laisse faire. Sa fête fut magnifique. La psychologue Fletcher était présente. Elle a pu se rendre compte que les enfants avaient de bonnes qualités d’expressions, de danseurs. Nous avons une réunion avec elle pour planifier nos efforts dans la même direction, deux américaines sont intéressées à son projet, mais nous ne savons rien sur la crédibilité de ses dires, cela nous laisse un peu perplexes. Les vacances des enfants approchent à grands pas. Ceux qui ont de la famille doivent rejoindre celle-ci, Carlito possède son père, mais il est sous notre protection, son père buvant trop d’alcool. Il nous fait une scène terrible dans la rue. Je me vois oblige de l’encercler de mes deux bras pour le calmer, à l’intérieur du bureau. Son père pour le calmer lui donne 5 bolivianos. Cet enfant veut être avec son père seulement parce que celui-ci lui donne de l’argent. Il ne se rend pas compte du mal que celui-ci pourrait lui faire, il rend sa sœur responsable de sa présence au hogar. Quand nous avons rencontré celle-ci sur la rue, toute souriante, Carlito l’a regardée, avec des yeux tellement méchants, j’ai compris qu’il y aurait toujours un malaise entre ces deux enfants pris innocemment dans cette roue quelques fois immonde de la vie. Carlito sera des nôtres pour les vacances, sa sœur sera prise en charge par sa tante qui m’assure de sa sécurité. Lundi 21 juin, départ pour Trembaderal, à 7.45 heures le camion démarre avec les enfants, 15 minutes avant l’heure, c’est une chose surprenante en Bolivie. Une bénévole québécoise qui est avec nous, est un peu anxieuse de partir avec les enfants. - Y a-t-il des toilettes là-bas ? - Calmes-toi ! Tu es ici pour six semaines, ces vacances seront pour toi une expérience inoubliable, tu reviendras dimanche avec le père Mario. Elle monte ainsi dans le camion, un peu plus rassurée. Le second camion, pour le matériel, est à l’heure lui aussi. Je donne un coup de main, pour le chargement, en lançant presque les bonbonnes de gaz qui pèsent 10 kilos. Voyant mes efforts et ma force, un grand me lance: - Françoise ! Tu es la championne de Vallegrande ! Juste ces paroles valent la peine de tous les tracas. Les enfants se rendent bien compte que je fais tout ce que je peux pour eux, je suis sans mesure. Je ne peux partir avec eux car je dois me rendre à Santa Cruz pour récupérer les caisses de médicaments données par des américains, nous devons faire différents achats pour les enfants, car il faut en même temps penser à la fête de la Bolivie qui nous demande beaucoup de préparation. Je ne tiens pas à courir comme l’année dernière, cette année tout sera un peu plus organisé. Il y a deux grands frères qui sont restés au hogar, pour y faire l’entretien, c’est le temps idéal, pour les connaître, apprendre la réalité sur la vie du hogar avant que nous rentrions avec ces enfants. Leurs récits nous donnent froid dans le dos. Ces jeunes trouvent qu’il y a beaucoup de changement, que la vie du hogar est maintenant vivable, ils n’ont plus faim, ils ne se font plus battre. Je vous cite un fait véridique de l’un de ces garçons : Un garçon s’est fait disputer, il a été une semaine à travailler dans le jardin, pour nourriture, une seule tasse de thé, à l’heure du souper, sans oublier qu’il s’est fait battre en plus. Quand un enfant donnait une mauvaise réponse, durant ses temps d’études au hogar, il avait droit à un coup de bâton. Maintenant ces enfants sont certains de manger à leur faim, et surtout ils savent qu’ils ne se feront plus battre. Ils ont notre confiance. Notre confiance leur est acquise. Ils croient de nouveau en l’adulte, cette confiance ne doit plus être entachée. J’espère qu’ils ont compris comment ils doivent vivre dans l’avenir. Vivre dans la paix, l’amour, la confiance en de jours meilleurs. Nous voici de nouveau à Santa Cruz, avec beaucoup d’espoir en cette Madame Fletcher, qui nous a promis de l’argent. La copine de Georges n’est pas à ses premières années dans Santa Cruz, elle y a déjà travaillé, voilà déjà cinq ans. Elle connaît les hogars et les difficultés de cette ville face à tant de pauvreté. Nous sommes bien à l’heure, au point de rendez-vous. Nous attendons une heure, sans rien, sans personne en vue. Qui est donc cette Madame Fletcher ? Pourquoi nous a-t-elle donné tant d’espoir ? Nous sommes abasourdies, comment une personne peut-elle agir de la sorte ? Nous voilà devant biens des questions qui seront probablement sans réponse. Une chose est certaine, maintenant, nous allons faire plus attention, ne plus faire confiance, à la première venue, ne plus nous donner de faux espoirs, cela est trop décevant, étant à Santa Cruz, j’ai quelques minutes que je réserve à mon mari en lui écrivant ce fax : Bonjour Jean Claude, Voilà un fax avec un peu plus de consistance, je ne tiens pas à couper les liens, si petits qu’ils soient, je veux des liens avec plus de contenu. J’ai parlé à notre fils hier, il lui reste seulement une auto à payer. Il doit prendre ses responsabilités, mais vous devez trouver moyen de vous parler. Isabelle et Stéphane sont adultes, ils savent ce qu’ils font, c’est leur choix, je n’ai pas à m’en mêler. Ils ont l’amour en partage, c’est tout aussi important que la jeunesse. Une chose, je t’aime aussi avec tout mon cœur et ma tête, mais mon corps a besoin de se donner aux enfants. C’est tout un amour, en partage, que je donne. Je t’embrasse Nous rentrons donc à Vallegrande, comme bagage, cette immense déception, qu’il nous faut surmonter du mieux que nous pouvons, cela se fera par un travail encore plus acharné, pour tâcher d’oublier, cette diablesse. Je rejoins les enfants à Tembaderal avec le padre Mario et la copine de Georges qui redescendra à Vallegrande avec celui-ci et la bénévole québécoise, qui semble avoir bien apprécié l’expérience de ses vacances. Je compte bien rester avec les enfants jusqu’au mercredi. Nous sommes dimanche, c’est l’occasion de mieux connaître ce prêtre, qui est lui aussi un polonais. Il est à Vallegrande pour deux années. Il nous raconte les péripéties de sa courte jeunesse, c’est un jeune prêtre fraîchement ordonné. Je passe donc la soirée avec les enfants, tous heureux de ma présence, ainsi que le responsable de Tembraderal. Nous prenons plaisir à discuter, il me confie qu’il a des problèmes d’argent. Il aimerait acheter une pompe pour irriguer ses plans de melon d’eau. Je compte l’aider de ce coté. Je passe la nuit dans une petite tente, que je réserve en cadeau, au responsable, pour sa cordialité envers nous. Je me trouve un peu à l’écart des enfants, leur laissant leur espace de jeux. Ceux-ci ont monté deux tentes que la croix rouge a bien voulu nous prêter, de cette manière, tous les enfants sont ensemble cette année, les grands avec les petits. Les grands sont sous les tentes les petits sont logés dans l’école. Les enfants craignent que je ne dorme pas bien dans ma petite tente. - Tu vas dormir toute seule dans cette tente ? Tu n’as pas peur des tigres ? - Si un tigre ou un puma vient me rendre visite, j’aurai qu’à crier plus fort que lui! De cette façon, il aura peur, il s’enfuira. Chacun veut faire l’inspection de cette petite tente qui est montée rapidement, elle est légère, maniable, c’est l’idéale pour des excursions. De ma porte d’entrée, je peux apercevoir plus bas les enfants qui jouent, leurs tentes bien aménagées. Tout me semble parfait, j’espère avoir trois jours de congé, bien mérités, car je suis fatiguée, par tant de travail et d’imprévus. Cette porte est aussi orientée vers l’Est, j’ai les premiers rayons de soleil qui me saluent, ils s’amusent à colorer les quelques nuages en rose tendre, signe d’une belle journée. Les grands, en ce lundi matin, sont aussi matinaux, tout comme les chiens et les ânes qui sonnent le clairon à leurs façons. Ces grands me font des signaux, ils sont bien heureux. Un bon café m’attend avec ses effluves cordiaux, quelques petits pains frais terminent ce petit déjeuner bien apprécié. Pour ne pas perdre de temps, j’ai avec moi 10 paires de pantalons blancs à ajuster, sous l’ombre des arbres, j’apprécie ce calme provisoire, où chacun s’entraide. Le bonheur se lit sur mon visage. Quand les enfants sont heureux, je suis heureuse pour une fois tout me semble parfait. Je me sens au paradis. À 1 heure1/2, la camionnette du hogar arrive, que se passe-t-il au hogar ? Je dois rentre d’urgence à Vallegrande, sinon les salaires des cinq employés seront coupés ! C’est pour moi, comme une douche froide, je n’ai pas droit, à quelques jours de repos. Je ramasse mes choses rapidement les expulse hors de la tente, en colère, Yasmani essaie de me calmer. Je reste dans ma tente, pleure de rage, cette pression doit sortir, sinon j’aurai encore un mal de tête, ce n’est pas le moment. Je donne l’argent promis au responsable de Tembraderal et retourne rapidement, sans dire au revoir aux enfants. Je ne veux pas que les enfants me voient aussi atterrée. À Vallegrande, ce n’était qu’une question de paperasseries stupides qui demandaient une signature, le responsable des salaires voulait cette signature avant la fin du mois, cela lui était égal que j’étais en vacances. J’obtiens les chèques d’une manière grossière, ils me furent jetés carrément sur le bureau, avec un visage de colère. Je suis donc de nouveau seule dans ce hogar avec les deux grands qui font un travail d’entretien fantastique, ils font tout me rendre ma bonne humeur, qui bourgeonne rapidement par leurs sourires resplendissants. Je téléphone à mon mari pour m’assurer qu’il a bien reçu ma lettre. Il l’a reçu mais n’a donné aucune nouvelle. Je prends un somnifère pour m’obliger à dormir, à ne plus penser. À la messe, le lendemain, j’espère retrouver un peu de calme, cela tombe bien, car l’évangile est celui de Jésus qui calme les eaux. Je lui demande de calmer les miennes qui sont vraiment en tempête, je ne lui fais probablement pas assez confiance, je dois Lui laisser mes préoccupations parce que Lui prend soin de moi, et ce en toute confiance. Étant seule au hogar, mes talents de couturière vont se décupler, car il n’y aura pas d’interruption par les demandes des enfants. Les pantalons et chemises sont classés par chambrée, marqués et placés sur des cintres puis enfilés sous des housses assurant ainsi la propreté jusqu’à l’utilisation. Dans cette tranquillité provisoire, j’écris des fax pour faire des mises aux points, au directeur et à mon mari. Jean Claude, Je t’écris ce fax car cela est plus rapide que le courrier. J’ai quelques points à mettre au clair. Les oublis de CD sont un petit point, une petite goutte, mais cette petite goutte, tu ne peux savoir comment cela peux me faire mal, c’est tout comme le numéro de la carte d’appel, cela a pris combien de fois de demande pour l’avoir, c’est peut-être inconscient, je le sais, tu me boudes, comme un bébé. J’ai besoin de support, près de toi, je n’en ai aucun. Je t’avais demandé de ne pas m’appeler à toutes les semaines, pour ce que nous avons à nous dire, c’est dépenser de l’argent pour rien, où pour me faire plus mal. Si tu veux m’appeler, je le veux bien, mais pour autre chose que de la pluie et du beau temps. Quant à notre garçon, c’est un homme, tout comme toi, il a des oublis, il a oublié son transit, tu as du lui passer de l’argent. Il va te le remettre, car il est responsable et jeune, la nouvelle du parachute, pour moi, ce fut la meilleure nouvelle, car à son âge j’aurai voulu en faire, mais pas de moyens financiers et mes parents non plus. Il fait sa vie libre, il travaille, il sait profiter de la vie, pour moi c’est un bien énorme. Je suis bien en Bolivie, tout comme je peux être seule, terriblement seule, c’est mon choix, surtout ne me boudes plus, car les peines peuvent former des cratères qui pourront être infranchissables, je t’aime. Voici celui pour le directeur : Cher directeur, Le fax est plus rapide que le courrier, tu recevras une lettre dans 2 ou 3 semaines, mais ce fax est la suite de cette lettre. Ce matin à la messe c’était l’évangile où Jésus calme les eaux, je Lui ai demandé de calmer les miennes. Il l’a fait. Je ne lui faisais probablement pas assez confiance. Mon plus jeune fils devrait t’appeler sous peu, il voudrait venir à Vallegrande. Je lui ai demandé de te contacter, l’allemande doit arriver vers minuit, avec la Bolivar. J’ai parlé assez longtemps avec mon garçon qui me demandait pourquoi j’étais triste et que je m’inquiétais pour eux. Je lui ai seulement dis, c’est parce que je suis une maman, et il s’est mis à rire. Je crois quelques fois que cela soit vrai, les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Il y a quelques fois une immensité qui nous sépare, mais le plus agréable est quand ces deux mondes se rencontrent. Que Dieu te protège, prends soin de toi, aussi bien que je peux prendre soin de toi! Chaos ! Amicalement, Françoise La réponse fut presque immédiate. Querida Françoise, Je viens de recevoir ton fax. J’espère que tu vas bien. Les trois filles arriveront ou seront arrivées bientôt, tu auras des personnes pour t’aider. Je m’inquiète un peu, je trouve que tu as beaucoup à faire. Pour ce qui est de ton garçon, il est le bienvenu, sans aucun problème, j’attends son appel. D’où vient cette tristesse ? C’est normal de s’inquiéter pour ses enfants mais il faut accepter leur cheminement. Pour toi, tu es divisée entre deux familles. Tu dois avoir l’impression d’en abandonner une. La Bolivie, ce n’est pas drôle et le Québec non plus. Tu as fait des choix éclairés et sérieux. C’est ce qui compte. Il va falloir trouver une manière pour que tu supportes les années à venir, si bien sûr, tu continues à venir en hiver à Vallegrande. Prends soin de toi. Les enfants ont besoin de toi. Que le Seigneur te bénisse et que Marie te protège ! Le lendemain, je lui réponds Cher directeur, Ma tristesse vient seulement du fait qu’un père et son fils ne se parlent pas. Je leur laisse le temps, je sais que tout va rentrer dans l’ordre. Il y avait très peu de communication avec mon père, cela m’a manqué, c’est à ces deux hommes de communiquer. Je n’ai pas l’impression d’abandonner une famille, ils sont adultes, ils doivent faire leurs vies, c’est à leur tour de faire tourner la roue de la vie. Je crois bien que j’aie trouvé la manière de supporter les années. Le changement des enfants est le meilleur support que l’on peut espérer. Pour le moment, le plus difficile, c’est que je suis seule au hogar. J’attends les enfants. J’ai un cœur qui ne peux dire non quand une personne est en détresse, suis-je peut-être trop naïve ou tout simplement imbécile ? Je sais que je n’ai que très peu d’argent à moi, mais ce petit peu dépanne une autre personne qui est au bord du gouffre financier, Je l’aide, me voici en possession d’un terrain, qui pourra certainement nous servir dans les années futures. Il se trouve à Guadaloupe, une dizaine de kilomètres de Vallegrande. Le temps nous dira si j’ai fais une bonne acquisition. Les enfants sont de retour tout comme les trois québécoises qui me donnent, à la première impression qu’elles ne sont là que pour faire du tourisme, pour passer leurs vacances, bref, qui vivra, verra. Tout le monde a reçu du courrier sauf moi, je reçois des fax ceux-ci compensent. J’aimerais recevoir du courrier de mes frères et sœurs où de mes amies pour avoir l’impression d’être comprise dans mon cheminement de vie en cette Bolivie. La situation financière du hogar est stable. Nous avons avec nous une vingtaine d’anciens qui sont venus passer leurs vacances avec nous et non avec leurs familles, cela cause un certain problème de logement, de travail. Il faut occuper ces enfants en plus des nôtres. Je leur fais nettoyer le terrain “La Cabana” de Guadalupe. Ils se rendent compte que ce n’est pas la première fois que je fais du défrichage. La machette, les feux et les houes, je sais très bien les manier, tout comme manier un groupe de jeunes adolescents qui pensaient être en vacances avec nous. Nous leur donnons gîte et couverts, c’est à eux de nous donner cette aide pour le nettoyage de ce terrain qui pourrait nous servir rapidement pour la culture des pommes de terre et d’arbres fruitiers. Nous avons maintenant sur les bras, des directeurs d’hogars de Santa Cruz, qui n’apprécient pas notre comportement, celui de garder ces enfants avec nous au lieu de les envoyer dans leur famille, nous transgressons une règle qui était bien claire. Nous devons vivre avec ce mécontentement, en espérant qu’à l’avenir, nous n’ayons aucun problème, pour les places possiblement réservées pour ceux qui devront aller à Santa Cruz étudier. Le 16 juillet j’envoie un fax au directeur : Cher directeur, Les jeunes de Santa Cruz repartent demain soir, un peu plus ils restaient avec nous une semaine de plus, comme le disait la radio, étant donné le froid à Santa Cruz. Ici, nous attendons ce froid qui ne semble pas venir. J’ai en main les becas de juin. J’ai du appeler à la préfecture de Santa Cruz, car le hogar Anicet Solares les possédaient depuis le 22 juin. Ces difficultés sont dues aux changements de personnel. Un autre employé animateur bolivien revient est de retour parmi nous, en espérant que cela sera une bonne aide, car les bénévoles repartent le 27 ou 28, tout comme Yasmani, Une bénévole allemande sera avec nous le 28.Combien de bénévoles seront avec toi à ton retour? Les enfants ont fait des porte-clefs, petites sandales au cours de cordonnerie, ces sandales sont envoyées par les bénévoles qui les vendront pour obtenir le l’argent pour la cordonnerie. Elles ramèneront les sacs vides, les photos des enfants, y a-il autre chose à ramener, je crois que c’est tout pour moi, À la prochaine. Il n’y a pas seulement le travail du hogar qui me pèse, il y a un malentendu entre mon mari et moi. Mon cher amour Il y a une chose que tu dois savoir, je suis très fatiguée, non seulement du travail physique, qu’il y a à faire ici, ce qui m’enlève de l’énergie, c’est que ma tête est souvent au Canada, avec toi. Je savais ce qui m’attendait ici. Il y a beaucoup de problème d’argent, mais comme je te l’ai déjà dis, je garde toujours confiance et celui-là rentrera quand le moment sera venu. Prends un peu de ma confiance, et tu verras que tout se passera bien. Tu peux en emprunter, si tu le veux, j’ai besoin d’énergie pour aller jusqu’en septembre, cette énergie, toi seul peux me la donner, par ta présence, par ton amour, je t’aime. Jean-Claude, tu ne veux pas répondre à mes fax, c’est très bien. Tu ne veux pas en parler, si je ne te posais pas la question, hier soir, tu n’en aurais pas parlé. Je ne compte pas plus pour toi, c’est aussi correct, c’est ton argent, tu peux le garder pour toi seul, je n’en ai pas besoin. Je croyais que j’avais besoin de ta présence, là aussi, je crois que je me trompe. Je vais donc patienter, il me semble, jusqu’au 25 septembre, c’est dommage, tu ne peux pas savoir ce que tu manques ici, c’est ton problème, ta vie, à la prochaine Enfin la réponse de mon mari : Bonjour, Il semble y avoir une certaine agressivité dans la manière que tu écris tes fax. Je ne veux pas que notre relation soit plus difficile qu’elle est. Je ne voulais pas répondre à tes fax parce que je voulais le dire au téléphone, et je l’aurais dis, hier soir. Et n’est pas vrai que tu ne comptes pas pour moi, si c’est ce que tu penses, c’est une erreur. Ce qui est de l’argent, C’est ma paye de chaque semaine. Je te manque sûrement beaucoup en n’allant pas là-bas, surtout toi, mais il faut être réaliste, je ne peux pas, je t’aime beaucoup, j’espère que c’est réciproque. J’attendais sa venue avec beaucoup d’espérance, en entrevoyant une possibilité de dialogue cela est vain. Cela me fait terriblement mal de n’être pas plus comprise d’être remisée après le travail et l’argent. C’est probablement le choc culturel le plus difficile à accepter, quand deux êtres ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Quand serais-je sur la même longueur d’onde que mon mari, le serais-je un jour ? Dieu seul le sait, je ne dois pas garder de rancune car c’est cela qui mine la vie des gens, garder espoir, se remettre à prier avec plus de convictions, ramasser sa foi. Yasmani est le seul qui sait rendu compte de mes préoccupations. - Pourquoi tu ne viens plus à la messe avec les enfants ? Pourquoi tu ne vas plus à la messe chaque matin comme avant ? Que se passe-t-il? Aucune réponse de ma part. Quand je n’ai pas de réponse, je m’enferme davantage dans ma coquille. Ce n’est probablement pas la solution, je laisse le temps couler, pour qu’il me redonne ce calme, ce calme d’un lac tranquille, d’où miroitera un soleil couchant, laissant l’espoir d’un soleil levant, de jours meilleurs. Le 21 juillet, je suis à Santa Cruz pour la réunion mensuelle avec tous les hogars. Quand la réunion commence, je suis demandée au téléphone. L’électricité a été coupée, que devons-nous faire questionne Yasmani. Sans réponse, je la retourne au responsable des hogars : - Il y a une loi depuis 1997, qui oblige les maires a payer l’électricité des hogars. Personne ne paye, maintenant, il n’y a plus d’électricité chez nous ! Que devons-nous faire ? Je suis prête à aller dans la ville de Vallegrande, jouer avec les enfants dans les rues, si nous n’avons pas l’électricité ! La réponse platonique que je reçois de celui-ci est celle-ci : - Demandes à ton directeur ! Il va payer l’électricité! - Je ne lui demanderai pas un sous. C’est à la ville à payer, nous avons besoin de cet argent pour nourrir les enfants. Nous avons obtenu trois jours de délai pour payer cette électricité, c’est un bénévole américain de Santa Cruz qui nous a donné l’argent nécessaire. Depuis ce temps, les municipalités défraient le quart du compte d’électricité. Il y a encore beaucoup à faire et de bataille bureaucratique à entreprendre, si nous ne les
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faisons pas nous n’obtiendrons absolument rien. Il y a des lois écrites pour aider les hogars mais aucun n’y tient compte, les enfants sont souvent refiler en dernière ligne. De retour à Vallegrande, tout comme Georges, le 22. Le 23, c’est la fête de l’amitié en Bolivie, pas de classe, du travail supplémentaire, notre cher directeur à droit à ce petit fax : Cher directeur, Aujourd’hui en Bolivie, c’est la journée de l’amitié. Je ne peux laisser passer cette journée sans t’écrire ce petit mot, un petit mot de gratitude, merci. Merci ! De ta présence! Merci ! De ton aide ! Merci de ta compréhension ! Merci ! Merci! De ton écoute ! Merci ! De ta confiance! C’est vrai que le paradis est sur terre, tu m’as montré le chemin, ce chemin n’est pas terminé. Il y aura certainement d’autres embûches, mais cela en vaux la peine. Passe une belle journée. Prends soin de toi, nous avons besoin de toi, ici, aussi longtemps que Dieu te prête vie, qu’il te bénisse, ainsi que ta mère que je salue cordialement. Amicalement, Françoise Georges étant de retour, trouve moyen de parler avec le maire qui consens à payer une partie de l’électricité. Il me met à la porte du hogar, en prévenant chacun que je ne dois pas entrer, que la porte est fermée pour moi. Je dois me reposer, car je suis vraiment exténuée. C’est de peines et de misères que j’ai pu entrer pour récupérer mon baladeur oublié, dans le bureau. C’est avec le sourire général des enfants que je me suis vue mettre à la porte avec mes effets personnels, je pars à Cochabamba, loin des enfants, espérant reprendre un peu de force. Nana Mouscouri m’accompagne en musique, en chansons que j’envoie à mon mari : De Cochabamba, je t’envoie cette chanson de Nana Mouscouri Je viens le cœur tendre et les mains tendues Je viens puisque tu ne reviens plus Je viens comme un enfant pour crier Comme un pénitent, les yeux baissés Pardonnes-moi de t’aimer tant D’avoir si froid quand je t’attends Pardonnes-moi, de t’implorer Pardonnes-moi, de t’adorer Je viens comme un pécheur vers son Dieu Je viens comme un martyr vers le feu Je viens comme un fou vers sa folie Comme un nouveau-né qui veut la vie Pardonnes-moi de t’aimer tant D’avoir si froid quand je t’attends Pardonnes-moi de t’implorer Pardonnes-moi simplement de t’aimer À bientôt, j’espère Je sais qu’il ne veut pas venir me rejoindre pour ses vacances, mais j’ai toujours l’espoir qu’il changera d’idée. Nana Mouscouri aurait-elle les paroles adéquates. J’ose changer quelques mots que j’envoie à mon mari, avant de revenir à Vallegrande. Hier, tu as reçu la chanson originale, mais, c’est comme cela que je te la chante Tu viens le cœur tendre et les mains nues Tu viens puisque je ne reviens plus Tu viens comme un enfant pour crier Comme un pénitent les yeux baissés Pardonnes-moi de t’aimer tant D’avoir si froid quand je t’attends Pardonnes-moi de t’implorer Pardonnes-moi de t’adorer Tu viens comme un pécheur vers son Dieu Tu viens comme un martyr vers le feu Tu viens comme un fou vers sa folie Comme un nouveau-né qui veut la vie Pardonnes-moi de t’aimer tant D’avoir si froid quand je t’attends Pardonnes-moi de t’implorer Pardonnes-moi simplement de t’aimer VIENS ME VOIR Françoise Ce fut en vain, quand je l’ai eu au téléphone, c’était son temps de vacances. Il les passait à la maison. Notre grande fille allait se marier à l’automne. Venir me voir n’était pas le temps pour ces dépenses superflues. Pour éviter justement des dépenses superflues, une jeune fille du hogar Anicet Solares a confectionné ma robe pour la cérémonie de noces. Elle est magnifique. Je n’aurai pas à magasiner à mon retour en septembre. Malgré cette terrible déception que mon mari ne vient pas me voir, la vie doit continuer. La lecture me sert d’échappatoire Le voyage du guerrier pacifique me remet un peu sur les rails du chemin. Quand je mourrai, je veux être complètement épuisé, car plus je travaille dur, plus je vis. Je me réjouis pour la vie elle-même. La vie n’est pas pour moi “une flamme éphémère” mais un splendide flambeau, que je veux faire brûler avec le plus d’éclat possible. Les vrais maîtres s’utilisent comme ponts sur lesquels ils invitent leurs disciples à traverser. Puis ayant facilité leurs traversées, ils s’effondrent avec joie, les encourageant à créer, leurs propres ponts. L’Amour est le chemin Il n’y a pas de chemin vers la Paix La Paix est le chemin Il n’y a pas de chemin vers le bonheur Le Bonheur est le chemin Il n’y a pas de chemin vers l’amour C’est dans le travail pour ces petits que je trouve la force et le courage de continuer de vivre. Je ne dois pas laisser place au désespoir, je retournerai vers ma famille dans deux mois. La fête des boliviens arrive, la semaine prochaine, j’espère que les enfants ont encore en mémoire le travail fait l’an dernier que cette année sera plus agréable a passer. Nous manquons d’argent. J’écris directement à Hydro Québec leur demandant de nous soutenir pour l’électricité mais peine perdue. Je mets les enfants aussi de la partie. Voici de quelle façon. Au début de chaque repas nous faisons le bénédicité. Un notre Père est récité, les yeux fermés et les mains ouvertes, pour terminer, je dis Saint Don Bosco, très doucement, aidez-nous, que les enfants répètent, tout aussi doucement. Je hausse le ton Saint Don Bosco Aidez-nous, les enfants aussi haussent le ton, la troisième fois je crie SAINT DON BOSCO AIDEZ-NOUS, Les enfants le crient de tout leurs petits poumons. S’il n’a pas compris, je crois que tout Vallegrande a compris, j’espère sincèrement que cette prière va porter fruit, car nous n’avons plus de sous. J’ai du retiré de l’argent de ma carte de crédit, encore une fois c’est elle qui nous dépanne provisoirement. Les parents d’une bénévole allemande sont en visite à Vallegrande, est-ce que se sont les appels lancés à Don Bosco, mais ceux-ci nous donnent de l’argent recueilli en Allemagne. Celle-ci tombe pile, nous avons tellement de comptes à payer. Chaque fois que je fais appel à Don Bosco, il écoute, Dieu nous donne ce pain de chaque jour, rien de plus, il fait toujours se serrer la ceinture, mais nous survivons, cela est l’essentiel. Merci mon Dieu, pour la vie, la terre et le soleil. 6 août, fête des boliviens. Il y a encore des changements. Les enfants doivent défiler avec les t-shirts donnés par certains politiciens. Mais le hogar doit défiler le premier. Les enfants défileront sans propagande, ils seront comme les années passées tout de blanc vêtu, mais leur t-shirt en dessous de leur chemise. Le défilé se déroule très bien, les enfants se souviennent du travail effectué l’an dernier. Les plus anciens sont responsables des plus jeunes. C’est Jesus, un jeune de 12 ans avec une légère déficience mentale, qui sera le porteur de notre bannière, car il est l’exemple d’entraide et de travail auprès de ses copains. Nous défilons, nous passons devant tous les protocolaires, en tourne le coin de la rue. Les bénévoles et les animateurs reçoivent rapidement les chemises des enfants qui doivent maintenant rejoindre leurs groupes d’écoles respectives, c’est presque la fête. Les chemises volent en l’air, chacun trouve moyen de bien s’orienter. Tout le monde est content, tous ont passé, selon l’ordre convenu, pourquoi faut-il faire tant de flonflon, oui, c’est la fête nationale. Ils sont très patriotiques, ici, peut-être est-ce moi, qui n’a pas de racines bien établies ? Pour moi, la terre appartient à tous, je ne fais pas de différences. Là où il y aura de l’amour, j’y serai. Là, où on aura besoin d’aide, j’y serai. Une petite anecdote en passant. Nous avons une vingtaine de lapins que nous n’arrivons pas à bien cloisonner. Il y a bien eu une soirée, à la brunante, entre chien et loup, j’étais à la casa 8, résidence louée pour les bénévoles, quand en ouvrant la porte du portail, quelques petites taches blanches sautaient à qui mieux mieux, sur le terrain. C’était ces 20 lapins qui se promenaient, gambadants très joyeusement. Me voici déguisée en lapin, moi, aussi, je saute à gauche, saute à droite, balai à la main, sans aucune aide en vue. Un exercice physique que je me serai bien passé, mais au bout d’une heure ces sacrés lapins sont finalement dans leur clapier (si l’on peut dire). Mais le lendemain matin, je regarde le jardin, qui était tout près. Horreur et désolation ! Il ne reste pratiquement rien, ces goinfres de lapins ont tous bouffés ! J’écris un fax au directeur lui demandant ce choix : nous mangeons les lapins où se sont ces lapins qui vont nous manger. Qui a deviné juste ? Nous pouvons manger ces lapins. Ouais ! Mais il faut tuer ces lapins. Étant donné que ces lapins m’ont tellement fait suer, pour que je les rattrape que me voilà assignée à un nouveau poste, au hogar, l’assassine des lapins comme le disent les enfants. Cela n’est pas difficile, un BON coup de marteau entre les deux yeux et le tour est joué. Nous avons eu droit deux dimanches, à un changement au menu, lapins en sauce et lapin au four, au lieu de l’éternel poulet au four. Nous aurons d’autres lapins quand nous pourrons aménager des clapiers convenables, mais avec les moyens et le travail que nous avons, je crois que cela ne sera pas pour sitôt. Notre père Noël Josèphe est de nouveau de passage parmi nous. Il nous permet d’arrondir le mois qui vient. Il nous fait le plaisir de nous commander une salténia, que j’apprécie particulièrement, jusqu’au moment, où mordant dans celle-ci, je me casse une dent, en trois morceaux, sur le noyau de l’olive qui se trouve à l’intérieur. Ce qui me doit une visite chez la dentiste. Je n’ai pas le choix, il y a des morceaux de racines qui ont besoin d’être extraits. Laissant mes craintes, mettant la confiance de mon côté, je vais donc voir cette dentiste. N’ayez crainte, tout c’est très bien passé. Je laisse donc en Bolivie une partie de moi-même, une dent ! Il me reste un mois avant le retour du directeur. Nous ferons alors cet échange de direction pour six mois. Je retournerai près de ma famille près de ma grande fille qui s’organise seule pour les préparatifs de son mariage. Je sais que je suis impatiemment attendue, mais je dois laisser ces petits bouts d’homme qui me donnent tant de satisfactions, J’ai vraiment du mal à les laisser. On a toujours beaucoup de mal à laisser ceux que l’on aime. Je repars le 25 septembre à Dorval en ayant comme lecture cette lettre du directeur : Chère Françoise, déjà deux ans et demi ou presque que j’ai la chance de te connaître et de travailler avec toi. Merci pour ton soutien et ton grand amour des enfants. Si je suis un peu le pourvoyeur du hogar, tu es beaucoup l’âme et l’esprit du foyer. Les enfants et moi sommes chanceux de te retrouver sur notre chemin. J’ai beaucoup confiance en toi. Tâche de prendre un peu de temps pour toi. Prends le temps de réfléchir et de consulter. Je te refais la proposition de mon arrivée. Nous pourrions travailler ensemble l’été prochain au Québec et passer l’été en Bolivie (septembre à mai) Je te souhaite beaucoup de santé et de bonheur avec les tiens. Oublies-nous un peu, mais pas trop! Reviens-nous quand bon te semble. Je t’embrasse et prie pour toi. CHAPITRE 10 Papa ! Voici ton cadeau ! Le 26 septembre 1999, me revoici à l’aéroport de Viruviru, pour ma sortie de Bolivie. Ma famille m’attend, j’ai hâte de les rencontrer. Ma grande fille va se marier le 9 octobre, elle est responsable de ses préparatifs de mariage. Tout me semble pour le mieux. Mon mari vient me chercher à l’aéroport, très content de ma présence. Je n’ai pas d’achats importants à faire pour la cérémonie, puisque tout semble bien accordé, selon les désirs des futurs époux. Je m’organise pour les rendez-vous chez la coiffeuse et l’esthéticienne. Je dois être à la hauteur, malgré la fatigue qui j’espère sera un peu dissipée, au bout de deux semaines. Il n’y a pas tellement de place dans mes pensées pour le hogar et les enfants, malgré que je trouve la maison bien tranquille. Je donne toute mon attention à ma fille que j’ai consciemment laissée voler de ses propres ailes. Son mariage fut fantastique. Tout était bien orchestré. J’ai eu droit de la part de mon gendre à une surprise unique. Lors de la cérémonie, il demanda à l’assemblée d’être généreuse lors de la collecte, car cette collecte me sera réservée pour les enfants de la Bolivie. Malgré mes éloignements fréquents mes enfants pensent à moi, à ma mission. Ils comprennent ma situation, pour cela je leur suis très reconnaissante. Pour mon anniversaire, maman me donne de l’argent. Je lui dis avec un gros baiser. - Maman, tu me fais plaisir ! Avec cet argent, tu me mets les pieds dans l’avion! - Que grand bien te fasses, ma grande ! Me dit-elle avec ses yeux qui s’embuent de larmes. Le 2 novembre 1999, jour des morts, je suis allée avec maman rendre visite à papa. Ses cendres ainsi que celles de mes deux frères Georges et André y ont trouvées refuge au columbarium Le repos SAINT-FRANÇOIS-D’ASSISE. Vous croyez que ce fut un avant-midi triste, eh ! Bien, non, loin delà ce fut fantastique. Pour commencer, une visite est toujours plus appréciée quand elle est accompagnée d’un petit cadeau, pour ma part, c’est le cas, et pour vous ? Je crois que oui. Voyons, revenons à mon récit merveilleux. Comment offrir un cadeau à des cendres ! Voici une petite idée, mais attention, elle est interdite, bref, je m’en fou totalement, le fruit défendu n’est-il pas bien meilleur, à condition, de ne pas se faire prendre, ce qui met encore plus de piquant. Vous me voyez peut-être venir. Des fleurs, encore des fleurs diront certain, mais oui, des fleurs séchées. Me voici donc chez la fleuriste. - Bonjour madame, puis-je vous aider? - Certainement, voici, je veux apporter des fleurs à mon père dont les cendres reposent derrière un grand mur de marbre. - Y a-t-il un anneau pour recevoir un bouquet? - Je n'en ai pas la moindre idée ! - Nous pourrions peut-être le coller ! - Pourquoi pas, avec du velcro autocollant ! - Quelles fleurs désirez-vous et combien ? - Des roses naturellement se sont celles qui représentent l’amour, combien, je crois que trois feront l’affaire, une rose pour chacun de cette façon, pas de jaloux. Tous seront contents. Je vais rejoindre maman à sa maison, mon petit bouquet caché sous mon manteau. - Maman, tu es prête moi je le suis! Je lui montre le bouquet. - Mais qu’est-ce que c’est que ça ? - Des fleurs, voyons, elles sont jolies, n’est-ce pas ? - Mais tu n’as pas le droit ! - Pardon, je n’ai pas le droit ! On verra bien. Nous roulons tranquillement, paisiblement essayant de jaser de tout et rien, surtout ne pas parler de papa. Je ne veux pas faire pleurer, maman. Nous voici arrivées. Eh ! bien, de lui dire, où c’est marqué INTERDIT DE PLACER DES FLEURS - Là-bas, près de la statue de Marie Auxiliatrice ! Je vais voir, incrédule, mais oui ! Maman a raison, elle semble avoir souvent raison. - Je m’en fou ! De lui répondre Papa aura ces fleurs coûte, que coûte ! - Ne fais pas la folle ! Un regard furtif, à gauche, à droite, un saut d’essai, la niche est assez haute, je n’ai pas droit à l’erreur. Je crois que cela ira. Je retire le bouquet de sous mon manteau, enlève la pellicule de plastic qui recouvre la colle, une petite concentration pour que mon ange gardien m’aide à placer, le tout parfaitement. Second saut, et plan, le bouquet sur le mur, il tient. - Maintenant, décolle-le ! De répliquer maman. - Oh maman, je ne peux plus sauter si haut, j’ai mal aux genoux ! Regardes, mais regardes, comment ce mur est beau ! - Papa ne voulait pas de fleur, c’est pourquoi sa niche est là ! - Peux m’importe à moi s’il ne veut pas de fleur, moi je lui en donne, je leurs en donne aujourd’hui, que les responsables les jettent quand je serai partie, cela ne me dérange pas, c’est ce moment présent qui compte. Je saute de joie de mon coup, danse, parle avec une dame triste qui retrouve un peu de sourire. - Excusez-la, madame ! De dire maman - C’est votre fille ! Elle vous ressemble. - Ce n’est pas plus joli avec des fleurs ! - Ah oui ! De répondre tristement cette dame. Me regardant tourbillonner, son sourire illumina timidement ses yeux. Nous repartons toutes les deux, après que maman a fait une prière à Marie. En ouvrant la porte extérieure du mausolée, je ne puis m’empêcher de crier de joie. - Calmes-toi ! - C'est peut-être bien la première fois qu’un cri de joie sort d’ici ! - Tu es contente ! Me dit maman en rentrant dans la voiture. - Mais maman, c’est bien meilleur quand c’est interdit, n’est-ce pas ? Elle ne dit rien, a-t-elle déjà fait quelque d’interdit ? A vous, la réponse. Pour moi se fut fabuleux surtout quand on aime les personnes qui les reçoivent. Oui, je vous aime tous les trois, toi, papa principalement. Je t’embrasse de toutes mes forces, mon papa d’amour. Toi, Georges, mon frère je te demande ici pardon pour mon refus pour l’aide que tu demandais, pour cet argent que je t’ai refusé. Je suis retournée voir papa, et non, voir le mur, les fleurs n’étaient plus là. C’était interdit. Le mur devait rester nu sans tâche de couleur, sans tâche d’amour. CHAPITRE 11 quatrième départ 8 décembre 1999 Le 3 novembre 1999, je décide de mettre toutes mes énergies sur mon prochain départ. Le premier pas a faire, c’est d’appeler l’agence de voyage, pour le billet d’avion. - Bonjour monsieur, je voudrai un billet aller-retour pour la Bolivie, le plus près possible de Noël, s’il vous plaît ! - Voici la date que nous vous proposons. Départ le 8 décembre, de Dorval par la compagnie Air Canada et arrivée à Santa Cruz le 9 décembre, à 7 heures du matin. Cela vous convient-il ? C’est parfait, cela me donne quatre semaines de préparation et d’achats. Oui, d’achats, car voyez-vous, voici déjà deux années que je galvaude à Vallegrande. Je sais ce qui, réellement, manque, comme vêtements, bricolage, outils, ah oui ! L’essentiel, pour cette année, les cadeaux de Noël ! Car cette année, se sera Maman Noël qui passera, et non Papa Noël. Il me faut acheter, des cadeaux utiles et durables. Des sacs-à-dos, en voici le récit. Pour repartir, il me manquait une paire de sandale. Je pars donc magasiner. Nous sommes en hiver, ne l’oubliez pas, alors, ce n’est pas le temps des sandales. Il y a une chose que vous devez savoir. J’ai horreur de magasiner. Il faut que je trouve vite et très vite, étant donné que j’ai seulement quatre semaines devant moi. J’entre dans le magasin de chaussures La Cité. - Bonjour madame, puis-je vous aider ? - Bien sûr ! Je voudrais des sandales, s’il vous en reste ! Je sais qu’ici c’est l’hiver, mais je dois partir, en Bolivie, et là, c’est l’été. Croyez-moi, il y fait très chaud. Pendant que ce merveilleux vendeur, me cherche les sandales, je fouine. Mes yeux se promènent sur les rayons, tel une petite souris cherchant son fromage. Je crois que j’ai trouvé le fromage. DES SACS-À-DOS. Le vendeur revient, une paire de sandale à la main. - Ce sont des sandales pour homme, c’est tout ce qu’il me reste ! - Cela n’est pas grave ! L’important, elles doivent être confortables ! Voyons ça ! C’est parfait ! - Vous désirez autres choses ? - Voyons ! Ces sacs-à-dos sont en réduction?! - Certainement ! - Je voudrais les regarder de plus prêt ! Ils sont superbes, semblent bien solides! - Combien en avez-vous ? - Car au hogar, voyez-vous il y a 70 enfants qui auraient un urgent besoin de sac d’école, pour Noël, se serai le cadeau idéal pour ces garçons de 6 à 14 ans. - Pardon ! Vous voulez 70 sacs ! C’est vrai ! Les deux autres vendeuses présentent, écoutent avec intérêt, elles aident à la recherche de tous les sacs possibles que ce commerce pourrait encore posséder. - Je vous laisse tous les sacs au même prix, petits comme grands. Je peux téléphoner aux autres magasins pour combler les sacs manquants. - Combien de temps cela demandera-t-il ? - Une semaine ? Le temps de rejoindre, tout mon monde. - C’est parfait ! Cela me donne le temps de chercher les sacs de hockey, car je crois que se sera le sac idéal pour tout transporter. Croyez-vous que c’est le sac idéal ! NON! Je vous ai dis que c’est Maman Noël qui doit arriver au hogar, eh bien ! Maman Noël doit avoir son sac. Je vais donc acheter matériel, de quelle couleur ? Eh Oui ! ROUGE ! Pour la dimension, le double d’un sac de hockey. Voici le temps de la confection, rien de moins, une amie faisant partie du cercle des fermières vient à ma rescousse, car oui c’est une urgence, ma machine à coudre décide de se mettre en grève, zut ! Elle ne veut pas coudre, comme il se doit, le fil se casse sans arrêt. Mon amie s’offre donc, samedi le 7 novembre, voyant mon désarroi devant cette machine entêtée, de coudre le grand sac rouge. Cela lui demande tout juste une heure, elle revient, le sac terminé. Nous devons y inscrire l’adresse du hogar, pour que celui-ci ne se perde pas dans le transport. Les étiquettes de mon garçon Sébastien sont très utiles, car elles sont collantes lorsqu’elles sont passées au fer chaud. Pour être bien sûr que vous me croyez, que cette petite aventure est véridique, j’appelle ma belle-sœur, pour qu’elle nous croque en photos. Mais oh surprise ! Les étiquettes ne semblent pas rester bien collées. Mon amie décide de coudre, bien oui, chaque étiquette, par soucis de sécurité. Pour moi se serai, un travail de moine, je n’aurai pas cette patience, mais elle, elle l’a eu. Je la remercie, par un bel agrandissement photographique. Mardi le 9 novembre, nous partons chercher les sac-à-dos. Tous les sacs étaient vraiment là, le vendeur avait bien fait son travail. Les sacs étaient vidés, devaient être vidés car ils devaient tous entrer dans le même grand sac. Mère Noël ou Père Noël a seulement un sac, n’est-ce-pas ! Mais ce sac qu’il est lourd, va-t-il tenir le coup dans le transport des avions ! Attendez-vous la réponse? OUI ! OUI ! OUI ! Tant mieux, car mon amie avec prévoyance, avait fait des coutures doubles. Maintenant, voici le clou de ce petit récit. Comment amener ce sac, cet énorRRme sac à l’auto ? Une petite planche carrée sur roulette, nous sert de transport. Maintenant, il doit rentrer dans la voiture, dans cette petite voiture. Cela me semble épuisant, semble épuisant, car moi, je prends le tout en photos, sans aide, je laisse cette bonne amie et ce vendeur bien chaleureux faire tout le boulot. Ils tirent, poussent, tirent, repoussent tant et si bien que le pauvre sac aboutit finalement, à l’arrière du véhicule. Il est grand, mais à ma grande surprise, à la maison, sur le pèse-personne, il a seulement 19.5 kilos. Tant mieux, car le poids des colis ne doivent pas dépasser 20 kilos. Le vendeur me remet en même temps la feuille me donnant les coordonnées suivantes : - couleur - grandeur : hauteur, largeur, épaisseur - marque de fabrication C’est renseignements sont demandés par le consulat qui doit me faire parvenir le papier nécessaire pour que ce sac, inhabituel, passe toutes les douanes sans problèmes. Ce fut l’une des plus enrichissante, cette petite aventure, trouver une amie, la connaître, lui donner cette confiance en elle, découvrir un nouveau trésor caché, ce trésor qui s’appelle AMITIÉ. Étant donné que mon départ avançait à grand pas, je devais mettre les médias de mon côté, pour revenir avec un peu d’argent, car c’est avec lui que l’on achète les besoins primordiaux des enfants, soit : nourriture, médicament, électricité, eau, gaz……Le journal local de mon quartier “Le Coup d’Œil” a bien voulu me consacrer quelques lignes, ainsi qu’une photo, savez-vous de quelle photo il s’agit? Eh Oui ! Ce superbe sac de Maman Noël. Je vous réécris l’article, au complet, car il est bien fait. Françoise Boldireff-Rhéaume missionnaire laïque en Bolivie Une nouvelle vie trépidante pour cette résidente de Saint-Michel Missionnaire laïque en Bolivie, Françoise Boldireff-Rhéaume, de St-Michel s’apprête à nouveau à quitter le pays pour rejoindre la mission dirigée par Gaston Tambourin à Vallegrande. Appelé le Hogar (foyer) Jesus Infante, cet orphelinat et pensionnat pour enfants en difficulté accueille 85 pensionnaires, des garçons âgés de 6 à 14 ans. Son départ est prévu pour le 8 décembre. Elle quittera le pays les bras chargés d’articles scolaires et, souhaite-t-elle, avec de nouveaux fonds qui serviront à assurer le fonctionnement de la mission. Depuis le début de son implication en septembre1997, Françoise Rhéaume seconde le professeur retraité dans son œuvre. De six mois en six mois, Mme Rhéaume alterne entre son travail sur le terrain auprès des enfants et la recherche de fonds et de bénévoles désireux de s’impliquer dans cette cause humanitaire. Le personnel du hogar est composé de bénévoles et de travailleurs boliviens, soit cinq animateurs, deux cuisinières et une aide ménagère rémunérés par le gouvernement bolivien. En 1998-1999 on y accueillait 30 volontaires canadiens, trois allemands, un polonais et un américain. De plus le gouvernement bolivien verse une rente équivalente à 0.50 $ par jour par enfant pour assurer le fonctionnement du foyer. Cet argent doit servir à héberger, nourrir, habiller, scolariser et soigner les pensionnaires, avant de me lancer dans cette aventure, j’ai consacré 20 années de ma vie à travailler comme responsable de famille de garde pour le CPE des Jardins-de-Napierville. J’étais pour ainsi dire cloîtrée. Un jour, j’ai rencontré Gaston et j’ai décidé de le suivre dans son projet. Je voulais changer et je peux affirmer que j’ai réussi. Raconte Mme Boldireff. Lorsque Gaston Tambourin reçut l’offre de devenir directeur du Hogar Jesus Infante, la bâtisse était en ruine. Puis secondé de bénévoles, il s’est attelé à la tâche et a remis le bâtiment en état avec les moyens de fortune qui étaient à sa disposition. Aujourd’hui, le hogar offre un enseignement allant de la première à la cinquième année. Par ailleurs, Mme Rhéaume et M. Tambourin caressent le projet de construire un autre hogar où les enfants pourraient apprendre un métier : charpentier, cordonnier, agriculteur, électricien ou mécanicien. “Il s’agit tous de travaux manuels, car en Bolivie mon ne peut survivre si l’on ne sait se servir de ses mains. La mission dirigée par M. Tambourin fonctionne selon la philosophie édictée par Don Bosco. C’est-à-dire que les jeunes pensionnaires y retrouvent à la fois de l’amour et du travail. En retour de l’affection qu’ils reçoivent, les pensionnaires doivent étudier et accomplir diverses tâches ménagères. Au classement mondial, la Bolivie arriverait en deuxième position ou troisième des plus pauvres de la planète. La pauvreté y est extrême. Plusieurs familles n’ont ni électricité, ni eau courante. La corruption y est omniprésente. Il faut continuellement jouer du coude pour obtenir ce qui nous est du, soutient Françoise Rhéaume. Les programmes scolaires sont établis en fonction des goûts et idées du moment. Quelque chose qui est en vigueur un jour peut très bien être aboli le lendemain ou différer complètement dans la semaine qui suit. Mince consolation, depuis un an environ, la Bolivie a implanté un programme de santé où certains soins sont offerts gratuitement aux enfants du hogar. Aide monétaire Lors de son passage au Québec, Françoise Boldireff-Rhéaume a acheté à bon prix 70 sacs d’école pour les enfants du hogar, Cependant, les dons monétaires tardent à rentrer et le temps fuit rapidement. Les personnes qui désirent venir en aide à l’œuvre humanitaire représenté par la résidente de Saint-Michel peuvent contacter celle-ci. Sous la photo était inscrit La missionnaire laïque, Françoise Boldireff-Rhéaume, présente le sac réalisé par Rika Brabant membre du cercle des fermières de Saint-Michel, et qui servira à amener les sacs d’écoles qui seront distribués aux pensionnaires du hogar. Ma venue devancée au hogar, est l’occasion idéale pour amener ce qu’il y a de vraiment essentiel, pour l’instant. Je parle, ici, de médicaments. Je tape donc à la porte du plus gros groupe de pharmacie JEAN COUTU. Pour être certaine de ne rien oublier, je communique avec le hogar qui me faxe une liste de 15 médicaments, qui sont essentiels au hogar, je dis médicaments, mais les bandages élastiques, les pansements, les brosses à dents, les shampooings contre les poux font parties de cette liste. De ces produits, avec 80 garçons qui jouent régulièrement au soccer, c'est le strict minimum. La première réponse fut carrément négative. - Nous aidons déjà plusieurs organismes de la région, je suis désolée ! Je sens le désespoir monter à la gorge, désespoir où colère, comment toucher ce groupe qui je suis certaine peut nous aider. Je prends une grande respiration, me calme : - Écoutez Madame, j’aimerais seulement que vous ayez la bonté de nous envoyer les médicaments pour un seul garçon. Il est atteint de la tuberculose, il à 16 ans. - Oh je comprends ! Attendez un instant ! Je vous communique avec une autre personne. La seconde personne écoute religieusement, ce que je lui demande, - Nous pouvons faire une exception, envoyez-nous la liste des médicaments que vous avez besoin, nous nous ferons un plaisir de vous satisfaire ! Je me retrouve donc, avec une dizaine de boites, avec tout, mais tout, ce que nous avions demandé. Quand on demande avec le cœur, on obtient satisfaction et bien plus, c’est la reconnaissance immense pour ceux qui nous aide, cela est pour moi essentiel, merci, merci, au groupe Jean Coutu. Mais ces médicaments doivent passer à la douane. Nous écrivons donc au consulat bolivien qui nous retourne les papiers dûment estampillés. J'ai reçu ces papiers la veille de mon départ, soit le 7 décembre, ce fut vous pouvez me croire un grand soulagement, car avec tout l’excès de bagages que j’avais, je ne voulais pas défrayer la note douanière. Je reçois d’autres nouvelles du hogar, quand un bénévole se rend à Vallegrande, surtout, quand c’est une qui commence à avoir de l’expérience, on ajoute toujours un petit quelque chose. Voici, ce qu’il manque encore. Nous avons un chat et un chien. Qui dit chat et chien, dit PUCES, mais oui, nos petits animaux ont des
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puces, alors, Françoise pourrais-tu nous ramener quelques produits pour ces charmantes bêtes. Alors, chez le vétérinaire, je demande les meilleurs produits, que je défraye de ma poche. Pour bien faire, je devrai arriver au hogar, avec de l’argent. Il y a tellement d’imprévue, avec une si grande famille, qu’un petit coussin financier serait apprécié. Une très bonne amie me dit de parler à l’association récréative de Saint-Michel, elle pourrait peut-être me donner un coup de main, ce qui fut le cas. Une soirée de BINGO, très prisée dans la région, est mise à ma disposition. Affiche, annonce dans la paroisse, à la radio communautaire, tout ce qui est en mon pouvoir est fait. Lundi le 15 novembre 1999, invitation pour venir en aide à des enfants de la Bolivie, à la salle communautaire de Saint-Michel, à 19 heures, prix de présence d’origine bolivienne. Venez jouer pour nous, afin de nous venir en aide. On vous remercie beaucoup pour votre aide ! Que pensez-vous qui arriva, ce fameux lundi soir ! Eh bien! Une tempête de neige Ah Zut ! Il ne manquait plus que la neige pour nous aider, où pour nous nuire. Les résultats furent naturellement, presque nuls. Ce n’était pas la volonté de Dieu, un point c’est tout ! Je n’ai pas ce surplus d’argent. J’aurai au moins, chose certaine, les 70 sacs d’école et les médicaments. J’écris ma déception au hogar. On me met en garde pour le poids et la quantité de valises permises par les compagnies aériennes. Mais ils ne me connaissent pas encore. Quand je veux quelque chose, je peux déplacer des montagnes. Les papiers du consulat, m’ouvrent la porte à un excès de bagages, c’est Noël qui est à la porte, et ce Noël aussi m’ouvre grand les permissions pour les poids superflus. On me sent fébrile, on sent que malgré la présence de ma famille, mes pensées sont avec ces petits bouts d’hommes, pour l’instant, ces enfants je les considère comme mes enfants, je les considérerai toujours comme mes enfants, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour leur bien-être, et ce quoi qu’il advienne. Je fais sacrifice de ma vie pour eux, non pour plaire aux autres, cela me fait grandir, me fait grandir au plan spirituel. Cela j’en suis plus qu’heureuse. Ce qui m’a donné le plus d’énergie et d’espoir surtout d’espoir, c’est l’attitude du petit Sébastien Devalle. C’est le fils de ma professeure d’espagnol. Depuis qu’il sait que je vais en Bolivie, il me donne tout ce qu’il possède pour les Boliviens. Cette année, quand je suis allée lui rendre visite, il court dans sa chambre, sans même me dire bonjour, il revient tout aussi vite, avec dans ses petites mains, un train tirelire rempli. - J’ai ramassé ces sous pour la Bolivie, En passant à l’Halloween, je disais que c’est pour ces enfants ! Ce petit bonhomme n’a jamais vu ces enfants, mais il est toujours intéressé par ce hogar. J’ai tout fait ce qui était en mon pouvoir pour que ce petit don passe à COUP DE CHÂPEAU, mais il semblait de moindre intérêt à ce moment donné, je lui donne donc sa place d’honneur, dans ces lignes-ci, oui Jean-Sébastien, si tu as trouvé l’énergie pour ces petits, nous t’en remercions de tout notre cœur. Je dois en trouver encore plus. C’est avec énergie, que dans ma tête, les listes des effets manquants s’enregistrent. Il y a un magasin, qui doit fermer près de chez moi, c’est un magasin général. J’ai du rentrer une dizaine de fois, dans celui-ci, car tout était à prix dérisoire ; bas, chaussures, quincaillerie, matériel de bricolage, collants, jeux éducatifs. Les listes des factures aussi augmentent : jeux, 1,929.20$, quincaillerie 1146.05$, divers 3152.49(bas, chaussures, bricolage, effets scolaires). Comment amener le tout au hogar ? La solution la plus rapide, la poste. C’est dispendieux, mais nous avons besoin de tous ces achats, sept fois, je suis allée au bureau de poste avec, à chaque fois une boîte ou deux de 20 kilos, chaque boîte. Il faut bien que je dise 20 kilos et pas plus. Le premier colis était de 22 kilos. Un colis, bien emballé, c’était une boîte de plastique avec couvercle, cette boîte servira de boîte à pain pour le hogar comme cela les rats ne pourront plus se servir à bon escient. Revenons au bureau de poste. - Françoise ton colis ne passera pas ! Il est de 22 kilos ! - Carole ! Nous avons pris une heure pour le moins, regarde ! Tout est si bien emballé ! Pour être certaine de son coup, et me donner l’assurance de sa certitude, elle rejoint directement poste -Canada, qui nous affirme que les colis dépassant 20 kilos peuvent être arrêtés en cours de route. Mais j’avais pris la peine de peser le dit colis chez-moi, mon pèse-personne n’est sans doute pas bien ajusté. Alors dans une risée générale hexacto, en main, c’est le déballage de cette si belle boîte. Que pensez-vous qu’il y avait dans cette boîte ? Que des bas! Un colis de bas, bien foulés, pour en mettre le plus possible, c’était pour la boîte de plastic cet envoi. Nous avons retiré deux kilos de bas, recollé le tout. Ce petit manège, au bureau de poste, se vécu, huit fois, factures en main, le total des huit factures 1912.41$. Au conseil du maître de poste, j’ai rempli une formule demandant de l’aide internationale pour les envois postaux, jusqu’ici, néant, aucune aide des postes. Cela n’est pas pour moi, c’est pour les enfants que c’est désolant, c’est 1000$, peuvent bien remplir leurs estomacs pour un mois, bref, j’ai fait mon possible, de ce côté pour de l’aide, je n’ai rien à me reprocher. Avec toutes les factures qui se sont accumulées, j’essaie le 3 décembre 1999, une lettre à Monsieur Guy Landry Monsieur Guy Landry, Je m’appelle Françoise Boldireff-Rhéaume, je suis missionnaire-laïque. À Vallegrande, Bolivie, et ce depuis septembre 1997. Après avoir passé, 20 ans cloîtrés dans ma maison, comme gardienne d’enfants et responsable de service de garde, un changement d’air s’imposait. Mon cheminement de vie m’a fait rencontrer, Gaston Tambourin, un professeur à la retraite, qui lui, avait besoin d’aide pour un foyer ou hogar, communément appelé en Bolivie. Ce hogar Jesus Infante compte 85 garçons orphelins ou abandonnés, ils sont âgés de 6 à 14 ans. Ma famille, mon époux me laisse partir pour ces périples, malgré tout l’amour qui nous unis. J’ai un mari exemplaire, on ne peut plus exemplaire, qui avance les fonds pour les achats obligatoires pour mon départ prévu, le 8 décembre 1999. Ces enfants ont tellement besoin de tout, que mes dépenses se chiffrent à plus de 8,000.00$.Je suis à nous endettée, mais j’ai cette confiance en Dieu, qui lui ne laissera pas tomber ces petits enfants innocents, pauvres de la Bolivie. Cette confiance est l’héritage de mon père, c’est le meilleur héritage qu’un parent puisse laisser à ses enfants, c’est à mon tour de faire progresser cette foi, à ces bouts d’hommes, espoir de demain, espoir en une vie meilleure surtout une vie dans la PAIX. Je joins la circulaire du hogar en espérant, que cela puisse nous aider Dans l’attente d’une réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération. J’ai obtenu par cette lettre, une petite aide, qui me laisse de l’espoir. Le 5 décembre, c’est Noël dans ma maison. Les deux familles complètent sont invitées : côté Rhéaume, six frères mariés ainsi que deux sœurs toutes aussi mariées : côté Boldireff, trois sœurs et deux frères eux aussi mariés, sans oublier Monsieur Rhéaume et ma mère. Je vous fais gré du décompte des neveux et nièces qui se sont ajoutés à la liste par état des choses. En avant la galère, en avant la musique, à la bouffe, à la fête, on rit, on chante. Vous savez tous certainement comment se fête un bon Noël québécois ! Dimanche le 6 décembre, le R.M.L., m’offrait la possibilité de parler de la Bolivie, ceci lors d’une célébration eucharistique. Cette paroisse Sainte Marie du Rosaire m’accueillit bien gentiment, tout comme son curé le père Luc Beaudin. La présentation de la Bolivie et de mon expérience au hogar fut faite sous forme interview. Pour ma part cela me convenait très bien, car une fois lancée sur les aventures des enfants, je crois qu’il est assez difficile de m’arrêter. Le père Luc Beaudin m’avait invitée quelques jours auparavant pour me connaître mieux. Il sait rendu compte que j’étais très spontanée, qu’il y a au fil de la conversation un crotte-de-bouc, et je m’excuse de l’écrire ici, mais un petit merde ! Peut sortir spontanément. Cela vient de ma mère, pour moi cela n’est pas très malin, mais le curé me met en garde, - Ne dit pas cela en chair ! - Je ferai mon possible ! De lui répondre avec un beau sourire. Ce curé très perspicace, pose des questions premières se reliant sur la vie du hogar, Mais voilà, que la conversation se tourne un peu plus vers moi. NON ! Je ne l’ai pas dis, mais j’ai fait un 360 degrés sur moi-même, à la risée de tous. - Faites attention, Françoise ! Vous voyez, chers paroissiens ce que je vous avais dit ! - Mais je ne l’ai pas dit, ce fut tout juste ! Je suis retournée avec la collecte de cette messe. Au moins j’ai quelques sous sonnant pour les enfants. J’aurai accompli une bonne mission, j’en suis bien fière. La journée du départ le 8 décembre, un journaliste de La Presse, se présente à la maison, à 8 heure30. C’était prévu, mais il a seulement 30 minutes que je peux lui accorder. Voici l’article qu’il a écrit et passé le 13 décembre 1999. Un Noël en Bolivie En ce matin frisquet de décembre, Jean-Claude Rhéaume n’a pas le cœur à la fête. Debout devant la camionnette bondée de sacs de hockey, il s’apprête à conduire son épouse à l’aéroport de Dorval. D’un ton résigné, il murmure : Moi, je ne suis pas vraiment d’accord avec tous ces voyages. Mais c’est son choix…” Auprès de lui, Françoise Boldireff effectue une dernière fois le compte de tous les bagages. Ses effets personnels tiennent en une seule valise. Quant aux “poches” de hockey, elles ne contiennent ni patins ni jambières, mais plutôt des médicaments, des sacs d’école, des jouets et d’autres gâteries qui ensoleilleront le quotidien des enfants du hogar” Ce sera le sixième séjour de Françoise dans cet orphelinat de Vallegrande, une ville de 18,000 habitants.” Je ne pensais pas qu’elle irait là-bas si souvent…” ajoute Jean-Claude, qui ne s’attardera pas à l’aéroport. Les adieux lui donnent le cafard. Il a déjà hâte de retourner au travail. Le commerce des pièces ce camion, heureusement, ne s’émeut pas des épouses à la vocation de missionnaire. Lorsque l’avion de Françoise s’envolera, Jean-Claude sera auprès de ses clients, leur recommandant les produits essentiels au bon fonctionnement de leur semi-remorque. N’empêche que le cœur lui fera mal. Noël arrive vite. Pas agréable de célébrer le temps des fêtes sans la personne qu’on aime. Mais comment reprocher à sa femme son désir d’aider les autres, même si cela la conduit à des milliers de kilomètres de la résidence familiale ? Les garçons du “hogar”, des gamins de 6 à 14 ans qui amorcent leur vie sans beaucoup d’atouts, Françoise en parle avec passion. Ricaneuse, elle raconte les plaintes entendues à leur sujet sur les ondes d’une radio locale lors de sa plus récente visite. L’animateur leur reprochait les singeries qui, de tout temps, ont fait la renommée des enfants. “J’étais si heureuse qu’on parle d’eux ainsi. Ça signifiait qu’ils ne marchaient plus la tête basse et les yeux craintifs. Lors de mon premier séjour à Vallegrande, des gens de la place m’avaient conseillé de les battre à l’occasion. Ils me disaient que c’était la seule façon d’inculquer la discipline aux enfants de la rue. Lorsqu’un professeur est arrivé avec un bâton pour donner ses leçons, je l’ai cassé devant lui. Le message était clair. Ici, on aime les enfants, on ne les bat pas. Le sourire de Françoise cache une volonté de fer. Elle la tient sans doute de son père, Victor, né en URSS en 1920, dans une famille opposée au régime communiste. Afin d’assurer sa survie, l’enfant fut expédié en Belgique et placé dans un orphelinat. Ce furent des années misérables, suivies par celles encore plus horribles de la deuxième guerre mondiale. Le conflit terminé, Victor fut atteint d’une maladie contagieuse. Durant son séjour à l’hôpital, il a rencontré une jeune patiente se remettant d’un mal semblable. Ils se sont mariés et Françoise est née de cette union. En 1951, la famille s’est établie au Canada. “Mon père souhaitait que je fasse le bien. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un hasard si, aujourd’hui, j’aide les enfants d’un orphelinat…” Faire le bien. Les mots reviennent souvent dans les propos de Françoise, une femme animée d’une profonde foi chrétienne. Mais ce bien, on peut aussi le faire au Québec, où les bonnes causes ne manquent pas. “ Je sais. Mais moi, j’ai décidé de me battre pour les enfants de Bolivie. C’est comme ça, c’est tout.” En fait, le goût de l’aventure a toujours habité Françoise. Mais elle a attendu que sa fille et ses deux garçons atteignent l’âge adulte avant de mettre ses projets à exécution. Tout en élevant les siens, elle dirigeait une garderie dans la résidence familiale de Saint-Michel, près de Napierville. “J’ai été cloîtrée dans ma maison pendant 20 ans…C’était mon choix, car je voulais rester avec mes enfants. Mais j’envisageais aussi de changer d’air un jour, de connaître un nouveau pays.” Pour s’évader, elle apprenait l’Espagnol et rêvait de l’Amérique du Sud. “À cause des montagnes, Ici, c’est si plat…” m’explique-t-elle, pointant du doigt les champs à perte de vue. Puis, un jour, Françoise a reçu un dépliant des œuvres de Don Bosco. Elle a communiqué avec les responsables. On l’a référé à un québécois, missionnaire laïc, qui donnait un coup de main en Bolivie. Et sa vie a changé. Sébastien le cadet des enfants de Françoise et Jean-Claude, célébrera ses 21 ans. Comme son père, il n’était guère entousiaste lorsque sa mère s’est envolée vers l’Amérique du Sud, en septembre 1997. “Mais puisqu’elle en avait le goût…C’est mieux que de rester à ne rien faire ici.” L’été prochain, Sébastien accompagnera Françoise quand elle retournera à Vallegrande pour un autre séjour de quelques semaines. Il se joindra aux volontaires, des gens venus d’ailleurs au Canada, des États-Unis, de la Pologne et de d’autres pays. L’ouvrage ne manque pas. “As-tu déjà lavé 80 matelas d’affilés ? Me demande Françoise, Non? On saute dessus pour les dépoussiérer, on les traite à l’eau de Javel on les savonne, avant de les faire sécher sur les toits…” Elle me raconte tout cela en riant, heureuse et enjouée. À 49 ans, Françoise savoure à plein sa deuxième carrière. Son expérience rappelle que le plaisir de partir à l’aventure, un baluchon sur le dos, n’est pas réservé aux seuls étudiants dans la vingtaine. “ Lorsque j’aurai des petits enfants, je voyagerai moins…” À chaque retour au Québec, Françoise fonce dans toutes les directions pour réunir des fonds destinés à l’entretien du désuet orphelinat. Et Jean-Claude, qui préférerait voir sa femme plus souvent, participe aux opérations. Sa marge de crédit dépanne souvent le “hogar”. Malgré ses réserves face à l’engagement de sa femme, son cœur reste généreux. “Il faut aider les enfants, ajoute Françoise. Ils représentent notre avenir.”Et ils fournissent souvent une nouvelle jeunesse à leurs aînés philippe.cantin la presse.ca CHAPITRE 12 NÖEL 1999 Le départ fut encore plus rapide que les autres fois, est-ce fait du journaliste, celui de partir justement pour Noël, mais ce fut l’un des plus pénibles. À l’aéroport, les bagages sont tous descendus. J’embrasse mon mari tendrement, rapidement : - Pars tout de suite, tu sais cela est mieux ainsi, je t’aime ! - Je t’aime aussi ! Il est repartit, me revoici seule, dans l’aéroport. J’aide une dame avec son bébé juste avant de passer au comptoir d’enregistrement des bagages. La préposée me regarde avec mes baluchons. - On dirait la poche du père Noël! - C’est un peu cela, mais c’est la poche de Maman Noël, il a beaucoup de travail, ici cette année ! Sur ces notes de gaieté, elle enregistre mes boites de médicaments, mon sac de hockey ainsi que la poche de Maman Noël. - Vous savez que vous avez un excédent de bagages ? - J’ai des papiers disant que je suis bénévole, le contenu des paquets sont des donations et des jouets pour un orphelinat ! Elle laisse tout passer, sans frais supplémentaire, ce qui ne fut pas le cas pour la compagnie Lloyd Boliviano. Cette compagnie, malgré les lettres du consulat, m’a fait débourser 450$ US. Je trouve cela aberrant, la préposée me dit de me taire sinon cela sera pire. Je reprends ma carte de crédit, je paie les devises supplémentaires. C’est la même préposée avec laquelle, voilà deux ans, je n’avais rien payé car un autre avait donné sa parole que tout serait sans problème. Elle a du remarquer que se n’était pas la première fois que je passais par leur service. C’est Georges qui m’attend à Viruviru, surprise avec quelques enfants. Ils étaient en vacances, je voudrais repartir directement à Vallegrande, mais il a quelques courses à faire. Je trouve une place pour dormir au hogar Don Bosco, avec toutes mes choses. Dès le lendemain, c’est le départ, avec la camionnette, les paquets, les enfants. Tout le monde est content, J’ai bien hâte d’arriver. Les enfants sont curieux posent des questions sur les colis, à notre arrivée, vous verrez bien ce qu’il y a, se sont des médicaments. Nous prenons le temps de dîner à Mairana. Je croyais que Georges avait les clefs de la camionnette en main, je ferme donc ma portière à clef, comme j’ai toujours l’habitude de le faire. Une habitude qui s’acquiert, au fil des années quand vous êtes responsable d’une famille de garde. Après le dîner, nous voilà donc tous enfermés dehors, impossible d’ouvrir les portières, crochets, toit ouvrant, barres de métal. Le temps file nous aurions voulu être de bonne heure à Vallegrande. Nous finissons par trouver le moyen de lever le bouton de la portière gauche, en entrouvrant, la petite fenêtre pivotante qui est à part de la vitre principale. Il a seulement fallu, un peu de patience et de calme, de petites mains aussi. Nous voilà donc sur la route avec deux heures de retard, au grand désarroi de Georges que je dois calmer sur la vitesse. - Calmes-toi ! Il y a des enfants à l’arrière ! Je ne veux pas d’accident! Je les veux tout entiers ! - Oui ! Oui ! Je fais attention ! À ma grande surprise, tous les colis envoyés par la poste étaient déjà arrivés comme me l’avait si bien affirmé la maîtresse de poste de Saint-Michel. Personne n’avait ouvert les colis, cela je les en remercie, car il y a des surprises, pour tous ceux qui seront présents, à cette fête de Noël, le dernier du millénaire. J’ai beaucoup d’aide pour tout déballer. Il y a beaucoup de curiosité. J’ai ma chambre au hogar. Cette petite chambre près du dortoir des petits, d’où je peux entendre la nuit, si l’un au l’autre a besoin d’aide. Le 15 décembre, j’envoie le fax qui suit à mon époux. Mon cher Jean-Claude, J’ai été agréablement surprise, à mon retour de Santa Cruz, hier, de l’article dans La Presse. Il me semble bien, mais il y manquait les coordonnées pour que de l’aide financière puisse venir. Pourrais-tu m’envoyer les coordonnées du journaliste, je voudrais lui suggérer d’autres articles, comme cela les gens pourraient suivre mes aventures ici. J’ai du aller à Santa Cruz pour retirer de l’argent sur ma carte de crédit. Si tu reçois de l’argent des enfants de Bolivie tu cancelles rapidement cette carte. Dès que tu reçois des chèques tu me préviens de cette façon, je sais qu’il y a eu des résultats du travail que j’y ai fais. Le directeur a bien été surpris. Une journée il a dit nous avons au moins 2000$ qui c’est accumulé à Montréal, je croyais que j’en aurais une partie, mains non, car les personnes n’ont pas spécifié sur les chèques Françoise, c’est encore un oubli de ma part, quand il s’agit de moi, j’oublie souvent les petits détails qui pourraient m’aider. Je suis donc en redevance de plusieurs milles dollars à mon époux. J’aurai un travail énorme à faire pour tout lui rembourser, car cela sera rembourser, si ce n’est pas par enfants de Bolivie, ce le sera de ma poche, de mon travail. Car il me semble que se sont seulement les achats du directeur qui soient remboursés, c’est un peu comme une douche froide. Je faisais confiance, mais je dois aussi demander les remboursements cela, je ne le ferai pas. J’ai trop souvent eu à quémander pour le moindre sous, durant mon adolescence que maintenant, l’orgueil est rendu avec une carapace bien endurcie. Il y a plusieurs bénévoles présents au hogar, certains pour quelques mois, certains pour une année. Je n’en nommerais aucun comme cela, il n’y aura aucun oubli. De mémoire, je crois trois des États-Unis, quatre ou cinq du Canada, Georges de Pologne, une ou deux d’Allemagne. Cela fait des petits cadeaux que je dois trouver dans mes baluchons, car à Noël, chacun recevra un petit cadeau, c’est mon plaisir de veiller, à gâter chacun, ce n’est pas une obligation. Des coupe-papiers, des signets, une petite tortue inuit, un petit Père Noël sous la neige. Chacun a un cadeau qui lui est spécial, car je reste éveillée à toutes les conversations, j’apprends que l’une aime beaucoup les oiseaux, une autre collectionne les boules de neige donc, toutes les petites choses superflues, qui n’étaient pas pour les enfants, ont trouvé leur propriétaire respectif. J’agis dans l’ombre, comme m’a écrit une bénévole. Elle avait raison, je ne veux pas faire de vagues. Je m’occupe des cadeaux avec une volontaire ou deux. Dans les sac-à-dos, nous ajoutons des bas, des caleçons quelques autres surprises, mais une surprise vraiment spéciale pour chaque enfant. Je vous réserve la surprise dans un article que j’ai envoyé à la Presse, mais qui n’a pas été publié : Notre Noël en Bolivie Le 24 décembre, au souper, commence notre Noël. Deux tables sont ajoutées aux quatre déjà bien remplies. Nous sommes maintenant une soixantaine. Ces deux tables servent pour les employés et leur famille ainsi que 10 anciens garçons qui préfèrent passer Noël à notre hogar. Ils se savent bien reçus ; ils retrouvent leurs amis, notre amour, et notre amitié qui leur manque beaucoup. Au moment de se mettre à table, nous apercevons une petite tête inconnue. “Qui es-tu ? D’où viens-tu ?” “J’étais à la place, j’ai su qu’il y avait une fête au hogar, je suis donc venu.” Une bouche de plus n’est rien. C’est un plaisir de donner à manger à ce garçon de 12 ans ; il a faim et nous sommes enchantés de faire sa connaissance. Au menu, une chèvre nous a été offerte par le maire sortant de Vallegrande et pour dessert, une salade de fruits préparée par des bénévoles québécoises. Après le repas. Le petit inconnu repart, avec sous le bras : un chandail et des sûcreries. Ensuite vient le moment de la vaisselle, le rangement de la salle à manger ainsi qu’un théâtre sur la Nativité, préparé par les enfants présents. Les acteurs sont bien sûr les enfants du hogar et ceux des employés. Il est maintenant 20 heures, nous sommes tous dehors. Il fait environ 25 degrés et le ciel est magnifiquement étoilé. Au grand bonheur de chacun et la surprise des habitants, c’est la venue de notre Père Noël. Après le décompte de dix, il entre dans la hogar dans un délire général avec le HO ! HO ! HO ! Traditionnel. Après un calme provisoire, l’énumération des noms commence. Chacun attend son tour avec impatience. Les garçons du hogar reçoivent un sac-à-dos à l’intérieur duquel se trouve un pyjama, un ensemble de jogging, un petit jouet surprise et un globo. Ce globo est un globe dans lequel est inséré la photo de l’enfant. Quand on le secoue, une petite neige brillante enveloppe le visage. Surprise ! Il peut donc neiger à Vallegrande ! La distribution terminée, c’est le départ hâtif du Père Noël car il a beaucoup à faire cette nuit. Les enfants sont heureux. Un cours le sac au dos. “ Ou vas-tu?” “En voyage au Canada” de répondre un certain Nelson. C’est la fête. Les pétards, les cris de joie. Il y a ensuite une vidéo de Noël pour calmer tout ce petit monde. À 22 heures ils sont tous couchés. C’est la messe de minuit suivie du réveillon pour les bénévoles, les animateurs et les employés. J’étais trop fatiguée, je préférais ramasser mon énergie pour le lendemain. La tradition québécoise nous suit jusqu’en Bolivie. Au matin, les enfants sont endormis les uns sur leur sac-à-dos comme oreiller et les autres, le sac dans les bras, Ils sont heureux de retrouver le bas de Noël laissé par Maman Noël durant la nuit : des billes, un chandail, un jouet, une petite auto et des sucreries raniment la joie des enfants endormis. J’ai du me coucher avec les premiers réveillés pour les tenir au calme, car à 5 heures de matin, c’est un peu trop tôt, la journée risque d’être longue. Après le déjeuner, c’est la messe pour les plus jeunes, tous fiers de porter leur ensemble de jogging neuf. On se croirait dans un collège privé : tous sont habillés de bleu marin avec le nom Hogar Jesus Infante écrit en gros. Qu’ils sont beaux nos garçons ! Dans l’avant-midi, ils jouent au ballon-volant sous un soleil superbe” Tous sont heureux, une joie de vivre, un bonheur partagé malgré la fatigue d’un réveillon tardif. Une surprise nous attend à la porte : le maire nous fait le présent de biscuits et gâteaux pour chacun. Une autre surprise qui remplira un peu plus ces petits bedons qui n’auront plus faim. Au cours de l’après-midi, tous sont libres. C’est le temps de se reposer un peu car la journée n’est pas terminée. Au souper, dinde au menu avec salténia. Qu’elle est bonne cette dinde! Elle donne un peu le mal du pays. Pour ces enfants, c’est un goût nouveau qu’ils apprécient. La salténia est un chausson à la viande bolivien. Délicieux! J’ai ici à dire merci à Jean-Sébastien Devalle, un garçonnet qui nous a donné son petit train rempli de sous noirs. Ce petit train m’a permis d’acheter les sacs d’école. Il est au-dessus de la crèche. Ce Jean-Sébastien aura la surprise de recevoir des cartes de remerciements de chacun de nos enfants. Bonne Année à tous ! Françoise Boldireff-Rhéaume Maintenant que Noël est passé nous devons nous préparer pour trois semaines de vacances. C’est aussi, pour cela que je voulais venir avant Noël, car après Noël, il n’y avait pas de place disponible dans les avions. Les billets que j’aurais pus avoir aurait été pour le 7 janvier, et le départ des enfants est prévu pour le 4. Une semaine, c’est juste pour tout organiser, surtout qu’il y a le Jour de l’An qui lui arrive auparavant. Qu’avons nous fait de spécial pour célébrer cette venue du nouveau millénaire ? Bien Oui ! Des feux d’artifice ! Mais ces feux furent éclatés, tout en haut du Pikatchou. C’est une des montagnes qui domine Vallegrande. Cela peut-être périlleux y monter de jour, surtout avec les chèvres que nous possédons. Ces chèvres sont nos garçons, ils sont habitués dans les montagnes, les suivre c’est tout un défi, alors de nuit, c’est l’aventure. C’est pour cela que les plus petits restent au hogar avec le directeur, qui prépare un petit gueuleton, nous sommes la veille du Jour de l’An. À 11 heures, c’est départ avec la camionnette, les enfants sont à l’arrière. Il faut leur dire plus d’une fois de se calmer. Georges monte le plus haut qu’il peut. C’est le temps de descendre, faut faire attention aux éboulis, ne pas se tordre les chevilles, de pas rentrer dans les épines. Avec ces tracas, les bibittes sont les moindres de nos soucis. Nous voilà bien installés en face de Vallegrande qui est bien étendue à nos pieds. Georges est responsable des pétards. Nous ne voulons aucun accident, c’est jour de fête, pas jour de drame. Le lendemain plusieurs personnes se demandaient qui avait eu la brillante idée d’aller faire des feux tout en haut de la montagne. Quand ils ont su la vérité, ils nous ont trouvés, SUPER. Dès mon arrivée au hogar, je téléphone à Jean-Claude pour lui souhaiter une bonne année. Il était certain que c’était de moi, cet appel. Les souhaits de rigueur, mêlés d’un brin de tristesse. Je sais qu’il est en désaccord avec cette venue à Vallegrande, nous ne sommes pas encore sur cette même longueur d’onde. J’aimerais qu’il me comprenne, c’est avec le temps que nos deux sources de vie vont se rencontrer, cela j’en suis certaine. Il rend Dieu, responsable de notre éloignement, pour moi, cela me fait mal, c’est à lui de prendre la bonne direction, de me comprendre, non de m’en vouloir, surtout d’en vouloir à Dieu. La Saint- Sylvestre terminée, c’est maintenant les derniers préparatifs pour les deux semaines de vacances. Elles auront lieu à Masicuri. Les enfants y sont déjà allés, l’an dernier, je n’y étais pas car j’avais passé Noël 98 avec ma famille. Tous sont emballés de partir là-bas, je me demande bien, qu’est-ce que cet endroit à de si magique. C’est le jour du départ, le 4 janvier, 4 heures du matin. Nous sommes tous debout, la veille une partie du matériel a été mis dans un camion qui attend seulement le reste du transport, les enfants. Le camion est un camion ouvert, camion à bestiaux, communément appelé par certains d’entre vous. Pour le matériel, deux matelas pour trois enfants, chacun est responsable de sa couverture ainsi que de son linge personnel. Les victuailles pour deux semaines sont empilées dans le fond arrière de camion : riz, farine, huile, légumes, chaudrons, assiettes, ustensiles, verres, café, chocolat en poudre, sel…..Certainement que j’en oublie, mais s’il manque quelques choses, nous pouvons faire certains achats à Masicuri, même. Un bolivien travaillant à Vallegrande, nous prête, l’extérieur de sa maison. Les enfants dormiront sur les trottoirs extérieurs. Ceux-ci sont recouverts de toits, donc en cas de pluie, nous serons à l’abri. Une chambre nous est prêtée, pour les bénévoles qui préfèrent dormir dans la maison. Je dois vous dire, ici, que je suis dans cette chambre. Ce n’est pas que je n’aime pas le camping, loin de là, mais comme l’autre bénévole qui m’accompagne dans cette chambre, c’est le manque de matelas pour les enfants qui nous obligent à ce petit confort. Je vais peut-être enfin prendre de vraies vacances. Je ne sais pas vraiment, ce que sont de vraies vacances. J’ai souvent donné aux miens mon temps, lors des vacances, c’était mon choix, je ne regrette rien, je fais seulement, ici, une petite mise au point. Revenons, au voyage vers Masicuri, car cela demande une bonne description. Toute la meute, bagages inclus, sont entassés, dans le camion. Nous avons essayé de placer des bancs pour que les enfants puissent s’asseoir, à tour de rôle. Nous n’avons pas de place, pour bouger ou si peu. À cinq heures, c’est le départ, les accessoires qui ne peuvent entrer dans le camion vont dans la camionnette qui nous suivra un peu plus tard. Je me suis installée, à l’arrière du camion, près des paniers de tomates qui sont sur le dessus, des piles de nourriture. Je suis responsable des tomates qui sont pour le moment entière, nous ne voulons pas en faire des tomates en bouillies ou écrasées. Quand un enfant veut aller sur le dessus, pour être encore plus haut, il reçoit bien gentiment cette remarque : - Non ! Il n’y a pas de place par ici, c’est la place des tomates, va trouver un autre petit coin ailleurs ! Le paysage est magnifique, tellement magnifique, qu’il fait oublier les inconvénients du voyage qui risque d’être long. Le soleil se pointe déjà à l’horizon, nous allons certainement avoir très chaud. L’eau, les bidons d’eau sont à notre portée. Il ne faut pas que les enfants aient soif. Nous avons déjeuné, avant de partir, nous avons des petits sacs de plastic pour ceux qui seraient malade en cours de route. Je prends près de moi, la plus jeune des filles de la cuisinière qui nous accompagne avec ses enfants, au nombre de trois. Cette petite est légère, je remarque qu’à chaque bosse, elle a tendance à faire un petit vol dans l’espace. Je l’assoie donc sur moi, question de précaution. De mes bras je l’entoure à la taille telle une ceinture de sécurité. Les plus petits sont ainsi placés près des plus grands, ceux-ci sont responsables de la sécurité, pour éviter de perdre ces poids plûmes aux sauts du camion. On chante, on jase, on apprend à se connaître mieux. Les kilomètres défilent lentement, car la route est très sinueuse et abrupte. À la mi-chemin, c’est le dîner. Œufs durs et tomates, pain et fromage, jus et soda, nous désaltérerons. Un petit tour dans le ruisseau, rafraîchit ceux qui le veulent, mais s’il vous plaît, attention à votre linge. - Que chacun revienne avec son linge, ses sandales ou ses souliers. Ce n’est pas le temps de perdre le peu que chacun possède! Les bénévoles et les animateurs sont responsables, de faire la tournée, le même chemin que les enfants ont parcouru, pour cause, il y a toujours un petit qui oubli un accessoire, ce sont tout de même des enfants. Les effets ainsi ramassés sont rendus à leur propriétaire respectif, avec la remarque de faire un peu plus attention. Nous repartons après un arrêt d’une heure. - Tout le monde dans le camion ! Allez tous faire pipi ! Car il n’y aura pas d’arrêt pipi! C’est bien clair !
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Nos petits bonhommes s’alignent sur le bord de la route, tous dos au camion, un peu d’intimité, tout de même ! Ils font bien des blagues, Moi je vais plus loin que toi……Je laisse ici, à votre imagination toutes les blagues que des enfants peuvent bien se dirent. Il y en a bien des blagues qui seront à la censure, cela j’en suis certaine. Tout notre petit monde est là, certains ont maintenant des serviettes sur la tête, ou leur t-shirt, car le soleil commence à être cuisant. Ils ont tous une casquette, mais certains se prennent pour Che Guevara, l’idole des enfants de Vallegrande, la casquette n’était pas le couvre chef principal de celui-ci. Il faut se protéger du soleil. La crème solaire se fait passer de bénévoles en bénévoles, d’enfant à enfant, pour celui qui le veut bien. Ces enfants ont la peau plus habituée au grand soleil que les nôtres, certains enfants trouvent surprenant que nous ayons la peau si blanche. Il y a même des parties qui ont commencé à se teinter du rose au rouge, à la risée de certains. - Françoise ! Tu me passes ta casquette ? - Eh moi ! Si je te la passe, que va-t-il m’arriver ? Non ! Cette fois c’est non ! Charité bien ordonnée commence par soi-même, dirait ma mère, cette fois, je crois que je vais suivre son conseil. Certains enfants sont étendus du mieux qu’ils ont pu, dans le peu d’espace que nous avons. Ils dorment, d’autres jouent aux cartes, en essayant de ne pas tricher, les autres regardent le paysage qui défile toujours aussi beau. Vers 4 heures, nous arrivons au point critique. Passer la rivière, elle n’est pas tellement profonde, mais nous ne devons pas nous enliser. Les enfants descendent, certaines personnes nous attendaient, aident au passage. C’est passé, sans trop de problème. Le camion continue sa route, me laissant avec un bénévole américain pour aider au passage de la camionnette, qui devrait arriver sous peu. Les enfants arriveront les premiers, de cette manière, ils débarrasseront le camion, la cuisinière préparera le souper, tout sera ainsi sans trop de problème. J’attends la camionnette durant, si ma mémoire est bonne, une petite heure. Cela nous permet ne nous reposer, de nous rafraîchir, de patienter. Finalement, la voici ! - Nous avons eu un peu de misère à passer, Georges ! Peux-tu faire mieux! Celui-ci prend le temps d’analyser la situation, on peut passer par -là, ou par ici, tout compte fais, la meilleure façon est de foncer ! Nous le regardons faire, à notre grande surprise, il s’enlise, à sa grande déception. Alors, au travail, vidons cette camionnette, les matelas étaient le contenu principal. Avec cette chaleur, ces matelas de mousse, nous semblent bien lourd, à la pelle, aux bâtons sous les roues, finalement, un autre camion arrive en sens inverse, chacun donne un coup de main à l’autre, et les deux ont passé la rivière qui n’était pas très haute, sinon nous aurions eu beaucoup plus de problème. Nous avons eu chaud très chaud, sous ce soleil de plomb, malgré l’eau. Nous sommes tous en sueurs crottés jusqu’aux oreilles et les enfants qui attendent les matelas pour s’organiser pour la nuit. Nous devons accélérer le pas, sans nous casser le cou. Dès que nous arrivés à destination, les enfants heureux de nous voir sains et saufs débarrassent la camionnette. Nous, nous allons directement à la rivière, dans l’eau, tout habillé, pour essayer de relaxer un peu. Les enfants ne croyaient pas que j’allais faire comme Georges me mettre toute habillée, à l’eau, ils se rendent comptent de cette manière, qu’ils n’auront pas de problème d’éthique à mon sujet. Je vais faire ce que eux feront. Au souper, tous semblent finalement installés. La maison principale tient de grands trottoirs tout autour de ses murs extérieurs, il y a suffisamment de place par tout ce petit monde. Comme prévu, deux matelas pour trois enfants, mais il y a eu un mauvais calcul, il manque deux matelas. Le propriétaire, doit arriver au courant de la soirée, je m’installe sur une couverture, le camping sauvage, ou le camping tout court ne me fait pas peur, encore moins les bibittes. Je me pulvérise d’huile à la citronnelle, au diable les mauvaises odeurs, je préfère ne pas me faire piquer par les moustiques du coin, certains d’ici peuvent donner la malaria. Les enfants, surtout les plus jeunes ne se font pas prier pour aller se coucher, moi non plus. Nous laissons chacun à sa petite affaire. Nous sommes tous en vacances n’est-ce-pas, vacances égale liberté, pas vrai. Le lendemain, le propriétaire nous ouvre une de ses chambres que j’occupe avec l’infirmière en chef. Les enfants ont ainsi deux couvertures et un matelas supplémentaire, de cette façon tout le côté couchette semble bien ajusté pour tout le monde. J’étais l’une des premières debout, cela n’est pas une surprise, un petit tour de reconnaissance. Voilà la rivière qui parait peut devenir un torrent en cas de pluie. J’écris parait, car l’an dernier je n’étais pas avec les enfants durant ces vacances, j’ai habituellement les vacances les plus courtes celles de l’hiver, celles du mois de juillet. Cette année, je voulais vivre l’aventure des vacances d’été connaître ce Masicuri, que les enfants avaient eu le plaisir de connaître l’an dernier. Il parait qu’il y a beaucoup de poissons. J’ai vu des photos de ceux, pêchés l’an dernier, nous verrons bien comment le tout se déroulera, au fil des jours. La deuxième personne qui se réveille, est la cuisinière, pour préparer le petit déjeuner, thé avec pain que nous avons apporté. Une première surprise nous attend. Les gens du petit village nous souhaitent la bienvenue, en venant chercher nos enfants pour boire du lait, directement des vaches. Nous partons, en promenade jusqu’au premier propriétaire de vaches. Chaque enfant apporte sa tasse. Voici les vaches ! Quelques-unes sont isolées, le propriétaire va en chercher une, tire le lait directement dans une chaudière, partage le contenu avec les enfants présents. Il en manque, c’était certain. Le même manège recommence jusqu’à ce que nos petits veaux soient bien rassasiés. Une tasse, deux tasses et même trois pour certains. Chacun est ravi. À chaque matinée, se sera la même petite routine mais en changeant de propriétaire. Il y a même des chèvres. - Et que faites-vous avec le lait des ces chèvres ? - Nous le donnons aux cochons ! -Aux cochons ! Mais le lait de chèvre est aussi bon sinon plus que le lait de vos vaches et fait un excellent fromage ! Ils ne le savaient pas. Pour preuve de nos dires, nous buvons nous-mêmes le lait de ces chèvres, à l’étonnement général. Nous leur apprenons quelques choses, pour leur lait bien apprécié, ce petit renseignement peut-être utile à celui qui veut bien l’entendre. Au courant de l’avant-midi, c’est la visite de la rivière et les premiers arrangements pour les premiers pêcheurs. Car nous sommes bien à Masicuri pour le poisson. Pendant que les plus jeunes visitent les environs, les plus vieux s’organisent avec le propriétaire pour rendre notre séjour des plus agréables. Nous sommes vraiment les bienvenus, tous veulent être bien aimables et gentils. Nos enfants ne doivent manquer de rien, tous mettent la main à la pâte. Du côté cuisine, le four à pain est bien organisé, c’est un fourneau de pierre dans lequel nous brûlons du bois, et quand le bois est bien en braise, donnant une chaleur constante nos petits pains sont enfournés et cuisent rapidement. Certains enfants se trouvent ainsi mis à la corvée du bois, un autre à la corvée du feu, d’autres pour le boulage des petits pains et d’autres à la corvée du nettoyage, car même si nous sommes en vacances les lieux doivent être propres et rester propre, tout comme au hogar. Hygiène corporelle et vestimentaire aussi, au grand désespoir de certains petits garnements paresseux. Le brossage des dents, le lavage des mains, le bain sont toujours de rigueur. Nous sommes sur une plantation d’arbres fruitiers tel que pamplemoussiers, pêchers, orangers, ces arbres nous offrent leurs branches chargées de fruits avec une telle bienveillance qu’aucun enfant n’y résiste, sans compter les adultes qui se gorgent de ces fruits frais cueillis, chaud de soleil et débordants d’énergie. Les pelures revolent dans tous les coins, si le coin est dans les arbres cela n’a pas d’importance, mais s’il se trouve au centre de la place cela occasionne quelques problèmes, qui dès la seconde journée doivent être réglées. Avant les repas, tout comme au hogar, les consignes sont transmises une seule fois, quand tous sont réunis. - Vous êtes tous contents d’être ici, il y a beaucoup de fruits. Nous ne voulons aucun gaspillage. Vous pouvez prendre un seul fruit à la fois, en prenant soin de ne casser aucune branche. Les pelures doivent être jetées dans les poubelles, non sur le patio. Aucune pelure et aucun fruit près des matelas, sinon les fourmis se retrouveront plein vos matelas, après le repas, nettoyage complet des matelas, et balayage de tous les trottoirs. Nous sommes venus ici, dans un endroit propre, il doit rester propre. Bon appétit ! Les enfants s’engouffrent sous une voûte, ou se trouve une immense table, où peut se tabler une vingtaine de participants. Les assiettes sont servies avant l’appel des enfants comme cela, il n’y a pas d’attente. Ceux qui ne trouvent pas de place à table, prennent leur assiette, mangent avec leurs nouveaux copains sur une muraille, sur le bord des trottoirs, mais pas du côté matelas, cela semble avoir été bien clair. Les menus ne sont pas préparés d’avance, car à chaque jour, les villageois nous apportent des victuailles locales, tel que pains, gâteaux, viandes cuites ou vivantes. Je m’explique. Il y a une gentille dame qui lui était plus facile de nous apporter ses poulets vivants, de nous aider à les abattre, puis les faire cuire avec notre aide, ainsi de cette façon, chacun retirait un petit quelque chose de ces rencontres, disons journalière. Nous apprenons de nouvelles façons de cuisiner et elle, le plaisir de donner, de recevoir notre amitié, en retour. Les masicouriens se sont donner le mot, pour ne pas tous arriver le même jour avec de la nourriture. Ils avaient fait un conseil avant, chacun avait sa journée pour nous aider. À chaque jour, c’était une nouvelle fête partagée par tous. Nous avons eu un petit problème d’eau. Nous nous trouvons dans un temps de sécheresse, donc le puits semble être à sec, l’eau ne semble pas potable. Nous devons rajouter une autre corvée, la corvée d’eau potable. Je dois employer le mot corvée, mais cela n’en est pas une proprement dite, car le tout se fait avec des ânes. Pour les enfants c’est un plaisir, mais il faut le faire, en temps voulu, au temps des repas ou un peu avant, cela dérange un peu quand un jeune veut aller pêcher ou jouer au ballon. Pendant toutes ces organisations, la pêche est planifiée. Elle se fera à l’aide d’un filet. Trois ou quatre personnes remontent une partie du courant attrapants quelques poissons dans l’entre-maille du filet. C’est un filet qui fait la largeur de la rivière, car ce n’est par une pêche à la ligne d’argent. Il y a des fois ou une vingtaine de poissons ou plus peut être pêchés d’une seule tirée. Vous direz sans doute que cela est facile, mais il y a des roches, des racines, des épines, le courant, le sable mais c’est un plaisir de voir que tous les enfants tiennent à participer. Je ne tiens pas particulièrement à participer à la tirée du filet, car je sais bien ce qui m’attend. De quoi croyez-vous qu’il s’agit ? Qui a deviné ? Qui dit poisson, doit penser parer le poisson, le vider en terme plus simple, c’est aussi l’écailler, en fait, c’est la partie, disons la moins intéressante de la pêche, mais il faut le faire. C’est en travaillant avec les enfants que ceux-ci vont apprendre plus rapidement comment faire. J’ai souvent nettoyé du poisson, car c’était le péché mignon de mon père. Il préférait un poisson au bon bifteck que maman pouvait lui préparer, il disait que c’était plus facile à manger, plus facile à mastiquer. Un coup de couteau sous le ventre, on extirpe les entrailles, on le lave bien, ensuite on le racle à contresens des écailles et le tour est jouer. Au bout de 24 jours, de ce manège, une ou deux fois par jour, je dirais bien ce mot corvée. Mais les enfants aiment le poisson, nous sommes là pour les enfants, d’accord pour le poisson. Comment apprêter ces poissons ? De toutes les manières, en sauce, en filet, frit, sur la braise, sous la braise, séché et salé(succulent) au dîner, au souper, après le feu de camp, bref, il me semblerait que ma peau deviendra peau de poisson, si nous restions plus que 24 jours, à Masicuri. Du poisson frais nous en avons mangés, assez que les deux derniers jours, la cuisinière et moi, avons dit à Georges de se calmer sur la pêche que nous commencions à en avoir marre, de tout nettoyer. Mais nous le faisions de grand cœur. La meilleure façon, était de rentrer directement dans la rivière, de faire le plus gros du travail, quelques enfants faisaient la rotation pour terminer le tout. Nous n’avons pas eu de grands cas malades durant ces deux semaines. Les cas qui demandaient service de l’infirmière furent quelques cas d’otites. La solution fut de ne plus se mettre la tête dans l’eau, d’éviter les concours de tête sous l’eau. L’eau n’est pas de plus propre, très sablonneuse, venant de la montagne, accumulant les malpropretés des bêtes venants s’abreuver directement à la rivière, c’est pour cela que je préférais me laver le matin, l’eau semblait, un peu plus propre, malgré qu’après tous les lavages, le linge était tout couleur sable. Nous avons eu droit à deux ou trois pluies et même grain, en terme maritime. Eh bien là, les amis, pour moi c’est la douche générale pour tout ce monde, et habillés, chacun doit en profiter pour se doucher, savonner, shampouiner, faire les réserves d’eau potable. L’eau du ciel est douce et bonne à boire, tous les moyens sont bons pour accumuler le plus d’eau possible, car l’eau du puits après inspection est vraiment impropre à la consommation, il contient des amibes. Ce fut un travail pour Georges ce puits ! Un après-midi, il descendit dans le puits par la corde de la chaudière, je faisais le ballant de cette façon, il descendit en toute sécurité. Il vida le restant d’eau, remplissait les chaudières que je remontais, vidais et on recommençait jusqu’à ce que ce puits fut vraiment à sec. L’eau sortie de ce puits avait une odeur immonde, elle était noire. Les enfants avaient jeté à l’intérieur, des barres de savon, des chaussettes, des verres de plastic bref maintenant le tout semble propre, c’est au propriétaire à continuer l’entretient de son puits. Il faut maintenant remonter cet hurluberlu, Georges, du puits. Je l’aide ou je ne l’aide pas? - Alors ! Tu me tires de là Oui ou non! - Je ne sais pas! Tu me sembles tellement poisseux que tu vas effrayer les enfants! Un peu taquine, je le laisse mariner une petite minute. J’appelle de l’aide pour l’extirper de ce trou qui me semble bien frais. À la baignade, avec savonnette et shampooing. Il s’occupe de son corps pendant que je m’occupe de sa tête. Il était complètement noir. Tout son linge fut lavé au moins deux fois pour finir par avoir une apparence, disons présentable. Le puits est maintenant interdit jusqu’à la prochaine pluie. Les enfants qui ne sont pas en période de pêche, jouent au ballon, au soccer, à la baignade, jouent aux cartes ou lézardent au soleil. Chacun est libre de son temps. J’en profite pour lire le livre que ma fille m’a offert comme cadeau de Noël, Le voyage de Diana Gabaldon. C’est une brique, c’est ce qu’il me faut pour m’obliger à rester tranquille. Je dois passer au travers de ce livre durant les deux semaines, après, c’est certain le temps de lecture sera inexistant, je me connais bien. Ce furent des vacances pour ma part inoubliable. La journée du départ approche à grands pas. Les enfants voudraient bien rester plus longtemps mais l’école doit commencer, et là aussi il y a beaucoup de boulot qui m’attend. Des nouveaux doivent arriver, les articles d’écoles à préparer, les lits à réorganiser les couvertures à laver…….L’infirmière en chef part quelques jours avant nous. Elle a la surprise de monter dans un camion qui livrait des vaches. Elle n’a pas le choix, c’est le seul camion en partance pour Vallegrande. Un trajet en compagnie des vaches, ce n’est plus au Canada que nous aurons cette chance unique de voyage. Notre camion arrive à l’heure, le tout est encore mis dans le camion et la camionnette. J’ai mangé du fromage la veille du départ, je me retrouve avec une petite turista, qui j’espère se calmera avec le paquet d’immodium que j’ai du avaler. C’est un départ avec un mal de tête, installée sous des cadeaux des villageois. Cinq canards qui me caquettent dans les oreilles une partie du trajet. Les paniers dans lesquels ils sont installés se promènent dangereusement d’un côté et de l’autre de ma tête. Je prends les lacets de mes chaussures pour mieux amarrer le tout. En cours de route nous prenons malgré le peu de place que nous avons huit autres passagers qui se tiennent debout à l’arrière du camion. Dans ces pays, c’est de voir que la sécurité routière est laissée au soin de Marie. Car à chaque départ les chauffeurs se signent religieusement, nous arriverons sans problème. Nous sommes arrivés sans problème. Le directeur et Georges furent les premiers arrivés, ils étaient ainsi disponibles pour nous aider à tout descendre du camion. Quand le directeur m’a vu, il m’envoya aussitôt aux douches, puis au lit. Je devais probablement avoir une tête à faire peur. Je n’ai donc pas pris part, à la réorganisation de ces petits diables, tous énervés. J’ai encore un mois avant mon départ. Je suis venue pour seulement trois mois. J’ai un travail qui m’attend à Montréal, ou plutôt à Saint-Michel, rembourser tous les frais que j’ai accumulés pour ces fêtes de Noël. C’est mon mari, c’est notre marge de crédit qui m’a donné ce courage de faire tous ces achats qui étaient nécessaire. Chacun a sa méthode de travail. Le directeur me dit dépense quand tu as l’argent, moi certaines fois, quand je vois une nécessité, je dépense en faisant confiance à Notre Père. Je me dis quand le temps sera venu, le pain de chaque jour viendra, l’argent nécessaire viendra. S’il ne vient pas assez rapidement, je me dois d’aller le chercher. Je travaillerai pour rembourser cette marge de crédit qui n’est pas loin de sa limite. En attendant le mois qui reste, c’est le mois de la rentrée scolaire, la rentrée des nouveaux arrivants. Il y a eu quelques petits conflits pour les nouveaux arrivants, car il faut que je vous dise, j’ai un grand cœur. Je n’ai pas un cœur de pierre, je laisserai rentrer tous les enfants qui se présentent à la porte. Le directeur aussi, a fait rentrer des nouveaux, donc il y a un peu plus d’enfants. Je crois que le dernier décompte d’enfants fut de 99. Nous recevons des becas du gouvernement pour seulement 93, nous donnons à manger à 6 enfants, directement de notre poche, cela rend le directeur, un peu de mauvaise humeur, mais il y a pour moi 6 enfants qui seront bien, nous pouvons partager un peu plus. Je pars pour la Canada le 3 mars 2000, juste le jour où commence le carnaval. Il y a certains ballons d’eau qui revolent dans tous les coins. C’est vrai que mon billet d’avion est pour le 6, mais avec ce carnaval, il y a beaucoup de changement d’autobus. Il se peut même, qu’il n’y a pas d’autobus pour Santa Cruz, par précaution, je pars trois jours plutôt. Suis-je contente de partir? Non! Je resterai toujours à Vallegrande, avec ces enfants, mais j’ai un mari, je lui ai donné ma parole que je l’aimerai, loin des yeux loin du cœur, certains diront, donc Jean-Claude me revoilà ! Tu seras content. CHAPITRE 13 Retour à Montréal 4 mars 2000 Pour une fois la date de retour fut celle inscrite sur mon billet d’avion initial. J’étais venue spécialement pour Noël, pour passer le nouveau millénaire avec les enfants car ce nouveau millénaire leur appartient. Ils sont l’avenir, la source de vie de l’humanité. Mon bénévolat en ces jours de changement de millénaire était ma petite contribution spéciale, j’ai vraiment préféré le passer avec ces enfants, qu’avec ma famille. Je les ai gâtés du mieux que je pouvais, c’est comme si c’était Dieu que je gâtais. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ?” Et le Roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !” Mt25, 34-40 C’est avec beaucoup de peines que je dois quitter ces enfants, car je ne sais si je reviendrais. J’ai un mari qui m’attend patiemment. Je dois rembourser tous les frais qu’ont encourus ces fêtes de Noël. C’est avec l’aide de mon mari que tout fut possible. Je dois lui rembourser tous ces frais, se furent les miens. C’est de début du carnaval, il y a beaucoup de fébrilités dans l’air. Les horaires d’autobus sont tous chamboulés, je dois prendre mes précautions pour être certaine d’être à l’aéroport le 6. Quatre fois, j’ai du changer mon billet vers Santa Cruz, car il y a eu des annulations de dernières minutes. Mon départ final est pour 13 heures. Avant cette heure, je dois faire des pieds et des mains pour que les titres de propriété du terrain de Guadalupe soient à mon nom, étant terminé d’être payés. José, maintenant l’ancien propriétaire doit déménager à Cochabamba, il sera très difficile de le rejoindre, nous risquons même de le perdre de vue. Il n’est pas très emballé de perdre son terrain, il croyait que nous n’arriverions pas à rembourser les frais avant son départ, il aurait ainsi pu garder son terrain qu’il aime tant. Je l’ai dépanné de bon cœur, j’ai maintenant droit aux papiers officiels. Ce fut trois heures de courses dans Vallegrande que j’ai du me coltiner avant mon départ, avant la fête que les enfants me préparent pour 11 heures. Rendez-vous chez l’avocat qui nous fait d’urgence les papiers que nous devons signer chez un notaire. Jose n’est pas à l’heure, je dois trouver deux boliviens pour attester les signatures, trouver le directeur des prêts qui doit attester lui-aussi que tout est bien remboursé. Une attente de trente minutes pour ce José qui se présente, finalement saoul. Nous trouvons finalement les témoins. José se demande pourquoi je dois tout faire la même journée, dans l’heure qui suit. - José, je quitte Vallegrande à 13 heures, ces papiers, je les veux maintenant, sinon il nous sera impossible de les avoir par la suite. Tu es là aujourd’hui, et c’est maintenant que cela se règle que tu le veuilles ou non ! Les papiers sont finalement signés chez la notaire, nous devons retourner chez l’avocat qui nous assure que tout sera prêt pour 11.30 heures. Je retourne au hogar, je les préviens que j’ai seulement 30 minutes à leur accordées que j’ai un rendez-vous chez l’avocat. Ce fut une fête bien réussie chaque enfant m’avait fait une carte, un petit théâtre tout comme les animateurs et les bénévoles qui m’ont chanté Sois heureuse ! Je ne sais pas si être loin de ces enfants, je serai heureuse. Je serai avec mon mari, ma famille, mais je considère ces enfants comme mes enfants, ils le savent très bien. Je devrai me dédoubler de cette manière je serai complètement heureuse. À 11.30 heures, nous sommes tous chez l’avocat, tout est en règle. Je peux partir en paix, le terrain de Guadalupe nous appartient, avec le temps il nous servira cela est certain. Un dernier sprint au hogar. Il est 12.15 heures, une douche en catastrophe, mon sac de hockey sur l’épaule. Les derniers adieux très rapides et hop ! À l’autobus qui n’attendait plus que moi. Il fait un soleil de plomb. Des ballonnes d’eau ont commencé à prendre leur envol. Les vitres de l’autobus sont toutes grandes ouvertes. Une ballonne entre par une fenêtre et vient se crever dans mon dos. Je suis toute mouillée, cela est quand même rafraîchissant, mais nous oblige à fermer toutes les vitres tant que l’autobus ne sera pas sorti de Vallegrande. Plusieurs enfants sont sur le trajet de l’autobus me criant : Bon voyage ! Que le vaya bien ! Tout le long du trajet, J’enregistre dans ma mémoire ces paysages que j’aime tant. Ces montagnes à perte de vue. Ces ânes insouciants qui restent au milieu de la chaussée. Ces gens qui s’activent pour leur carnaval que je n’ai pas encore eu droit de participer. À Santa Cruz aussi c’est le carnaval. Les ballonnes d’eau, où tout simplement l’eau est au rendez-vous. Du toit des hôtels, il y a des douches improvisées qui tombent sur les passants. De la musique à tous les coins de rues. Mon cœur n’est pas à la fête. Je reste cloisonnée dans ma chambre deux jours, dans l’attente de mon heure et mon jour de départ, en espérant qu’il n’y aura pas d’autre changement. Non, il n’y a pas de changement. Je sors de Santa Cruz le 6 mars, à 16 heures. Je suis à l’aéroport à 9 heures. Je dois attendre six heures. Je ne tenais pas à festoyer dans Santa Cruz, je n’avais pas d’argent à gaspiller, je n’avais tout simplement plus d’argent. Ces heures d’attentes sont passées à écouter de la musique, à faire des mots mystères. Je me suis assoupie avec les écouteurs sur les oreilles. Je me réveille, il est 16 heures. C’est encore la course infernale pour mon embarquement. J’entre dans l’avion sous des regards désapprobateurs de tous les passagers présents. Je me rends à mon siège, en même temps que l’avion recule. Il était moins une, que je reste à Santa Cruz. Je m’excuse auprès de ces passagers de ce retard que j’ai pu causer. Je crois que je ne tenais pas tellement à partir. CHAPÎTRE 14 Travail pour rembourser les frais de Noël Jean Claude est au quai de débarquement, des fleurs à la main. Il est content que je sois de retour, moi aussi. Je suis bien fatiguée comme à toutes mes arrivées. Je voudrai avoir le cœur en fête. Il est encore divisé en deux. La maison n’a rien de changée. Tout est comme à mon départ. J’ai tout mon temps pour mon mari. Les caresses sont plus chaleureuses, une nuit d’amour sans égale. Il y a encore un temps de réadaptation à la vie quotidienne qui demande un certain temps. Par où aller? Ce que je vais faire? Ce que je dois faire? Par où commencer? Les amis sont anxieux, curieux. - Maintenant qu’est ce que tu vas faire ? Tu vas travailler? Je n’ai aucune réponse à leur donner, pour l’instant présent. Ils ne semblent pas comprendre que je n’ai pas plus d’enthousiasme, je suis avec ma famille, mon mari, je devrais rayonner de bonheur. Pour le moment présent, je le garde pour moi, pour me reposer, ce que je ne sais pas faire. M’occuper de moi, sans me sentir coupable. Pour garder mes idées dans la maison, je m’achète un casse-tête de 9000 morceaux, la construction de la tour de Babel, Bruegel l’Ancien 1563. J’aime beaucoup les casse-tête, c’est un de mes hobbys préférés. Ils m’obligent à me concentrer, mes idées vagabondent moins. Quand je suis dois me divertir de celui-ci, je récite des rosaires implorant Marie de venir m’aider, implorant l’Esprit-Saint de me montrer le chemin que je dois prendre. Je veux retourner travailler avec les enfants, ma mission première n’est pas encore terminée. Mon rêve est un hogar pour les plus petits à Vallegrande, car il n’y a rien pour les plus jeunes. Une garderie ou un hogar, un lieu où ces petits seront bien, dans un endroit où ils pourront s’épanouir et jouer. Pour l’instant ces petits accompagnent leurs mères, dans les champs, dans le dos de celles-ci enveloppés dans une toile, toute la journée. Quand une mère est vendeuse, au marché, l’enfant reste toute la journée sur les établis où par terre ne pouvant se promener, passant ses journées entières dans la saleté, les odeurs immondes. Ils ne peuvent s’épanouir ainsi, ils apprennent à voler, pour se nourrir. Ils perdent les premières années de leur vie sans rien apprendre. Ils ont ainsi un certain retard quand ils ont l’âge scolaire. Cela n’est qu’un rêve, je demande l’aide directement à la source, à la source de vie, à Dieu, Que sa volonté soit faite ! Mais il faut que je lui demande cette aide. C’est dans les prières que mes intentions sont demandées, pour qu’elles soient bien concentrées ces prières sont écrites dans tous les cahiers que je possède. Les cahiers qui ne sont pas complétés, sont compléter par les écritures suivantes : Seigneur, prends pitié de moi ! Seigneur, prends pitié de moi, donnes-moi les moyens financiers pour régler tous les problèmes du hogar, et accueillir ainsi les plus petits. Seigneur, prends pitié de moi, aides-moi je veux rejoindre les enfants pour Pâque! Seigneur ! Entends ma prière ! Je prends même le temps de les écrire de la main gauche, certains jours. Je fais des neuvaines de Rosaires, dont j’inscris les temps dans les cahiers. Est-ce de la folie ? Je ne crois pas, j’ai confiance en la prière. Les cahiers ainsi complétés sont rangés dans ma garde-robe. Quand mon mari me demandait ce que je faisais de mes journées, je lui disais simplement que je faisais mon casse-tête. Je ne voulais pas lui dire que je priais la majeure partie de la journée, que je priais pour rejoindre ces enfants cela lui aurait fait bien trop de mal. Il me laisse partir, c’est déjà un bon encouragement pour moi, pour lui, je sais que c’est le désespoir. J’ai cet appel de mission, je ne peux le laisser sans écoute. La fête de Pâque se passe, je m’étais donné ce délai de prières, avant de me trouver du travail, pour rembourser les frais de mon mari. L’argent ne m’est pas tombé du ciel, mais j’ai fais ce carême de prières. J’ai accompagné Jésus ces quarante jours, en comprenant une parcelle des douleurs qu’Il a pu endurer, celles que Marie, sa mère, a endurées en voyant comment son fils mort sur la croix pour nous sauver. Aurais-je du être une sœur? Il y a des fois ou je me demande si je ne me suis pas trompée de vacation. En fait je ne la crois pas, car malgré les apparences, j’aime mon mari, je lui suis fidèle, c’est le seul homme de ma vie. Je voulais une famille, des enfants que j’ai élevés du mieux que j’ai pu avec amour, patience. Je dois donc me retrousser les manches, travailler, c’est de cette façon que l’argent rentre le plus sûrement. Je suis certaine que plusieurs d’entre vous se diront, enfin, elle commence à raisonner avec sa tête, et vous auriez sans doute raison. Des travaux domestiques ici, et là, des travaux dans l’emballage de pommes de terre. Le directeur du hogar est lui aussi de retour au début du mois de mai. Ce retour était prévu, d’autres bénévoles sont directeurs du hogar, dont Georges et sa copine. Le directeur comptait sur moi pour l’aider à ramasser des fonds en passant de paroisses en paroisses, en parlant de la vie du hogar à la population du Québec, n’ayant pas terminé de ramasser mes fonds, je ne puis l’aider de ce coté. Je dois donc penser à moi. Ce petit proverbe est bien à propos : Charité bien ordonnée commence par soi-même ! SaladExpress, une petite industrie dans l’emballage des salades à deux kilomètres de chez-moi, m’offre un emploi, que je prends avec empressement. Je suis donc assurée de cette façon de rembourser mon mari, me faire un peu de fond pour pouvoir repartir. J’ai tout régler en bonne et du forme. J’ai un peu d’argent dans les mains, un nouveau passeport. Je prends un billet allée seulement. Le 5 janvier 2001, j’entre à l’aéroport de Santa Cruz. Chapitre 15 Bolivie me revoici ! Le 5 janvier 2001, j’entre de nouveau à l’aéroport Viruviru de Santa Cruz. Yasmani est là pour m’accueillir avec sa copine l’allemande Antje. Sans plus attendre, nous allons directement acheter mon billet d’autobus pour Vallegrande. Le départ est à 1 heure, nous avons trois petites heures d’attente, celles-ci se passent au terminus d’autobus. Avec mes valises ainsi que la fatigue du voyage, je ne tiens pas à me promener plus qu’il ne faut. Yasmani est en vacances, je ne tiens pas à le déranger davantage. J’arrive à Vallegrande vers 9 heures p.m. où le directeur m’attend. Un très bref salut aux enfants présents et hop cascade, on se rend à la casa cueva qui sera ma résidence au grand bonheur de celui-ci. Il me dit que cela sera mieux pour moi, si je dors à l’extérieur du hogar. Je suis fatiguée et ne tiens nullement à discuter. Il me parait au premier abord, très fatigué, préoccupé, mais je laisse aller. Durant la première semaine, je me suis bien dis que j’allais prendre la vie calmement, mais le directeur ne semble pas du tout de cet avis. Il me donne les rennes du hogar très rapidement. Que se passe-t-il avec lui, je vois bien qu’il n’est pas du tout le même, le travail l’a assommé, la fraisière lui prend beaucoup d’énergie et de temps, il me semble qu’il n’a plus autant d’intérêt pour le hogar. Il y a un changement majeur depuis mon départ. Un agrandissement majeur a été effectué. Le vieux moulin a été rasé, laissant place à l’espace nécessaire pour un dortoir, une salle à dîner, des douches et toilettes, quatre douches et quatre toilettes séparées ainsi que quatre lavabos qui seront réservées pour le groupe des plus grands, une douche-toilette pour les volontaires, ainsi qu’une chambre pour un animateur. Le tout n’est pas entièrement terminé, mais le contracteur m’affirme que le tout sera réglé, pour le carnaval, fin février. Cela reste à voir. Il parait que nous serons donc, très à l’étroit, pour au moins deux mois, disons jusqu’à mars. Cela ne sera pas de la tarte, je crois bien.
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Je reprends donc la direction du hogar, et lui, le coté grange Mama Marquarita. Le festival des nouveaux arrivants commence rapidement. Après ces quatre années de travail, les populations de Vallegrande et des environs se rendent compte que la vie au hogar, c’est de beaucoup améliorée. Les enfants sont bien en santé, propres, vont à l’école, mangent bien chaque jour, ils ont toute l’attention, la patience et surtout l’amour de chacun. Il y a seulement une quinzaine de places disponibles, cette année. Chaque jour des familles demandent notre aide, une place pour leur garçon. Il faut mettre les règles plus strictes. Ceux qui ont priorité sont les orphelins, les vrais orphelins avec un certificat justifiant le décès de l’un ou l’autre des parents ou des deux, la parole des intervenants ne suffit plus, il faut des preuves. Les enfants ne doivent plus venir de Santa Cruz, là-bas, il y a des hogars, ici, à Vallegrande, il y en a un seul pour combler les besoins de plusieurs territoires. Ces règles sont bien expliquées au bureau de la défense des enfants car tous ceux qui désirent entrer au hogar doivent passer par ce service. Il y a encore eu du changement de personnel, il y a toujours du changement de personnel, car il faut trouver ce personnel qualifié, responsable, doux et patient. Les enfants du hogar sont uniques. Chacun a son histoire tout aussi laide les unes que les autres. Ces petits bouts d’homme en ont déjà vu beaucoup de misère, ils ont tous vieillis plus vite. Ils ont appris à survivre, ce qui les rendent plus agressifs, plus sournois mais de combien plus attachants. Ils ont juste besoin d’une mesure d’amour de plus, sans violence, surtout sans violence. Il n’y a pas de passe droit : si un encargado ou animateur touche à un enfant, si son comportement ne donne pas satisfaction, il est dehors. Il est difficile de trouver la perle rare, mais je garde confiance quand se sera le temps, il va nous tomber du ciel, car chaque matin lors de mes messes quotidiennes, je demande à Marie et à l’Esprit-Saint de bien nous envoyer cette perle rare qui nous est nécessaire, indispensable. Si chaque groupe aurait un encargado qualifié, la vie du hogar serait autrement plus agréable. Si le hogar possédait des employés responsables et loyaux, la vie serait d’autant plus allégée. Ce manque de crédibilité vis-à-vis certains employés nous gobe énormément d’énergie, c’est probablement la cause de cette baisse de vitalité du directeur en chef. Il sait rendu malade, plus il continue de travailler, plus il continue de m’inquiéter. Les enfants sont en vacances jusqu’au 30 janvier. Il reste deux semaines pour tout mettre en place pour leur retour. Nous formons un autre poste pour une meilleure organisation, direction de l’éducation, pour ma part cela me va parfaitement. Il y a suffisamment de travail à la direction du hogar que l’éducation peut-être prit entièrement par une personne. Voici maintenant le hogar, avec trois postes de direction. En avant ! Travail en équipe ! Janvier n’est pas terminé, qu’il y a quatre nouveaux bénévoles qui se joignent à l’équipe déjà présente. Voici donc ou nous en sommes. Le hogar se divise en deux parties. Le hogar proprement dit où, résident les 93 enfants de 6 à 12 ans. Ceux-ci sont divisés en trois groupes petits, moyens et grands. Chaque groupe a un encargado ou encargada bolivien qui est responsable du bien-être de l’enfant. Il ou elle, est la mère de l’enfant, responsable de son réveil, de ses soins corporels, de son éducation, de son attention avec amour et beaucoup de patience. Trois cuisinières sont en charge des repas, elles sont boliviennes tout comme les deux qui sont responsables de la propreté des vêtements ainsi que de la literie des enfants. Augustin est le boulanger, il est responsable du pain de chaque jour. Yasmani est sous le chapiteau administratif du hogar. Six volontaires sont présents au hogar. Une allemande Antje qui est enceinte de Yasmani, elle repart le 4 mars en Allemagne. Une américaine, elle est responsable de l’éducation. Trois québécoises dont une sera responsable de l’infirmerie, la seconde responsable des enfants de première année, la troisième sera responsable de la réserve des vêtements et aide au cours de deuxième année et un québécois qui donnera son appui à l’éducation. L’appui des ces bénévoles est aussi nécessaire à différents autres niveaux soit : aux activités para scolaires où aux temps des repas, car à ce niveau, vous pouvez être certain que c’est le carnaval, comme ils disent ici. Chaque tablée, dont le total est de dix, demande un animateur ou un adulte qui est responsable de l’ordre de celle-ci, sinon le son des conversations peut grimper de plusieurs décibels, et ce dans le temps de dire : CISEAU. Il peut tout aussi bien avoir une bataille de petits pois où de grain de riz. Imaginez-vous une tablée, de 10 jeunes de 10 ans, en bataille frondée en petits pois, l’état du plancher, cela peut arriver. Il faut une constante attention, armé de patience et de douceur, sinon le drame peut éclater. La deuxième partie du hogar se trouve à San Antonio. C’est la grange Mama Marquarita, nommée ainsi en l’honneur de la mère de Saint Don Bosco. Elle se situe à plus ou moins 5 kilomètres du hogar. C’est l’endroit où se trouve la fraisière, le poulailler qui compte cinq cents pondeuses ainsi que l’élevage de plus où moins cinq à sept cents poulets pour la consommation, sans oublier nos canards. Sur le terrain, nous cultivons tomates, maïs, betteraves et légumes. Ce sont les plus grands, une vingtaine, qui sont responsables de la culture et des soins aux poulets sous la surveillance de boliviens et de l’aide d’un bénévole, Sylvain. La fraisière nous prend beaucoup d’énergie surtout que des petits vers ont élu domicile dans les racines. Ils semblent apprécier la saveur de nos plants. Ces petits vers vont-ils venir à bout de la résistance de notre directeur ! Un certain soir, j’ai cru que oui. Marchant tous les deux pour aller souper, il me dit : - Françoise, je n’en peux plus je ne sais plus quoi faire ! Il semble au bout du rouleau. Je me trouve encore dans de beaux draps, je n’ai pas seulement le hogar sur les bras, j’ai aussi le directeur qui est malade et semble très dépressif. Coïncidence, Georges est de passage au hogar, ce jour-là. Je lui demande son aide ainsi qu’à Sylvain, j’ai trop de charge sur les épaules. Je demande l’aide de Sylvain et d’un autre bénévole canadien malgré que j’aie dis au directeur que le tout restera entre Georges, lui et moi. Cela pourrait être un reproche de la part de certain. Mais quand on voit son prochain dans le trouble et qu’on en souffre, on n’est pas capable d’apprécier la portée de cette contradiction. J’ai besoin de soutien, c’est là l’utilité des vrais amis, non ? Allons-nous trop vite en besogne ? Les fraises, l’agrandissement du hogar, les pondeuses qui vont bientôt produire tout comme les tomates et l’école qui commence le 29 janvier. Les enfants sont rentrés tranquillement de leurs grandes vacances. Tous ceux qui avaient de la famille devaient aller dans la famille. C’est une règle des hogars. Nous savons que les enfants se trouvent pour deux mois dans des situations très souvent précaires sans eau, sans électricité, sans nourriture trois fois par jour, où sous des toits tellement exigus, qu’ils sont trois ou quatre dans le même lit, si lit, il y a, mais l’enfant ne doit pas oublier ses racines, cela pour moi, il y va de sa survie. Nous ne sommes pas éternels. Nous sommes seulement là pour les aider du mieux que nous le pouvons. Les places disponibles sont comblées en seulement une semaine. Je vais vous présenter les nouveaux de cette année. Première famille, de Los Negros, c’est un village qui se trouve à deux heures de route en voiture, la famille Rojas Rosas qui compte 6 enfants. Les trois frères Rojas Rossas : Cesar Luis, 12 ans qui entrera le 28 janvier, Fredy, 7 ans et Limbert 5 ans entrent le 21 janvier. Ils sont orphelins de mère. Il y a encore deux autres enfants dans cette la famille. Le père très pauvre mais bon travailleur, ne peut subvenir aux besoins de toute la famille. Il rassure ses deux fils en leurs disant : - Écoutez bien ! Soyez sages comme à la maison! Je reviendrai la semaine prochaine avec César. Les larmes aux yeux, des fortes accolades papa Guido Rojas regardant tendrement ses deux fils d’un pas lent au début, puis accélérant, il quitte le hogar. - Ne vous en faites Monsieur, ils seront traités comme mes enfants. Partez en paix Que je lui dis en l’accompagnant jusqu’à la sortie. Ces deux garçons ont chacun dans leurs mains, un sac de plastic, dans ce sac, il y a tout ce qu’ils possèdent, un pantalon troué, un ou deux t-shirts tout aussi abîmés que le pantalon, un chandail, le carnet scolaire, un crayon à la mine neuf et un cahier. Ils sont ici pour l’école premièrement. Papa Rojas veux faire de ses trois fils, des garçons instruits cela est bien clair avec eux. - Tu dois bien travailler à l’école, Limbert, toi aussi Fredy et toi César, tu dois aider tes frères ! Les liens familiaux semblent très forts dans cette famille. Ce père doit aussi jouer le rôle de mère, donner beaucoup de tendresse à ses enfants, il leurs en donne, cela est certain, cela se lit dans leurs yeux remplis de tristesse. Par la main, une volontaire accompagne les enfants pour la visite du hogar. Chacun reçoit son lit respectif. Fredy et Limbert sont dans le même groupe, des plus petits, donc dans le même dortoir, ce qui rassure, ce petit bout de Limbert. -Oh je serai avec toi Fredy ! Un sourire magique s’ouvre, montrant ses petites dents déjà toutes abîmées, allumant deux petites étoiles dans ses yeux encore mouillés de larmes. Deuxième famille de Postervalle Postervalle est une ville située en plein cœur d’une montagne. Le trajet qui relie Postervalle à Vallegrande demande pour le moins, 6 heures, s’il n’y aucun obstacle sur ces chemins tortueux. La route pour Postervalle est particulièrement belle. Elle serpente les flans de montagne les plus abruptes. Chaque courbe peut nous surprendre par un âne mal stationné, deux ânes s’embrassants calmement, des côchons trottinants clopin-clopant, des poules intrépides, des chevaux en perdition, des cyclistes zigzagants sous l’effort d’une montée ou d’un ruisseau impétueux qui peut tout simplement couper la route. La famille Figueroa se présente avec trois garçons orphelins de père qui est décédé, suite à une hépatite. La mère ne peut subvenir aux besoins de la famille qui compte 7 enfants. Arturo 5 ans, Roly 8 ans et Roger 12 ans entrent dans le hogar, le 28, quelques jours avant la rentrée. Un seul sac contenant leurs vêtements était dans la main d’une femme, un peu timide, gênée de nous laisser ses fils. Elle fait la visite des lieux avec ses enfants qui s’énervent. Arturo commence à pleurer, je confie, les deux plus jeunes à Marytza, elle est l’encargada du groupe des plus petits. Je m’éloigne doucement avec leur maman qui aussi commence à verser quelques larmes. Je lui dis doucement en la serrant dans mes bras : - Je sais que c’est difficile pour vous et vos enfants. Nous allons bien nous occuper d’eux. Partez maintenant, Arturo s’est calmé, dites au revoir à Roger. La mère et le fils s’embrassèrent. - Tu diras bonjour à tes frères - Que le vaya bien ! De lui répondre à sa mère, qui franchit le seuil de la porte tout en larme. -Tranquillisez-vous, ils seront bien, ils seront comme mes enfants. Un petit sourire apparaît très doucement sur son visage. Nous voici avec trois enfants de plus. Adrian Escobar se présente cette même journée. Il est accompagné de sa mère qui est muette, ainsi que de sa tante. Il se présente avec le certificat de décès de son père, certificat de naissance et de baptême. Ils s’étaient informés avant de se présenter. Abraham Diaz, le frère d’Yvan, se retrouve avec nous, car nous avons besoin de garçon plus âgé, pour cette petite main d’œuvre, à Mama Marquarita. Abraham a 14 ans, il est orphelin de père, il est de Mairana, il rentre au hogar le 30 janvier, tout comme Jaime Panozo, un autre de 14 ans, pour Mama Marguarita, il est de Masicuri ainsi que Fernando Reyes. Un échange est fait avec un hogar de Santa Cruz : deux orphelins totals nous sont envoyés, en échange de deux places pour des enfants que nous avons de Santa Cruz. Il faut commencer tranquillement à réorganiser nos résidents de façon claire, mais nous possédons plusieurs enfants, anciens, il faut leur trouver des places disponibles sinon, ils restent avec nous. De cet échange, les frères Cuellar se joignent à notre famille. Les frères Herrera Tumiri, Angel et Valentin, rentrent le 30 de Pucara. Ils sont orphelins totals. C’est l’oncle et la tante de ceux-ci, qui les ont inscrits au début du mois. Je dois descendre à Santa Cruz pour présenter le relevé mensuel de Janvier ainsi que pour obtenir mon visa de missionnaire pour l’année. Cela me demande deux jours. Je repars de Santa Cruz avec trois enfants orphelins de père les trois frères Villca. Le voyage, avec ces petits, fut très silencieux, aucun n’osait parler. Ils se questionnaient intérieurement. Que va-il m’arriver ? La liste s’est allongée, nous avons 17 enfants nouveaux. Il y en aura sûrement d’autres, car il y a toujours des urgences. La porte n’est jamais bien fermée. Je dois revêtir mon cœur de pierre pour dire à tous ceux qui se présentent, non, il n’y a plus de place. - Por favor, faite une place pour mon petit, il peut dormir avec un autre, il peut dormir sur le plancher ! - Non je vous ai dis que non ! Oui, il pourrait dormir sur le plancher, mais nous devons aussi, vivre et manger, nous ne pouvons faire plus que maintenant, peut-être l’an prochain. C’est la répétition de cette scène durant deux, trois semaines. Des familles désolées qui repartent insatisfaites, et moi, je dois me ramasser, car je voudrais donc en aider plus. Le hogar est au complet. L’école commence le 30. Pour ne pas être au dépourvu, comme les années passées, il faut faire beaucoup de planification, de soumissions pour l’achat des livres et de tous les effets scolaires. Térésa est la responsable de ce créneau, éducation. Il y a plus de livres nouveaux à acheter car en Bolivie, c’est la réforme scolaire qui commence. L’application du système de points tel que vécu, l’an passé, est conservée mais me parait un peu ardu, puisque cela ne fait pas partie de mes attributions, je laisse couler. Chaque enfant a un sac à dos. De bons sacs à dos, je le sais, car je les ai achetés, l’an dernier pour Noël. Je savais bien que je devais prendre un sac durable, résistant. La preuve, tous les sacs achetés sont encore là. Lors de la dernière révision des enfants, les enfants étaient tous, au centre du hogar, bien en file, en silence. - Que celui qui n’a pas de sac-à-dos lève la main ! Nous prenons note des noms que de ceux qui réellement n’en possèdent pas. Si c’est un nouvel arrivant probablement que c’est la vérité, mais un ancien, a rapidement, a répondre à cette question : - Tu étais ici l’an dernier ! Alors, tu as eu ton sac-à-dos. Tu l’as perdu ! Eh bien cherche-le ! -Avant de partir en vacances, je l’ai laissé ici, maintenant, je ne sais plus ou il est! Voilà la réponse à l’énigme des sacs remplis de sac-à-dos. Les sacs-à-dos avaient été ramassés avant le départ des enfants en vacances, pour ensuite être entreposés dans la réserve du linge. Claudia, responsable de cette réserve, m’avait parlé de ce sac. Je mets ce point au clair, sous un tumulte grandissant. - Silence ! De crier Juan Cargo, le responsable des grands. - Mon sac était brisé ! De répliquer quelques-uns. C’est le tintement d’une cloche, l’heure de dîner. Ouf ! Pour une fois, je peux dire : Sauvée par la cloche ! Les sacs sont finalement retrouvés, vérifiés et réparés par Grégoria et Roxanna, les employées responsables de la propreté du hogar. Pour celles-ci, le travail est un peu plus ardu. Je m’explique. Cela est très normal, les enfants sont revenus de vacances avec des vêtements déchirés et sales. Ils ont repris leurs mauvaises habitudes. Il faut s’armer de patience et tout recommencer. Nous voici donc, au grand jour de la rentrée. En avant les garçons, sac d’école au dos, bien propre, dépouillés pour espérant au moins, un mois. Placés en file, pour l’inspection. L’inspection JOUET. Chaque enfant est soigneusement inspecté, sac d’école, les poches de pantalon, l’intérieur de la casquette et même l’intérieur des manches de leur chemise. Vous ne pouvez pas vous imaginer les moyens que ces petits peuvent avoir dans leur tête pour cacher un petit jouet. Une petite auto, pour ce hogar, c’est un petit trésor, de l’or en barre, car elle se dissimule facilement, mais avec les années, je commence à connaître, les astuces de ces énergumènes. Il y a un certain Mario, qui croit m’avoir. - Tu n’as pas de jouet, pas de billes, pas d’auto ? Quand je pose la question, je regarde toujours l’enfant dans les yeux, se sont eux qui me disent se le petit dit la vérité. L’éclat des yeux n’est pas le même où tous simplement changent de direction quand un petit mensonge tente de passer. - Non ! Je n’ai pas de jouet! Mais en disant cela ses yeux se sont abaissés. Je le regarde bien, lui repose la question en ajoutant, cette fois : - Si tu as un jouet, il te sera confisqué durant une semaine, c’est bien clair ! Il passe à l’inspection, je remarque un bout de bâton, dépassant de sa manche de chemise. Eh bien oui, c’est une petite auto, attachée au bout d’une ficelle, celle-ci reliée à un petit bâton. Les enfants raffolent de tirer ces charmantes voitures, au bout d’un bâton. Devant tous, le jouet est retiré à Mario qui se voit donc sans son jouet pour une semaine. - Dernier avertissement ! Si je trouve encore des jouets, ils seront confisqués, ceux qui en ont, peuvent encore les remettre dans leur casier. Surprise ! Il y a quelques jeunes impétueux qui sortent de la file, qui se rendent rapidement à leur casier, enlève leur petit trésor. L’école n’est pas le lieu pour jouer, c’est pour travailler. Les portes de hogar s’ouvrent tel des fourmis, nos petits bonshommes partent dans les rues de Vallegrande, ces dirigeants vers leurs écoles respectives. Trois bénévoles les accompagnent, ils les aideront de leur mieux le temps qu’ils soient présents avec nous. J’ai bien marqué dépouiller. Quand les enfants reviennent de la campagne, ils nous arrivent tous dans un état lamentable. Une bénévole les accueille, les soigne, les nettoie car ils n’ont pas cette chance d’avoir tout le confort du hogar dans leurs demeures. Traitements pour les parasites pour tous, contrôle de la maladie de chaggas, coupe de cheveux pour certains surtout des soins pour la peau, mais cette peau se rétablira très vite se sont des enfants qui ne demandent qu’un peu plus d’attention. Étant donné que l’agrandissement du hogar n’est pas entièrement terminé. Les enfants sont entassés dans leurs chambres. Cela semble, certains jours cauchemardesques, surtout quand il pleut. Imaginez-vous, 30 garçons de 10 ans dans une même chambre à faire la fête quand il pleut, dans quel état peut se retrouver cette chambre si un encargado n’arrive pas à mettre l’ordre et le calme à temps. Ce qui arrive, arriva. C’est la dispute, la bataille. CELA EST INTERDIT dans le hogar. Tu respectes ton copain sinon les deux sont punis. Ah oui, les punitions : Comment punir un enfant qui décide, qu’il est roi et maître dans la maison, sans le déshonorer. Car oui l’enfant est roi et maître, mais doit être un bon roi. Un coup de balai sur le plancher, une corvée de patates, d’oignons ou de tout autres légumes, nettoyage d’une chambre bref, tout genre de petits boulots à sa portée et qui a rapport au bien-être de la vie au hogar. Mais avant d’entreprendre sa punition il doit s’excuser, mais oui, chacun a le droit à l’erreur, il peut la corriger. Le premier pas est l’excuse et le tout en se regardant bien dans les yeux avec une poignée de main franche. Il doit passer par le même chemin, s’il manque de respect à un encargado ou un bénévole. Chacun a droit au respect. Il y a des fois ou cela peux sembler humiliant d’attendre qu’un petit homme s’excuse, car vous pouvez imaginer que cela ne se fait pas spontanément. Il faut s’armer de patience, trouver les paroles justes pour faire vibrer le coeur ou la raison endurcie de celui-ci. Un moyen certain, la douceur, la douceur, la douceur et encore la douceur rien ne résiste à la douceur. Du coté éducation, l’enfant au début des classes reçoit ses effets scolaires, il en est le responsable. Un système de valeurs est instauré, pour permettre à l’enfant de prendre conscience de sa responsabilité. Si tu fais bien des devoirs, tu reçois des points, tu écoutes bien, tu reçois des points. Il en reçoit aussi pour la présence, la gentillesse envers tes copains. Avec ces points accumulés, il les échange pour des effets scolaires, vêtements, souliers au besoin. Eh oui, rien n’est gratuit au hogar, rien n’est gratuit dans la vie l’enfant le sait, sinon il doit travailler pour gagner ses points essentiels à l’achat des effets perdus ou trop usagés. Tout semble bien clair pour un bon début d’année. Les enfants sont là, les encargados aussi sans oublier, les bénévoles présents pour quelques semaines, leurs aides sont bien appréciés et remerciés. Je dois me rendre à Santa Cruz, une autre fois, c’est comme cela, disons que je prends mes jours de congé. Car chaque bénévole a droit, à un jour de congé par semaine. Mes journées sont gardées en réserve, pour mes fréquents voyages à Santa Cruz, direction oblige, 8 heures d’autobus, cela n’est pas de tout repos, mais change le mal de place. Février commence. Voilà déjà un mois que je suis ici, les journées passent vite avec tout ce boulot, mais les soirées et les nuits peuvent être bien longues loin de ceux que l’on aime. Nous avons convenu, mon mari et moi, de nous appeler, les fins de semaine, comme cela les comptes téléphoniques seront moins élevés, et la nostalgie d’entendre une voie familière, m’enlève un peu moins d’énergie. J’ai vraiment besoin de toutes mes énergies pour passer au travers de tant de boulot. Ce n’est pas qu’il soit fatiguant physiquement, c’est plutôt moralement, intellectuellement que cela peut-être plus difficile. Les appels téléphoniques sont quelques fois des gobeurs d’énergie que je préfère éviter, quand je sens que l’interlocuteur est triste, au bout de la ligne, que je suis responsable de cette tristesse. Un autre voyage à Santa Cruz les 5, 6, et 7 février est encore nécessaire, pour la carte d’identité, recours à la préfecture pour essayer de corriger les impôts payés en trop, pour le mois de janvier. Toutes les coordonnées sont bien entrées, c’est à la préfecture, de corriger les erreurs, mais nous croyions que c’est peine perdue. À mon retour, je retrouve un climat malsain qui c’est installé entre les deux responsables du nettoyage du hogar. Pour régler la situation, je leur demande carrément : - Pour ne plus avoir de discussion entre vous deux faudrait-il construire un mûr, à la moitié du hogar ainsi l’une et l’autre ne se verrait plus, vous êtes des adultes, vous êtes ici pour les enfants. Que chacune fasse son travail, sans penser à regarder si l’autre fait son travail. Cette partie de travail est la mienne, s’il n’y a pas d’amélioration, nous pouvons toujours envisager un changement de personnel. À chaque jour, il y a des femmes qui viennent, cogner à la porte pour du travail, cela ne sera pas difficile d’effectuer des changements, si nécessaire. Je ne laisse pas de place aux discussions, les deux semblent avoir bien compris. Nous avons fait une autre division de tâches, éloignant un peu l’une et l’autre, mais chacune sera responsable du nettoyage des toilettes, c’est le point crucial des désaccords. Oui, il y a des nouveaux, les nouveaux ne sont pas habitués aux toilettes. Il y a des fois que la chasse d’eau n’est pas toujours tirée, que le papier est mis dans la toilette et non dans la corbeille à papier, occasionnant des toilettes bouchées. Il y a même des enfants qui ont probablement peur de cet engin bruyant. Il s’agit de se mettre un peu dans la peau d’un petit bonhomme qui pour se soulager, allait tout bonnement dehors, dans la nature, sans prétention, cela était pour lui naturel. Le voilà avec de nouvelles règles. Pour ses besoins primaires, l’enfant doit aller à la toilette. Dans ce cabinet, qui peut lui faire peur, il est tout seul, et oh désastre, que c’est bruyant quand l’eau s’en va. Dans sa petite tête, il peut se demander, si lui aussi ne va pas partir avec cette eau sale. Il faut arriver à parler à tous ces nouveaux, et pourquoi pas aux anciens cela leur renouvellera la mémoire qui certaine fois est défaillante. Savez-vous qui fut l’élu pour cette réunion, qui c’est tenu au milieu de patio, du hogar. Oui Yasmani, car il a vraiment le moyen de parler avec les enfants sans les déshonorer. Il ne faut pas qu’un enfant soit la risée devant tout les autres. Les plus vieux se rappellent probablement comment ils étaient quand ils sont venus la première fois. Chacun a droit à sa chance et doit prendre de bonnes habitudes, mais cela demande de la patience. Cela fait seulement deux semaines qu’ils sont avec nous. Ils ont tellement à apprendre qu’il y en a, le soir qui pleure, car il y a trop de changement, leur famille leur manque. Ce sont les semaines, les plus difficiles pour tous, même pour les bénévoles. Douceur, douceur, patience, AMOUR, AMOUR, AMOUR ! C’est avec cela que tout rentrera dans l’ordre. Nous envisageons aussi, l’achat d’une autre machine à coudre, seulement quand nous aurons l’argent pour le pouvoir. Les femmes boliviennes semblent très rancunières, je dois me mettre sur mes gardes. Chacune veut se mettre à la machine à coudre, car c’est une pièce isolée. Je me vois donc en rôle de policière, pour un jour ou deux, sur cette pièce. Je peux être maligne comme un singe, vous savez. Eh ! Bien, et de une et de l’autre, les deux ont été prises sur le fait : dormir au travail. Une autre règle, il y a des fois que je me prends pour une geôlière, donner des règlements supplémentaires pour chaque occasion qui se présente. - Cette porte doit restée ouverte, mais vous devez faire attention que les enfants ne rentrent pas dans la pièce. Vous voyez ! Vous avez maintenant deux fois plus de travail ! Le 14 février, quelle fête croyez-vous qu'ìl y a en Bolivie ? Mais non, vous n’y êtes pas du tout, ce n’est pas la Saint Valentin ! Mais, c’est la Saint-Valentin dans mon cœur, dans celui de mon amour, dans celui du cœur de ceux que l’on aime et qui sont loin. Il y a le fax, tant mieux, c’est à celui qui va envoyer son fax le premier. Je fus la première, car je l’avais préparé la veille. Je n’ai jamais eu cette patience de garder un cadeau pour une journée de fête. C’est toujours préparé de longue date, c’est meilleur, cela fait durer le plaisir. C’est aussi la journée, la plus triste, pour moi. Les enfants s’en rendent compte. -Françoise, tu es malade, tu semble bien triste aujourd’hui ! Orgueil ! Fichu orgueil ! Je n’ai pas dis aux enfants que je m’ennuyais de ma famille, de mes enfants. Ils auraient sûrement compris, c’est comme si je ne voulais pas, qu’ils s’aperçoivent que moi aussi je suis sensible, tellement sensible. Assez de sensibleries ! Il y a une autre chose qui arrive à grands pas. LE CARNAVAL, et soit dit en passant probablement, la finition de l’agrandissement, qui ne me semblera pas prête malgré la certitude du contacteur, mais j’ai toujours espoir. Il y a toujours un espoir que je garde bien vivant. Celui de trouver la perle rare. Cette perle, qui sera le chef des employés boliviens ? Le chef des animateurs celui qui pourra me donner ce coup de main qui est vraiment nécessaire, car je ne sais plus certains jours où donner de la tête, tant il y a de priorité. Les enfants vous devez commencer à le savoir, je vous l’ai souvent écris se sont pour moi les enfants. Mais il y a des bénévoles qui demanderaient un peu plus d’attention, de soins, sentir qu’ils sont bienvenus avec nous. Ils voudraient peut-être se faire chouchouter comme je chouchoute les enfants. Le temps que j’aie à leur disposition, serait le soir. Mais le soir, je suis crevée, épuisée, exténuée, je crois que vous avez compris que je ne tiens pas tellement à faire la fête, à manger des gueuletons avec vins et parlotes, ce que je veux c’est mon lit, ma musique calme, musique de mort, comme disent les enfants, quand ils entendent quelques notes de mes C.D. Je sais que je peux m’attirer les foudres de certains, mais je suis comme cela et pour le moment, je me fou carrément de l’état d’âmes des autres. J’ai les miens cela me suffit largement. Le 20 février, au matin, de retour de Santa Cruz, j’aperçois un visage inconnu qui parle avec l’animateur des plus grands. Qui est-il ? Que fait-il, ici, à Vallegrande ? C’est un animateur péruvien, qui a déjà passé cinq années, au hogar Don Bosco, Il cherche du travail. Certainement qu’il y du travail, chez nous. Nous verrons bien avec le temps, de quel bois est fait cet homme, un peu grassouillet, avec une grande balafre au visage. Son nom est Angel Infantes. Dans ma tête, je me dis encore un de Santa Cruz, du hogar Don Bosco, pourquoi les anciens animateurs de ce hogar viennent-ils presque tous frapper à notre porte ? C’est vraiment avec le temps que je verrai, si cet Angel, est ma perle rare, cette aide tant demandée dans mes prières quotidiennes. Je le mets au travail, à toutes les sauces, comme je pourrai dire. Je veux voir rapidement, de quoi il est capable. Je suis depuis quelques temps revenue au hogar, pour y dormir. Je suis plus à l’aise, près des enfants, surtout que le matin, je n’aurai plus à me lever, 30 minutes plutôt, pour aller à la messe. Je serai déjà là, cela est une économie d’énergie très appréciable pour ma part. Il y a probablement des bénévoles, un directeur qui ne seront pas entièrement d’accord avec ma décision, mais je pense à moi, pour une fois. Je suis donc le soir au hogar, je peux donc parler avec cet Angel, qui lui aussi a trouvé une petite place pour dormir dans un petit coin du hogar. Chaque recoin, trouve preneur, s’il n’y a pas de lit, nous trouvons toujours une autre solution de rechange. En voici une petite, seulement, si cela vous intéresse ! Je crois que oui, un livre, c’est fait pour informer, je vais donc essayer de ne rien oublier. Nous avons plusieurs enfants qui sont frères, je ne vois, pour le moment présent, pourquoi deux frères qui sont dans la même chambrée, ne pourraient pas dormir ensemble, le temps que le problème des lits ne soit pas résolu. Le problème des lits est celui-ci, nous avions dit au départ, que nous avions 15 places de disponibles nous sommes rendus avec 22 nouveaux, car Daniel Negrete, orphelin complet, a trouvé refuge chez nous, le 11 février, ainsi que Carlos Vasquez, orphelin de mère, le 23 février, sans oublier Clemente, le frère d’une cuisinière dont la mère est décédée au cours du mois de ce janvier. Il nous manque pour l’instant quelques lits, j’irai à cette cueillette dans mes temps perdus, où plutôt, quand j’ai des éclairs de génie qui m’indiquent à quelles portes devrais-je frapper. Chez Mama Nellie, l’ancienne directrice du hogar qui demeure, en face du hogar, où à la paroisse, on ne sait jamais, si un lit traînant dans une pièce pouvait peut-être trouver preneur. Me revoici donc le premier soir avec cet Angel. Il vient gentiment s’asseoir près de moi, par ce beau soir, attendant que tous les enfants soient bien endormis. Nous discutons du travail, de sa vie, de ma vie…… - Comment as-tu trouvé mon travail aujourd’hui ? Me demande-t-il - Il me faut du temps pour vraiment voir ton travail. Je ne donne aucune réponse là-dessus, seulement, après une journée de travail. Je dois observer pour commencer, mais tu me sembles bien avec les enfants, cela parait que tu as déjà travaillé avec eux. Tu sembles bien te tirer d’affaire dans toutes les situations que je t’ai mise. Je n’ai pas terminé de te mettre à l’épreuve, cela tu peux en être rassuré. -Je veux te donner toute satisfaction, faire tout ce que tu voudras, cela tu peux en être rassuré. Je suis ici, pour travailler, j’ai une famille, je dois envoyer à ma femme une pension alimentaire régulière, cela compte pour moi. Je veux te donner toute ma confiance. - Je te fais confiance entièrement. J’espère que je ne serai pas déçue, car plus d’une fois, j’ai fais confiance à des boliviens et j’ai été royalement déçue. Oui, je te répète, je te fais confiance. Ne me déçois pas. Sur cette première conversation nait ainsi, une amitié franche, loyale. CHAPÎTRE 16 L’ILLUMINATION DE JEAN-CLAUDE À la fin février, ce sont les vacances de mon mari. Il les passe en faisant de ski, au chalet loué par sa sœur, à Sainte Adèle. C’est son sport préféré, l’hiver. Il me donne le compte rendu de ses journées par fax, je sais qu’il aimerai que je sois avec lui, mais, je suis encore ici, dans cette Bolivie impétueuse que j’aime. Oui, j’aime mon travail, j’aime mon mari aussi cela vous pouvez en être certain. Un certain soir, il me téléphone, me questionne : - Françoise, quelle est ta date de retour parmi nous ? - Je te l’ai dis, j’ai acheté un billet aller seulement, je retournerai, cette fois-ci quand mon travail sera terminé, pas avant ! Il lui a fallu presque deux mois, pour me poser cette question, mais d’où vient cet intérêt pour ma date de retour. Qu’est-ce qui a bien pu lui donner ce courage pour poser directement la question ? La conversation se termine, très rapidement, par un petit : Je t’aime ! Dis tristement, très tristement. Je sais
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qu’il pleure. L’amour est cruel, tellement cruel, mais j’ai une mission que je veux terminer, elle n’est pas terminée, je ne sais quand elle le sera. L’an dernier, quand j’étais au Canada, tous les jours, je priais pour avoir l’argent nécessaire pour retourner en Bolivie. Pour que mes prières soient plus concentrées, je les écrivais. Oui, je les écrivais, de cette manière, mes idées étaient seulement reliées, à la prière. Je me donnais ce moyen de concentration, sinon, je partais trop facilement en voyage avec les enfants du hogar, j’étais trop souvent, en pensée avec eux, je voulais tellement les rejoindre, pour les aider. Ce moyen d’écrire mes prières, la notation de tous les rosaires, le temps inscrit pour chacun, était inscrit dans des cahiers. Dans tous les restes de cahiers que je possédais. Il y a même des prières que j’écrivais sur des feuilles immaculées que je faisais brûler ensuite pour que la fumée se rende jusqu’aux cieux. Je voulais de l’aide de là-haut ! Je rassemblais toute ma foi que je pouvais pour envoyer mes messages à Dieu, à Marie. N’ont-ils pas dit : Demandez et vous recevrez ! Je Leurs fais confiance, je Leurs demande donc leur aide. Dans le livre enquête sur l’existence des anges gardiens, il est questions de prières et de nos demandes. Je crois en mon ange gardien, est-ce de lui que m’est venue cette idée d’écrire mes prières, Lui seul le sait. Ces demandes furent donc inscrites dans les dits cahiers. Jean Claude a trouvé ces cahiers. Lui ne demandait plus rien à Dieu. Il le rendait responsable de mon éloignement, maintenant, il semble vouloir faire le contraire, il Lui demande que je le rejoigne, il a peur que je reste à tout jamais dans cette Bolivie, loin de lui. Je laisse mon mari pour vous remettre dans la vie du hogar, car nous sommes en pleine préparation de carnaval. Il y a déjà quelques balounnes d’eau qui osent éclater dans notre résidence, et ce, avant les dates prévues. Les enfants raffolent de ces petits plastics multicolores qui explosent, qui éclaboussent tous ceux qui ont le malheur où le plaisir d’être dans la ligne de tir de ces dites boules d’eau. Cela engendre déjà des cris et quelques discordes innocentes, mais que sera ce carnaval. J’en ai entendu parler mais je ne l’ai jamais vécu comme tel, encore une nouvelle aventure à mettre à mon palmarès. Le secrétaire du maire se présente au hogar. Un événement de choix pourrait avoir lieu à Vallegrande, présentation de chevaux de race, un lipizan ainsi que deux d’Arabie gagnants de célèbres courses. Ils auraient besoin de notre terrain de jeux qui est clôturé sur lequel il y a une habitation désuète, mais qui conviendrait pour deux nuits. Les dates sont le 24 et 25 février, pour moi, c’est d’accord mais tout doit être proprement nettoyé, car c’est le terrain de jeux des enfants, l’habitation, la salle de classe pour la première année. Tout est convenu, les enfants prêtent le terrain de jeux, aucun n’aura droit de présence en ces lieux-dits pour deux jours. Pour certains, il y a un peu de réticence, où pourraient-ils bien jouer au soccer, car une journée sans soccer, cela serait un drame majeur pour ces enfants. Il y a un autre terrain de jeux, et pour une fin de semaine, les animateurs devront penser à planifier des sorties à l’extérieur, rien de bien compliqué, un peu de changement sans plus. De toute façon, Angel qui est maintenant le responsable des animateurs, a là une occasion de nous montrer ses talents d’organisateurs. Il y a bien certains petits téméraires qui essaient de rentrer, côté du terrain de jeux par l’escalade des murs, mais se font enguirlander par des reproches, étant pris en flagrant délit de désobéissance. Ces pauvres petits curieux se voient maintenant chargés d’une petite corvée familière, balayage, nettoyage où épluchage des légumes, à vous de choisir ce qui vous convient ! Le 24 après-midi, quelques galops se font entendre, je suis au hogar, je me précipite, à la porte, devant moi trois superbes bêtes, racés et magnifiques. Je crois bien que se sera mon carnaval. J’ai droit à la pratique du lipizan blanc devant le hogar : les cabrioles, les sauts, le trot, le galop, les pas de danse. Joselino, un des plus petits du hogar est avec moi. - Regardes bien Joselino comment fait le cheval, remarques-bien le cavalier, il ne le frappe jamais. Le cheval obéit, dès le commandement, n’est-il pas magnifique ! - Oh Oui ! Il écoute bien, c’est super ! Nous avons eu droit, durant presque une semaine, au spectacle de Joselino, qui marchait comme le cheval, sautant, arrêtant, tournoyant exactement comme celui-ci. Son spectacle était aussi beau que celui du cheval. Quand le dimanche après-midi, le même spectacle fut présenté à la population de Vallegrande pour Joselino et moi, cela fut une reprise, durant le spectacle, je fus le cheval, car j’avais Joselino sur mes épaules, pour qu’il ne manque rien de ces superbes chevaux, Nous avons eu en retour quatre ballons de soccer. Je sais que je peux faire appel à Sherry et Fernando Morales pour me dépanner en cas de besoin, cela pour moi, est un atout dans mes mains, j’ai confiance en eux. Ils ne me laisseront pas tomber, si je fais appel à eux. Pour le carnaval proprement dit, chaque école doit élire une reine. Un défilé est organisé, suite à celui-ci, Miss Carnaval est élue. La femme-objet a une grande place, même pour les plus petites, à chacun ses coutumes. Le hogar n’a pas de fille, mais nos enfants sont éparpillés dans six écoles, si je ne me trompe pas. Le défilé a lieu le vendredi, c’est un peu le lancement des festivités. Chaque école y va de son imagination, avec les pauvres moyens financiers qu’elle possède, disons à peu près, rien. La présence des bénévoles n’est pas obligatoire, car c’est le temps de repos, l’après-midi, pour la plupart de ceux-ci. Ils sont demandés pour une participation, mais avec qui aller, surtout avec quelle école aller, pour ne frustrer personne. - Françoise, la tortuga, tu vas venir avec notre école ? Me demandent les enfants, tant qu’ils n’ont pas de réponse. Je dois me faire une idée, participé avec eux à leur carnaval. Je vais donc aller à l’école qui compte le plus d’élèves de notre hogar, au grand désespoir des autres, ceux-ci comprennent malgré tout que je ne puis aller être à deux endroits en même temps. Je leur réserve une surprise. Pour moi un carnaval signifie déguisement. Les enfants me surnomment la tortuga, alors, je vais me déguiser en tortuga, en tortue. Une boîte de carton, recouverte de plastic, car je sais que je vais avoir droit, à quelques ballonnes d’eau, cela est certain, si ce n’est pas quelques unes se sera une avalanche de ballonnes. Comme je l’ai écris plus haut, je me suis bien dis que se serai mon carnaval, et tout ce que cela peut inclure, les douches, les danses, les plaisirs de jouer avec les enfants. Ce fut la douche, sous un soleil accablant, mon déguisement de tortue semble un fardeau, mais résiste aux tirs des bulles d’eau. Les enfants se font un délicieux plaisir de me lancer ces bulles de toutes les couleurs, mais une fois calmée, ces bulles sont pour les autres. Ils se sont rendu compte que je ne criais pas que cela ne me dérangeait pas, alors, il vaudrait mieux les lancer à ceux qui font plus de bruit. Mais les tirs ne doivent pas se faire à l’intérieur du hogar, dehors, dans la rue, sans manquer de respect à qui que se soit. Attention aux filles ! Aux personnes âgées ! C’est le temps du carnaval, et non le temps de faire la guerre. Tous doivent bien se comporter, sinon les réserves de ballonnes seront fermées. Nous mettons même une limite sur le nombre de ballonnes quotidiennes, sinon elles passeraient sûrement toute la première journée, le carnaval dure trois à quatre jours. Naturellement, il n’y a pas d’école, durant le carnaval. Nous devons occuper tout ce petit monde émoustillé. Des sorties à l’extérieur, des olympiades, concours de dessins de maquillages et pourquoi pas organiser notre propre parade, avec notre propre roi. Une brouette servira de trône, le plus petit des enfants sera notre roi, en fait, c’est plutôt, qu’il sera le moins pesant. Qui donc a eu cette idée géniale! C’est Angel, le sens de l’organisation, je crois bien qu’il l’a. Il a une idée, en un tour de main, c’est une réalisation. Il parle rapidement aux autres animateurs, ensemble, les résultats sont plus que surprenants. Notre petit roi est donc prêt, tout comme son trône, aux couleurs vives. La sortie est prévue pour le lundi après-midi, mais il pleut. Qu’allons-nous faire ? Il ne fait pas froid, de toute façon, nous serons mouillés par les bulles d’eau qui vont certainement pleuvoir. Contre vents et marées, contre la pluie et ses gouttes d‘eau, nous ferons ce qui était prévu au programme. Chacun trouve son déguisement, un t-shirt avec quelques dessins, des déguisements improvisés, tout est prêt ! Nous sortons, sous ma carapace de tortue, j’accompagne le groupe, tout comme les bénévoles qui sont présents, déguisés en clown, en âne, ou en bénévoles, simplement sans déguisement peu importe, nous allons nous amuser. Nous rencontrons des groupes, des bandas, qui ont leur propre musique, chaque groupe nous accompagne, nous laissant à un autre groupe, nous passons près de la place principale, où là il y a deux où trois bandas, chacun veux que nous entrions dans leur participation. Aux pas de danses, des rythmes, des chants, des cris de joies, de surprise, oui de surprise pour plusieurs de voir que le hogar peut aussi faire la fête que cela n’est pas exclusivement, pour les grandes personnes. Nous sommes tout mouillés, il y en a même qui osait tirer des bulles d’eau à notre roi, mais les plus grands le protégeait. - C’est notre roi ! Tu ne tires pas sur notre roi! Cette parole de ralliement a fait que notre petit fut protégé par tout le groupe du hogar, attirant ainsi la sympathie de quelques personnes. Celles-ci, le lendemain, se retrouvaient au hogar avec des salténias, de la musique. Le carnaval était lui aussi entré dans le hogar, par la grande porte d’entrée. Ce fut un carnaval formidable que jamais je n’oublierai, car j’y ai participé avec tout mon cœur, en entraînant avec nous, la population qui c’est rendu compte que nos enfants pouvaient être heureux comme des rois. Les sœurs de Yasmani sont descendues de Santa Cruz, je leurs ai passé ma chambre à la casa cuava, comme cela, elles pouvaient être avec leur frère, cela ne me dérangeais pas de partager, cette pièce qui était libre, qui servait uniquement pour m’éloigner du hogar, des enfants. Avec le carnaval, commence le carnaval des fax de mon mari. Chaque jour, il m’envoie un fax, court ou long, petits mots d’amour ou paroles de chanson, son amour semble refleurir, s’épanouir enfin il ose dire ce qu’il a dans la tête. Les Je t’aime se suivent entrecroisés des je t’embrasse. Sweet people fut le premier groupe complice des fax de Jean Claude par les paroles de cette chanson J’ai le mal de toi. L’avion décolle, je t’aime! Et atterrit, je t’aime! Il fait soleil, je t’aime! Le ciel est gris, je t’aime! J’ai le mal de toi. Les jours s’envolent, je t’aime! Seul dans la vie, je t’aime! Ces pas difficiles, je t’aime! Tu vis au fond de moi, et j’ai le mal de toi! Quand j’entends ta voie, au cœur du silence, malgré la distance Je sens ta présence qui ne peut mourir Partout ton sourire me poursuit sans cesse Et me laisse que des souvenirs Une chanson, je t’aime! Quelques flocons, je t’aime! Dans la maison, j’ai froid! J’ai peur parfois de te perdre! Un fax aussi plein de tendresse ne reste pas sans réponse, voici donc la mienne : Bonjour mon grand Jean Claude, Il a fallu quatre années de recul pour ma part, pour qu’enfin tu sembles débloquer, t’ouvrir, et affirmer tes sentiments. Parler de ses sentiments, c’est faire confiance à l’autre, de cette manière l’autre se sent utile. Tu m’as laissée partir, parce que tu m’aimais, parce que j’avais besoin de sortir, 20 ans, 365 jours par année dans la même maison, cela peut éteindre une personne. Tu semblais ne pas vouloir, tu as compris quand je t’ai dis, qu’un prêtre m’avait dit que tu étais possessif. Je me rappelle ta réaction, de ta figure, quand je t’ai dis cela. À ce moment précis, tu as compris, tu m’as laissée partir, tu as bien voulu me partager avec les enfants de la Bolivie. Tu m’as donné l’amour et la tendresse que tu as appris à donner, à recevoir. Si, j’en aurai voulu plus, c’était à moi de te le demander, pour moi demander, est très difficile. Je suis tellement orgueilleuse, quand je demande, cela des fois veux dire, que je manque de quelque chose, que je ne puis suffire à moi-même, que j’ai besoin de quelqu’un, que j’ai besoin de toi, cela a pris quatre ans pour que j’accepte cette certitude. Oui, j’ai besoin de toi, je suis une solitaire, indépendante, tête dure, m’ouvrir, c’est me sentir, c’est être vulnérable. Tu peux te poser la question, si tu le veux, tu auras pour ma part la même réponse. Oui, je t’aime, Comment ? Plus qu’hier, espérant moins que demain ! Oui je t’aime, tu es le seul homme de ma vie, je t’ai choisi et ce, pour la vie, ne l’oubli pas. La lettre que je t’ai envoyée sera une surprise. Il y a autre chose qui peux t’aider, j’aimerai que tu le fasses. Il y a des livres, à la maison, surtout le dernier, j’espère que Sébastien ne l’a pas échangé du Dalaï-lama, L’art du bonheur et aussi Le livre du bonheur de Marcelle Auclair. Prends le temps de lire, cela nous montre différents chemins où changements qui arrivent dans toute vie. Je prends soin de moi, si je suis fatiguée, il y a pas mal de gens, ici, qui s’en rendent compte, qui m’obligent à me reposer. Quand je suis fatiguée, quand je vais me coucher, je m’endors, je peux passer de bonnes nuits, les deux dernières furent de 10 et 9 heures de sommeil. Calmes-toi ! Je t’aime, je t’embrasse. Maintenant, que le carnaval est terminé, il faut faire place au mois de mars qui va être, le plus que chargé. Voici ce que nous réserve ce mois, la visite du Cardinal Julio, c’est un Vallegrandinois. Tous sont très fiers de lui. Ils veulent lui réserver une fête grandiose. Sa venue est prévue pour le 17. Le hogar pour sa participation au souper communautaire de tout Vallegrande, fait 500 petits pains. Ce sont les enfants qui font le pain, car notre boulanger, Augustin, nous a signé un papier disant qu’il ne voulait plus faire le pain, étant boulanger, cela était son travail, nous voici donc sans boulanger. Les cuisinières, nous assurent qu’elles peuvent très bien organiser leur temps pour que nous ne manquions jamais de pain. Le 22, la préfecture nous a dit qu’elle compte nous rendre visite. Le hogar doit donc être propre, tous les papiers, en règle, et pour terminer le mois se sera l’inauguration de l’agrandissement, qui semblera terminé. Notre directeur doit prendre quelques jours de repos avant l’inauguration. Il me demande d’envoyer les invitations à tous ceux qui nous ont aidés. Cela me donne encore un surcroît de travail. Je suis là, pour l’aider, qu’il aille se reposer et loin. Il va au Chili, avant de partir, il m’écrit un petit mot. Au moins, il m’a écrit quelques choses. Les discussions ne sont plus celles des premières années, il est très occupé avec la fraisière qui lui siffle, vraiment toutes ses énergies. J’espère qu’éloigner du hogar, il saura retomber sur ses pieds, se ressourcer un peu, il en a vraiment besoin. Il termine sa lettre en m’avouant qu’il est fatigué et dérouté, qu’il m’embrasse et me demande de garder le cap, que le bateau des enfants a besoin de son capitaine, de faire attention à ma santé. Il me laisse entre les mains, le problème d’une employée qui semble mettre l’animosité partout où elle passe. Quand celle-ci se rend compte que le directeur est parti, elle aussi semble ne pas se présenter au hogar. Sans nouvelle d’elle durant quatre jours, nous allons, Angel et moi, à la préfecture pour nous informer des mesures à prendre à son sujet. Puisse qu’elle n’a donné pas signe de vie, durant quatre jours, nous pouvons la mettre dehors, c’est une loi. Il est deux heures de l’après-midi, cette journée-là, à cinq heures de l’après-midi, elle nous arrive avec un papier du médecin, lui donnant trois jours de congé, mais à partir de cette même date. - Cela fait déjà quatre jours, que vous n’êtes venu travailler ! Cela sans le moindre avertissement ! - J’étais malade ! - Dès que vous étiez malade, vous deviez aller voir le médecin, nous amener un papier justificatif, celui-ci est pour les trois prochains jours, pour les quatre passés que pouvons nous faire. Rien ! Nous sommes allés voir la préfecture, qui nous a die que nous étions en droit de vous mettre à la porte. Plusieurs fois, vous avez été remise à l’ordre, aujourd’hui nous vous donnons votre dernier salaire et votre 4%, pour votre temps travaillé avec nous. Le problème est résolu de cette façon, il vous semble peut-être radical, je ne crois pas, car, je crois bien au fond que celle-ci voulait partir. Pour elle se fut la façon la plus directe pour arriver, à ses fins. Je dois faire un changement de portefeuille, si je m’en tiens à des termes politiques. Nous n’engagerons personne, pour la remplacer, nous allons faire avec les employés que nous avons pour le moment. Une aide-cuisinière va prendre le poste d’entretien. Les deux autres cuisinières m’affirment qu’elles peuvent subvenir à la tâche aux cuisines pour le moment. Cela nous fera des salaires de moins à payer. Nous avons quand même beaucoup d’employés. Les plus grands des enfants, pourront donner un coup de main à la boulangerie. Les animateurs devront faire preuve de plus de vigilance sur la question de propreté des lieux. La propreté du hogar doit être de rigueur, car nous avons toujours la visite de la préfecture, qui soit dit en passant, n’est pas encore définitivement cédulée. Nous sommes en Bolivie, cela ne l’oubliez pas. Les planifications sont toujours faites à la dernière minute, ce qui pourrait stresser quelques personnes. Les corvées des enfants doivent faites, disons à la perfection. Les casiers bien ordonnés, les chambres bien rangées et propres, la cuisine et la réserve de nourriture passent par une fumigation, pour éviter la présence de petites coquerelles qui s’infiltrent, à la moindre petite saleté. La boulangerie, aussi doit rester, plus qu’immaculée. L’infirmerie est désinfectée. Il y a un côté très positif, à cette visite de la préfecture, cela nous oblige à faire, un bon nettoyage, à prendre de bonnes habitudes hygiéniques. Cela est très difficile du côté bolivien, surtout, quand nous sommes dans un hogar avec 95 garçons de 6 à 14 ans. Il faut que je vous fasse un aveu ou une devinette. Croyez-vous que la préfecture c’est pointée le bout du nez, au courant du mois de mars ? Non, mais elle peut nous rendre visite quand cela lui semblera propice. Nous devons donc garder en tête, cette visite, c’est une question d’éthique pour celle-ci. Pendant que le hogar se tient propre, je dois faire la liste d’invitation, porter personnellement ces invitations aux destinataires. Je me mets dans la peau de la population de Vallegrande. Qui aimerait recevoir une invitation? Certainement il y a les amis, les commerçants, la radio car il faut que l’on sache que cet agrandissement fut permis grâce à l’aide du consulat canadien. Gladys est responsable de la décoration, Angel en charge de la planification de l’inauguration. Il n’y a pas seulement mon mari qui m’envoie des fax. J’ai eu le 13 mars, le plaisir de recevoir des nouvelles de mon garçon Stéphane. Voici ce que j’ai eu le bonheur de lire : Bonjour maman, j’espère que tout va bien pour toi, en Bolivie. Je t’écris ce court message, pour te dire que si tout va bien, pour Véronique et moi, nous serons propriétaire d’une maison d’ici deux semaines, et à la fin septembre, début octobre, toi et papa deviendrai grands-parents, si la grossesse de Véronique se déroule bien, je t’aime, Stéphane. Je lui réponds sans plus attendre. Bonsoir à tous les deux, je vous aime de tout mon cœur. Je pense à vous, même si je suis loin. Stéphane prend bien soin de Véronique, Véronique prend bien soi de toi. C’est un grand bonheur que vous me faites. Je vous mets encore plus dans mes prières, pour que vous puissiez avoir ce bonheur d’être parents. Je vous embrasse bien fort, tous les deux, Je vous aime, Maman Françoise. Il y a aussi mon mari qui a eu droit à un fax, cette soirée. Bonjour mon cher amour, Je suis installée à la casa cueva, loin du bruit, des enfants, je prends ce temps pour toi, pour enfin répondre à ton fax d’amour. Ces fax qui me remplissent de joies et me donne un peu d’inquiétude à ton sujet. Je ne voudrai pas que tu tombes malade, à cause de moi. Je te veux en pleine forme, prends soi de toi. Ici le mois de mars est très chargé, au point de vue travail. Le 17 sera la visite du Cardinal Julio qui est de Vallegrande, le 22, la visite de la préfecture, responsable de l’inspection des hogars, et pour terminer le mois la visite du consul du Canada en Bolivie, pour inaugurer la construction de la première partie de l’agrandissement du hogar. C’est grâce à ce consulat que ces travaux sont possibles. Le directeur est parti pour deux semaines au Chili, c’est pour lui le moyen de renouveler son visa temporaire, c’est aussi une vacance qu’il a bien méritée. Voici l’adresse de Martin, c’est le bénévole qui doit venir le 13 avril, tu peux le rejoindre à la paroisse Sainte Claire. Il fait soleil présentement, mais il y toujours quelques nuages qui se promènent, Je t’aime, je t’embrasse, salues tous ceux que j’aime, avec amour Françoise. Il y a aussi ma grande fille qui m’envoie de ses nouvelles le 15 mars. Elle a, elle aussi acheté une maison. Chaque oiseau trouve son nid. Ma famille reste unie, malgré mon éloignement. Sébastien finit par me donner signe de vie. Tel père, tel fils. Lui non plus n’est pas tellement loquace avec son père, mais ce problème est leur problème, j’espérai que mes distances leurs accorderaient le moyen de communiquer un peu plus entre eux, il ne semble pas avoir tellement d’atomes crochus entre eux. Le travail pour l’inauguration demande beaucoup de temps, qu’il faut mettre souvent les bouchées doubles. Yasmani est au petit soin pour Antje qui doit partir le 20 mars, son travail laisse un peu à désirer. Le relevé mensuel pour la préfecture me donne un peu de fil à retordre, je préfère avoir les difficultés maintenant, comme cela il peut quand même me guider sur les bonnes pistes de travail. Ce 20 mars au matin c’est à mon tour d’envoyer la première un fax à mon époux. Mon cher amour, Il y a des nuits qui me semblent interminables, ce fut le cas de cette nuit. Tu me manques souvent, c’est pour cela que je travaille tellement, ici, pour raccourcir ce temps qui nous sépare. C’est à mon tour de ne pouvoir te le dire, alors, je te l’écris. Bonne journée, mon grand, je t’aime, je t’embrasse. Cela n’a pas été long que je reçois la réponse. Il est 10.12 heures du matin, voici celui de cet être cher : IL Y A UN ANGE GARDIEN QUI RÔDE AUTOUR DE TOI..... Une pensée pour une personne spéciale : toi ! Continue de lire jusqu’à la fin de la page, n’arrête pas avant la fin de cette histoire et tu comprendras la nécessité d’avoir un ange à tes côtés. Deux anges arrêtèrent pour passer la nuit dans la maison d’une famille aisée. La famille était méchante et refusa que les anges demeurent dans la chambre d’amis de la maison. À la place, ils laissèrent les anges dormir dans une petite pièce située dans le sous-sol froid. Durant qu’ils faisaient leur lit sur le sol dur, le plus âgé des anges aperçut un trou dans le mur et le répara. Quand le plus jeune des anges demanda ”pourquoi” Le plus âgé répliqua” ? Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles “paraissent”. La nuit suivante, les deux anges arrivèrent pour se reposer dans une maison où les gens étaient vraiment pauvres, mais où le fermier et sa femme étaient très hospitaliers. Après avoir partagé le peu de nourriture qu’ils avaient, le couple laissa les anges dormir dans leur lit pour qu’ils aient une bonne nuit de sommeil. Lorsque le soleil se leva le lendemain matin, les anges trouvèrent le fermier et sa femme en larme. Leur unique vache, de laquelle le lait était une bénédiction, gisait morte sur le sol. Le plus jeune des anges était furieux et demanda au âgé des anges comment il avait pu laisser faire cela ? “ La première famille avait tout et tu l’as aidée en réparant un trou dans leur mur au sous-sol”, accusa l’ange. La deuxième famille avait peu, mais était disposée à tout partager et tu as laissé mourir sa vache. “ Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent”, répliqua le plus âgé des anges. “Quand nous sommes restés dans le sous-sol de la maison de la première famille, je me suis aperçue qu’il y avait de l’or rangé dans le trou du mur du sous-sol. Étant donné que le propriétaire était tellement rempli de haine et qu’il ne voulait pas partager sa fortune, j’ai bouché le trou afin qu’il ne retrouve plus cet or. Et, la nuit dernière, lorsque nous étions endormis dans la chambre du fermier, l’ange de la mort venait chercher la femme du fermier. J’ai négocié avec lui et je lui ai donné l’unique vache du fermier à la place. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent. Quelques fois, c’est exactement ce qui arrive lorsque les choses ne tournent pas de la façon dont on voudrait qu’elle tourne.” Si vous avez la foi, vous n’avez qu’à croire que chaque mauvaise tournure des choses est à votre avantage. Il se peut que vous ne vous en rendiez pas compte au début, jusqu’au jour où vous vous apercevez qu’elles étaient effectivement à votre avantage. Une personne arrive dans ta vie et rapidement, elle s’en va, Une autre personne devient ton ami en te laissant de belles empreintes sur ton cœur et tu n’es plus jamais le même ou la même, car tu t'es fait un nouvel ami ou une nouvelle amie ! Hier est de l’histoire ancienne. Demain est un mystère. Aujourd’hui est un cadeau. Et c’est pourquoi, on l’appelle le présent ! Je crois que c’est spécial de vivre et de savourer chaque moment. Si tu as reçu ce message, c’est qu’il y a un ange qui veille sur toi. LE MESSAGE EST UNE SORTE D’ANGE GARDIEN SPÉCIAL. Maintenant, n’efface pas ce message, car il vient d’un ange vraiment spécial qui ne demande qu’à devenir ton ami. Maintenant grâce à cet ange gardien: quelqu’un est fier de toi. Quelqu’un pense à toi. Quelqu’un s’inquiète de toi. Tu manques à quelqu’un. Quelqu’un veut te parler. Quelqu’un veut être avec toi. Quelqu’un souhaite que tu ne sois pas dans le trouble. Quelqu’un est content du soutien que tu lui apportes. Quelqu’un veut te tenir la main. Quelqu’un espère que tout va bien aller. Quelqu’un veut que tu sois heureux ou heureuse. Quelqu’un veut que tu le/la trouves. Quelqu’un veut célébrer ton succès. Quelqu’un veut te donner un cadeau. Quelqu’un pense que tu es un cadeau. Quelqu’un t’aime. Quelqu’un admire ta force. Quelqu’un pense à toi et il sourit. Quelqu’un veut être l’épaule sur laquelle tu vas pleurer. Ton ange gardien à maintenant besoin de toi pour envoyer ce message et faire plaisir à d’autres ! Bye ! Bye! Que se passe-t-il avec mon homme, jamais il ne parlait où osait lire ou regarder les livres qui parlaient des anges. Il a changé, il me semble que nous allons finir par nous retrouver finalement sur la même longueur d’onde. Cela me fait chaud au cœur, me donne de l’énergie pour une journée qui s’annonce très chargée. Surtout que je dois encore aller à Santa Cruz, avec le relevé mensuel de février. Nous n’avons pas toujours reçu les becas de janvier, il faut que je me déplace personnellement pour faire bouger les choses. À la préfecture, je demande où est le chèque de janvier. Il n’est pas prêt, je devrais revenir la semaine prochaine. J’ai une figure et des yeux très expressifs, donc ma figure a du se rougir de rage et de mauvaise humeur. - Excusez ! Mais voyez-vous Vallegrande n’est pas à notre porte ! Cela me demande une journée de travail perdu, si vous ne le savez pas, il y a beaucoup de travail à faire avec autant d’enfants ! Ne pourriez-vous pas déposer le chèque directement dans le compte de banque, comme l’an dernier, cela nous éviterait des déplacements et dépenses qui me semblent dérisoires ! - Calmez-vous madame ! Allez parler avec ce monsieur, je crois qu’il pourra vous aider ! Ce que je fis. Je n’ai pour une fois pas du attendre et m’expliquer bien longtemps car, celui-ci a entendu ma conversation. Son bureau se trouve dans la même pièce. Il prend les coordonnées du hogar, remplit une feuille demandant le dépôt direct des chèques au compte de Vallegrande, une signature, un sceau et le tour est joué. -Appelez-nous la semaine prochaine pour nous assurer que tout est bien en ordre! Une bonne poignée de main, à tous. Je repars aussitôt pour Vallegrande, annoncer cette bonne nouvelle aux sœurs du hogar Anicet Solares qui elles aussi doivent faire le même trajet, à chaque mois. Elles peuvent même donner leurs coordonnées par fax la même journée. Je leurs évite de même coup un voyage à Santa Cruz. Cela vaut quand même la peine de se fâcher quand nous sommes certains d’être dans nos droits. Tout le monde est au travail au hogar. Chacun a un travail supplémentaire, l’inauguration arrive à grand pas. Les enfants doivent faire des pratiques pour les petites pièces qu’ils doivent présenter. Théâtre ou danse selon le bon vouloir de l’enfant. Des petits souvenirs sont aussi préparés, deux petits rubans l’un rouge et l’autre blanc, les couleurs du Canada. Un montage de ballons rouges et blancs accueillera les invités. Les chambres des enfants ne demandent pas tellement de soins particuliers, car elles sont maintenant d’un ordre assez particulier, car plane toujours cette visite impromptue de la préfecture. Je reçois toujours des fax, j’ai demandé à mon homme d’espacer ces envois car je n’ai pas les moyens financiers de répondre à chacun. Il semble que j’ai parlé dans le vide, jusqu’au jour où je reçois celui-ci : Aujourd’hui je t’envoie ce fax pour te dire qu’il faudrait prendre un peu de recul entre-nous, car chaque fois que je te parle, c’est très pénible pour moi et sûrement pour toi aussi. Ce soir je t’écris ces mots car je me sens très seul, je ne peux m’empêcher de penser à toi. Je me pose toutes sortes de questions. Comment ai-je fais pour te laisser partir loin de moi ? Je prends conscience après tout ce temps que je ne t’aie pas donné tout l’amour et la tendresse que tu attendais de moi. Pourquoi a-t-il fallu tout ce temps pour comprendre cela, maintenant je dois vivre avec les conséquences et j’ai énormément de peines. Je voudrais que tu sois près de moi, je m’ennuie de ta présence à mes côtés, de toi couchée près de moi, de tes caresses. Il y a seulement quelques heures que je t’aie parlé, c’est comme si cela faisait une éternité. J’espère que tu m’aimes encore autant et que ces mots ne te rendront pas nostalgique, J’avais besoin de te le dire. De sortir tous ces mots dans ma tête c’est très difficile pour moi, si cela t’est trop pénible de les lire dis-le-moi. Je m’inquiète beaucoup pour toi, je ne voudrais pas que tu sois malade, par épuisement avec tout le travail que tu fais. Je sais que cela est gratifiant pour toi, que les choses commencent à changer là-bas que tu peux réaliser les choses qui te tiennent à coeur. J’espère que nos anges gardiens vont bien prendre soin de toi et de moi pour que nous puissions vivre ensemble cet amour. Je t’aime, je ne voudrais surtout pas te perdre. En écrivant ces mots je retiens mes larmes pour pouvoir te dire tout cela, je crois que cela me fais du bien et j’espère que tu es plus forte que moi pour passer à travers tout cela. Oui, c’est difficile, mais l’espoir de te revoir m’aide beaucoup. Tu es mon seul amour et tu le seras toujours. Je t’aime, je t’embrasse bien fort, j’espère que cet amour va me donner le courage de passer au travers de ces moments difficiles. Bon voyage dimanche à Santa Cruz, je pense à toi, je t’aime, je t’embrasse Je lui réponds par celui-ci : Mon cher amour À la messe ce matin l’évangile était sur l’enfant prodigue. J’ai trouvé que cet évangile pouvait bien m’aller, car tout comme l’enfant prodigue, j’avais maison, famille et surtout amour. Je suis allée voir sur d’autres cieux, pour trouver mieux. Mais rien ne pourra m’enlever cet amour qui grandit entre nous deux. Ne te fais pas de grandes joies, mais j’ai pensé que quand le directeur reviendrait en septembre, que j’aurai à te rejoindre sans t’obliger à venir me retrouver. C’est seulement une idée, mais elle grandit de jour en jour. J’aurais fais un bon travail, j’aurais donné 4 ans de mon temps. Je crois bien que je retournerai à la maison, l’âme en paix. Il y aura un travail que je devrai trouver, car pour moi, ce problème d’argent m’a toujours tracassé. Je te laisse là dessus, je t’embrasse, prends soin de toi, je t’aime, à la prochaine. Quelques jours passent sans fax de l’un ou l’autre, je parle ici, de trois jours, quand se déroule ce fax : Buenas noches me amor Bonne nuit que Dieu te gardes À l’instant où tu t’endors N’oublie jamais que je n’aime que toi. Je le montre aussitôt au directeur qui me le chante, ai-je fais une gaffe en montant ainsi mes correspondances privées, cela attisera peut-être des jalousies, car par la suite se fut un peu la risée des fax, les miens partaient et rentraient facilement tandis que certains avaient des difficultés de communication. Georges demande à sa copine des mots d’amour qui ne semblent pas toujours venir au moment voulu. Je suis heureuse c’est à eux de trouver leurs chemins de bonheur. Deux jours plus tard, ce fut presque spontanément que des dessins de cœur se sont dessiné sur ces rouleaux d’imprimerie. Nous voici enfin arrivé au 30 mars, inauguration de la nouvelle partie, qui semble être prête. Les couleurs rouges et blanches sont à l’honneur, des chaises rouges et blanches sont louées pour que tous les invités soient bien installés. Ces chaises sont placées en majorité au terrain de jeux où va se dérouler les prestations de nos jeunes. Après les discours de circonstances, tous se dirigent vers le terrain de jeux, par la suite, ils reviendront au hogar pour le partage du gâteau et des salténias. Tout c’est très bien déroulé, le soleil était de la partie, la musique aussi. Pour ma part se fut une course effrénée pour que tout rentre dans les temps soit pour le gâteau, les salténias, la supervision de l’ensemble que rien ne cloche. Tout le monde est content et même plus, certains invités furent ravis d’être de la fête car jamais ils n’avaient ce privilège d’obtenir une invitation, qui pour moi, était pleinement justifiée, si cette personne nous avait rendus pour le moins un seul service, c’était pour nous un moyen de reconnaissance pour ces services rendus. Cette inauguration m’a ouvert la porte grande, à l’amitié des Vallegrandinois, c’est cela l’essentiel. Voici la dernière journée de mars et le dernier fax du mois à mon très cher amour. Bonjour mon grand, J’ai bien reçu ton fax, j’étais au hogar à 61/2 heures. Hier c’était l’inauguration, de la nouvelle partie, un travail de 2 semaines pour tout mettre au point. Le résultat en valait la peine, malgré la fatigue, tout était parfait. Maintenant, je vais dormir au hogar, cela me permettra d’être plus avec les enfants, avec eux je suis bien, avec les bénévoles, je me sens à part, car je ne suis pas de celle qui festoie tard le soir. Au moins le matin, j’aurais une heure de plus à rester couché, surtout que les matins commencent à être frisquets. Je t’aime, je t’embrasse bien fort. Dimanche le premier avril, comme à tous les dimanches, c’est le marché matinal, car il se fait rapidement, nous avons ainsi la possibilité de participer à la messe dominicale avec l’ensemble du hogar. Jean Claude a essayé de m’appeler durant ce temps. Ne pouvant communiquer avec moi directement, il m’envoie un fax. Bonjour mon amour, je t’aime Je t’ai appelée, ce matin à 8 heures, le directeur m’a dit que tu étais au marché et probablement ensuite à la messe, comme tu me l’as dit dans ton fax, hier, que tu coucherais maintenant au hogar. Je me rappelle un fax précédent qui disait que tu t’étais installée à casa cueva, lion du bruit des enfants, si tu reviens au hogar, pourras-tu bien dormir et ne pas trop travailler, trop tard le soir et trop tôt le matin ? Je vais te rappeler, ce soir à 8 heures. J’aime mieux te parler le soir car tu restes dans ma tête, toute la nuit, avec moi. J’espère que ton ange gardien prend bien soin de toi. Je pense beaucoup à toi, je t’aime, bonne journée, à ce soir, je t’embrasse, je t’aime, je t’aime, je t’aime. L’après-midi, c’est libre pour tout le monde, enfants inclus, ils sont à l’extérieur du hogar. Ils sont responsables de leur temps, sans animateur, sans bénévole. Je suis donc en mesure d’écrire tranquillement la réponse au fax de mon homme, je ne tiens pas à le faire patienter davantage. Bon Après-midi mon amour, je t’aime, J’étais partie un peu plus tard, au marché, ce matin, car à six heures, il pleuvait fort, à 6.45 heures, la pluie avait cessé, j’ai pu partir avec 6 enfants pour faire les achats de la semaine. Nous sommes le premier avril, j’ai eu à mon retour, un poisson d’avril, un peu salé. Le directeur doit retourner un peu plutôt au Québec, question de santé. Je me retrouve avec le hogar et San Antonio sur les bras. Georges était au Chapare, doit passer nous voir, j’espère qu’il restera avec nous un mois ou deux cela me donnera un coup de main. En parlant d’ange gardien, depuis un mois, il y a un animateur du nom d’Angel, il a déjà travaillé 5 ans, au hogar Don Bosco, c’est pour le moment, cet ange gardien, il fait du bon travail et m’aide beaucoup. Il a dit que quand je partirai du hogar, qu’il partira aussi, comme tu vois, c’est le cadeau du ciel que je demande. Je pense à toi, à tantôt, je t’aime. Il semble que mon mari tient parole, les fax se sont un peu espacés, car le prochain que je reçois est du 5 : Bonjour mon amour, Je m’excuse de t’avoir énervé avec mes problèmes, hier soir. Je suis revenu de chez le médecin et c’est un ulcère d’estomac que j’ai, rien de grave. Je ne voulais pas te parler de mes problèmes avant d’avoir les résultats, mais hier, j’avais besoin d’en parler avec toi. Je t’embrasse, je t’aime. Voici donc la réponse qui s’envole sans plus attendre. Bonjour mon grand, Tu n’as pas d’excuse à me faire, si tu as des problèmes de santé, j’en suis probablement la cause. Mais il y a une chose que je possède de plus que toi, c’est cette foi que mon père a su m’inculquer, à chaque jour, malgré le travail et les peines que je peux avoir, je demande de l’aide de là-haut, ainsi j’obtiens les forces, le courage de passer à travers de biens des tracas. Calmes-toi ! Reprends confiance, tout va s’arranger avec patience, cela tu n’en manques pas, j’en suis certaine. Je t’aime, ne m’oublies pas, appelles aussi souvent que tu en as envie. Je suis là pour t’écouter, t’appuyer autant que le pourrais. Je t’embrasse, je t’aime ah oui ! S’il y a un C.D de Beethoven, à la maison, pourrais-tu me le faire parvenir par Martin, j’apprécierai, merci beaucoup. Georges est maintenant parmi nous, pour un ou deux mois. Il va donner un coup de main du coté de San Antonio ou Grange Mama Marguarita, pour le système d’irrigation. Il n’est pas du tout d’accord avec la venue de cet Angel. Il a l’impression que c’est un beau parleur, il ne veut pas qu’il me manipule, il n’a pas confiance en lui. Il me met sur mes gardes car il faut que je vous dise Angel dans le passé a eu quelque problèmes avec la justice. Il me demande de le mettre dehors. Pour ma part, je trouve le travail d’Angel plus que satisfaisant, c’est cela qui compte. Il a le tour avec les enfants, il a cette douceur de leur parler calmement comme il peut avoir une voix un peu plus élevée quand c’est nécessaire. Il est bien prévenu comme tous les autres animateurs de ne jamais touché à une enfant, sinon c’est la porte qui les attend. Une petite épidémie de varicelle semble faire sont apparition au hogar. Avec autant d’enfant cela est normal, chaque année, c’est la même histoire. Un peu plus d’attention, de soins nous aient demandés, cela fait partie de la vie
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quotidienne. Je crois bien que mon chum a du s’acheter un C.D de SWEET PEOPLE, car j’ai reçu un autre fax avec les paroles de cette chanson. Je t’attendrai, mon amour! Ne m’oublie pas mon amour! Ceux qui s’aiment reviennent toujours au jardin de l’amour! Et ce jour là, mon amour! Refleurira au fond de nos coeurs, le grand bonheur Le mal de toi, le cœur en croix! Tant de jours privés de soleil! Ne t’en fais pas, gardes la foi! Au-delà de ce qui nous sépare Il y a l’espoir du grand bonheur! Nous sommes dans la semaine sainte, les enfants vont encore avoir droit à quelques jours de congé. Cela va nous permettre de faire enfin les changements de chambre puisque l’agrandissement est terminé malgré qu’il y ait un petit problème d’eau qui nous vient du toit. L’armature de toit est faite de ciment, une grande poutre de ciment retient tout l’ensemble de la toiture. Quand il fait soleil, cette poutre suinte, suinte tellement que l’on dirait qu’il y a eu de la pluie. Nous avons attendu deux semaines, le contracteur nous dit qu’avec le temps cela devrait se résorber, mais nous sommes vraiment à l’étroit, nous devons prendre un peu d’expansion pour le bien-être des études. Pour l’instant le groupe de troisième et de quatrième année sont pratiquement collés les uns sur les autres. Les devoirs ne se font pas facilement, l’attention de chaque groupe est difficilement présente. Tout comme les heures des repas, les grands sont près des petits, ils ont tendance à les énerver, car l’animateur ne semble pas à la hauteur. Allons-y pour le grand déménagement. Yasmani prend possession de la nouvelle chambre, cette pièce était prévue pour un travailleur. Il est maintenant seul, Antje étant partie en Allemagne, celui-ci la rejoindra le 25 mai. Les grands qui se trouvent près de dortoir des petits sont les premiers à rentrer dans le nouveau dortoir. Les lits superposés seront placés de façon à ne pas être sous la grande poutre de ciment, évitant ainsi que soit mouillé les lits. Les nouveaux casiers des enfants sont finalement arrivés eux aussi. Un lit, un casier, c’est de cette manière que le mur face à la rue est organisé. Les casiers sont comme les lits superposés, chaque enfant possède la clef de son propre casier, un double est donné en charge à l’animateur du groupe ou remis au bureau. Quatre tables sont installées dans la salle à dîner pour les grands, avec une armoire qui recevra la vaisselle nécessaire ainsi que les ustensiles pour tout ce groupe. Les grands auront le privilège d’avoir leurs salles de douches et de toilettes respectives qui se trouveront près de leur dortoir, tout comme les bénévoles qui eux aussi peuvent maintenant avoir leur toilette respective, nouvelle, bien aménagée. Il faut faire ce déménagement avec ordre pour éviter tout risque d’accident et de mésententes. Certains lits demandent à être démontés car étant plus large que les portes. Les casiers sont nouveaux et pesants. Ils ne sont pas maniables par les bras des plus jeunes. Les clefs me sembleront un problème, car déjà certains enfants ont perdu leurs clefs. Bref, tout sera à l’essai, provisoire. Nous avons ainsi gagné de cette façon, certaines pièces qui serviront de salle d’études pour des groupes bien distinctifs. Les plus petits sont maintenant seuls, dans leur dortoir, avec les deux petites pièces adjacentes, deux animateurs qui veilleront sur ces enfants la nuit. Les deux animateurs sont Angel et Juan Carlos, l’animateur des plus grands. Je prends la chambre de Yasmani, elle est la plus éloignée des enfants, la plus isolée. Je peux m’organiser l’extérieur comme un petit salon à ciel ouvert, j’aurai un peu plus d’intimité. La pièce qui se trouve du même coté sert de bureau à la directrice de l’éducation. Elle sert de petite salle d’étude pour les enfants exigeants des cours privés. Un second groupe de grands se retrouve dans le dortoir principal de ceux-ci, libérant une pièce qui servira de bibliothèque et de salle de classe pour le groupe de première année. La salle à dîner des grands sera réservée comme salle de cours pour la troisième année. La deuxième année reste à la même place dans la salle à manger des moyens, la quatrième année sera seule dans la salle libérée, adjacente au dortoir des petits, le groupe de cinquième année, dans la salle à manger des petits. Après une semaine de branle-bas tout semble bien installé pour la fête de Pâque. Pour cette fête, je me fais un plaisir de faire des Koulichs pour tout le hogar. C’est une tradition chez les Russes, à la fête de Pâque, ces pains sucrés comme les appellent les enfants. Les plus vieux savent très bien que je sais bien faire ce pain. Ils en parlent aux plus jeunes qui se présentent à la boulangerie, qui croyez moi est interdite pour ce moment précis. J’ai besoin de calme pour ne pas manquer la recette qui est quadruplée, je ne tiens pas à perdre une parcelle de farine. C’est un bien trop précieux que cette farine, c’est de notre pain quotidien que je parle. Je réussis à faire 12 grosses miches qui sont superbement réussies, la prochaine fois, certainement qu’un grand va se mettre la main à la pâte pour bien apprendre à les faire, pour que cette recette reste au hogar. Jeudi-Saint, le 12, c’est la fête des enfants, nous recevons plusieurs surprises de différents commerçants de Vallegrande, plusieurs se rappellent l’invitation à l’inauguration, ils étaient contents maintenant, ils nous remercient à leur façon. Biscuits, salténias, petites douceurs pour chaque enfant, c’est un plaisir que de partager ainsi l’amitié. Avant son départ pour le Québec, le directeur se demande si nous ne pouvons pas trouver une personne de Vallegrande qui pourrait tenir le rôle de directeur, comme cela, nous ne serions plus obliger de jouer à la chaise musicale, à chaque six mois. Cela me semble une bonne idée, il s’agit de trouver maintenant la bonne personne, un petit travail de plus qui s’ajoute à ceux que j’ai déjà, mais si cela peux nous décharger pour l’avenir, j’accepte cette petite charge supplémentaire. L’épidémie de varicelle a osé toucher à deux de nos employées, une cuisinière ainsi que celle qui s’occupe de l’entretien. Les voici en repos pour deux ou trois jours, comble de malheur l’animatrice Gladys qui était enceinte a fait une fausse couche. Que diable se passe-t-il dans ce hogar ? Il n’y a pas assez de travail comme cela, il semble certaines fois que les anges gardiens font la fête ou la grève, je ne sais quoi dire, seulement qu’il faut se retrousser les manches, travailler encore plus et avec calme, sinon cela pourrait être la bagarre. Cela ne doit pas arriver, nous allons passer au travers de cette tempête, contre vents et marées la capitaine va diriger ce grand navire à bon port. J’ai encore des remontrances de Georges qui me dit que tout cela arrive depuis qu’Angel est dans la bâtisse. Je l’écoute mais je reste sur mes positions. Il fait plus que du bon travail, il nous aide bien. Cela jette un froid entre nous deux. Il est intransigeant, il n’aime pas quand on lui tient tête. Sylvain aide beaucoup Gladys à son retour au hogar. Il l’a suit l’empêchant de faire trop de travail. Il reste avec le groupe des moyens jusqu’à l’extinction des feux, de cette manière les enfants sont moins turbulents. Nous attendons la venue de Martin pour le vendredi-Saint soit le 13 mais il est arrivé le 16 à 1 heure du matin. Il a eu droit à plusieurs arrêts dans toutes ses escales ce qui a occasionné tant de retard. Je vous fais part du fax que j’ai envoyé à mon mari le jour de Pâque. Joyeuse Pâque mon amour, Je suis pour une fois seule au hogar, avec le chien Charrick. Il fait très beau, très chaud, j’en profite donc pour t’écrire quelques mots. Lors des derniers fax, ce qui m’a le plus fait plaisir, c’est que tu as mis Dieu sur ces fax. Il me semblait que tu étais un peu furieux contre lui, ces dernières années, car selon moi, c’est à cause de lui que je suis ici. Il ne faut pas le mettre de coté, il faut le mettre de son coté, Lui demander son aide, ainsi on retrouve cette paix intérieure. Fini les leçons de morale, il y a un livre que tu pourrais acheter, car je sais bien que je ne l’aie pas, mais je l’ai lu souvent, il m’aide à plusieurs occasions, quand je prends quelques pages au hasard. C’est le livre La voie du guerrier pacifique de Dan Millman édition du roseau. Si tu as du temps de libre, cette lecture pourra t’aider, car il semble que tu commences à monter dans l’échelle de la vie, cela m’en réjouis beaucoup, Je t’aime de tout mon cœur, je t’embrasse. Lundi après-midi, j’étais avec Georges à boire tranquillement une tasse de thé quand arrive ce Martin. Je m’excuse mais j’écris ici, ce que nous avons dit les deux en même temps. - Oh Non ! Pas un autre ! À la première impression, c’est un autre bénévole qui vient changer le monde. Plein d’énergie, de bonne volonté. Regardez-moi ! Je suis là ! Je vais vous sauver! Mes cheveux ont dû se dresser sur la tête, on se calme, me dit une voie intérieure, on se calme. Il me remet les paquets que Jean Claude lui a donnés. Tel un enfant, j’ouvre les colis avec impatience, dans le bureau, je n’ai pas la patience d’aller dans ma chambre, je veux voir tout et vite. Des cartes de mes amis, de ma fille, de mon homme des C.D et des chocolats, des chocolats belges que je cache aussitôt. C’est MON trésor. J’ai du travail d’écriture à faire, en premier, mon charmant époux : Bonjour mon grand, Comment vas-tu ? Martin est arrivé un de ces matins, j’ai donc pu recevoir tes chocolats, ta lettre. Surtout n’ai aucun regret des mots que tu n’as pas pu dire auparavant, le passé est le passé, cela nous permet de nous apprécier davantage. Notre amour ne cesse de grandir, cela est le résultat du passé. Le directeur retourne jeudi, au Canada, la déclaration d’impôt est signée. Il va la poster, dès son arrivée, merci à Isabelle pour les photos, merci à Nicole pour la carte, Je t’aime, je t’embrasse Ma grande fille m’a appelée dans la soirée, j’étais tellement émue que je ne pouvais parler, je voulais seulement entendre sa voix, elle aussi voulait entendre ma voix, la communication fut donc souvent entrecoupée de silence laissant à l’une ou l’autre de temps de parler, ce qui se traduisit par des silences, pour corriger ce manque de dialogue, j’ai du écrire pour ne laisser des traces d’embrouille. Ma chère grande Isabelle Merci pour ton fax, si tu ne le sais pas, tu as une mère qui est très sensible malgré ses airs sévères, entendre la voix de ceux que l’on aime me donne tant de joies que les larmes me viennent. Ce n’est pas un défaut, ni de l’orgueil, ce sont des larmes de joie, ne t’en fais pas. Et puis la ligne téléphonique est tellement mauvaise, que je vous laisse tout le temps voulu pour pouvoir bien vous entendre. Le fax est bien la meilleure façon de communiquer, le courrier est tellement mauvais et même non recommandable. Je vous aime toujours autant même si vous êtes loin, vous devez faire votre bout de chemin seul, pour prendre les expériences de la vie. Je ne veux pas m’imposer, comme ma mère a pu le faire. Laisser le temps couler tranquillement comme un ruisseau et apprécier chaque moment qui passe. Je t’aime fort ma grande, prends soin de toi, un gros bisou à Pascal, je l’aime comme un fils. Le mardi, c’est la journée de la collecte des ordures. C’est une des petites corvées pour nos plus grands. Nos ordures quotidiennes sont accumulées près du jardin, disons, 300 pieds ou 100 mètres de la porte d’entrée. Les enfants vont chercher les sacs, comme capacité disons comme nos gros sacs verts, sur leurs épaules ou se mettent deux par deux si un sac est trop lourd. Ce ne sont pas des sacs imperméables, ils sont faits de tissage plastic, il y a certains sacs qui sont naturellement plus sales et dégoutants. Voici donc notre charmant Martin, probablement son premier choc culturel : - Françoise ! C’est inhumain ! Ce n’est pas un travail pour des enfants ! - Quoi ? Étant donné que j’étais à l’intérieur du bureau. - Les ordures, c’est trop difficile pour ces enfants ! - C’est la corvée des plus grands, cela ne demande pas beaucoup de temps, c’est à eux de le faire. Tu peux les aider si tu veux! - Ne pourrions-nous pas les organiser d’une autre façon, avec la brouette, je ne sais pas ! - Si tu veux faire des changements, vas-y, tu es bien ici, pour nous aider ! Il vient d’arriver, voilà qu’il veut déjà faire des changements que grand bien lui fasse, ne pourrait-il pas prendre le temps de regarder, tout simplement, au moins une petite semaine. Je sens qu’il va me gober beaucoup d’énergie celui-là, je vais donc l’éviter pour l’instant, j’ai vraiment d’autres chats à fouetter. Surtout qu’à l’école les professeurs voudraient que nos enfants écrivent directement dans les cahiers d’écriture, car il y a beaucoup de temps en perte de copiage. Que faisons-nous ? Disons Oui pour l’écriture dans les livres, dans ce cas ces livres ne serviront qu’une seule année, en avons-nous les moyens ? Oui, si nous prenons le temps à la fin des classes d’effacer toutes les écritures. Certains professeurs exigent que les réponses soient à l’encre, là encore, un autre petit problème. Il suffirait de mettre du ruban correcteur sur les réponses et le tout sera vite réglé. Nous optons pour cette solution. De toute façon, l’école prendra fin à la fin octobre, d’ici ce temps-là, je pourrai m’organiser pour trouver des fournisseurs pour des rubans correcteurs. Dans la soirée, pendant que nous discutions Georges, Angel, Sylvain des choses et d’autres du hogar, Martin entre sans prétention prend le téléphone et fait un appel au Canada. Nous sommes dans le bureau, nous pouvons tout entendre de la conversation : Bonjour monsieur vous êtes bien le père d’un bénévole qui est venu au hogar Jesus Infante l’an dernier ? J’aimerai vous parler de votre garçon. Il y a ici, une jeune fille a qui il a promit mer et monde, cela fait bien neuf mois, et il ne donne aucun signe de vie à celle-ci, il pourrait bien être père qu’il ne le saura même pas! Nous sommes tous abasourdis par ce manque de savoir-vivre, mais pour qui se prend-il ? Nous devons maintenant faire bien attention à celui-ci, trouver moyen de le calmer avant qu’il ne fasse des ravages. Georges se charge de parler au directeur de cette situation ainsi qu’à Sœur Lucie qui est responsable du groupe de jeunes qui doit venir dans un mois. Nous ne voulons pas de catastrophe majeure, avec ce groupe de jeunes, nous avons suffisamment de travail avec nos enfants et les employés. Les fax de mon amour me donnent des ailes, mais aussi ses chocolats. Je prends le temps de les savourer, dans mettre un dans ma bouche, c’est comme un de ses baisers, des besos de chocolate comme s’amuse à dire Georges à qui malgré les petits accrochages est toujours dans mon cœur, mon frère. C’est par le fax que j’envoie une lettre à ma mère pour la fête des mères, car avec le courrier, je ne suis plus sur qu’elle l’a recevra à temps, car il semble que la carte que j’ai envoyé par courrier de Santa Cruz à Jean-Claude ne soit as encore arrivée et n’arrivera jamais. Le samedi 21, une sortie générale est prévue. Les enfants vont à Guadaloupe, petit village à une quinzaine de kilomètres du hogar. Les enfants partiront avec leur dîner et reviendront à pieds. Il fait beau, tous semblent d’accord. C’est tranquille au hogar, c’est le temps propice pour régler les papiers, organisé tous autres petits travaux qui demandent le calme. Vers 4heures, Marytza arrive avec un petit groupes de plus petits, mais en taxi. - Mes souliers se sont brisés, j’ai pris un taxi. Me voici avec quelques enfants. Une demi-heure plus tard, commence à arriver les premiers à pied, ils semblent contents de la journée. Voici notre Martin. - Comment c’est passer la journée ? M’empressant de le questionner, pensant avoir une vive satisfaction. Des yeux bêtes et méchants ont été plus rapides que sa voix. - L’avant-midi et le dîner furent parfaits ! Mais c’est impensable faire marcher de si jeunes enfants par une telle chaleur et aussi longtemps ! As-tu déjà fait ce trajet Françoise ? Je crois que non. Je ne tiens pas à discuter avec lui pour le moment, car il est bien pomper, il est furieux. Mais oui j’ai déjà fait ce trajet, plus d’une fois cela fait quatre ans que je suis ici, attends de voir quand les enfants vont aller à la montagne, comment tu te débrouilleras ? La marche, c’est la Bolivie. Il ne croit pas qu’il y a des enfants qui ont deux jours de marche à faire pour venir au hogar, quand il n’y a pas de taxi, d’ânes, d’autobus ou tout simplement quand il n’y a pas l’argent, c’est la marche, cela ne coûte rien. Est-ce ton deuxième choc culturel Martin ? Prends le temps ! Je décide donc d’écrire une mise au point pleine de sérénité à ce Martin qui part pour Santa Cruz le 23 avec Georges, Cette lettre comprend trois pages. Je suis bien concise et directe, lui demandant de prendre le pouls de Vallegrande avant de se lancer dans tout autre projet. De laisser venir les événements de ne pas courir après. Quand il revient de Santa Cruz, il me remet une lettre de neuf pages que je ne prendrais pas le temps de vous écrire. Elle explique ses états d’âme, sa vie……il l’a termine ainsi. Je te porte dans mes prières aussi Françoise, car je te sais bonne et très sensible. N’est pas peur de moi... Je ne veux que le bien autour de moi et te promets de prendre tout le temps qu’il faille. Pour mettre un point final à ce bénévole, car il faut que je l’affronte, cela est bien clair. Comme il semble tout changer dans les conversations je demande à la bénévole qui est en charge du cours de première année de bien vouloir m’accompagner. Nous devons même prendre le temps de préparer cette entrevue, car elle semblera critique. Elle ne fut pas très calme. J’ai grimpé dans les rideaux quand j’ai vu qu’il changeait ses paroles, qu’il les niait complètement. - Je dois me tenir loin de toi car ta vas prendre toutes mes énergies, c’est pour cela que je t’évitais, je continuerai à t’éviter, car vraiment tu me prends beaucoup trop d’énergies, Mes énergies sont pour les enfants pas pour les bénévoles ! Ce fut direct, je n’ai pas la diplomatie dans certain cas, je ne suis pas parfaite. Le 27 avril le dernier fax de ce mois Bonjour mon amour, je t’aime Je t’envoie les paroles de la chanson l’essentiel de Ginette Reno, je crois que cette chanson a été écrite pour toi, elle représente certainement tes pensées. Les mots ne me veinent pas vraiment ce matin, les seuls qui me viennent sont, je t’aime, je m’ennuie beaucoup de toi, j’ai hâte de t’avoir à coté de moi pour pouvoir t’embrasser et te serrer bien fort dans mes bras, je t’aime, je t’embrasse L’essentiel, c’est d’être aimé! Le reste importe peu, la seule vérité C’est compter pour quelqu’un quoi qu’il puisse arriver C’est entrer dans son cœur et n’en sortir jamais C’est recevoir autant qu’on aimerait donner Ne plus s’appartenir en être rassuré C’est voir la joie de l’autre et fondre de bonheur Mériter sa confiance et devenir meilleur L’essentiel, c’est d’être aimé! Contrairement à tout ce qu’on peut raconter Ce n’est pas la fortune ni la célébrité Qui ne sont que du vent et ne font que passer ! Je crois que l’important est fait de petits riens Être attendu le soir et courir en chemin Un des plus beaux cadeaux que nous ait fait la vie C’est quand notre prénom a l’air d’un mot gentil L’essentiel, jour après jour, c’est le rire aux éclats d’un enfant qui accourt Et qui nous saute au cœur en quise de bonjour Que demander de plus quand ses bras nous entourent ! Le reste importe peu, la seule vérité C’est compter pour quelqu’un quoi qu’il puisse arriver ! Être un jour exilé en pays étranger Et avoir, dans son cœur quelqu’un à qui parler C’est inspirer à l’autre un sentiment si fort Qu’il pourrait nous survivre au-delà de la mort ! C’est d’être aimé, encore et toujours Mon amour! CHAPITRE 17 Papa me remet à l’ordre Dimanche le 20mai, c’est le jour des missions à Vallegrande. C’est une jeune missionnaire-laïque bolivienne qui est responsable de l’homélie. Fredy, le dernier arrivant du hogar, est assis sur mes genoux. Il est bien tranquille, car il reçoit de douces tendresses durant toute la messe. Le soleil est radieux, il annonce une belle journée. Au retour de la messe, c’est la distribution de légères corvées alimentaires. Le groupe des petits ou cebollitos (petit oignon) doit écosser les 20 livres de pois, sous la supervision d’un volontaire, bien sûr, sinon, c’est la bataille de petits pois. Cela peut-être bien rigolo, j’en ai fait l’expérience. Le plus difficile dans mon cas, c’est de garder mon sérieux quand, il me fallait réprimander ces enfants intrépides. - On ne lance pas de pois! On ne mange pas de pois! On ne jette pas la cosse sur le sol! On met les pois dans le plat! On jette la cosse dans la poubelle! Le petit Ferdy se lève, bien droit, me salue, à la militaire: - Oui! Mon colonel! À vos ordres, mon colonel! - C’est très bien! Petit soldat! Ce fut, pour moi, une nouvelle façon, et ce spontanément, pour les deux parties, de faire passer une réprimande, en jeu, de laisser tout l’honneur à l’enfant malgré une bévue accomplie. De retour, dans le bureau, une surprise m’attend, du courrier! Enfin, c’est envoi de ma sœur Anne, une petite, très petite lettre m’expliquant la provenance du texte suivant: Alors la paix reviendra… Si tu crois qu’un Sourire est plus fort qu’une arme, Si tu crois à la Puissance d’une main offerte, Si tu sais Regarder l’autre avec un brin d’Amour, Si tu sais Préférer l’Espérance au soupçon, Si tu estimes que c’est à Toi de faire le Premier Pas plutôt qu’à l’autre, Si tu peux te Réjouir de la joie de ton voisin, Si pour toi l’Étranger est un frère qui t’est proposé, Si tu sais Donner Gratuitement un peu de ton temps par Amour, Si tu sais Accepter qu’un autre te rende service, Si tu partages ton Pain et que tu saches y joindre un morceau de ton Coeur, Si tu crois qu’un Pardon va plus loin qu’une vengeance, Si tu peux Écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder ton Sourire, Si tu sais Accueilli et Adopter un avis différent du tien, Si pour toi l’Autre est d’abord un frère, Si tu Crois que la Paix est possible, …Alors viendra la paix! Pierre Guilbert Mais c’est un texte superbe, c’est une magnifique surprise, coïncidence, je le reçois en ce dimanche des missions. Anne a finalement osé toucher à l’ordinateur de papa, quand elle l’a allumé, c’est la première chose qui lui est apparue. Je charge un enfant de le photocopier aussitôt. Je dois le partager, c’est un trésor a donner. Lisa me remercie par l’échange d’une enveloppe sur laquelle est inscrit: Merci pour le très beau texte testament de ton père Je dois aussi le partager avec les enfants, surtout avec les enfants. La traduction, celle-ci se fait avec l’aide de Yasmani qui est bien en peine, de ne pouvoir envoyer son fax à Antje, la venue de leur bébé est prévue pour le 12 juin. Nous n’arrivons pas a la terminer complètement. Elle sera finalisée dans l’après-midi, avec l’aide de la Sœur Elias, directrice au hogar Anicet Solares. Je me fais un plaisir de lui dire qu’elle en possèdera une copie et ce, le plus vite possible. Georges me donne un coup de main pour l’imprimer sur l’ordinateur. C’est un chef-d’œuvre qui est aussitôt partagé avec les boliviens, plastifié et collé sur chaque porte des dortoirs, à la hauteur de vision des enfants. Ce texte ainsi placé peut-être lu et relu, selon le bon vouloir de chacun. Ce texte ne doit pas seulement être réservé, au hogar. Le lendemain matin, je vais de poste de radio. - Bonjour monsieur! Comment allez-vous? J’ai reçu, hier, par le courrier, ce texte. C’est le dernier texte que mon père nous a laissé, il est tellement beau que je voudrais en faire profiter Vallegrande, car pour moi, Vallegrande est un lieu de paix, où il fait bon vivre. Les gens sont sympathiques et aimables. Il lit le texte avec intérêt, son sourire s’agrandit. - Bien sur, je le passerai en ondes. C’est peut-être seulement un texte, mais avec un peu de recul, il représente une remise à l’ordre de papa. Quand j’avais ce premier appel de mission, c’était un appel pour la paix. Il semble que je m’éloigne de mon but initial, c’est comme un signal, être sur mes gardes. L’animateur de la radio a réellement passé le texte, pour le remercier, j’ai monté une boule de paix, aux couleurs de la ville, bleu et blanc, couleurs identiques à celles du Québec. En lui présentant la boule je lui dis : - Vous êtes un homme de parole! Je vous offre cette boule de paix! - Muchas gracias! Señora. Je repasserai le texte de votre père des autres fois! - Aussi souvent que vous le voudrez, Gracias Señor! CHAPITRE 18 C’est le mois de Marie Comme à chaque mois de Marie, je lui réserve des chapelets autant que je peux en réciter. Le premier est avant la messe quotidienne. C’est l’endroit idéal pour me ressourcer spirituellement. J’ai souvent vu mes parents prier, et peut-être que certains d’entre vous se souviennent du chapelet en famille récité, à tous les soirs, à radio Canada, par le Cardinal Léger. C’est probablement de l’a que m’est venu cette habitude de dévotion. En vieillissant, cette émission, s’est éteinte, mais pas ma dévotion. Je n’ai pas renouvelé, cette tradition, cette habitude avec mes enfants, car leurs vies spirituelles leur appartient, c’est à eux de trouver leur propre chemin. Mais au hogar, ce fut un mois rempli de changement, de bouleversement, de travail, comme si Marie voulait faire le ménage, à sa façon. C’est la fête de Saint-Joseph (San Jose) à Vallegrande, donc c’est férié. L’homélie de ce matin, me donnait cette chance de m’apercevoir que j’avais un mari, qui m’attend toujours patiemment à la maison, en toute confiance, que je possède une perle rare. Il me faisait grand plaisir de lui écrire tout cela, dès mon retour au hogar, ce premier mai. Il y a un groupe de quatre stagiaires qui veut venir faire leurs pratiques au hogar. Cela me semble une bonne idée, mais donne la frousse, à nos charmantes professeures que nous possédons depuis des lunes. Ces professeures sont payées par le gouvernement. Elles sont avec les enfants de 8 heures à 11 heures, quand, il y a de l’école. Elles sont là pour aider les enfants à faire leurs devoirs et études. S’il leur reste du temps, elles sont responsables de trouver les activités éducatrices, pour combler le temps pour lequel elles sont payées. Cela est une difficulté majeure, leurs faire comprendre que se sont-elles qui doivent trouver les activités et non nous. Ces stagiaires sont pleins d’énergie. Les enfants font leurs devoirs plus rapidement, car ils attendent avec impatience, la surprise de la nouvelle activité. Ces stagiaires ont pris leurs cours, sous le régime de la réforme scolaire, c’est cette réforme qui tracasse nos professeures, elles craignent pour leur poste. Il y a même une stagiaire qui parle le citchoua, c’est un dialecte qui se parle dans les campagnes. Nous avons quelques enfants qui le parlent, cela occasionne certaines difficultés à l’école. Nous avons remarqué ces enfants, qui étaient super en mathématique, mais en langage, c’était le noir total. Jusqu’au jour, où dans les cuisines, j’ai eu des brides de conversation, pour le moins incompréhensible. - Pourriez-vous me dire lequel parle le citchoua ! - Mais c’est César, c’est la langue qu’il emploi couramment chez lui ! Voilà donc pourquoi ces trois frères n’aiment pas tellement l’école. Nous aurions du nous informer, dès leur arrivée, quelle est la langue parlée, à la maison. C’est trois garçons recevront donc des cours particuliers, le temps que les stagiaires soient avec nous, cinq semaines c’est peu, mais chaque minute compte pour ces petits. Claudia, aidera les plus grands à la casa 8, le soir. Les enfants de la casa 8, sont ceux qui travaillent au champ, le matin, l’après-midi, ils vont à l’école, le soir est réservé pour les devoirs. Ils ont besoin de beaucoup d’aide, car recevant un certain salaire, certains commencent à penser que l’école ne leur est pas tellement nécessaire. Dans la méthode de Don Bosco, les enfants doivent apprendre à travailler, mais doit absolument continuer à progresser, au point de vue scolaire. Ce n’est pas avec un diplôme du primaire que ces enfants pourront se trouver de meilleurs débouchés dans l’avenir. Nous ne tenons pas à en faire tous des universitaires, cela est impossible, car le travail, en Bolivie, à plusieurs débouchés au point de vue manuel. Pour la culture, ils ont besoin de savoir les différentes méthodes de travail, d’enrichissement des sols, le temps de germination, j’en passe beaucoup car cela n’est pas mon domaine, c’est le domaine de José, un employé que nous avons en contact, avec I.C.O (l’institut qui rend capable, qui aide les petits producteurs de l’est) I.C.O. nous fournit aussi deux autres stagiaires, que nous devons quand même payer. C’est trois personnes doivent fournir un travail supérieur que celui des enfants, car ils ont un bon salaire. Sur ce point, malgré que je n’aie pas l’autorité, sur cette grange Mama Margarita, je me sens responsable des performances des travailleurs, c’est tout de même moi qui paye leur salaire. Il y a bien des discussions, selon le point de vue, cueillette de fraises. -Jose faites attention ! Les premières fraises que vous récoltez, ne sont pas assez mûres, elles doivent être rouges. Je le sais, j’avais des fraises, au Canada, celles-ci sont bien meilleures bien rouges, prévenez les enfants de bien faire attention ! Je reste un peu avec vous du côté Mama Margarita. C’est le gouvernement québécois qui est notre principale aide de ce côté. Nous avons obtenu des subventions pour la réalisation de ce projet, et ce depuis deux années. Sylvain est le bénévole canadien responsable de la bonne marche, à ce point de vue. Il doit veiller avec l’animateur des grands de la casa 8, au bon travail des enfants, si le travail n’est pas bien fait, le salaire des enfants est moindre. Les enfants sont responsables des tomates, des différentes cultures qui sont supervisées par un employé bolivien, payé par nos propres moyens. Avec patience, Sylvain s’occupe de la bonne marche des travaux. Il y a aussi a réalisé l’irrigation de la fraisière, surveillé la bonne croissance des plants, en produire d’autres sans se faire avoir par les petits vers qui semblaient être les mois derniers. Les plants semblent en bonne santé, que Dieu nous aide de ce côté, ces petits vers nous ont donné assez de fils à retordre. Le soir pour le souper, Sylvain est présent, avec le groupe des moyens, dont Gladys, l’animatrice doit se relever d’une fausse couche. Sylvain, en toute amitié, offre son aide pour ce groupe un peu turbulent. Avec de l’amitié, les imprévus de la vie sont plus faciles à accepter, à surmonter. Le travail sur les tomates, c’est très bien fait. La production commence à donner ses fruits. Les tomates sont rapidement vendues au marché, aux restaurateurs qui sont ainsi bien fiers de nous aider, surtout qu’ils savent que c’est le produit des enfants. Le maïs canadien aussi est bien apprécié. Avec son goût sucré, c’est une variété qui est inconnue à Vallegrande. Il demande un peu plus d’attention, mais donne de bon résultat. Nous n’avons pas assez de maïs pour en vendre, le résultat de ces récoltes est pour les enfants premièrement.
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Nous verrons pour les années futures, si nous irons vers plus de productions, Les betteraves, les laitues, les concombres, les oignons sont aussi pour le hogar. Notre visée est que Mama Margarita fournisse le hogar, pour ainsi devenir autonome, dans les années à venir. Il y a à Vallegrande des temps de sécheresse, pour éviter de manquer d’eau, deux pusos (réservoir de surface) sont installés. Le système d’irrigation doit se réaliser par pouvoir gravitationnel. Il y a du travail là-dessus, c’est la partie du travail de Georges. Nous avons aussi cinq cents poules pondeuses, qui commencent à produire, lentement, mais en deux ou trois semaines ces pondeuses fournissent jusqu’à cinq cents œufs par jour. Il faut trouver acheteurs pour ces œufs, et rapidement, sinon en une semaine, la réserve de nourriture se trouve gorgée d’œufs, cela n’est pas très apprécié. Dans mes promenades à Vallegrande, promenades, j’inclue tous ces va-et-vient qu’encourent mon travail, la visite des hogars, Anicet Solares, Santa Susanna, les différents commerçants et restaurateurs. Un petit mot est dit à chacun : - Nos poules ont commencé à produire des œufs, si vous êtes intéressés, nous serions heureux de vous satisfaire ! Je sais que le directeur, m’avait dit de ne pas m’occuper de Mama Margarita, mais si peux faire d’une pierre deux coups, pourquoi devais m’en priver. Les œufs se vendent ainsi au fur et à mesure, ne demandent pas de va-et-vient supplémentaires pour le transport, tout prend un roulement tranquille, car tout est noté au fur et à mesure. C’est Juan qui est responsable du côté POULE. Ce que j’entends par-là, il est le responsable de l’état nutritif, vaccination, habitation… J’en passe certainement, cela n’est pas mon domaine. Mais disons ici, que se sont trois enfants qui sont responsables de ramasser les œufs, de veiller à ce que les poules ne manquent pas d’eau, de nourriture, de bons soins. Là vous pouvez être certain que ces poules sont chouchoutées, elles ont droit à de l’attention hors du commun, des caresses, des discussions, des embrassades. Ce sont des enfants qui en sont responsables, les enfants les aiment, se sont leurs animaux de compagnie. Ces enfants dorment dans des tentes pour être plus près de leurs protégées, cela se fait par rotation. Une nuit, un perchoir, s’est décroché du mûr, tua 15 poules, au grand désespoir de Juan. - Juan! Cela devait arriver, ce n’est pas de ta faute! Que pouvais-tu faire de plus? - Nous consoliderons le tout de façon plus sécuritaire, à l’avenir ! Ce Juan est aussi responsable des poulets, que nous achetons petits, que nous engraissons en grain, que nous vendons par la suite. Quand les poulets sont au poids de deux kilos, ici on parle de cinq à sept cents poulets, c’est le massacre des poulets. Nous devons trouver acheteur et rapidement. Cela ne me dérange pas, d’en parler à tous ceux que je rencontre, de cette façon, Juan qui n’a pas toujours le temps de trouver les acheteurs, car il doit organiser les réservoirs pour l’alimentation en eau des poulets. Je vends donc les poulets qui sont fraîchement tués, en criant ciseau. Pour celui qui est à l’extérieur du hogar, cela peut sembler un travail harassant, s’occuper du hogar, de la vente des œufs et des poulets. Pour ma part, cela est purement et simplement une question de planification, de confiance. Les poulets sont vendus avant d'être abattus, c’est d’avance que tout se fait. Les enfants vont livrer les poulets, avec la brouette, le tout prend 30 minutes, avant que l’école, soit avant que 8heures du matin sonne. Ceux qui sont livreurs, reçoivent des points, ou fait tout simplement partie de la corvée que celui-ci doit réaliser. Il y a bien Yasmani, qui est toujours avec nous. Il est avec nous de corps mais non d’esprit. Il est avec Antje en Allemagne. Il doit la rejoindre le 25 de mai. Il est difficile d’obtenir un peu de concentration sur son travail, je le comprends très bien, il va être papa, à la mi-juin, comment peut-il être avec nous! - Yasmani, travailles! Comme cela tu penseras un peu moins à Antje, elle va bien. J’ai besoin de toi pour l’ordinateur, c’est ta partie du travail, alors, un petit coup de main. Une petite tape dans le dos ou un coup de pied, que préfères-tu? Avec son sourire chaleureux, il reprend les rennes de l’ordinateur, où plutôt, m’installe à l’ordinateur, et me dirige d’une patience d’ange, car j’ai avec cet engin, ce bidule, cette écritoire électronique j’ai quelques difficultés. Il faut vraiment, ce jeune homme, cette douceur, cette compréhension pour que finalement, l’ordinateur devienne pour moi, un allié, je dis bien un allié, car il m’a fait gagner beaucoup de temps, surtout les matins dans la tranquillité des aubes journalières. Quand il y a un problème, avec un enfant rétissant ou désobéissant, je le confie, à ce Yasmani, car il a le doigté, la douceur, la bonne méthode pour toucher les points sensibles de ces enfants. Il connaît les difficultés que les enfants ont déjà eues, leurs problèmes, c’est un bon psychologue, d’une douceur hors de l’ordinaire, surtout qu’il va être papa bientôt, cela lui donnera déjà de l’expérience. C’est sur cela que je mise, qu’il ramasse le plus d’expérience pour être bien près quand arrivera son bébé, ainsi il ne sera pas pris au dépourvu. C’est à lui que j’ai donné le fardeau le plus difficile que j’aie eu au cours de ces quatre années. Nous avons eu une petite épidémie de varicelle, et aussi quelques cas de salmonelloses qui nous ont donné quelques chaleurs. Je vous cite ici, l’histoire d’un cas en particulier. Celui de Jose Guzman, cela fait sa deuxième année qu’il est avec nous, il est âgé de 9 ans. Il fut hospitalisé du 12 mai au 15 mai, suite à une salmonellose, il est entré une seconde fois le 17 mai au 22 mai. C’est de cette seconde fois que je tiens à vous raconter son hospitalisation. Dans la nuit du 17, Jose pleurait, je l’entendais de ma chambre. Cela n’est pas très exact. Le premier a l’entendre fut le chien Charrick. Il dort dans ma chambre pour plus de tranquillité. De sa tête, il me pousse, me réveille pour que je le sorte. C’est là que je réalise qu’un enfant pleure. Je trouve le lit de l’enfant triste, pour ne pas qu’il réveille tout le dortoir des petits, je l’installe dans mon lit. Il me dit qu’il a très mal au ventre et qu’il a froid. Il fait de la fièvre. Je rajoute une couverture, le cajole tendrement. Il se calme, il est quatre heures du matin, 30 minutes plus tard, il se réveille de nouveau. - J’ai mal, j’ai mal! Il se tient le ventre, je pense encore que c’est la salmonellose qui reprend le dessus, je le calme de nouveau. Au bout de dix minutes, il entre en convulsions. Il n’y à pas de taxi, je le garde bien au chaud, il se calme, semble s’être rendormi. À six heures les convulsions reprennent de plus belles, j’appelle un taxi d’urgence. - C’est pour un enfant malade, dépêchez-vous, s’il vous plaît! Je réveille Yasmani. - Yasmani! Debout tu dois aller à l’hôpital avec Jose, maintenant, il est en convulsions, ton espagnol est bien meilleur que le mien. Tu leur diras, qu’à quatre heures, il a déjà eu des convulsions. Yasmani, entre dans le taxi, qui a pris dix minutes pour arriver, je lui donne le petit, emmitouflé dans une couverture. -Pourquoi moi? Demande Yasmani - Quand tu auras ton bébé, tu sauras alors quoi faire, donnes des nouvelles dès que possible! José ne faisait pas une salmonellose, il faisait une double pneumonie. C’est pour cela qu’il était en convulsions, il manquait d’air. Il a probablement manqué un peu d’air à son cerveau, me dit Yasmani. Je me sens responsable de cette bévue, aurais-je pu faire plus? Nous sommes en Bolivie. Ma chambre était plus chaude que la sienne, que celle de l’hôpital, mais cette attente aura-t-elle des conséquences? Seulement le temps nous le dira. Il était trop faible suite à sa salmonellose, le temps froid que nous avons eu lui a permis d’attraper cette pneumonie. Les médicaments supplémentaires, ainsi que les bons soins à l’hôpital ont permis à Jose de s’en sortir, cela sans séquelle. Durant cinq jours, je n’ai jamais autant prié Marie, elle a eu droit à des rosaires, entiers, avec chandelles allumées pour me donner plus de concentration. Ce fut un cas de risée, quand Georges était rentré dans ma chambre, un certain soir : - Oh lala! Amor! Amor! Amor! Disait-il pour me taquiner, mais il était rentré, quand je faisais mes prières à Marie. Je n’ai pas eu le courage de lui dire, que ce n’était pas pour Jean-Claude, cette atmosphère tamisée, non, c’était pour Marie pour qu’elle daigne écouter mes prières et redonner la santé complète à Jose dont je me sentais responsable. Je l’ai envoyé promener royalement. Il essaya de me faire rire, mais ce fut le contraire qui se produisit, je retournais dans ma chambre, le cœur noyé de chagrin. Il vint me faire des excuses, mais il n’a jamais su pourquoi j’avais autant de peines. Il croyait que je m’ennuyais beaucoup de Jean-Claude. Je sais cela car, le bureau de sa copine est au côté de sa chambre, elle a dit: - Elle est triste, son mari lui manque beaucoup! Ici, mon manque de confiance et de spontanéité attirera probablement l’aide pour ma sortie finale du hogar car je savais que je n’étais pas comprise. J’aurais dû éclaircir la situation immédiatement. Dimanche le 6 mai, nous sommes responsables de la messe. Je suis l’animatrice, pour une fois. C’est à tour de rôle, cette fois je tenais à l’être, car c’est la messe sur la paix, les premières paroles que je dois prononcer sont: Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Les enfants à l’offertoire, offrent des boules de paix qu’ils ont montées eux-mêmes, une pour chaque groupe, les petits, les moyens, les grands sans oublier le groupe de la casa 8. J’ai monté une boule, aux couleurs de Vallegrande, car pour moi Vallegrande, c’est ma région de paix. Angel est arrivé un peu en retard, il a eu quelques problèmes avec la police à Santa Cruz. Il y a eu un cambriolage, le mardi, sur une vidéo, la police pouvait apercevoir le cambrioleur. Angel ressemblait à ce cambrioleur. Durant toute la nuit, j’avais le même cauchemar qui revenait sans cesse. C’était le naufrage d’un navire, je m’éloignais de ce navire qui piquait du nez rapidement, à chaque fois que j’aillais me noyer, je me réveillais. Ce cauchemar m’a tenu réveillé toute la nuit, quand j’ai vu Angel, je lui ai dis probablement qu’il était le bateau: - Mon petit diable, tu m’as tenu réveillé toute la nuit! Il a trouvé cela drôle me disant, que Santa Cruz pour lui, serait seulement pour les cas extrêmes. Cette histoire est parvenue aux oreilles de Georges qui me demande encore une fois de mettre cet Angel à la porte, qu’il met du grabuge dans le hogar. Je lui dis que je vais y penser. Georges, il ne faut pas l’affronter de plein front surtout, si, nous ne sommes pas d’accord avec ses idées. Le travail d’Angel me donne plus que satisfaction, je ne compte pas le changer, et le changer pour qui? Nous n’avons personne, en vue. Je n’ai pas l’intention de chercher, maintenant. J’ai le poste de directrice, j’en assume toute la responsabilité. Avant de continuer, le récit du moi de mai. Je vais vous dire où sont les trois autres stagiaires professeurs. Il y a un jeune homme qui va aider les enfants, une quinzaine, qui sont à une école privée. Ce sont des parrains qui défrayent les coûts reliés, à cette école. Ces enfants vont à l’école le matin, et font leurs devoirs au courant de l’après-midi, quand les autres enfants du hogar, eux sont à l’école publique. Ce groupe de 15, compte tous les cours du primaire, soit de la première année à la cinquième année. Une aide de ce côté est vraiment la bienvenue. Les deux autres stagiaires aident aux devoirs le matin, pour les cours de deuxième et de quatrième année. Tout en faisant la lecture des fax, envoyés et reçus, car se sont eux qui sont les points de ralliements de ma mémoire quelques fois fléchissant, vieillesse oblige. Il y en à un qui peut vous montrer que nous faisons quand même du bon travail, et que ce ne sont pas seulement des garçons malveillants que nous avons. Tous sont gentils, mais ce sont des enfants, nous ne pouvons demander à des enfants d’être parfait, sinon comment serait la vie, sans ces petits tracas que peuvent bien amener la jeunesse débordante d’un enfant. Voici comme promis une partie du fax envoyé à notre directeur le 3 mai. Voici l’histoire du marché de dimanche. Nous étions à acheter les légumes comme chaque dimanche, marchandage, addition, soustraction... qualité des marchandises et ce avec 6 grands. Dont un certain Miguel Angel Rojas Rosado, qui est avec nous car sa mère est en traitement de cancer, quand une femme cherchant sa monnaie dans son portefeuille, sans s’en rendre compte échappe un paquet de billets 50 bolivianos et 20 bolivianos….Instantanément ce Miguel, le ramasse et le donne gentiment à la dame. Surprise générale de tous les gens aux alentours. Je le félicite sur le fait de son comportement. Tous ceux qui ont croqués la scène donnent des mandarines aux six grands, qui étaient bien contents. Mon mari aussi m’envoie des fax, et ce régulièrement. Il n’y a pas une journée qu’un fax s’imprime, court ou long, mais tous aussi chaleureux les uns que les autres. Il a finalement osé prendre le livre de Marcelle Auclair Le livre du bonheur. Depuis quatre années, ce livre est toujours à la même place. Personne n’a osé y toucher, c’est une perle en fait de livre. C’est un livre qui se déguste comme un bon vin, lentement, faire revenir sous nos yeux les petits chapitres, sans prétention, qui nous glissent gentiment quelques recettes de bonheur à qui veut bien les lire. Pour moi, c’est un plaisir de voir que mon homme a enfin trouvé le courage d’ouvrir ces petites huîtres, qu’il puisse enfin voir que ce livre possède de jolies perles qui sont déjà bien polies. Une fois se fut un fax de trois pages qui me disait sa détresse devant sa collègue de travail qu’il aimerait aider, à la risée des autres, mais je lui ai répondu quand nous faisons le bien il y a toujours quelques personnes qui ne sont pas de notre côté, que la meilleure des solutions est d’ignorer ces personnes. La cinquième montagne de Paulo Coelho n’est pas une montagne facile à escalader, il faut du temps et de la patience pour arriver au sommet. Quand tu as de la difficulté, il s’agit de demander à l’Esprit-Saint de venir à ton aide, il sera toujours à ton écoute si tu le demandes, mais il faut que tu le demandes. Cela n’est pas signe d’orgueil de demander de l’aide, c’est seulement un vouloir de partager des énergies. Les journées de mon mari se passent entre son travail, et le soir, il fait la navette entre la maison de notre grand garçon qui va bientôt aménager dans sa petite maison pour y former sa famille, qui grandit doucement dans le ventre de notre petite Véronique. La maison des grands-parents de Véronique sera maintenant la maison de leur petite fille. C’est un rêve que Stéphane caressait, une maison qui tient déjà des souvenirs, il obtient ainsi satisfaction. À mon grand plaisir! Il y a une chose que j’ai oublié de vous dire à propos des cultures de Mama Margarita. Nous avons semés une partie du terrain pour la culture de fèves noires. La récolte est entièrement achetée par I.C.O., mais il faut faire vite pour trier ces fèves séchées, avant que les prix ne baissent. Si nous prenons trop de temps et d’employés pour le triage nous ne faisons aucun profit, même nous risquons de perdre de l’argent. Une solution, les mains des enfants. Une semaine, tous les enfants font la corvée de triage, il y a tout de même 95 enfants, nous pouvons faire des rotations comme cela le travail ne sera pas harassant pour chacun, nous pouvons laisser le ballon, le soccer quelques jours, un peu de travail ne fait de mal à personne, surtout que cela n’est pas difficile. Il y a eu une mise au point à mettre au dortoir des grands qui ne semblent plus écouter. Pour mettre de l’ordre et de la discipline dans ce groupe, 12 à 14 ans. Nous mettons le côté militaire dans la boîte. J’explique premièrement, visite de chaque casier pour y retirer tous les jouets, eh bien surprise dans ces casiers il y a tournevis, couteau, lunettes…un peu de tout. Eh le matin, c’est le piochage, pour régler la terre devant le dortoir. Enfin de tout! L’ordre semble être installé. Les grands retrouveront leurs biens réquisitionnés quand il n’y aura plus de chaussettes, caleçons, souliers ou toute autre chose utile dans les poubelles. Les enfants sont responsables du balayage des planchers de chaque dortoir. Ils balaient, assez bien d’habitude mais pensez-vous qu’ils font le triage du paquet ainsi accumulé, rarement ils le font, ils jettent le tout. C’est aux animateurs de surveiller le travail de chacun, l’animateur des grands semble avoir la tête, ailleurs, oui il a la tête sur l’animatrice des petits. J’ai encore un cas de personnel à régler, ce mois de Marie ne me donne pas beaucoup de répits, je vous ai écris plus haut qu’Elle semblait faire le grand ménage, il y a des fois que je Lui demanderais de me donner un peu de répit. Deux animateurs doivent être changés, celui des plus petits comme celui des plus grands. Nous avons déjà des remplaçants, ils ont trois mois d’approbation. C’est encore du changement pour les enfants qui pour leurs bien-être auraient besoin, de plus de stabilité. Dimanche le 20 mai, jour de missions en Bolivie, je vous ai réservé le chapitre 16 sur ce dimanche, car vraiment ce fut un dimanche spécial, et même toute la semaine sera bien spéciale. Nous attendons une dizaine de bénévoles qui viennent passer leurs vacances estivales avec nous. Cela peut-être un travail supplémentaire comme une aide bien appréciée. Cette année, se fut vraiment une aide bien appréciée. Deux bénévoles sont en étude du côté médecine, ils seront en charge de l’infirmerie, naturellement. Les huit autres seront soient à l’aide des devoirs aux enfants, soit relié à tous autres travaux qui seront urgent. À chaque jour, un travail imprévisible survient, c’est cela la Bolivie, c’est cela une famille de 95 enfants. Il est difficile de faire une planification à long terme, c’est peut-être frustrant pour celui qui pourrait avoir un projet en tête, mais il faut faire avec les moyens du bord, ce qui ne veut dire pratiquement rien. Nous devons toujours faire face à des dépenses imprévisibles qui ne donnent pas de place à de nouveaux projets, à courts ou moyens terme pour le moment. La question primordiale est la survie du hogar, dans sa plus simple expression nourriture, habillement, effets scolaires et payements de factures. Le 15 mai, nous avons entrepris une neuvaine à Marie auxiliatrice, la mère des Salésiens, la Marie de Don Bosco. Au cours de cette neuvaine la statue de Marie Auxiliatrice passera trois jours dans chaque chambrée, en commençant par celle des plus petits. Quand la statue fut installée dans cette chambre, Arturo, un des plus petits, c’est placé devant Elle, s’est signé et a fait une prière à Marie spontanément. Nos jeunes d’ici feraient-ils cela? J’en doute. C’est dans leurs valeurs de vie, la spiritualité. Chaque jour nous installons un pétale en papier pour former une fleur de neuf pétales représentant chaque jour de la neuvaine. Le 25 jour de sa fête, nous avons amené Marie Auxiliatrice en procession à la messe. Tout le hogar participa à la messe. Dans l’après-midi, après l’école, Marie fit une autre promenade, en tête de file, bien installée sur son portoir, pour ne pas tomber. Les habitants demandaient: - Qui est cette Marie? - C’est Marie Auxiliatrice, c’est elle qui nous protège au hogar! Certains villageois se joignent à nos prières, c’est une petite procession qui prend de l’ampleur. Au retour, avant de souper, le feu est allumé brûlant la fleur faite en son honneur. Nous soupons tous ensembles près du dortoir des petits à l’abri de froid et de vent. Six gros pains russes, koulich, furent cuits pour cette fête. Chaque partie de pain fut recouvert d’un coulis de fraise fraîche, au délice de chacun. Marie était là, à regarder sa grande famille toute réjouie par ce souper spécial, un jour de semaine. Le 27 mai c’est la fête des mères en Bolivie. Avec une famille de 95 enfants cela est bien fêté. Les enfants ont fait des cartes de remerciements, dans les écoles il y a des spectacles d’enfants. Mais ce fut une journée bien spéciale pour moi, en rôle de directrice. Depuis deux mois, nous avons un garçon de 7 ans qui se nomme Ferdy. C’est la protection de la jeunesse qui l’a trouvé, une certaine journée, seul dans Vallegrande. Elle nous l’a confié, depuis ce temps nous recherchons ses parents. C’est ce dimanche de la fête des mères, que sa mère a enfin donné signe de vie. Elle ne veut plus de son garçon. Elle a d’autres enfants, elle ne peut subvenir aux besoins de ce garçon. Elle signe les papiers le donnant à qui veut bien de lui. C’est pour l’adoption, je dois recevoir ce papier et le signer, comme tuteure de l’enfant, étant directrice du hogar. C’est un sujet difficile a accepter. Comment? Pourquoi? Faire des enfants si nous ne pouvons subvenir à leurs besoins. Il faut être responsable de ses actes. C’est un sujet, que nous allons parler certainement avec nos plus grands, être responsable de ses actes que faire l’amour n’est pas un jeu, c’est l’acte de la vie. Il ne vaut pas entrer dans le jeu de l’amour, comme des bêtes, nous sommes humains, nous avons une intelligence, c’est ce qui nous différencie de ces bêtes. Je rentre donc au hogar, un papier très lourd à mettre dans le dossier de Ferdy. Tu es maintenant orphelin total. Le dîner fut pris rapidement, pour ma part, j’ai fait acte de présence pour recevoir les surprises des enfants mais mon cœur n’y était pas. Le lendemain Georges doit aller à Cochabamba, avec la camionnette. Je lui demande si je peux aller avec lui. Depuis janvier, je n’ai pris aucun temps de repos, cela serait une bonne occasion. Il est d’accord, mais me prévient qu’il ne dira pas un mot de tout le trajet. Le trajet est de 10 heures. Cela ne me dérange pas, je dois sortir du hogar un peu, quelques jours, je serai de retour le premier juin, car le service d’autobus est le vendredi. Je confie à Angel l’argent nécessaire pour la semaine, il sait à qui vont les poulets fraîchement tués ainsi que les œufs. Le trajet a vraiment été silencieux, j’ai bien essayé de faire la conversation mais, les vitres d’autos ne répondent pas, tout comme le chauffeur, il m’en veut, je le sais, restons donc silencieux. Mais dans ma tête les rosaires s’alignent, au fil des kilomètres qui s’égrainent, de ce fait, me semble s’égrainer plus rapidement. Pour Cochabamba, vous pensez que j’allais rester à la maison Guadaloupe, trois jours, assise à me reposer, à ne rien faire. Eh bien non! Vous ne me connaissez pas. C’est un temps réservé pour les enfants, surtout pour les enfants, car tout est moins dispendieux, c’est une ville plus grande avec un grand Christ qui nous accueille au sommet d’une montagne, les bras bien tendus. Je vais voir au collège Don Bosco, s’il n’a pas quelques livres à nous donner, ou autres choses se reliant à Don Bosco, car au hogar nous n’avons pas grand chose. Le Padre Juan Pablo Zabala m’accueille les bras ouverts, après que je lui est montré ma carte de crédential de la préfecture, disant que je suis bien responsable d’un hogar. - Que désirez-vous, Madame? - Je n’en sais rien, nous avons absolument rien sur Don Bosco, sur Marie Auxiliatrice. Tout ce que vous pourrez nous donner sera bienvenu! - Voyons ce que nous avons! En ouvrant, une armoire. Voici des bandes dessinées sur la vie de Don Bosco! - Mais ce sont les mêmes que nous avions à notre maison, exactement les mêmes! Lui dis-je, cela me ramène quarante années en arrière. Voyant ma satisfaction, il me donne toutes les copies qu’ils possèdent, quatre copies des quatre numéros 1-2-3-et 4. - Avez-vous les bandes vidéo de Don Bosco et de Mama Margarita! Nous pouvons vous les doubler, si vous nous amener les cassettes vierges! Voici maintenant une surprise! Un poster de Marie Auxiliatrice. Je ne serai pas venu pour rien, je me retrouve avec des trésors hors de prix, surtout la cassette de Mama Margarita, je ne savais pas qu’une vidéo avait été faite sur sa vie, et ses bandes dessinées, je les connais par cœur, Marie Auxiliatrice sera bien installée à la vue de tous, c’est super. Des achats de livres, de beaucoup de livres d’aventures sont aussi acheter. Si nous voulons que les enfants lisent, il leurs faut des livres intéressants, sinon le goût de la lecture ne viendra jamais. L’argent pour tous les achats vient de mon argent de poche. J’ai pris cinq cents dollars américains. Ils ont tous passés, fondus comme neige au soleil, effets de quincaillerie, pharmacie, papiers de couleurs pour l’origami et le bricolage. Quand je dis que c’est pour des enfants, j’obtiens toujours des réductions ou du papier supplémentaire, des tissus pour faire des draps de lit, des chaussures, des lacets…. À chaque fois que je rentre à la maison Guadalupe, je rentre les bras chargés comme un mulet. Je n’ai pas fait de folies. Une nouvelle bannière au nom du hogar est aussi confectionnée pour remplacer celle toute défraîchie, avec les dates de l’ancienne direction. Il est grand temps de mettre, de posséder notre propre bannière dans tous les sens de terme. Je fais inscrire à l’arrière mon nom Françoise Boldireff-Rhéaume la tortuga, car je serai la marraine de cette bannière. Durant la visite à Soeur Placida, l’ancienne directrice du hogar Anicet Solares, celle-ci me dit ou je pourrai acheter des chandails pour mes propres enfants et mon mari. Elle me prévient que c’est peut-être dispendieux, mais ce sont des vêtements de très bonne qualité. Elle avait raison, se sont des vêtements de qualité, mais pas dispendieux car tout est en vente, la fête des mères vient de passer. Le jeudi matin, j’avais tout terminé mes achats. Il est sept heures de matin, je croyais que mon autobus était à sept heures, mais il était à 20 heures. Me voilà vraiment avec 12 heures de liberté totales, car je n’ai plus un sous en poche. J’en profite pour rejoindre ce Christ, qui m’attend les bras ouverts. C’est 1,200 marches qui m’attendent et ce en pente raide. Qui croyez-vous qui m’accompagna durant cette montée. Mon rosaire, en deux heures la montée et la descente se sont faites, trois rosaires complets sont récités, à chaque Gloire soit au Père, je le récitais mon tournant aux quatre coins cardinaux. Il semblait que je disais un adieu à cette Bolivie. Ce fut une surprise générale quand les sœurs m’ont vue revenir à 11 heures. - Tu n’as pas été jusque là-haut! - Pourquoi pas! Des rosaires en sont témoins! L’après-midi, j’ai trouvé moyen de dormir. C’est vrai que ce n’est pas toujours que l’on monte 1,200 marches, avec une bonne chaleur. À 20 heures, je monte dans l’autobus pour arriver à Vallegrande à 7 heures, vendredi matin comme convenu. J’ai la journée pour tout déballer et ranger chaque article au bon endroit. Dans mon sac de hockey, un tapis fait main rejoins les chandails achetés, mon sac est prêt comme si je devais partir tout de suite. Le soir je dis à Angel: Je n’aime pas cela, mon sac est prêt, j’espère qu’il n’arrivera rien à Jean-Claude, à mes enfants, à ma mère! J’ai un très mauvais pressentiment! - Allons vas te coucher, tu dois être bien fatiguée! CHAPITRE 19 ADIEU ! SYLVAIN Dimanche le 3 juin, comme tous les dimanches précédents, je me rends au marché avec six garçons. Les plus grands, car ils sont les plus forts, aussi parmi ces six, je prends ceux qui doivent plus de points, c’est un moyen de les aider, les vacances arrivent à grands pas. A six heures nous partons donc du hogar, pour cette fois, en taxi. Nous avons une trentaine de poulets à livrer. Les achats se font rapidement. 300 oranges, 300 limas, une caisse de guinéo, trois douzaines de piments, 20livres de havas et 20 livres de pois qui seront écossés après la messe de 8.30 heures, 40 livres du yuca (tubercule, racine qui remplace les pommes de terre quand celles-ci sont dispendieuses), 20 livres de carottes, 60 livres d’oignons, 10 melons d’eau, 300 mandarines. Nous achetons les légumes un à la fois, un jeune, prend le produit acheté, le met sur son dos et attend le prochain achat qui est amené par un second jeune. Ce deuxième attend surveillant les deux produits pendant que l’on achète le troisième. Ce petit manège se poursuit jusqu’à la fin des achats nécessaires pour la semaine. Le jeune qui attend ne doit pas manger le produit acheté, cela est bien clair au départ. Les jeunes qui viennent avec moi sont là pour travailler et non pour manger. Surtout qu’ils n’ont pas faim, car avant de partir, ils ont tous bien déjeuner. L’estomac plein nous avons plus d’énergie, pas vrai. Nous voici de retour au hogar, il est 7.30 heures. Angel attend à la porte. Je le rejoins sur le trottoir. - Françoise, j’ai une mauvaise nouvelle, c’est Sylvain, il est mort, un accident ! - Ah non ! C’était donc pour lui, ce mauvais pressentiment! Tapant sur le mûr extérieur : Je déteste les pressentiments, je le savais, je le sentais ! - Calmes-toi, calmes-toi ! - Quand ? Hier soir ! - Je vais au Canada, mon sac est déjà prêt ! Je cours à la paroisse pour voir, s’il n’y a pas un prêtre qui descend à Santa Cruz. Rien. Je retourne au hogar quand, au coin de la rue apparaît, Marcelino, dans son taxi. - Tu peux me conduire à Santa Cruz ? - Oui ! - Combien ? - Quatre cents bolivianos ! (60$U.S)
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D’accord, nous partons tout de suite. Au hogar, je ramasse quelques linges que j’engouffre dans mon sac de voyage, prends les derniers dollars américains qu’il me reste. Je rentre dans le bureau où, Terry et Lisa me regardent, les yeux tout embués de larmes. Je cherche mon passeport. Non, je sens la panique monter à la tête. Du calme ! Je me dis intérieurement. Lisa cherche à m’aider. - As-tu bien regardé dans le classeur ? Depuis le temps, que je doive mettre de l’ordre par-là. Je regarde de nouveau, mais par ordre, cette fois. Voilà ce petit carnet marine qui se pointe à l’horizon. - Merci pour ta présence d’esprit ! Lisa Je passe près d’Angel, le serre bien fort dans mes bras et lui dit : -Tu es le responsable pendant mon absence ! -Je pars une seule semaine, j’ai confiance en toi ! J’embrasse Terry : Angel est le directeur, le temps de mon départ, J’ai confiance en lui ! - Je n’ai pas confiance ajouta-t-elle. Je lui redis une autre fois, mais avec plus de force Je lui fais confiance ! En passant près de Lisa, je l’embrasse : Je fais confiance à Angel Je saute aussi vite dans le taxi. Il est 8.30 heures. - A Santa Cruz ! Et vite ! Marcelino se signe, comme tout bon bolivien. - Oui, on en a besoin ! Lui dis-je. C’est le silence, quelques minutes où je me sens abasourdie, tel un boxeur dans le ring. Mais mon ange gardien est là, il me calme. - Comment cela est arrivé ? Ose questionner Marcelino - Un homme saoul l’a frappé alors qu’il était à vélo, c’est tout ce que je sais. Ce sacré Sylvain, il l’a bien choisi sa journée pour partir ! Jamais, je ne pourrais l’oublier. Partir, le jour d’anniversaire de mon mariage, cela fait 28 ans que je suis me mariée et ce, un 2 juin. J’ai soif, je prends le sac de plastic que Lisa a eu la gentillesse de me préparer. Qu’y a-t-il à l’intérieur ? Des fruits, naturellement, je viens tout juste de les acheter. Des mandarines et des oranges, il y en a beaucoup, Pour le chauffeur ! m’a-t-elle dit en me donnant le sac, par la portière. Elles sont les bienvenues ces mandarines fraîches, juteuses et bien sucrées. C’est vrai, qu’elles sont fraîchement cueillies, elles ont donc toute la saveur du soleil, toute l’énergie son énergie emmagasinée jusqu’à la cueillette. Je prends plaisir à jeter les pelures par la fenêtre, en disant : - Pour que je retrouve mon chemin, à mon retour. Je fais comme le petit poucet. Le temps file plus vite que les kilomètres. Les cassettes de musique espagnole se répètent. - Marcelino, tu n’as pas de téléphone ? -Non, cela est trop dispendieux ! -Il faut que j’appelle à Santa Cruz, cela avant Midi. Tu t’arrêteras, dès que cela sera possible. - Ce ne sera pas avant Mairana, nous en avons pour encore une heure de route. - Tu es certain ? - Oui, tranquille nous avons du temps. Il est 10 heures On roule, on rencontre des ânes bien stationnés, comme dit Marcelino, pour détendre l’atmosphère, quand il s’aperçoit des silences tristes et des yeux qui se remplissent de larmes. Mon cœur se balance très fort entre la tristesse et l’allégresse. C’est vrai, il faut faire la balance de la vie. Autant de joies pour autant de peines. Je viens de perdre un ami. Je cours, lui dire adieu, mais je vais aussi à la rencontre de mon mari. Ce mari qui a trouvé, au bout de quatre années, lui aussi, sa clef pour le bonheur. Quelle est la raison la plus valable ? Pour faire ce voyage, qui va me coûter une fortune, fortune que je n’ai pas. Je laisse ce coté entre les mains de Marie et de Dieu. Je sais que le tout se réglera quand se sera le temps. MAIRANA Il est 11 heures. J’appelle à l’hôtel Copacabana. - Bonjour Mademoiselle, pourriez-vous me rendre un petit service. Je voudrai que vous me réserviez un billet d’avion, par la compagnie Américain Airlines, pour aujourd’hui. Je suis à Mairana. Je serai à Santa Cruz, vers midi. Nous repartons aussi vite, mais ne vous en faites pas. Je connais Marcelino. Il connaît sa conduite et pour une fois, il y a un bolivien qui possède une automobile en parfaite condition, pneus et mécanique comprise. Santa Cruz ! Nous voici ! Marcelino va chez son cousin, celui-ci connaît plus Santa Cruz que lui. Il y aura moins de perte de temps de cette façon. De chez lui, je téléphone à l’hôtel pour avoir les dernières nouvelles. Oui, il y a de la place dans un avion. C’est pour demain matin, à 9 heures. C’est parfait pour moi. Je dois me rendre directement à l’hôtel. Les arrangements seront terminés à mon arrivée. Depuis 7 heures du matin que je tape sur l’ordinateur, en cette journée du 29 juillet 2001. Il est présentement 2,30 heures p.m. Je me donne un petit moment répit, car je ne suis pas très habituée avec cette écritoire électronique, les fautes s’accumulent et la patience en prend un dur coup. Je vais dehors, m’asseoir un moment quand je m’aperçois que mes petits de roses trémières ne sont plus à leurs places premières. Ah oui ! Je les ai mises sur le gazon la veille, en espérant quelques gouttes de pluies ou de rosées pour les hydratés. Mais les petits plants sont tous fanés. Il fait un soleil de plomb. Vivement, je rentre dans la maison, prend le gallon d’eau de source et les hydrate. Les plants se redressent timidement, je peux voir le mouvement des tiges et des feuilles qui se gorgent d’eau. C’est magnifique, la vie! Je suis à écrire un texte sur la mort d’un ami et je peux quand même trouver la joie dans la création de notre DIEU. Il est juste. Il s’agit d’ouvrir ses yeux et son cœur au bon moment, d’être là dans chaque instant présent et de l’apprécier à sa juste valeur. Nous revoici de nouveau à Santa Cruz. Il est midi et demi. À deux heures, l’agente de voyage va me rejoindre à l’hôtel. Nous irons ensemble à l’agence pour les derniers arrangements. J’ai donc un peu de temps pour me rafraîchir, décanter, dépressuriser. Oui, la pression est grande, tout comme la chaleur. Une douche rapide, changement de vêtements, les vêtements souillés sont placés dans un sac de plastic que j’apporte vivement à Marcelino qui m’attend, conversant avec son cousin. Je lui remets mon sac et règle sa course. 400 bolivianos. Il m’en remet 100. Il y a aussi des boliviens compatissants. Je remonte à ma chambre. Je rencontre le garçon d’étage lui demande, s’il pouvait bien me faire nettoyer ma veste, car elle est vraiment poisseuse, c’est avec elle que j’ai été au marché quelques heures plutôt. Il me la rapporte, impeccable ! - Combien pour le nettoyage ? - Rien! me répond-il. Il est tout gêné, il sait pourquoi je suis triste. Il repart en me glissant un léger sourire. Comme convenu, à deux heures, je vais à l’agence de voyage. Ce n’est pas très loin. C’est une famille complète qui m’accompagne. Un papa, une maman avec leur garçonnet qui s’appelle Victor, il a trois ans. Le papa dépose délicatement, l’enfant endormi, sur un petit matelas, directement sur le plancher. - Excusez, madame ! Me dit l’agente gentiment, Mais le dimanche est habituellement, mon jour de congé ! -Ce n’est rien, merci à vous de répondre à ma demande aussi vite. À quatre heures tout est terminé, j’ai le billet en main, ce fut un peu plus long que de coutume, ce n’est pas son ordinateur. Tout semble en ordre. Retour à ma chambre d’hôtel, j’écris un fax à Jean-Claude. Bonjour mon amour, je rentre à Montréal par le vol d’American Airlines. Mon arrivée est prévue pour lundi à 22heures 30. J’aurai besoin de ta présence pour aller au service de Sylvain, Mardi, à Sherbrooke. Je t’aime, Je t’embrasse ! J’essaie de dormir, car la journée sera assez ardue, le lendemain. Un service de taxi m’amène à l’aéroport de Viruviru, à 7 heures du matin. La préposée aux bagages, doit refaire les billets car ils sont mal codés, je risque des difficultés avec mon seul sac de hockey. Je sais qu’il ne dépasse pas 20 kilos, se sont des cadeaux que j’ai achetés à Cochabamba, un tapis pour dépannée un itinérant, le même que voilà trois ans, trois chandails en mohair, identiques, un pour la fête d’Isabelle, Son anniversaire est le 22 Août, un pour Véronique qui va accoucher le 20 septembre et le dernier pour moi. Ils étaient tous en solde, car la fête des mères venait de passer. Il y avait aussi un chandail pour Jean-Claude, cadeau de mariage et un chandail pour Stéphane dont l’anniversaire sera le 2 septembre, quelques portefeuilles, qui pourront servir de cadeaux de Noël. Je planifie toujours de longue date les fêtes pour ne pas être au dépourvu, une fête ne doit pas être une corvée, cela doit être un plaisir, avec préparation c’est encore meilleur. Tout ces achats se sont fait instinctivement, et placés rapidement dans le sac de hockey. Vous voyez bien que j’avais un pressentiment, une intuition à qui je fais confiance. Je m’installe dans la salle d’attente, mon départ est dans 4 heures. Me voilà assoupie, non, endormie. Je me réveille, subitement, c’est le dernier appel pour Madame Rhéaume. Alors une course recommence, j’arrive en retard. Je dois encore payer, une formalité, mais je suis à court d’argent. Il me manque un 20.00$ Un employé de la ligne aérienne sort de sa poche l’argent nécessaire. Merci à cet employé. Dans l’avion, je ne suis même pas assise que l’avion commence à rouler. Les passagers me regardaient tous avec des yeux interrogateurs. Je me suis fait très, très petite sur mon siège. J’avais le pressentiment que ce court voyage me réserverai de mauvaises surprises. Le voyage s’est bien passé, les idées entre la tristesse et la joie. Mon homme était à l’aéroport, avec un bouquet de fleurs. Un gros baiser chaleureux échangé de la part des deux, Je ne veux pas parler, il le sait. Nous, nous comprenons dans nos silences. Que la maison est accueillante ! Quel calme ! Nous allons au lit, après une bonne douche qui ne rafraîchit pas qui semble embrassée notre désir, l’un pour l’autre. Une nuit d’amour à ne pas marquer, à ne pas oublier, car elle s’est faite dans la joie et les larmes aux yeux. Le Mardi matin, nous nous rendons à Sherbrooke. Je veux voir Sylvain avant le service qui à lieu à 2 heures. À mon arrivée au salon funéraire, je parle avec Madame Gendron, mère de Sylvain. -Vous savez Madame votre fils est un gars formidable. Avec sa patience, sa douceur, il a su montrer à nos grands garçons de Mama Margarita comment travailler ! Comment travailler et bien travailler, les garçons se sont rendus compte que par leur travail, ils pouvaient amener de l’argent au hogar. Que le fruit de leur travail, tel que les tomates, les fraises, les œufs, les soins donnés aux poulets, que tout cela nous a permis de nous donnés l’argent nécessaire pour les achats de nourriture de la semaine, car l’argent nous manquait ! C’est vraiment un homme formidable, tous les enfants se rappelleront de lui ! -Je ne savais pas que Sylvain avait fait un si bon travail! - Vous pouvez en être certaine, vous pouvez être très fière de lui ! J’oserai vous demander une faveur, Madame ! Vous voyez la croix sur la tombe de votre fils. Cette croix représentera votre Sylvain, à Mama Margarita et jamais les enfants ne pourront l’oublier. -Oui, après le service je vous donnerai cette croix ! Je parle ensuite avec Monsieur Gendron dans les même termes décrits plus haut. Ces parents ont ainsi un peu plus de sérénité, j’embrasse Sylvain sur le front, je l’embrasse de la part de tous les enfants du hogar qui sont présents en esprit avec nous, en ce jour, pour lui dire ce dernier ADIEU! Nous allons dîner avec Gaston, et les bénévoles qui ont passé quelques mois à Vallegrande, en présence de Sylvain. Je préviens Gaston que je vais dire quelques mots de la part des enfants à Sylvain, je suis tout de même descendu de leur part pour lui dire au revoir. Voici ce que j’ai dis à Sylvain, car c’est à lui que je parlais. Gaston parla le premier, essaya de mettre un brin d’humour dans son éloge, cela à bien fonctionner, surtout quand il rapporta l’incident des poteaux électriques que nous n’avons toujours pas et ce au bout de sept mois d’attente. Les préposés à l’électricité ont creusé les trous pour ces dits poteaux et Sylvain voyant la lenteur de la venue de ces poteaux a dit simplement : - Je crois que c’est la manière bolivienne, ici, on creuse les trous et ils attendent que les poteaux poussent ! Eh bien Sylvain ! J’espère que tu as tord, car sans poteaux nous n’aurons jamais l’électricité à Mama Margarita, crois-moi nous en avons besoin pour la construction de cette partie du hogar. Voici donc mon petit éloge. Bonjour Sylvain, tu as fait un travail splendide avec les jeunes. Ils ont su apprendre à travailler, et bien. Nous avons manqué d’argent, la semaine dernière, nous n’avons pas manqué de tomates. Ils y avaient beaucoup de tomates, tous ont fait la corvée de tomates, car c’était le seul moyen d’avoir l’argent nécessaire pour les achats nécessaires pour la semaine. Quand j’ai dis aux enfants que c’est grâce à leur travail que j’ai pu faire les achats, tu aurais du voir les yeux des enfants. Ces yeux se sont illuminés de mil feux, les corps se sont redressés de fierté. Cela est ton salaire, Sylvain ! Tu as rendu ces enfants fiers, fiers de faire un travail manuel, un travail de cultivateur. Tu as bien travaillé Sylvain ! Va te reposer, maintenant avec ta bicyclette là-haut dans le ciel ! QUE TE VAYA BIEN ARRIBA AL CIELO ! J’aurai voulu mettre tous les enfants dans mes bagages, vous auriez du voir toutes ces mines tristes qui allèrent quand même à la messe, ce dimanche 3 juin. Je sais que j’ai un boulot immense qui m’attend à mon retour. Ramasser ces petits hommes dans leurs peines, leur dire de travailler même si leur bon ami est parti, parti pour toujours. Après la cérémonie, comme prévu délicatement la maman de Sylvain me remet la croix. Elle fera partie des bagages pour Vallegrande, dont le retour est le 10 juin, j’ai bien dis à Angel une semaine. CHAPITRE 20 Georges creuse mon trou À peine avais-je quitté le hogar, en catastrophe, le 3 juin au matin, que le directeur en chef du hogar, qui passe ses étés, au Québec, pour ramasser les argents nécessaires pour la subsistance du hogar pour l’année en cours, reçoit des fax qui parlent d’abandon du hogar de ma part. Est-ce un abandon, que de rendre un dernier hommage, à un ami ? Est-ce un abandon, quand je pars seulement pour une semaine, en prenant bien soin de mettre clairement, un directeur par intérim ? Une campagne de salissage est entreprise pour mettre en doute mon travail, je suis soi-disant, survoltée, dépressive, je ne dors pas assez, je manque de sommeil. Sur ce point, je vous laisse juge ! Voyez ma situation. J’ai la direction du hogar, ce qui comporte beaucoup de paperasseries, du côté bolivien, vous pouvez me croire qu’il possède le pompon, surtout du côté préfecture. Je les comprends ce sont eux les responsables des becas que le gouvernement donne pour chaque enfant, et ce chaque mois. Pour cela, il faut remplir les papiers qui peuvent changer à bon escient, sans prévenir, soit, c’est de la bureaucratie. Quand croyez-vous qu’il y a assez de tranquillité dans une famille de 95 enfants ? Qui a vu juste ? Oui, le matin, mais avant le lever des enfants, ce qui donne 4 ou 5 heures du matin. Pour être en forme, à quelle heure devrais-je me coucher ? Faite le calcul ! Un adulte, a besoin de six à sept heures de sommeil, je crois ! Je vais donc me coucher, dans ma chambre, au fond du hogar, où il y a le moins de bruit, une tisane CELESTIAL SEASONINGS Sleepytime. Tranquilithé en main, après le souper des enfants, soit vers 19 heures. J’ai même mon garde du corps, Angel, qui se fait un devoir de me mettre au pas quand je tarde trop. Après la tisane, les bouchons dans les oreilles, la musique de Beethoven, je m’excuse ici, à Monsieur Beethoven, mais il est très rare que j’aie pu écouter le C.D. jusqu’à la fin. J’ai même mon copain de chambre qui m’accompagne, Charryk, notre berger allemand, pure race, comme cela, il ne jappe pas durant la nuit. Si vous comptez bien, je peux m’en tirer avec 7à 8 heures de sommeil. Les cas d’insomnie, sont assez rares, car je n’arrête pas beaucoup dans la journée. La mise au point des factures pour le hogar est souvent refilée, au dernier instant, au grand désespoir du directeur en chef, je sais une fois, je l’ai envoyé promener, attends tes factures! Tu me fais perdre mon temps! Je ne suis pas la plus diplomate, oui, les factures sont là, mais quelles factures veut-il ? Les poulets qui rentrent, les œufs qui rentrent à profusion. Des volontaires insatisfaits de ma décision de mettre un bolivien responsable du hogar, lors de mon départ. Un climat malsain semble prendre de l’ampleur. Le 6 juin, je dois envoyer un fax à Vallegrande pour éclaircir la situation. Angel, pourrais-tu lire ce fax aux employés, aux volontaires ainsi qu’aux enfants. Je suis bien triste car hier j’étais à dire notre dernier adieu à Sylvain. Je suis partie au Canada si rapidement, que cela donna l’impression d’abandonner les enfants. Je suis la directrice du hogar, comme directrice, je suis allée parler aux parents de Sylvain, de votre part. La mère de Sylvain nous à donner la croix de Sylvain, cette croix qui était sur sa tombe. J’espère que cette croix va calmer les esprits de tous, que chacun de vous sera en paix, comme Sylvain était, calme tranquille, sans crier, responsable. Je serai à Santa Cruz, le 10 de juin, à 6 heures. Si Marcelino peut venir me chercher à l’aéroport, je serai avec vous tous pour le dîner. Angel prends soin du hogar, sans crier, avec calme, À bientôt, Françoise Le 6 juin j’écris un fax au directeur, voulant mettre au clair le point sur le constructeur de l’agrandissement du hogar. J’ai donné seulement une partie du paiement final, car il y avait des défectuosités électriques qui tardaient à être au point, par trois fois cela devait être réglé, et rien ne bougeait. Il y avait toujours le problème d’eau qui suintait des piliers de ciment. C’était une pluie perpétuelle dans la chambre des grands par temps chaud et ensoleillé. Je ne voulais pas que ce problème d’eau reste irrésolu. Je compte écouter le directeur, donner le paiement complet seulement, quand j’aurai eu satisfaction sur les travaux déjà entrepris, sinon nous devrons débourser encore de nos poches pour tout bien finaliser. C’est ma façon de voir ce côté administratif du hogar, étant directrice sur place, je peux probablement obtenir plus vite satisfaction de cette façon. Le 7 juin au matin, m’informant de la réaction de la lecture du fax aux personnes intéressées, Angel me fait part d’un malaise dans le service de santé de Vallegrande. Sans plus attendre, j’en fais part au directeur en chef, par fax, que voici : Bonjour, Encore un autre jour, encore un autre fax, je crois bien, que quand, samedi je prendrais l’avion, ma tête sera certainement plus libérée qu’à mon arrivée, car j’aurai partagé une partie des problèmes. Celui qui suit est le tien, car moi, je l’aurai envoyé promener de façon radicale. Je n’ai pas cette diplomatie. Voici donc les faits, si tu veux, je t’enverrai le fax d’Angel en espagnol, qui dit la même chose plus ou moins. C’est le cas de l’infirmière en chef, elle ne devrait plus se présenter au hogar, car à la casa de salud (maison ou les enfants reçoivent les soins gratuits) et à l’hôpital, les infirmières celles qui s’occupent de nos enfants malades ne peuvent plus la voir, son attitude hautaine, son manque de patience, nous ont causés des problèmes. J’ai demandé au Docteur en chef de nous trouver une infirmière qui viendrait de 19hre à 20hre, rendre visite au hogar, comme cela il n’y aurait plus de conflit avec les volontaires, nous serions servis plus promptement, je ne voudrai pas revivre le cas de Jose Guzman. Il a failli mourir dans mon lit, suite à des convulsions, un manque d’oxygène, mais il semble se retaper. Suite à quelques cas de salmonelloses, qui ont commencé par José, les plus récents entrés au hogar n’avaient pas les papiers verts. Angel s’est organisé pour que tous tiennent leurs papiers, et ce au bout de deux jours. Ce fax est seulement pour ce sujet, je ne sais comment en parler à l’infirmière en chef, À la prochaine ….Françoise Comme vous pouvez le constater, durant la semaine passée au Québec, tout semble s’être mis en branle pour me flanquer dehors. Georges n’accepte pas que je garde Angel comme employé, il a le pressentiment qu’il n’est pas loyal. L’Américaine, sa copine, est entrée dans son camps et les deux autres volontaires semblent s’être ralliés de leur côté. Je sais que je vais entrer dans un nid de vipères, que je suis attendue d’un mauvais œil, mais je suis aussi attendue par 95 garçons dont je suis responsable, que je considère comme mes fils et ce quoi qu’il advienne. Les 7, 8 et 9 juin j’envoie à certains postes de radio, à certains journaux, à certains poste de télévision le texte suivant. Je vous envoie le texte qui suit, je ne sais de quelle façon le faire paraître. Notre système de permis de conduire dérisoire, ou la mentalité des gens, ou comment réveiller ces gens, les conscientiser sur ce fait de l’alcool au volant. Ce Sylvain Gendron nous était d’un grand secours, ces 93 enfants, je dois les ramasser le 10 juin quand je serai de retour à Vallegrande. Si au moins, une personne se conscientise sur son abus d’alcool, ne touche plus un volant en boisson, cela pour moi en vaudra la peine, car j’aurai sauvé une vie, et Sylvain ne sera pas mort pour rien. Que vaut la prière ? Pour une cinquième année me revoilà en Bolivie, à Vallegrande, au hogar Jesus Infant. Le mois de Marie, le moi de mai tire à sa fin. Avec 93 garçons orphelins ou abandonnés, il est un défi pour un étranger, comment parler avec Dieu ? Quand ces enfants ont déjà vécu tant de misère ! La réponse vient avec le temps, tout simplement, surtout que des études scientifiques ont démontré l’efficacité de la prière. Le 24 mai, c’était la fête de Marie Auxiliatrice, c’est la Marie spéciale des Salésiens, ou de tous ceux qui connaissent l’histoire de Don Bosco. Au hogar, pour célébrer cette fête, nous avons fait une neuvaine de Rosaire. Tous les 9 soirs précédant ce 24 mai, les enfants en pyjama récitaient le chapelet. Certains peuvent croire que c’est un lavage de cerveau pour ces petits bouts d’homme de 6 à 14 ans, mais non, car quand la statue de Marie fut placée dans le dortoir des plus petits, le plus jeune des enfants, quand il fut seul, se signe, se joint les mains et fait une prière. Cela est un moment inoubliable, ici en Bolivie, les plus petits prient avec spontanéité. Durant cette neuvaine, ce ne fut pas de tout repos. Il me semble que Marie faisait le ménage, pour que tout soit à l’ordre. Il y a eu du changement de personnel, des enfants malades plus que de coutume. Mais le plus beau, c’est que nous avons manqué d’argent. L’argent nécessaire pour faire l’achat des fruits et légumes de la semaine, nous est venu de la vente des oeufs, que nos poules commencent à produire, à la grange Mama Marguarita, seconde partie du hogar, ainsi que des tomates et de quelques fraises, C’est peu, mais c’est un début. Quand j’ai informé nos grands, responsables des poules et de la culture, que l’argent du marché du dimanche venait de leur travail, leurs yeux se sont illuminés de satisfaction. Ces yeux valent, me récompensent pour toutes les difficultés et peines d’être bénévole, loin de sa famille, de son mari, de ses amis. Oui, pour moi cela vaux la peine de prendre le temps de prier, cela permet de me concentrer, pour entreprendre tous les défis qui se présentent. “C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, à la Vierge Marie, chantons un chant nouveau…” Notre neuvaine, c’est terminé sous une pluie tranquille qui ne pouvait éteindre le feu de camp, allumé en l’honneur de Marie. Ce feu qui a consumé les 9 pétales de fleur représentant : le respect, l’obéissance, la responsabilité, l’étude, la communication, la prière à Marie, la vie dans l’allégresse de Marie, la solidarité, le comportement. Le cœur de la fleur représente la Foi en Marie et la Paix. Que ce feu donne l’énergie et l’espoir en de jour meilleur pour ce hogar Jesus infante ? Le 27 mai, en Bolivie, c’est la fête des Mères, c’est bien célébré. Surtout quand on est mère de 93 enfants. Il y a tant d’enfants, savez-vous pourquoi ? Parce que les gens font des enfants dès qu’ils le peuvent, peux importe, pour certains les conséquences. C’est un travail que nous devons faire auprès de nos plus vieux, apprendre à être responsable de ses actes. Ce 27 mai, j’ai eu un cadeau un peu spécial, qui est pour moi difficile à prendre, mais étant directrice de ce hogar, j’ai du faire ce papier. Nous avons depuis deux mois, un enfant abandonné, nous avons fait des recherches pour trouver sa famille. Ce matin, sa mère est venue, à signer un papier comme quoi, elle donne cet enfant à qui le veut, en adoption, car elle ne peut subvenir à ses besoins. Il y a certaines personnes qui font des enfants comme des animaux. En cette année 2001, pour moi, c’est difficile à prendre, quand un enfant innocent est pris dans le jeu de L’AMOUR. J’espère qu’au Québec, Il y a moins d'ENFANTS DANS CETTE SITUATION, LES ENFANTS SONT L’ESPOIR DE DEMAIN. Le 2 juin, jour d’anniversaire de mon mariage, Sylvain Gendron, un volontaire Québécois, qui était bicyclette, son passe-temps préféré, fut tué par un chauffard ivre, à Château Richer, près de Québec. Il était dans son pays pour se reposer, reprendre des forces pour nous rejoindre, une autre fois en Bolivie. Le dimanche 3 juin, j’ai ramassé mon courage à deux mains, fait le voyage éclair Vallegrande- Santa Cruz en 4 heures, au lieu de 8 heures, pour pouvoir prendre en billet d’avion, venir dire les derniers adieux à Sylvain, de la part des 93 enfants du hogar. Je n’avais pas un sous vaillant, l’achat de ce billet est très dispendieux, car je l’ai pris en mesure d’urgence. Ce billet est pour seulement une semaine. Je retourne le 9 juin en Bolivie. Pour un ami, je donnerai ma main droite, pour un ami j’ai dépassé les frontières et l’impossible. Je suis comme cela, prompte, spontanée, je demande à tous ceux qui veulent bien me venir en aide, pour payer ces dépenses qui peuvent sembler hors de prix, 3,000.00$ canadien, payer par ma carte de crédit, et pour payer le billet aller-retour pour un autre volontaire, mon fils, qui remplacera Sylvain pour deux mois. Des reçus d’impôts seront envoyés pour ceux qui le désirent. Inscrivez sur vos dons Françoise ou la Tortuga, c’est comme cela que les enfants me surnomment. Personne n’a donné suite à mes requêtes, je dois donc me débrouiller, comme toutes les années passées. Dès mon retour au pays, travailler au salaire minimum, pour rembourser ce compte sur la carte de crédit. Je laisse mon homme une fois de plus en lui disant, le 9 juin à l’aéroport, je serai de retour le 18 septembre pour l’arrivée de notre premier petit-enfant, attends-moi encore une autre fois. CHAPITRE 21 RETOUR EN CATASTROPHE, 10 JUIN 2001 À mon arrivée, à l’aéroport, une première petite surprise m’attend. Que pensez-vous qu’elle soit ? Qui a trouvé ? C’est ma valise, ou plutôt, mon sac de hockey. Il a encore une fois, un excédant de poids, cette fois-ci de 6 kilos. Je présente à la préposée, une lettre bien gentiment écrite par le vice-président des enfants de Bolivie, Madame Françoise Boldireff-Rhéaume est bénévole au hogar Jesus Infante, elle transporte des effets nécessaires pour les enfants. Elle laisse passer le sac, sans plus de problème. Dans ce sac se trouve la croix de Sylvain, j’espère qu’elle m’aidera à faire un bon voyage. Un dernier baiser à mon mari qui repart aussitôt, je sais qu’il n’aime pas tellement les départs. Première escale à New York, là c’est la course folle pour ne pas rater mon avion, mais c’est un retard d’une heure, attendu sur la piste d’envol, je compte tous les avions qui nous suivent, 18, et je n’ai pas compté ceux qui nous précédaient. Mais avec mon lecteur de CD, le temps passe quand même sans trop de stress. Seconde escale, Miami, là petit problème en vue. Le vol ne se rend pas directement à Santa Cruz comme prévu, il doit passer par La Paz. Ce sont deux vols jumelés, donc plus de passagers sur le même vol. Sans excès de bagages, c’est bien annoncé, à la porte d’embarquement. Je n’ai qu’un sac, pour moi pas de problème. Il y a bien un groupe de dix volontaires qui se fait refouler au prochain vol, quelques passagers qui doivent envoyer leur surplus de bagage sur un autre avion, mais je suis tranquille, pour moi tout est en règle, à part que je vais arriver à Santa Cruz à 9 heures ou lieu de 6 heures. Marcelino, j’espère aura assez de patience pour bien m’attendre. Arrivée à Santa Cruz, à la douane, un jeune premier voulait me faire ouvrir mon gros sac, mais plus loin, un visage connu, lui fait signe de me laisser passer, c’est vrai que cela fait déjà quelques fois que je passe par cet aéroport, chaque fois bagage un peu inhabituel, on commence à me reconnaître. Me voici dehors, et rien, petit tour à droite, petit tour à gauche, pas de Marcelino en vue. Très bien, on se calme. Je m’assoie, allume une cigarette, oui je fume, très peu, cela semble me calmer. Je dis à l’homme qui est assis près de moi, je verrai après ma cigarette ce que je vais faire. Le temps est ensoleillé, pour une fois j’ai pu voir La Paz de jour, ces montagnes enneigées étaient superbes, mais il semblait faire très froid, car les préposés au ravitaillement de l’avion, se promenaient avec leur paletot, la buée s’élevait de leur bouche. Tous semblaient pour le moins frigorifiés. Mais nous sommes à Santa Cruz de la Tierra et là été comme hiver il fait chaud ! Ma cigarette n’est même pas terminée qu’un HOLA ! Est lancé tout joyeux ! - Marcelino ! Comment vas-tu ? Où donc étais-tu ? - En haut ! Nous attendions ta venue, nous sommes ici, depuis 6 heures ! - Je m’excuse, il y a eu des changements de dernières minutes, je ne savais où te joindre ! - Nous partons à Vallegrande tout de suite ! Car il y a un barrage routier, j’espère que nous n’aurions pas de problèmes. Ma voiture est avant le barrage, mon cousin va nous y amener ! - C’est parfait ! Mais je ne serai pas avec les enfants pour le dîner ! On parle du voyage, du service de Sylvain, du hogar. Marcelino ! Tu n’as pas déjeuné, si tu es là depuis 6 heures ! Tu n’as pas faim ? - Nous mangerons après le barrage, cela est plus important. Je sors donc de mon sac de voyage, des petites surprises, qui font toujours plaisir. Voici encore une petite question. Voyons voir celui qui saura y répondre. Quelle surprise puis-je bien avoir dans mon sac de voyage ? Cela n’est pas trop gros, délicieux, et peut combler une petite dent creuse ? Qui ont deviné ? Mais Oui du chocolat ! Mais pas n’importe quel chocolat, je suis belge ne l’oubliez pas, pour moi le meilleur chocolat, c’est le chocolat belge, essayez-les vous serez probablement de mon avis. - Tiens, Marcelino ! Prends ceci en attendant ! Tu dois le faire fondre dans ta bouche, il sera bien meilleur ! Et je refile une tablette à son cousin qui est le chauffeur. Ces deux hommes sont au septième ciel ! - Ne le mange pas ! Cousin! C’est vrai quand tu le fais fondre, c’est meilleur ! Nous voici à la porte de Santa Cruz. Qui a-t-il à l’horizon ! Des camions, des camions au travers de la route. - Peut-on passer ? demande le cousin, à un chauffeur de taxi dans le sens inverse - Si, vous pouvez passer, mais calmement ! Des camions à perte de vue, c’est cela leur barrage. - Tu veux passer, Françoise ? - Mais certainement, les enfants m’attendent ! Allons-y ! Il semble ne plus y avoir de passage, je descends la vitre de ma portière et demande aux chauffeurs de camion le pourquoi de ce barrage, les prix montent trop vite, c’est leurs moyens de parler. Je sors ma carte de credential de la préfecture, disant que je suis directrice d’un hogar.
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- Je dois aller à Vallegrande, maintenant, les enfants m’attendent ! Pourriez-vous me faire un passage ? - Certainement, pour les enfants, on fait le passage ! En remerciement, je leur donne cinq tablettes de chocolat, qu’ils se font un vif plaisir de partager, et aussitôt, les bras en l’air, les ordres, un policier vient à leur ressource, nous passons la moitié du barrage, jusqu’à ce qu’il n’y ait vraiment plus la place pour le passage d’une voiture. Nous descendons mon sac, le mettons sur une brouette, et le reste du barrage se fait à pied. Il ne reste pas beaucoup de chemin, peut-être, un kilomètre. Le sac est assez gros, qu’à un certain moment, un violent coup de pied de ma part l’a fait passer. Je vais passer contre vents et marées, une autre tablette de chocolat est donnée au porteur, avec son maigre salaire bolivien. Voici la voiture de Marcelino. Il doit maintenant la réparer, car sachant qu’il y aurait un barrage, pour obtenir une place dans un garage, en sécurité, il a coupé sa courroie du ventilateur. Raison valable pour entrer dans Santa Cruz et d’en sortir sans aucun problème. Car il passa la nuit chez son cousin, et les deux étaient ainsi près pour mon arrivée. J’ai trouvé cette petite aventure palpitante, aucun moment je n’ai eu de crainte, car j’étais avec des AMIS, je leur faisais entièrement confiance. Quand le directeur en chef a su que j’avais passé un barrage, il était furieux. -C’est dangereux ! Le consulat nous a bien prévenus, il est interdit de passer un barrage ! C’est vrai! Je ne savais pas que le consulat nous avait dit cela, comme je l’ai écris plus haut, j’avais des AMIS qui m’accompagnaient, je n’étais pas seule, surtout que les enfants m’attendaient et que le climat du hogar semblait bien plus chaud que, celui du barrage. Je ne voulais pas me faire reprocher, encore une fois d’ABANDON, jamais je n’abandonnerai ces enfants. Le reste du voyage s’est merveilleusement bien déroulé, je passais mes écouteurs à Marcelino, il appréciait les musiques rythmées que je ramenais ainsi les enfants apprendront de nouvelles danses, de tous les pays. Celle qu’il semblait préférée, c’est une de Sweet People MARIA DOLORES. Quand ce fut le temps d’arrêt pour le dîner, je ne puis m’empêcher se danser au son de cette musique, au rythme ensoleillé de cette mélodie, les fourmis dans mes jambes sont parties d’un pas très rapide, et l’enthousiasme de rejoindre les enfants grandissait au fil des égrenages des kilomètres. C’est fourbue, que je rentre au hogar. Je ne vais pas dormir avec les enfants ce soir, à 6 heures, je vais à la casa cueva, où j’ai toujours ma chambre qui m’attend. Je dois dormir. Une dure journée s’annonce pour le lendemain. Quelques pains, et deux bananes seront mon souper, avec une bonne tisane, une bonne douche, et hop ! Au lit ! Il est sept heures, quand je m’installe bien assise sur mon lit ma tisane à la main, bien adossée sur mes oreillers. Je m’endors aussitôt, à 4 heures le lendemain, je me réveille assise dans mon lit, à ma grande surprise, ma tasse dans la main, que je reverse sur mon pantalon. Être fatiguée, c’est cela, passé une bonne nuit sans bouger, mais me revoici pleine d’énergie, une bonne douche. À 6 heures, ma petite marche pour ma messe quotidienne, celle qui me donne cette énergie irremplaçable. CHAPITRE 22 Qui a un problème avec Marie ? Le 12 Juin2001 j’écris le fax qui suit au directeur que j’envoie à 6heures45,avant d’aller à la messe. Cher directeur, J’ai fait un voyage de retour super, mais avec beaucoup de petits problèmes, comme si, cette croix de Sylvain ne voulait, où devait passer avec difficultés. Elle est arrivée, moi aussi, à 4hre30. Il va y avoir du changement de personnel. La Señora Daisy sera l’animatrice des plus grands, car Juan Carlos est dehors Pour m’aider aux papiers la Señora Maria Castillo, 31 ans. Elle tient un diplôme de dactylo. Je vais faire une réunion à 13 heures, pour mettre la situation bien claire, voir comment c’est passé la semaine. Il semble que Georges, l’Américaine et l’autre canadienne ainsi que Sylvia étaient mécontents qu’Angel fût l’encargado (directeur) responsable, d’après ma première impression chacun voulait le poste de direction durant la semaine. Je t’écris plus long ce soir, je vais à la messe de 7 heures, Je sais que l’Esprit-Saint sera à mes côtés pour cette réunion. Je vais demander aussi, aux enfants de prier pour Soeur Lucie. À bientôt, Françoise Tous les employés, les volontaires étaient présents à 1 heure, seulement, Georges était absent. Il était en discussion téléphonique avec le directeur. Je leur fais un bref résumé de ma présence aux funérailles de Sylvain, et leur montre la croix de celui-ci qui sera à la vue de tous au bureau, avant de retrouver sa place finale, à la granga Mama Marguarita. Je remets à chacun l’article Que vaux la prière en disant bien qu’il sera traduit pour les Boliviens. Chacun repart avec les feuilles. Georges m’évite, à ma grande désolation, c’est un homme intransigeant, il l’est plus que d’habitude. Je retrouve les feuilles données à l’Américaine, déchirées et jetées par terre. Furieuse, je m’informe qui a bien eu le culot de faire une pareille insulte. C’était Georges ! Je les ai jetées à la poubelle ! Non ! Tu les as jetées par terre ! Ces feuilles parlaient de Marie, des prières à Marie. Pour moi c’est un manque de respect pour Elle. Cela m’est égal, nous ne pouvons obliger les personnes à rentrer dans nos convictions. Comme promis à Soeur Lucie, les enfants entreprennent la neuvaine pour Soeur Lucie, dont son cancer a repris de la force. La Neuvaine commence le soir du 11. Un pétale de fleur est formé chaque jour, après le chapelet, nous rajouterons un pétale. Sur chaque pétale, est inscrit LA SANTÉ sur le cœur HERMANA LUCIE. Au courant de l'après-midi, Georges me demande un chèque, pour les dépenses qu’encourront les examens pour les yeux du petit Reinaldo. Il me dit un chiffre, que je commence à inscrire sur un chèque, se ravise, me donne un autre montant. Par manque de patience, devant son attitude, je froisse le premier chèque et lui jette, tout comme il l’avait fait avec les papiers de Marie. Insulté, il dit qu’il va trouver ailleurs, l’argent nécessaire. Furieux, il sort du bureau en disant que cela n’est pas une attitude de directrice, et moi de lui répondre tout aussi promptement, qu’il a une attitude pire qu’un chien. La guerre est lancée, une guerre qui me fait mal car il me semble que je viens de perdre définitivement mon ami celui que je considérais comme mon frère. Depuis le début de juin, je perds des amis, je me demande, si cela vaux la peine d’avoir des amis, car cela fait tellement mal quand on les perd, vivant où mort. Le 12 au soir à 9heure, la mère de Gladys entre, toute inquiète. Son mari n’est pas encore entré. Gladys reçoit l’autorisation de partir, avec sa mère à la recherche de son père. Je resterai debout plus longtemps, le temps nécessaire pour m’assurer que tous les enfants sont bien endormis. À 11heures30, on tape à ma porte, je n’entends rien, j’ai les bouchons dans les oreilles. C’est le chien qui me réveille avec sa tête. C’est Angel suivi de Gladys, tout en larme. - Mon père est mort! Françoise peux-tu me passer l’argent pour sa tombe! Mon frère te le remettra quand il viendra de Santa Cruz.! - Certainement! Angel tu l’accompagnes! De ma poche, je sors 700 bolivianos (125$US). Cela m’enlève une bonne partie du peu d’argent de poche que je possédais. Angel et un ami vont chercher la dépouille du papa de Gladys, la lave, la mette dans son dernier lit, son cercueil qui sera exposé une seule journée, à la maison familiale. Le lendemain matin, après la messe je m’informe quand sera le service de celui-ci, car la fête du Christ-Roi, le14 demande quelques planifications. Le Padre Boris ne savait pas de qui je parlais, mais il est décédé cette nuit, La famille n’a pas eu le temps de vous rejoindre. Le père de Gladys n’a pas eu de service à l’église car, il manquait de prêtre, un diacre dira les dernières prières au cimetière. Au courant de l’après-midi, pendant que les enfants sont à l’école. Je vais rendre les derniers hommages à Monsieur Carlos Barrancos. Le cercueil a pris place au centre du petit salon. Tous ceux présents sont silencieux. Gladys vient à ma rencontre, pour me présenter sa mère qui est tout en pleurs, je la serre dans mes bras. - Calmez-vous ! Calmez-vous ! Je regarde la seule pièce, encore disponible, c’est la chambre des parents, où, tout avait été jeté sur le lit pour vider le salon. - Gladys, c’est comme cela que tu fais le ménage ! Que c’est bien ! - Mais, c’est pour…Je l’arrête aussitôt. Je sais ma grande, au moins, un petit sourire, une petite détente. Son frère arrive avec des verres de coca-cola. - Prends en un ! De dire Gladys - J’en prends un, si toi, tu en prends un, et ta mère aussi ! - Nous n’avons pas soif ! Disent-elles en même temps - Eh bien, moi non plus ! Vous buvez un verre les premières et je boirai le mien, par la suite ! Nous avons pris notre petit verre de soda, avant de partir, j’ai bien dis à son frère de surveiller que les deux boivent, sinon elles seront malades, cela ne les aidera pas. Gladys me raccompagne. Elle doit acheter d’autres bouteilles de soda. Sur le chemin, elle veut me dire quelques choses, mais n’ose pas. - Parles ! Qui a-t-il ? Que se passe-t-il ? - C’est la cuisinière, elle m’a dit des choses horribles, sur toi ! - Parles ! Ne craint rien ! - Elle m’a dit que cela lui était bien égale, si toi, tu partais du hogar et les pieds devant ! - Mais nous l’aidons depuis, quatre années, nous lui payons ses médicaments ! Comment peut-on parler en mal de cette façon, après tout le bien que nous ayons pu lui faire ! Non, je ne lui en parlerai pas, sois en certaine! Occupes-toi de ton père et aussi de ta mère, prends le reste de la semaine pour récupérer. Je ne veux pas te voir au hogar avant lundi, sinon, c’est la porte, cela est bien clair ! - Oui, Oui ! Mais fait attention à la cuisinière, elle est méchante. Je ne peux laisser, ce manque de respect passer. Je vais donc voir la cuisinière en chef, à sa maison, avec un mémorandum, à la main. - Pourriez-vous me signer ce mémorandum ! Il est écrit que votre travail n’est pas bien fait! Cela est vrai, il y avait tellement de déchets après votre grand ménage de la réserve de nourriture, que toutes les deux vous avez droit, à ce mémorandum. L’autre a signé, elle m’a dit que cela ne se reproduirait plus ! - Mais je suis une anciana, (doyenne du hogar), une anciana ne peut recevoir de mémorandum ! - Quel âge avez- vous ? - 39 ans ! - Même si vous avez 39 ans cela ne compte pas, la cuisine doit être propre, surtout s’il y a eu des cas de salmonelloses. La préfecture peut venir à tout instant, si cela est sale, elle peut fermer le hogar. Vous signez, ici! Lui indiquant, l’emplacement exact pour les signatures. Elle signe deux papiers, un pour elle et un pour le hogar. Je me fais fusiller du regard, cela m’est égal. Ce qui est rigolo, dans ce hogar, c’est seulement moi qui donne les mémorandums. Mais les employés savent qu’ils doivent travailler correctement, sinon c’est la porte. Ils ont toujours droit à trois mémorandums. Le 13, au matin, j’envoie le fax qui suit à Soeur Lucie. J’ouvre, ici une parenthèse car Sœur Lucie est décédée malgré nos prières. Chère Lucie, comme tu me l’as demandé, j’ai demandé aux enfants de prier pour ta santé, le 11 juin, nous avons commencé une neuvaine de prières, avant chaque repas, les enfants, les yeux fermés, les mains ouvertes récitent un Notre Père, un Je Vous Salue Marie. Cette neuvaine est représente par une fleur. Chaque jour représente un pétale. Le 12 au soir, le père de Gladys est décédé, sur tes pétales où est inscrit ta santé, se rajoute l’âme, au centre du cœur est inscrit Soeur Lucie, on y rajoute du père de Gladys. Pour Gladys, nous te demandons de prier pour elle, pour qu’elle trouve la Paix malgré toutes les épreuves qui la touchent depuis trois mois. Premièrement la perte de son bébé, elle était enceinte, deuxièmement la perte de son meilleur ami Sylvain et maintenant la perte se son père. Qu’elle trouve le courage et la force dans toutes ces épreuves, et si tu peux lui écrire un petit mot en espagnol pour la réconforter, à bientôt, Françoise Tous les enfants présents au hogar cette journée, du 14 juin, se sont rendus au cimetière, en suivant le cortège. J’avais à mon bras droit trois enfants, à mon bras gauche autant. -Les gens vont pleurer ? De questionner un petit. Certainement ! Toi aussi, tu peux pleurer, tu en as le droit ! Mais la plupart de temps c’était le silence, le silence de parole car le cortège se rend au cimetière, au son de la musique, la même musique funèbre. Il y a beaucoup d’émotions pour la famille Barrancos. C’était un homme bon, bien-aimé de sa famille. Quand les cris et certains hurlements ont commencé, je fais signe aux enfants, au hogar. Ce ne fut pas long, que tous mes petits poussins étaient rassemblés, et en route pour la maison. - C’était la même chose pour mon père ! De dire l’un. Pour moi c’est le moment propice de faire parler ces souvenirs de les exorciser. Je questionne avec humour celui qui veut bien en parler, un baiser sur les yeux d’un petit chagriné, un serrement de main un peu plus intense pour un autre. Quand je sens que l’atmosphère devient trop stressante, je crie : - Qui sera le premier au hogar ? Et qui veut jouer avec un ballon neuf ? Il y a encore quelques mines lentes et retissantes Et qui veut un beau morceau de melon comme collation ? J’ai finalement tout mon monde, en grande course, sous cette chaleur, C’est à deux morceaux de melon, qu’ils ont eu droit. Les enfants sont un peu plus turbulents, agités. Il y a beaucoup de tristesse qui depuis le début du mois ravive, les souvenirs douloureux de chacun de ces petits, car chacun a déjà eu droit, au passage de la Grande faucheuse, nous sommes dans un orphelinat, ne l’oubliez pas. Quand un petit est plus triste, c’est le moment de prendre une mesure supplémentaire d’amour, de patience, de compréhension et de rejoindre ce petit, en toute intimité. Il a droit à sa peine, s’il veut la partager, c’est son droit, Surtout ne pas le brusquer. Encore de mauvaises nouvelles à Vallegrande. À la radio, il annonce que la banque va fermer ses portes à la fin du mois. Je dois donc envoyer un fax au directeur, car je n’ai pas l’autorité nécessaire pour ouvrir un autre compte à la nouvelle qui s’ouvrira. 15 juin 2001, Bonjour Monsieur le Directeur, Il paraît que la banque de Santa Cruz à Vallegrande va fermer ses portes le 30 juin. Tu m’as dis que tu déposais le mois de juillet, pourrais-tu déposer le mois d’août aussi, et je retirerai le tout avant le 30 juin. On fait une neuvaine pour Soeur Lucie auquel on rajoute pour le père de Gladys. Il y a encore un peu de mouvement, tout semble rentrer dans l’ordre. J’ai donné un mémorandum à Jose, et aux deux cuisinières, car la réserve de nourriture était tellement sale, que c’est à la pelletée que nous avons du jeter les déchets. J’espère que la réserve restera propre. La cuisinière en chef, a signé son mémorandum, de mal humeur, me disant qu’une anciana n’avait pas droit à cela, mais elle a compris que je voulais plus de réserve dans un état aussi crasseux. Les vacances des enfants sont pour la semaine prochaine et ce pour trois semaines. Ils peuvent tout aussi bien changer les dates, à la dernière minute. Ici, en Bolivie, c’est le temps qui dirige l’école. S’il fait trop froid pas d’école, s’il fait beau il y a école, donc nous devons être un peu sur nos gardes, à l’affût des moindres changements. Les enfants doivent aller dans leur famille respective, pour le temps des vacances. Cela est la règle dans les hogars. Je dis famille, soit parent direct père ou mère, les tantes ou les oncles, les frères ou les sœurs. Ceux qui resteront avec nous seront les enfants orphelins totals, ce qui peut compter une vingtaine d’enfants. Pour partir en vacances les enfants ne doivent pas devoir de points. Il y a certains chanceux qui se font donner des points par un frère ou un cousin, ceux-là sont vraiment chanceux mais les autres doivent travailler pour payer cette petite note, comme cela l’enfant apprend que rien n’est gratuit dans la vie. S’il a gaspillé, s’il s’est mal comporté, c’est à ce moment qu’il commence à comprendre les consignes dites et redites. Samedi le 16, le groupe des petits, 22 enfants font le carnaval, à 5 heures du matin. Je sais les vacances approche et chacun parle avec son copain de lit de sa situation. - Silence ! Chacun dans son lit ! Il est seulement 5 heures, on se lève à 7 heures pas avant. Il y a le même scénario, dans la chambre des moyens, je dois faire la navette aux deux chambres et ce malgré, le travail de paperasserie de direction -C’est très bien ! Les petits comme les moyens seront punis, ce matin même, pas de sortie. Tous au travail ! Je sais quel travail ils vont faire, c’est un travail urgent ! Notre voisin a sur le mûr adjacent à notre bureau, trois cordes de briques bien empilées qui retiennent toute l’humidité des pluies, cela va causer des dommages irréparables, si elles ne sont pas déplacées rapidement. Après le déjeuner, sous la pluie, le groupe des petits commence la corvée brique. Deux chaînes humaines de petites mains changent les briques de place. Elles sont bien placées par les volontaires, qui s’attellent à cette tâche avec bon cœur. -La consigne est celle-ci, chacun passe une brique à son voisin, à deux mains, pour ne pas l’échapper sur ses pieds. Nous ne voulons pas de blessures, faire le travail avec calme, car nous en avons pour l’avant-midi. À regarder ces petits bouts d’homme travailler avec chacun un sourire, c’est à se demander, s’ils sont en punition. Pour moi c’est un délice, que je prends en photos. Après une heure et demie de ce manège, ce groupe a droit, à sa collation, après s’être changé, car il pleuvait toujours. C’est au tour des moyens. Le même travail, chaîne humaine, volontaires en bout de ligne alignant correctement les briques. Les animateurs boliviens ont à surveiller que chaque enfant passe bien les briques à deux mains, sans précipitation. Vous ne le croirez peut-être pas, mais à midi tout était terminé, au grand bonheur de notre voisin. C’est un homme âgé de 70 ans. Comment aurait-il fait pour tout déménager, seul. Pour ma part ce travail collectif a effacé tous les points des enfants. Tous peuvent partir en vacances, dans leur famille, au grand bonheur de tous. Le 19 au soir, à la fin de la neuvaine, nous allumons un feu de camp, pour brûler les pétales sur lesquelles sont inscrites santé et l’âme ainsi que le coeur de la fleur sur lequel est inscrit Soeur Lucie et Père de Gladys. C’est dans un recueillement paisible que tout c’est déroulé, Gladys était présente, elle était triste. Oui Gladys tu as le droit de pleurer ! Nous sommes là pour te consoler du mieux que nous pouvons. Les enfants pour une fois regardent le feu, d’une autre manière, car se sont des friands de feux. Ils viennent de comprendre qu’un feu peut servir à la prière, au recueillement. Pour redonner un peu de gaieté, à ces petites mines déconfites, je sors les deux sacs de guimauves que j’avais ramenés dans mon sac. Ce n’était pas des guimauves séparées, c’était une seule guimauve, qui avec douceur, c’est floconnée sous les doigts délicats de deux ou trois volontaires, une ou deux se sont sûrement retrouvées par erreur dans la bouche de l’un ou l’autre, mais il y a eu suffisamment de guimauves pour que chaque enfant en mange deux. Pour la majorité de ces enfants c’est la première fois, qu’ils mangeaient cela. Nous avons du ramasser les baguettes avant, ce fut les volontaires qui ont fait cette collecte. Ils ont eu la patience de montrer aux enfants comment faire griller ces guimauves sans les brûler, sans se brûler et surtout sans jouer avec le feu. Au coucher des enfants, après mes calculs, n’ayant aucune nouvelle du directeur, je rejoins Marcelino, je dois descendre à Santa Cruz, car nous n’avons plus d’argent et les enfants doivent partir en vacances dès le 21. Les plus grands vont certainement demander tout leur argent accumulé en banque, car ils veulent partager avec leur famille. D’un commun accord, on décide de partir à 4 heures du matin, pour être en mesure de passer avant la fermeture de la route. Fermeture toujours en vigueur, car c’est la réfection de la chaussée. Je suis de retour au hogar à 8 heures de soir, avec 1,000.00$US sortis par ma carte de crédit. Qu’auriez-vous fait à ma place ? Les enfants sont tous fébriles. Quand vais-je partir ? Nous calmons les esprits, faisons la liste des enfants pour Santa Cruz, une autre liste pour Comorapa, ceux qui sont de Vallegrande, ont l’autorisation de partir dès le mercredi soir, en laissant leur soulier de cuir noir au hogar, avec un papier en main disant aux parents d’écouter la radio pour la date de retour, ces trois semaines mais ils parlent peut-être de deux semaines. Advienne que pourra. Jose est le responsable, aux fraisières. C’est un employé sous contrat. Il doit mener à terme la plantation et la production des fraises. Il y a un retard énorme sur le point plantation, c’est pour cela que je lui donne un mémorandum, comme cela il voit bien que je ne parle pas au travers de mon chapeau. Il me dit qu’il a besoin de plus de main d’œuvre, pour compenser le retard accumulé. Il y a dix jeunes volontaires qui sont présents au hogar, je lui en confie la moitié. L’école tire à sa fin, les autres volontaires devront s’organiser avec les devoirs des enfants. En une semaine, le retard s’est rattrapé. Jose est bien content, mais manque de patience pour la collecte de fraises, il les fait ramasser rosées presque blanches, Je le mets en garde, que des fraises ne sont pas comme des tomates, quelles doivent être ramassées bien mûres. Les fraises cueillies ne sont pas vendables, elles servent à faire de la confiture délicieuse. Je les passe dans le robot culinaire avec un peu se sucre et le tour est joué, avec une tranche de pain, ou de gâteau, c’est succulent, tous les enfants sont ravis. Le 21 au soir, je ramasse cinq enfants qui sont de Los Negros. Les trois frères Rojas Rossas ce qu’ils sont contents, je dois passer mon sac de voyage ainsi que mon sac à dos pour que ces enfants puissent amener un peu de vêtements. Les deux autres sont Rosendo et Jorge Cuba Soliz. Je veux voir leur maison de plus près. Nous partons en taxi, mais pas avec Marcelino, il est introuvable. Un autre chauffeur, nous voilà partis, sans oublier de faire un arrêt au garage car un pneu semble à plat. Il est donc réparé, nous partons ainsi de Vallegrande, une demi-heure plus tard. À Los Negros nous demandons aux enfants de bien rester éveillés pour nous donner les bonnes coordonnées de la route. -C’est la maison de ma tante, demain nous irons chez papa, me dit presque aussitôt César aîné des Rojas. Nous continuons notre route. La voilà bloquée, un agent nous dit que nous ne pouvons passer. Après explication avec le chauffeur, qui assure que la maison des enfants n’est pas loin, qu’il ne fera pas de vitesse. Et moi je montre ma carte de crédential de la préfecture, le tour est joué. -Rosendo, tu connais bien ta maison, de quel côté de la rue ? Est-ce loin ? -Non, non, ce n’est pas loin et c’est à droite ! Dans la prochaine courbe ! À la prochaine courbe, exactement, il y a une barrière, mais pas de bruit, il est déjà 10,30heures. Tous doivent dormir. Holà ! Holà ! Il y a quelqu’un ! Seulement un chien jappe timidement. Holà ! Holà ! - Si, SI, que se passe-t-il ? Que voulez-vous ? - Il y a ici, deux enfants, Rosendo et Jorge qui désirent voir leur maman ! - Oh ! Mes petits entrez! Mes chers petits ! C’est une maison, une cabane sans électricité, une pauvre cabane de Bolivie. Dans quel état seront encore ces deux enfants, à leur retour, dans deux semaines, je comprends pourquoi, ces deux-là sont si mal en point à chaque retour. Je dois retraverser la rue qui est toute engluée de goudron liquide, demain, les employés des chaussées vont jeter du sable par-dessus, c’est la manière de faire cette chaussée en Bolivie, c’est un moyen qui demande beaucoup de temps, car il ne possède pas les machines que nous avons au Québec. La main d’œuvre, le travail, se fait pour la plupart à bras d’homme. Vendredi, un groupe part en autobus à Santa Cruz, sous la supervision de Angel et Javier. Chacun est responsable de son sac à dos, et dois revenir avec ce sac à dos, car c’est son sac d’école. Ce ne sont pas seulement, les enfants de Santa Cruz, mais tous ceux qui sont sur ce chemin, Mairana, Los Negros, Samaipata, San Luis….L’autobus va faire de fréquents arrêts, cela est certain, mais ce que les enfants sont contents. Il y a un autre groupe qui va à Comorapa, c’est dans la direction opposée, sous la tutelle de Daisy, l’animatrice des plus vieux. Daisy est de Comorapa, elle en profitera pour visiter sa famille, toute fière de pouvoir leur montrer son rejeton, un magnifique garçonnet bien en santé et enjoué. Il y a trois frères qui restent à Postervalle, ils se demandent s’ils vont pouvoir visiter leur famille. Roger, le 24, nous en parle franchement, oui je suis de Postervalle! Nous dit-il dans la camionnette conduite par Georges, qui est toujours aussi silencieux, en ma présence. - Écoutes bien ceci, Roger, parles avec tes frères, je t’emmènerai moi-même à Postervalle, nous partirons, demain, à l’aube! Il faut que vous soyez bien prêt! Demandez de l’aide si cela est nécessaire! Le lendemain, à l’aube, c’est le départ. Pour moi, je considère cette journée comme une journée de vacances, bien méritée, avec tout le branle-bas au hogar, j’ai besoin de m’évader de retourner aux sources. Cette source qui fut découverte le 26 septembre 1997, quand nous étions allés parler à l’archevêque pour l’autorisation d’entrer au hogar. Il me semble que c’est un voyage d’adieu, malgré les montagnes magnifiques, les paysages à coupés le souffle, j’avais le cœur dans l’eau, une mauvaise sensation flotte dans ma tête, mais je ne dois pas en parler, les enfants sont tellement contents. Assez qu’à un certain moment, j’ai du dire à Arturo , le cadet des trois: - Écoutes! Arturo si tu ne te calmes pas, tu vois cette fenêtre! Je te lance par la fenêtre, et cela, sans nous arrêter! C’est bien clair! Marcelino me regarde du coin de l’œil, interrogateur. C’est une route très sinueuse, tel un serpent qui prend plaisir à frôler, chaque flan de montagne. Le temps était au sec depuis deux jours, probablement, que nous n’aurions pas de problème d’eau sur les routes. Je n’aurais pas du écrire ce petit bout de phrase. Voici des machineries routières, au devant de nous, que cela présage-t-il? Ah voici la réponse. Un éboulis! Mais nous pouvons passer, avec prudence, avec beaucoup de prudence. - Françoise! Tu dois descendre et pousser! - As-tu remarqué que tu me demandes de descendre dans la boue! - Et César aussi tu dois pousser, c’est seulement à cette condition que nous passerons! Arturo et Roly! Restez bien tranquille dans la voiture, c’est compris, tenez voilà un sandwich pour vous faire patienter!
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Nous poussons, mais nous nous enlisons tout autant. Au loin, deux hommes nous regardent. Ils viennent nous donner un coup de main, un sandwich aux oeufs leurs est offert, à leur grand plaisir. Nous continuons notre route, sans aucun autre imprévu. À Postervalle, c’est une maman, dans l’allégresse qui reçoit ses trois enfants, dans une embrassade à couper le souffle au plus petit. Pour moi, cela vaux la peine de ne pas avoir écouté le directeur, d’avoir pris mon argent pour que ces petits revoient leur famille pour les courtes vacances hivernales. Le chemin du retour, cause un peu de soucis à Marcelino. Il nous faut repasser par le même chemin de boue, mais je lui dis que la machinerie était en route, pour tout arranger. Par précaution, nous nous trouvons deux passagers supplémentaires, munis de houes, qui pourraient être utiles. La machinerie a bien passé, mais a empiré la situation. Allons-nous pouvoir passer cette fois? Marcelino fait le chemin, sur le bord de la chaussée, parle avec nos deux passagers de fortune. -Oui, cela va aller! Il faut seulement faire un petit passage pour que la voiture ne frotte pas trop dans la boue. Françoise, en route! Je rentre dans la voiture, et en avant. La machinerie a fait qu’étendre la boue, il y en a beaucoup plus que ce matin. Au milieu du chemin, Marcelino me dit: - Pardonnes-moi, mais là tu dois descendre! - Ah non! Pas encore! - Descends! Et vite! Je descends, je m’enlise jusqu’aux genoux. Marcelino appuie à fond la caisse, il passe, il passe cette mare de boue. Tout joyeux, il m’attend au sec, un peu plus loin. À ma vue, crottée jusqu’aux genoux, il ne peut s’empêcher de rire de bon cœur. - Regardes! Moi je suis bien propre! - Mais pas ta voiture! De lui répondre tout aussi rapidement. Le reste de la route, c’est passé sans encombre, seulement que nous avons du attendre trois heures à Mairana, car la route était fermée pour cause de travaux. Marcelino en a profité pour faire nettoyer sa voiture et moi, faire sécher mes souliers, mes pantalons, mes bas le tout sur le bord de la route, à la surprise de chacun. Il nous restait, du pain et des oeufs que nous avons partagés avec les gens en attente, de l’ouverture de la route, soit à 7 heures. Ce fut une belle journée, de repos, je ne sais pas, mais de changement, cela est bien plus important. Le 24 juin, jour de la Saint Jean Baptiste, est fêté tout autant, qu’au Québec, car c’est le patron de Vallegrande. Feu de camp, pétards, danse, chants, tout Vallegrande est en fête. Angel est revenu de Santa Cruz. Il a les mêmes histoires de joies en ce qui concernent la réunion des familles. Une maman aveugle tendait les bras aux cris de son enfant, Estany, qui l’avait aperçu le premier. Les deux furent réunis les premiers. Pour Angel, aussi se fut cette satisfaction d’avoir fait plaisir, à beaucoup de personnes. Dans la soirée, avant d’allumer le feu de la Saint Jean, nous avons fait encore une corvée. Vider la chambre des grands qui contient 16 lits de bois superposés, ainsi que la salle à dîner, car il faut refaire le ciment des planchers. Donc tous ceux encore présents font la navette des matelas, casiers, lits complets ou lits démontés, tables et bancs. Les jeunes commencent à ralentir, ils commencent à être fatigués, quand les 10 volontaires arrivent. Ils se mettent à la relève malgré leur journée de travail, à la fraisière. Se sont les volontaires qui sont responsables du feu de camp. Qui dit feu de camp, au Québec dit aussi, saucisses. Oui les enfants ont eu droit à chacun deux saucisses à hot dog. Ici à Vallegrande, tout comme les guimauves, les saucisses se vendent très chers. C’est un luxe que le hogar ne peut se permettre. Les saucisses furent achetées par les volontaires, c’est une petite gâterie, pour les enfants qui sont avec nous qui n’ont pas de famille. CHAPITRE 23 Expulsion du hogar Le 24 juin, après la messe de 8.30 heures, je prends mon courage à deux mains. Je vais parler avec Georges, qui doit, probablement partir pour Santa Cruz. Je marque bien probablement, car il ne m’en a rien dis. Mais je suis la directrice, j’aimerais savoir où sont mes ouilles. Je dois taper un bon dix minutes à la porte. Je sais qu’il est là. Enfin il daigne m’ouvrir. - Je crois que tu pars, si j’ai fais quelques choses qui t’as offensé, je te demande pardon ! Fais un bon voyage ! Je lui tends la main, qu’il me sert par simple signe de respect, sans dire un mot. Je repars aussitôt au hogar, il y a du travail qui m’attend. La veille, je lui avais fait livrer un petit cadeau. Sa casquette, qu’il m’avait donnée, deux ans plutôt, elle s’était retrouvée sur mon bureau. J’ai donc pris cette casquette qui représentait son amitié, je l’ai coupée en deux en y ajoutant un morceau de chocolat belge, Des besos en chocolat ! Comme je me faisais un plaisir de les appeler, je sais qu’il en était friand, le tout était bien joliment emballé, avec un petit mot, si notre amitié te semble brisée, ma porte reste toujours ouverte, c’est à toi d’y entrer. Il sera toujours mon frère, même un frère peut nous abandonner, mais cela fait terriblement mal. Durant la semaine, les enfants font un casse-tête géant. Je m’explique. Le ciment dans la salle à dîner des grands est cassé, les plaquettes de ciment sont donc récupérées, placées sous les cordes à linges, pour éviter que la boue ne salisse de nouveau les vêtements qui tombent régulièrement de ces dites cordes ! Les volontaires pioches, houes où pelles à la main meublent la terre durcie par le temps, pour ainsi permettre l’application des plaquettes de ciment. Pour aller plus vite, les plus vieux aident le journalier, à casser le ciment, d’autres trient les plus grands morceaux qui serviront aux trottoirs sous les cordes, et des plus jeunes remplissent des sacs avec la poussière de ciment qui eux seront vidés, à la grange Mama Marguarita dans les trous de la route qui se rend aux poulaillers. Cela semble beaucoup de planification, de cette manière, il n’y aura aucun gaspillage de matériel, de temps et surtout d’énergie. Croyez-vous qu’avec cette planification, j’ai eu le temps d’envoyer les factures, à notre cher directeur. Non ! Cela à du lui mettre, la moutarde au nez. Car le 27 juin, à ma grande surprise, de retour, de ma messe quotidienne, la camionnette du hogar s’arrête justement au hogar. Je pensais que c’était Georges, non, c’était le directeur qui venait spécialement du Québec pour me parler. Il doit retourner le 5 juillet. Quand je le rencontre dans la cuisine, je lui dis : - Puisque tu es ici, moi, je pars ! - Viens dans le bureau, nous allons parler de tout cela ! Je m’assois derrière le bureau, à ma place de directrice. - Françoise, depuis maintenant quatre années, tu nous donnes ton temps au hogar. Tu laisses ton mari qui t’aime beaucoup, à un certain point que j’en suis un peu jaloux. Ta fille va avoir un bébé ! - Quoi ! Isabelle est enceinte? C’est Véronique, qui l’est ! Tu es mélangé! - Elle a besoin de toi ! Tout comme ton mari ! - C’est bien gentil ! De lui répondre avec un sourire. Quand je suis surprise où en colère, c’est un sourire qui s’affiche sur mon visage. J’ai toujours fait cela, est-ce nerveux, mais cela déboussole souvent les interlocuteurs, mes parents peuvent le savoir, combien de fois j’ai eu cette remarque : Je te dispute et toi tu trouves cela drôle! - Ce n’est pas la bonne raison, pour moi, Monsieur le directeur ! Tu n’as pas confiance en mon travail, cela est très insultant ! Je vais dans ma chambre, assommée, estomaquée. Je rencontre Angel qui s’informe de ce qui m’arrive. - Je suis dehors, je dois partir, cela est injuste, c’est tout ! Les yeux d’Angel se remplissent de larmes me serre dans ses bras : Calmes-toi ! Je tourne en rond dans ma chambre, essaie de me ressaisir, pour des factures non envoyées, pour seulement des fichus papiers. Grand Dieu! Ils n’ont pas de patience C’est vrai qu’ici, les journées devraient compter 32 heures pour tout faire, surtout quand il y a des conflits avec le personnel. Une fois calmée, je retourne dans le bureau, cherchant le numéro de téléphone d’une agence de voyage. C’est drôle, le directeur, lui a trouvé assez vite. Mais je n’appelle pas aussitôt. - Françoise ! Je voudrais te parler! Me dit-il - Que cela reste entre nous, que cela ne sorte pas d'ici ! Rajoute-t-il Je garderai certaines parties secrètes comme promis, de cette conversation, mais à vous, amis, j’ouvre mon cœur, je n’ai rien à cacher, je veux être limpide, comme de l’eau vive. -Tu étais d’accord quand j’ai dis que ton mari avait besoin de toi, tu as même souris, ce n’est pas que je n’aie pas confiance en toi ! Mais, tu sais bien que les factures, nous en ayons besoin, je dois rendre des comptes sur toutes les dépenses encourues au hogar. Tu n’avais pas à donner, au contracteur ses paiements en partie seulement, tu devais le faire d’un seul versement. Tu n’avais pas à dépenser ton argent pour le hogar, pour les enfants, cela était bien clair, non ! -Ce qui se passe avec mon mari est de ma vie privée, ce qui est des factures, elles sont toutes là, je les mettrai en ordre, ce soir. Quant au contracteur, il est payé entièrement. Mais quant à mon argent, j’ai le droit de faire ce que je veux avec, c’est à moi. Les enfants devaient aller dans leur famille, cela est la règle du hogar, pour moi peux importe le prix. Si la joie de ces enfants, pour toi, semble, hors de prix, pour moi, les enfants d’abord, je suis ici pour les enfants, moi, je passe après. Ses yeux se sont embués. - Tu as un grand coeur! Mais pas à ce prix pour moi ! Je le laisse en plan, sur cela, je n’ai pas le coeur, à discuter. J’essaie de commencer mes bagages. Tous mes t-shirts, je les ramasse, les donnent à Angel. Qui les prends le cœur gros ! Ma seconde bouteille de shampooing, je la donne à Gladys. Je dois donner beaucoup de choses, car mes valises, oh excusez ! Mon sac de hockey ne doit pas dépasser 20 kilos. Je trouve, le carnet de chèque avec les bonnes dates dessus. Je vais à la rencontre du directeur. - Quand je suis allée à Santa Cruz, nous n’avions plus un sous, la seule façon d’avoir l’argent pour les enfants, leurs salaires, c’était que j’aille à Santa Cruz et cela en taxi, car c’était urgent ! L’atmosphère du hogar est pesante, tous travaillent pour éviter de parler. Les volontaires, ces jeunes, les 10 étudiants qui passent leurs vacances au hogar pour nous aider, travaillent encore plus. Ils se donnent à plein. Il y en a trois qui sont responsables de remettre sur pied les lits des grands dont certains sont bien abîmés, car ils ont changé de place plus d’une fois depuis le début de l’année. Les lits sont faits avec un bois très dur. Un marteau de plus était essentiel, après cinq minutes de travail, le manche du marteau casse, nous sommes en Bolivie, aucun échange n’est possible. On réussit a reaménager le marteau, en raccourcissant son manche. Ceci demande une bonne heure de travail et de patience. Ce marteau sera-t-il fonctionnel, croyez-vous ? Mais non ! Le volontaire tout désolé, vient me voir avec le marteau, son manche encore cassé. C’est un manche fait en Chine, pas avec le bois de Bolivie. Eh ! bien, un autre volontaire me dit : - Moi, je suis du type vis ! Peut-on remplacer les clous par des vis? - Vas-y, mon grand, c’est toi le responsable des lits, calcules bien ton nombre de vis, vas les acheter, surtout reviens avec les factures, au nom du hogar ! Les autres volontaires sont au casse-tête trottoir avec les jeunes, où à la fraisière qui demande encore une semaine de travail intensif, malgré la chaleur qui peut-être accablante. Pour le dîner une masaca est au menu. C’est préparé à base de yuca bouilli, pilonné dans un pilon bolivien creusé dans un tronc d’arbre. Le pilon par lui-même est très pesant. C’est à tour de rôle, que le yuca est mis en purée et mélangé par la même occasion avec du fromage blanc au lait cru. Je fais venir chaque volontaire pour cette petite corvée, chacun est pris en photo, comme souvenir. Les premiers riaient de voir leur copain qui semblait avoir certaine difficulté à bien pilonner le tout. Quand ce fut leur tour, leur sourire semblait tourner au jaune, cela est vrai, c’est très difficile la préparation de ce mets. Tout le monde semble avoir du boulot. Je rencontre le directeur, lui explique clairement, relevé de banque en main, que je n’avais pas un le choix, que je me devais d’aller à Santa Cruz. - Allumes tes lumières ! Que je lui dis d’un tout élevé ! Dans le bureau, je fais une réservation pour dans sept jours, cela est un moins dispendieux. J’aurai pu le prendre pour le lendemain, je l’ai bien fait pour Sylvain, mais il y a le relevé mensuel du mois de juin a faire, c’est seulement moi qui peux le faire, et ce rapidement. J’ai mon billet pour le 3 juillet, dans sept jours, je pars, avant le directeur, cela est encore plus insultant. Je dois donc courir comme une folle dans tout Vallegrande, pour obtenir les factures de lait, de viande, me faire donner la liste de prix du marché malgré que le mois ne soit pas terminé, les factures du magasin général. Quand j’ai toutes ces factures et ces reçus, c’est là que le plus gros du boulot commence. Faire les calculs exacts, pour qu’ils passent à la préfecture dès la première fois. Nous devons aussi changer les noms pour le compte de banque, ce qui implique des visites au notaire, pour des cartes de pouvoir, cartes pour la banque et la préfecture. Ah Oui ! J’oubliais un changement essentiel, celui de mon nom pour celui du directeur sur un certain terrain qui se trouve à Guadalupe. Il y avait un groupe baptiste qui semblait intéresser à la location de ce terrain, mais cela nous occasionnait des dépenses pour qu’il soit plus utilitaire, nous préférons le vendre, puisque je ne serai plus là, nous devons changer le nom du propriétaire, celui du directeur, remplacera le mien. Les journées s’envolent à un rythme effrayant, certains enfants commencent à se poser des questions. -Françoise ! Tu vas partir ? Tu vas revenir ? -Écoutes, mon ange, oui, je dois partir, je dois aller dans ma famille, pour revenir, je te l’ai déjà dis, nous devons toujours prendre une journée à la fois, mais jamais, une maman, n’oublie ses enfants, Vous serez toujours là, au fond de mon cœur ! Samedi le 30 juin, je vais voir le padre Boris pour lui demander la permission de présenter deux drapeaux canadiens, après la communion, à l’autel, en guise d’action de grâce pour l’ambassade canadienne, qui est la responsable de l’agrandissement du Hogar, en guise d’action de grâce pour ces volontaires canadiens qui donnent généreusement leur temps de vacances, pour nous aider, en guise de remerciement à Vallegrande qui a bien voulu m’accueillir durant ces quatre années, car je dois partir pour le Canada, puisque le directeur me met à la porte. - Certainement, que vous pouvez apporter vos drapeaux à l’autel, ils seront les bienvenus ! Mais ce n’est pas une bonne raison pour que le directeur te mette dehors, parles avec lui, restes nous avons besoin de toi ! -Je n’ai plus le courage de me battre. Il me met dehors, alors je pars, mais je laisse en Vallegrande tellement de bons amis que c’est cela qui me chagrine le plus, ces amis ont besoin de moi, ils auront beaucoup de problèmes. Il veut continuer de me parler, mais moi j’ai le cœur dans l’eau, je dois partir avant que mes émotions paraissent trop. Je retourne au hogar, l’âme tellement triste et blessée que je ne puis parler avec Angel qui m’attend patiemment, assis sur le côté du dortoir des grands, silencieux, respectant mon silence. Le chien Charryk, aussi semble comprendre que je suis sur mon départ. Il me frôle, me caresse, Je la flatte en lui disant de se tenir tranquille, qu’Angel s’occupera de lui, qu’il ne sera pas seul. Depuis une semaine, il est interdit dans ma chambre, je n'ai pas eu besoin de lui dire quand j’ouvre la porte du bureau le soir, il y rentre aussitôt. À la messe, au baiser de la Paix, je vais donner la Paix de Dieu à mon directeur, par la suite tous les petits veulent me l’a donnée, je voudrais donner la main à chacun, mais cela est impossible. Je dois la donner à Angel qui est dans la nef, isolé, je sais qu’il est en peine. Je le sers dans mes bras, c’est la dernière fois que je lui échange cette Paix -Tranquille ! Tranquille ! Françoise, la Paix de Dieu est avec toi! La Paix de Dieu est avec moi, mais sa peine aussi. Je mélange ma messe moitié française, moitié espagnol, ce qui fait rire un grand qui est près de moi, cela enlève un peu cette pression au fond de mon cœur, rajoute un petit sourire à ma figure triste. Je ne dois pas laisser un souvenir triste à ses petits. Ils doivent se rappeler de moi enjouée, toujours enjouée quand je suis avec eux. Après la communion, Angel attend, avec les deux jeunes, l’un à sa droite l’autre à sa gauche, le signal pour avancer. Le célébrant dit que le hogar à un message à nous livrer, c’est le signal pour Angel. Les trois avancent mettant les drapeaux sur l’autel. La parole est à Angel, qui porte fièrement un chandail des Canadiens. -Nous apportons à l’autel les drapeaux canadiens pour remercier le Canada de son aide, l’aide de l’ambassade, l’aide des volontaires et surtout l’aide de Françoise. Celle-ci part rejoindre sa famille, jamais nous ne l’oublierons, jamais je l’oublierai car c’est notre maman à tous. C’est ma mère ! Que tout aille bien dans ton pays, dans ta famille, nous t’aimons tous beaucoup. Ce fut une surprise générale, un applaudissement général aussi. Que cela fut pour moi, je les remercie tous, mais moi j’applaudissais celui que je considère comme mon fils comme mon meilleur ami, Angel. À ma sortie de l’église les sœurs du hogar Anicet Solares me demandent d’aller dîner avec elles, mais je vais dîner, au hogar Jesus Infante. Lors d’un départ, on fait une fête, je dois y être malgré que mon cœur n’y soit pas vraiment, à la fête. Il y a plus de jeunes, car le directeur a permis aux jeunes de Santa Cruz de venir au hogar. Ces jeunes ont de la famille, ils devraient être avec leur famille, mais le directeur préfère les avoir avec lui. Une autre fois les directeurs des hogars de Santa Cruz risquent de lui faire des problèmes, car il déroge une autre fois à la règle bien convenue : les enfants ayant de la famille doivent aller dans leur famille, sinon ils risquent de perdre tout lien, toute mémoire de ces conditions dont ils vivaient, pour moi c’est un tord que nous leurs faisons, les racines familiales ne doivent pas se perdre même si elles sont difficiles à vivre. C’est ton dîner d’adieu, Françoise ce n’est pas ta place, laisse-les faire. J’en ai bien l’intention, qu’ils se débrouillent, je ne veux pas de cette fête. Je vais donc voir mes deux amies, qui tiennent un petit dépanneur tout près de hogar. Dona Casimira et sa fille Carmen. - C’est la fête au hogar, il me semble ! - Oui ! C’est le 1 juillet. C’est la fête du Canada aujourd’hui, dans notre pays ! C’est mon dîner d’adieu, aussi ! - Comment ton dîner d’adieu ? Tu t’en vas ? Tu vas seulement à Santa Cruz ! - Non, pas seulement à Santa Cruz ! Je pars pour le Canada, mardi ! Je suis mise dehors! Je n’ai rien d’autre à ajouter. Je les embrasse toutes les deux et je repars terminer mon baluchon. Je suis de mauvaise humeur, passe dans la bibliothèque ramasse tous les livres que j’avais apportés pour les enfants : deux livres d’origami que ma grande fille Isabelle aimait particulièrement, un livre Le grand livre des fêtes enfantines, 1000 jeux pour tous, 1000 créations en papier et origami (cadeau reçu d’un parent de ma garderie). C’est avec rage au cœur que je reprends mon bien, ne serai-je pas grand-maman dans deux mois, alors ces livres, mes livres reprendront le chemin du retour, avec peine, si je ne fais plus l’affaire mes livres non plus ne font plus l’affaire, ces livres sont vraiment de vraies perles pour tous les enfants et éducateurs. J’empile tout ce que je peux dans mon sac, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place. Que croyez-vous qui arriva au dit sac? IMPOSSIBLE de le lever ! Combien doit-il peser ? Je n’ai pas d’autre sac, je les ai prêtés aux enfants pour les vacances. Orgueilleuse comme je suis, je ne veux pas des sacs offerts par certains volontaires qui me voient dans l’embarra. Dans ma tête, je me dis c’est de votre faute tout cela, je ne veux plus de votre aide, cette aide qui me jette encore plus vite hors du hogar, hors de mes petits d’adoptions, hors de tous ceux que j’aime. Gladys vient me voir, m’embrasse, car demain c’est son jour de congé, elle ne sera pas là. - Au revoir ! Petite Maman ! Ta fille ne t’oubliera pas ! Je T’aime ! Et sa petite fille de trois ans m’offre un petit cadeau. C’est deux cœurs jumelés, transparents dans lesquels il y a de l’eau bleue et cinq petits voiliers qui flottent, c’est un presse-papiers, il y a aussi deux petits trous en forme de coeur qui laisse place pour deux crayons. C’est une pensée vraiment touchante. Il sert à retenir mes feuilles sur mon bureau, de cette manière les feuilles de ce livre ne seront pas emmêlées. Voici l’heure du dîner. J’ai la place d’honneur, est-ce un honneur que de se faire jeter dehors, comme une vieille chaussette, qui soit disant n’a pas bien servi ? Nous sommes tous installés, dehors, car un soleil éblouissant est au rendez-vous. Le centre du patio du hogar est couronné de table, l’intérieur fait place aussi à d’autres tables pour que tous soient présents. Le repas est servi, c’est dimanche, comme de coutume, c’est le poulet au four avec patates frites et salade. Mais avant de commencer, c’est le discours du directeur, il joue du violon de son mieux, pour service rendu, pour toutes les fêtes que tu as manqué, le 25 ième anniversaire de ton mariage, la graduation de fille……Bla-bla-bla je ne l’écoute pas je remarque seulement les mines tristes de plusieurs, je sens mon ami Angel à ma gauche qui est d’une tristesse, que je pressens sa solitude qui sera grandissante. Les enfants m’apportent quelques cartes que je garde jalousement. - Merci ! Merci pour tous ! Bon appétit ! - Une minute, ce n’est pas fini ! De dire une volontaire. Elle veut mettre la chanson de Gilles Vigneault, Gens du pays mais elle est rayée, je l’avais remarquée la veille, Alors elle entonne avec les enfants : -J’ai une maman qui s’appelle, s’appelle, j’ai une maman qui s’appelle, Françoise est son nom. J’entre dans la chanson et je chante en regardant chaque petit dans les yeux : -Tu as une maman qui s’appelle, s’appelle, s’appelle, tu as une maman qui s’appelle, Françoise est son nom ! Alors c’est le temps de dire Bon appétit ! Car, c’est seulement après ces paroles que nous avons le droit de manger, de toucher à la nourriture. Par la suite vient le dessert, un gâteau, que je coupe en cinquante morceaux, mais avec tous les jeunes de Santa Cruz qui se sont rajoutés, il manque de morceaux pour une fois dans ma tête je me dis : Je m’en fou ! Que le directeur s’arrange avec ce problème ! Je retourne dans ma chambre pour cette fois-ci ne rien oublier, car je ne crois pas revenir, mais avant de quitter la place, je prends ma fourchette et je me mets à crever les ballons qui étaient à ma portée, tous se sont fait un plaisir de tous les crevés. Après c’est le nettoyage, qui sait fait en un temps records, je n’ai pas aidé, je voulais être seule avec ma tristesse, avec cette injustice. Le lendemain comme promis, je suis allée dîner avec les sœurs, qui me donnèrent un joli sac à main de Vallegrande. C’est une fille du hogar qui l’a tissé. C’est un dîner de reine, aux saveurs allemandes. - Il y a toujours une place pour toi, ici, Françoise ! -Je sais mais je ne sais pas si je reviendrais à Vallegrande, mon rêve est toujours ce hogar pour les plus petits, il ne sera pas au hogar Jesus Infante ! Pourquoi pas avec mon mari! On ne sait jamais, un jour à la fois. À dix heures du soir, je monte dans l’autobus, en route pour Santa Cruz. Je m’endors presque aussitôt, je ne veux pas voir s’envoler Vallegrande, je le veux intacte dans mes souvenirs. À l’hôtel, de Santa Cruz, nous avons droit à une chambre au rez-de-chaussée, car le porteur trouve mon sac trop pesant, pour le monter à quelques étages que se soit. J’écris un fax à mon homme. Mercredi le 4 juillet pourrais-tu venir me chercher à l’aéroport, à 10.30 de soir, mon vol est par American Airlines, à bientôt, je t’aime. Je dois alléger mon sac de hockey. Ma serviette de cuir reçoit tous les livres, et ce bien comprimés. Une bouteille de lotion raffermissante est donnée à la volontaire qui m’accompagne. Le lendemain, je me trouve un sac à main qui me servira de bagage à main, celui-ci contiendra tous mes CD, car je ne laisse aucune de mes musiques classiques, je fais l’égoïste cette fois-ci, je rapporte toutes mes choses que j’aime, j’ai laissé la plupart de mes vêtements qu’ils servent à ceux qu’ils veulent, cela n’a plus d’importance. Le Lendemain, avec celle qui va ma remplacer pour trois mois, je dois lui montrer la préfecture, à laquelle je remets le relevé mensuel de juin. -Depuis dix ans que je travaille ici, de me dire la préposée à ce service. C’est la première fois que je reçois un relevé mensuel deux jours seulement après la fin de ce mois, il n’y a aucune erreur. - C’est parfait ! Car maintenant voici celle qui me remplace, car je pars au Canada, demain matin, je dois aller voir ma famille. Le tout est réglé, tout est en ordre. Je suis tranquille les enfants auront rapidement l’argent pour le mois de juin. Le lendemain, le directeur et la volontaire oh ! Je m’excuse la nouvelle directrice par intérim, m’accompagne à l’aéroport. Il est sept heures. Déjà, une petite file est en attente pour les procédures d’embarquement. Je dis adieu à tous les deux leur disant que cela ne vaux pas la peine de faire la queue avec moi. J’ai l’habitude des départs seule, une fois de plus ne me dérange pas, ou plutôt cette fois-ci je préfère être seule. Chapitre 24 LA CLÉ DE LA PAIX Me voici en avril 2003. Je tiens à ajouter ce chapitre à mes aventures de Bolivie, car il survient pendant la rédaction de celui-ci. J’ai en ma possession un bricolage que je viens de terminer, c’est un chapelet en papier. Il est monté de boules de paix ou électra. Cet électra est un origami formé de trente carrés de papier qui s’emboîtent les uns. Dans les autres, ils représentent les différents individus de chaque nation. La colle qui les maintient entre eux représente l’amour et la charité que ces individus se doivent de se prodiguer entre eux pour former une nation en paix. Chaque nation en paix est un grain de chapelet. Le ruban qui représente la chaîne de ce chapelet est la tolérance de chaque nation vis-à-vis une autre nation. La croix qui termine ce chapelet est une crois de Dozulé ou croix d’Amour. Dans le livre enquête sur l’existence des anges gardiens, il est écrit si on invoque sous le vocable de Notre –Dame du Rosaire en faisant trois neuvaines de Rosaire, on obtiendra tout ce que l’on désire, suivies de trois neuvaines de Rosaire en remerciement. J’ai donc fais trois neuvaines de trois Rosaires suivies de trois neuvaines de trois Rosaires en remerciement. Je récitais trois rosaires car je demandais LA PAIX en Irak ce qui est très important et demande plus d’invocations. J’ai commencé mes neuvaines le 13 février et les aie terminées le 8 avril. Le 9 avril Bagdad tomba. Quelles coïncidences! Ce chapelet ainsi terminé par mes dévotions fut offert à Notre-Dame du Rosaire dimanche le 13 avril à l’église du Saint Sacrement à ville Saint-Laurent. Elle fait une présence à tous les 13 de chaque mois à une certaine Delmis à qui je demanderais de l’offrir à Marie, Reine de la Paix Ces 13 de chaque mois, les prières sont spécialement offertes pour LA FLAMME D’AMOUR de Marie et un ajout est fait au Je vous salue Marie : « Submergez de grâces l’humanité entière par l’action de votre Flamme d’Amour » Je suis certaine que Marie a beaucoup aidé pour Bagdad, mais il faut que les hommes fassent leur part et seulement s’accrocher à l’amour ou lieu du pouvoir. Mon expulsion du hogar, faite de cette manière, fut pour moi, une insulte, une erreur. Je croyais avoir de vrais amis. Ce n’était pas le cas. Les vrais amis ne parlent pas dans le dos. Un ami est franc loyal. Il donne sa vie pour lui, il ne le poignarde pas, il ne creuse pas de trou assez grand pour le faire tomber dedans et ensuite lui marcher dessus. Georges, quand il était fâché, se faisait un plaisir malicieux, de dire ceci :
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- Si tu n’écoutes pas, je ferai en sorte de creuser un trou assez grand, pour que tu puisses y tomber, ensuite je te marcherai dessus, je t’écraserai. Oui, il a réussi à creuser mon trou, j’y suis tombée, mais mon ange gardien m’aide à me relever. De ses ailes puissantes, il me protège. Le 2 août 2001, je recevais un fax du directeur, c’est avec ce fax que je clarifie les situations qu’encoururent mon expulsion, et ce, avec vous, en toute franchise. C’est vrai physiquement, je ne suis pas restée comme convenu, la première fois, une année complète, seulement, quatre mois et demi. Pendant ces mois, j’ai perdu quarante livres. Grand bien me fasse ! Quand vous marchez, tous les jours, des côtes, des côtes et des côtes, allez-vous-vous aussi perdre du poids. Chacun va perdre du poids, je ne ferai pas de thèse là-dessus, c’est simplement, une question de logique. Question sommeil, mon médecin qui m’appelle la voyageuse devant l’Éternel, sait à quoi s’en tenir. Ce premier départ précipité, était pour moi, comme le moyen le plus propice, pour recueillir cet argent qui nous faisait réellement défaut. La température, sur le grand verglas, je me suis rivée le nez. Je ne me suis pas tournée les pouces durant ce temps, comme vous avez bien pu le lire. Mon temps, au grand désespoir, de mon mari, était consacré aux enfants, j’étais au pays, pour CES enfants. J’aurai pu rester, plus que 50 jours, avec ma famille. Ma mission n’était pas terminée, je rejoignais les enfants. C’était bien clair avec toute ma famille. Mon aide, mon travail est d’être avec les enfants. J’ai fait tout ce qui était, en mon pouvoir question argent, vous pouvez en être rassuré. Ce peu de temps, m’a permis, d’emmagasiner assez d’énergie, car, je suis restée 7 mois. Nous avions discuté, Monsieur le Directeur et moi, de faire cet échange de temps. Les hivers, je les passe au Québec, et vous vous les passiez à Vallegrande. Le troisième voyage fut très cours, je suis prompte, spontanée, je crois que vous avez pu vous en rendre compte. Fut-il, une erreur, Dieu seul le sait ! Il y avait tant de volontaire de tête, que je sentais qu’ils allaient gober mon énergie. Je leur laissais, donc les champs libres. J’avais pris un billet allé seulement. Les agents de voyage vont vous dire, qu’il y a une date de retour, car cela est moins dispendieux si l’on achète un billet aller-retour. La date limite du billet acheté était le 15 décembre. Je profitais donc de ce retour inscrit, sur une partie des billets. Je passais donc, Noël avec ma famille, au grand plaisir de tous. L’hiver commence en Bolivie, quand le printemps commence au Québec. Je rejoins donc, el Señor Director, pour faire l’échange de direction, je croyais que c’était clair, et ce pour 6 mois. Pourquoi, ce temps qui semble un reproche, nous l'avions convenu. Mais Oui, je n’ai pu rester le temps convenu avec mon mari. Je n’étais pas encore prête à cela. Ce Noël 99, je voulais à tout pris, le passer avec les enfants. Au plutôt, je voulais passer le nouveau millénaire avec les enfants. Tous faisaient tant et tant de parlotes sur ce passage, que moi aussi, je voulais faire UN SPÉCIAL. Ce fut, MON NOËL. J’en suis bien contente. J’avais pris un billet, pour trois mois, après en avoir discuté avec vous, M. le Directeur. Nous devrions travailler, ensemble, ramasser l’argent pour les enfants. J’ai dépensé beaucoup d’argent, pour cette fête de Noël, c’était sur ma marge de crédit, je devais la rembourser, en premier, comme journalière, c’est au salaire minimum, cela demande plus de temps. Pour une fois, je suis passée, la première, mais les enfants de Bolivie, n’ont pas eu à rembourser aucun sous. Pour ce qui est de cette année, où est le problème avec les dates. Il y avait une chose de certaine, j’avais acheté un billet, ALLER, seulement. Je me considère libre, libre de choisir ma date de retour. Si d’être partagée entre les enfants et ma famille pour vous, M. le Directeur, cela vous semble intenable, il s’agit de MA VIE, vous gérez le hogar, selon vos idées, mais ma vie est privée, c’est à moi de la gérer, et contre vents et marées. J’ai le droit de pleurer quand je me sens responsable la vie d’un enfant mourant dans mes bras, j’ai le droit de pleurer quand je perds un ami et des AMITIÉS. Si pleurer donne l’impression d’être survoltée, pour moi pleurer, c’est justement le moyen de dépressuriser, pour être en contrôle. Je suis, selon l’avis de mon médecin, en bonne santé, test obligent. Vous étiez professeur, M. le Directeur, et non, médecin. Mon travail est avec les enfants. J’ai apporté plus que ma part aux enfants, mais si c’est seulement de l’argent sonnant qui compte, je m’en excuse, ma place n’est plus à ce hogar. Si la valeur d’une personne est considérée par rapport, à l’apport de cet argent, alors, je n’ai plus place à ce hogar. Si pour vous, dépenser mon argent pour envoyer les enfants dans leurs familles n’était pas une mauvaise idée, pourquoi revenir sur ce point. Ce coussin d’assurance que vous écrivez, je le charge, je le confie à NOTRE PÈRE, qu’Il nous donne le pain de chaque jour, et ce en toute confiance. Je ne me préparais pas à dépenser, une offre, une question sur l’achat du terrain était posée, je n’ai fait que me renseigner. Je crois que voilà, le point sensible, votre point sensible. J’ai osé faire un pas au devant de vous, M. le Directeur. Vous devez être le premier, vous voudriez être le seul à dire que vous apportez l’argent sonnant, au hogar, alors vous prenez le moyen le plus radical, drastique, vous usez de votre droit décisionnel. Que grand bien vous fasses, Seigneur, vous serez roi et maître, dans VOTRE hogar. Je ne serai plus votre sujette. Car il semble que vous oubliez, vraiment, que j’ai donné beaucoup. Voyons ici, le cas de l’employée, la cuisinière. Je ne l’ai pas jetée à la poubelle comme vous l’écrivez. Une employée où un employé où qu’il soit, doit faire son travail. C’est au directeur où à la directrice en poste de diriger les employés. Si le travail n’est pas satisfaisant, c’est à elle de remettre la situation au clair. Les mémorandums sont des moyens qui sont utilisés pour tous, peu importe, le temps de travail de l’employé, c’est une mise en demeure, une clarification sur papier : Fait ton travail, et bien un point c’est tout. L’employé a toujours le droit à trois mémorandums. Si un seul lui donne la frousse, et qu’il donne satisfaction, alors pourquoi est-ce seulement MOI qui donne les mémorandums. Les employés, alors savent ce que j’attends d’eux, j’obtiens satisfaction : CUISINE PROPRE ET HYGIÉNIQUE. Il y va de la santé des enfants, surtout après plusieurs cas de salmonelloses. Quand il manque de personnel, je dois m’organiser avec les moyens que je possède. J’ai fait confiance à Angel sur tous les points, question argent aussi. Ma confiance quand je la donne est entière, sans demi-mesure. Angel m’a toujours remis, tous les sous, sans en manquer aucun, PAROLE D’HONNEUR. Le temps que je possède, est pour les enfants, en priorité. Que cela plaise ou non, aux bénévoles ! Je ne suis pas là pour chouchouter qui que ce soit, mes énergies, aux enfants ! À tous les volontaires, je ne vais pas les rencontrer à leur départ, qu’ils soient canadiens, allemands, américains où boliviens, je n’y vais pas, comme cela ma sensibilité est un peu plus protégée. Sûrement que cela peut choquer certaines personnes, mais je me protège, je me connais. Cela ne fait pas l’affaire, bien soit! On expulse du hogar, c’est plus radical, rapide ! Cela semble une guerre, une guerre de pouvoir. Cela je n’en veux pas. Je suis un guerrier pacifique. Comme lui je fais le saut, car je sais cette fois ou je dois atterrir. J’abandonne la Bolivie pour parler de Jésus. Je saute sans me demander s’il y a quelqu’un qui peut rire de la gaucherie de mon saut ou se moquer de moi. Je saute sans avoir peur de me blesser, ou de me mouiller, ou d’être déçue. Je quitte tout pour me réfugier en Dieu. La Bolivie était mon terrain de Paix, de ma paix intérieur, cette paix en Dieu. J’ai vraiment appris à le découvrir en me laissant guider par l’Esprit-Saint que j’invoquais tout les matins. Que vaux la vie d’un enfant, s’il a un toit qui le protège, mais qui lui manque l’essentiel, la nourriture et l’amour de sa famille. Cette expulsion m’a fait terriblement souffrir. Cette souffrance, par ces deux années de tranquillité dans ma maison, se change en courage pour pouvoir parler de Dieu. Je suis partie sans faire trop de vagues, j’ai obéi au directeur qui me disait de partir. Il est difficile d’obéir, pour moi certainement, mais j’y ai gagné un trésor fantastique, cette sérénité de prendre vraiment Jésus comme guide et conseiller. Il m’a prouvé que (Voltorta, livre 7,page 371) L’obéissance est lumière. Plus on est obéissant et plus on est éclairé et plus on voit clair. L’obéissance est patience, et l’on est obéissant, plus on supporte les choses et les personnes. Obéissance est humilité, et plus on est obéissant, plus on est humble avec le prochain. L’obéissance est charité car elle est un acte d’amour, et plus on est obéissant, plus les actes sont nombreux et parfaits. Obéir enlève la présomption d’être capable d’agir par soi-même, cela indique que l’on a besoin de quelqu’un et moi j’ai besoin de Dieu dans ma vie. Je te remercie, Gaston, de cette expulsion, c’est elle qui m’a fait réaliser à quel point la foi est vitale. Je voudrais que vous partagiez cette foi dans un unique intérêt. (Voltorta, livre7, page 559) L’intérêt d’enlever tout doute à ceux qui sont incertains, de convaincre ceux qui sont opposés en plus que celui de renforcer toujours plus la foi des croyants. Oui, remettre Dieu au centre de notre vie en sachant Lui obéir, en sachant croire, en sachant espérer et surtout en sachant aimer car ( Voltorta, livre7,page 552) plus on aime et plus on obtient. C’est aimer que de savoir espérer et croire au-delà de toute mesure et de toute réalité qui puisse démentir la foi et l’espérance. Pour reconnaître Jésus pourquoi ne pas refaire un petit tour dans nos églises. Lui demander pardon pour nos manquements de charité. Le remercier pour les biens reçus pour ainsi mériter son Royaume. Lui adresser cette petite prière toute simple avec toute notre sincérité : Oh viens Seigneur Jésus! Hâte le jour de ton retour pour que la Paix descende en nos cœurs et se répande sur tous les hommes et sur toutes les nations que chacun reconnaisse que vous êtes l’envoyé du Père, celui qui doit venir pour restaurer son règne, règne de Paix et d’Amour, règne de l’Esprit Saint et de joie éternelle. Oui, viens Seigneur Jésus nous t’attendons! Oui Seigneur Jésus, viens car Toi seul peut encore nous aider, nous aider à éteindre notre mauvais feu qui nous embrasse par nos manques de charité, d’amour. Nous devons Lui demander ainsi qu’à Marie. Ensemble Ils vont nous aider, Ils intercèderont en notre faveur si nous avons recours à leur miséricorde infinie avec toute notre foi et notre cœur. Jésus nous connaît tous et nous aime tous. Il n’y a que Dieu qui connaisse parfaitement le cœur des hommes, ( Voltorta, livre 6 page 483)et l’homme n’a qu’un moyen pour connaître le cœur de son semblable s’il est vraiment son compatriote, ou bien son véritable ami et son vrai parent. Quel est ce moyen? Où se trouve-t-il? Dans le prochain lui-même et en nous. Dans ses paroles et ses actions et dans le jugement droit que nous formons. Quand, dans les paroles de prochain, dans ses actions où dans les actions qu’il voudrait que nous fassions, nous nous rendons compte, par le jugement droit que nous formons, qu’il n’y a pas de bien, alors nous pouvons dire : « Il n’a pas un bon cœur, et je dois m’en méfier ». Il faut le traiter avec charité, parce qu’il souffre du malheur le plus grave : d’avoir l’esprit malade, mais il ne faut pas le suivre dans ses actions, ni prendre ses paroles comme vraies et sages et encore moins suivre ses conseils. Demandez-vous : « Aimerais-je que me soit fait ce que je vais faire à celui-ci? » Et si vous voyez que vous ne l’aimeriez pas, ne le faites pas. J’offre à Marie, un Rosaire, en signe de gratitude, d’amour. Elle aime recevoir des Rosaires. Elle l’a dit, c’est écrit dans le livre enquête sur l’existence des anges. Ce n’est pas une corvée que de la prier, c’est un plaisir grandissant, car je sais qu’Elle m’écoute. Elle est d’une aide sans égale tout comme son fils, Jésus avec ses enseignements qui me furent si bien révélés par Marie Voltorta. Je vous cite ce passage. (Voltorta, livre 4, page 53) Voici les trois conditions du salut d’une âme : Être d’une grande intégrité pour pouvoir parler sans crainte d’être réduit au silence. Parler à toute la foule, de façon que notre parole apostolique qui s’adresse à elle qui se groupe autour de la barque mystique aille, par des ondulations qui s’étendent, toujours plus loin, jusqu’à la rive boueuse où sont couchés ceux qui stagnent dans la boue et ne se soucient pas de reconnaître la Vérité. C’est le premier travail à faire pour briser la croûte de la glèbe dure et la préparer aux semailles. C’est le travail le plus sévère, pour celui qui l’accomplit et pour celui qui le supporte parce que la parole doit, comme le soc tranchant, blesser pour ouvrir. Et en vérité je vous dis que le cœur de l’apôtre qui est bon se blesse et saigne par la souffrance de devoir blesser pour ouvrir. Mais cette douleur aussi est féconde. C’est par le sang et les pleurs de l’apôtre que devient fertile la glèbe inculte. Seconde qualité : Travailler même là où quelqu’un, qui comprendrait mal sa mission, s’enfuirait. Se briser en s’efforçant d’arracher l’ivraie, le chiendent et les épines pour mettre à nu le terrain labouré et briller sur lui, comme un soleil, par la puissance de Dieu et sa bonté, et en même temps en qualité de juge et de médecin être sévère et pourtant plein de pitié, s’arrêtant pour attendre, pour donner le temps aux âmes de surmonter la crise, de réfléchir, de décider. Troisième point : Dès que l’âme qui est dans le silence s’est repentie, en pleurant et en méditant ses erreurs, oser venir timidement vers l’apôtre, craignant d’être chassée, que l’apôtre ait un cœur plus grand que la mer, plus doux qu’un cœur de maman, plus énamouré qu’un cœur d’époux et qui l’ouvre tout grand pour en faire couler des flots de tendresse. Je ne veux pas la guerre. Je voudrais une réconciliation avec tous ceux que j’ai pu croiser en Bolivie, Je ne garde aucune rancœur à personne. ( Voltorta, livre 4, page 50) Parce qu’aucune raison ne justifie l’insulte et la haine. La première nécessité qui s’impose et la première condition pour avoir Dieu avec nous, c’est de n’avoir pas de rancœur et de savoir pardonner. La deuxième nécessité, c’est de savoir reconnaître qu’en nous aussi et en ce qui est nôtre il y a de la culpabilité. Ne pas voir seulement les fautes d’autrui. La troisième nécessité, c’est de savoir se conserver reconnaissants et fidèles après avoir eu la grâce, par justice envers l’Éternel. J’espère que quelques-uns uns reprendront ce goût à la prière, aux rosaires à Marie, notre MÈRE à tous, pour que la PAIX revienne sur terre. C’est avec des rosaires que la PAIX SUR TERRE reviendra. Récitez le je vous salue Marie comme suit : Je vous salue Marie pleine de grâces le Seigneur est avec vous vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, Submergez de grâces l’humanité entière par l’action de votre flamme d’Amour, maintenant et à l’heure de notre mort, Amen. Cette paix reviendra, si tous les gars du monde voulaient se donner la main, partager leur pain avec le plus démuni et vivre en harmonie avec la nature. Cette paix reviendra car la différence entre l’impossible et le possible est la volonté de l’homme. L’entraide et l’amour sont de la volonté de l’homme. La télévision nous offre beaucoup de violence, mais il peut y avoir certains trésors, si on veut bien les accepter et les découvrir. Le film ¨ Payez au suivant¨ est l’un d’eux. Si vous voulez bien faire une chaine, une chaine d’amour, partagez ce livre au suivant, partagez-le par trois services qui vous demandent une partie de vous-même, un peu d’amour, de pardon, de joie, de foi. Vous y trouverez une source de satisfactions, de bien-être inépuisable. Vous allumerez des étincelles dans des yeux éteints, illuminerez un visage par un sourire. Vous pourriez même donner une lueur d’espoir inespéré. Tout cela compte pour le bonheur que chacun aspire. Cette aventure de quatre années semble se terminer en queue de poisson. Vous vous trompez. Elle continue, car la vie continue. J’avais dis à ma grande fille que je serai de retour à la maison pour être avec mes petits-enfants. Ils sont déjà présents dans notre famille. À toutes paroles dites les actes doivent s’accomplir. Me revoilà à la maison, dans la sérénité, car je me sens de nouveau utile. Que se soit avec la famille, avec les boules de paix où avec mes prières, pas un moment ne sera gaspillé. Ces moments seront pour la paix, car j’ai enfin trouvé mon chemin de la Paix. Trouvez, vous aussi le chemin de la Paix pour être ensemble pour pouvoir louer et honorer Dieu pour ce ciel, cette terre, cette eau qu’Il nous a donné par amour et pour l’Amour. Ce n’est pas difficile d’obtenir la Paix car chacun peut voir en chaque être vivant un enfant et le traiter comme tel avec de la bonne volonté et lui donner tout l’Amour qui lui est dû. Faites la Paix sur terre! Hommes de bonne volonté! Ainsi s’achève ce livre sur les chemins de la paix. Mais il faut trouver un éditeur. Alors j’envoie un manuscrit à six maisons d’édition, sans résultat. Je crois que la foi ne se vend pas. Alors j’accompli la parole que j’avais faite à Marie : quand je serai de retour dans ma maison, tout mon temps Te sera consacré par des rosaires, pour la paix! Prier sans que mes mains travaillent cela m’est disons impossible ou impensable. Je suis une visuelle, alors à l’endos de chaque feuille j’écris mes rosaires. Au gré du temps, durant le jour, durant la nuit, les feuilles sont toutes recyclées quand tout est terminé, je me demande à quoi cela a-t-il servi? Il y a tellement de feuilles que cela recouvrirai certainement la toiture de l’église Saint-Michel. Il manque justement un marguillier, alors je comble le poste. Je leur propose mon livre pour ramasser quelques sous pour cette toiture. « La fabrique n’aura pas un sous à défrayer pour la parution. Je m’engage à trouver des commanditaires pour l’impression. » « Attend avant d’avoir l’autorisation de l’évêché! » me dit le président avec un regard perçant! Il se trouve que je suis assez frondeuse. Ce regard fut pour moi comme un défi. Il y a une imprimerie dans la ville voisine. Je prends les dispositions pour que 1000 livres soient imprimés, en ayant pour garanti que le tout soit prêt pour la fête de Pâques. Nous sommes en janvier 2004. Le tout semble possible pour l’imprimeur mais il exige la moitié du paiement avant de commencer, soit 5,000 dollars. Je n’ai pas l’argent mais je donne ma parole que je vais le trouver. Croyez-vous aux coïncidences! En voici une. Mon mari doit changer de poste à son travail, cette même semaine. Il reçoit un boni de « dédommagements » 5,000.$ « Jean-Claude, voudrais-tu me passer l’argent? C’est une question de temps, j’attends la réponse de l’archevêché, avec les commanditaires, tu seras remboursé! » Il n’y a pas eu de discussion, rien, le silence total. Il était sur le choc de son changement de travail. L’impression du livre a bien eu lieu. Les boîtes de livres sont empilées dans une petite chambre, dans les garde-robes, bref dans tous les coins possible, et cela a lieu le lundi saint. Je n’ai pas attendu la bénédiction de l’archevêché, car dans ma tête, je parlais de Dieu, de Marie, j’étais certaine qu’il n’y aura aucun problème de ce coté, une foi absolue. Vendredi Saint, a l’office de trois heures, l’animatrice de pastorale vient me dire que je n’ai pas l’autorisation de vendre mon livre pour la réfection du toit de l’église. L’évêché aurait voulu avoir des modifications à mes écrits, sur ce point, il n’y avait pas place à la discussion. J’ai haussé ma voix par surprise : » mais c’est impossible! » Eh oui! C’était possible. Dans ma boîte aux lettres de retour de l’office, une copie de l’archevêché m’était adressée, me stipulant de remettre aux commanditaires les chèques que j’avais déjà reçu. Aucun argent de mon livre ne devait servir pour l’église. Mais je devais encore un 5,000$ à l’imprimeur. Le retour d’impôt de 5,ooo.$ est venu finaliser les dépenses d’imprimerie. Les affiches que j’avais placées dans différents commerces du voisinage ont dues être enlevées. L’argent des commanditaires, redistribuées comme explication j’avais seulement à présenter la copie de l’évêché, cela laissait place seulement à la consternation, personne ne comprenait. Puisque je ne peux pas vendre mon livre, alors, je le donne. Les résidents du voisinage, ceux qui avaient une boîte aux lettres rurales, ont reçus un livre, sans plus d’explication. Lors de la semaine de vacances de mon mari je lui ai demandé de m’aider pour cette distribution. Il m’a aidé, sans rien dire. « Merci, Merci mon Dieu pour cet homme que j’aime! » Après la distribution de toutes les boîtes, nous sommes allés faire un tour à Dupuy qui est une municipalité à kms à l’ouest de La Sarre. C’est un lieu où la Vierge Marie a apparu à Gilles Leblond. Le site des apparitions de Notre Dame des pauvres. Les apparitions de la Très Sainte Vierge Marie à Gilles Leblond ne sont pas encore reconnues par l’église. Le coin des apparitions s’appelle la Vallée des anges. Durant le trajet, je n’avais pas le cœur à la jasette. Ce cœur était dans l’eau. Dans la tête de mon mari devait certainement jongler quelques idées et constatation. « Voilà encore, que je fais les frais de ma femme! » Je lui dois beaucoup. C’est probablement pour cela qu’il n’a pas encore pris ce livre et le lire. Se rendre à La Sarre demande un bon huit heures de route, alors J’amène de la lecture. L’évangile tel qi me fut révélé enfin ma mère nous souvent parlé ces livres, je n’y avais pas porté tellement d’importance, car maman a beaucoup de livre sur la religion, les apparitions, c’est disons son dada. Je me suis gavée de cette collection. Au fait cette Maria Voltorta a reçu de Dieu disons cette mission. Elle voyait toute la vie de Jésus sur terre en vision et elle devait décrire tout de qu’elle voyait et entendait dans les moindres détails. À croire au non, cela donne une explication bien vivante du cheminement de Jésus sur terre, c’est pour cela que dans la deuxième partie, je fais beaucoup références à Voltorta. C’est pour vous donner le goût d’aller à sa rencontre. C’est fantastique mais je crois que cela ne plaise pas beaucoup à différents religieux d’ici. Quand un cuisinier trouve une recette formidable, ne fait-il pas en sorte d’en parler pour aiguiser la curiosité. Alors imaginez le plus merveilleux fruit que vous voyez, surtout une fraise bien mûre, rouge de soleil et brillante, trempez-la dans un bon chocolat, pourquoi pas lui injecter du Grand Marnier et pour terminer une petite houppette de crème fouettée, bref c’est cela la vie de Jésus dans Voltorta. C’est pour cela que cette seconde partie sera présentée avec plusieurs de ses extraits. J’ai pris le temps de vous mettre toutes les communications de ces 4 années, pour que vous ayez l’intégralité de la vie ainsi que mes sentiments, pour que vous viviez une partie de cette grande aventure.
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Deuxième partie CHAPITRE25 Depuis le tout début des temps, l’homme est en constante évolution, allant de découverte en découverte. L’espace nous ouvre ses portes, l’océan ses trésors engloutis. De toutes les découvertes pour l’instant, l’ordinateur vient au premier plan. Il est entré dans la plupart des foyers quelque soit le lieu sur notre terre. Il devient un outil indispensable pour le travailleur, une source inépuisable pour l’étudiant, un moyen de divertissement à plusieurs niveaux. Il peut certainement faire peur au récent néophyte autodidacte dont je fais partie mais pour écrire un livre, il devient indispensable, comme le renard du petit Prince de St Exupéry il me chuchote à l’oreille : « S’il te plait apprivoise-moi, je te serai bien utile! » Alors me voici à l’œuvre avec un ordinateur tout neuf. J’ose à peine y toucher. Je vous pose cette question : quel est le meilleur moyen pour apprivoiser un sujet? Un bon moyen est le jeu. Je pitonne sur le clavier, promène une certaine souris qui me fait un clin d’œil. L’araignée solitaire, jeu de patience apparaît sur l’écran. C’est un jeu à base de cartes d’une couleur ou deux ou quatre selon le choix. Pour commencer allons au plus facile, c’est de la petite bière! Deux couleurs, cela devient plus intéressant. Essayons le plus haut niveau, c’est super. Eh bien me voilà bien accrochée! J’ai découvert un super compagnon de jeu. Je me suis attelée à ce jeu jusqu’à la réussite complète. Encore maintenant je découvre des moyens pour obtenir de meilleurs résultats, patience et calme deviennent des atouts majeurs. Ce jeu représente bien le grand jeu de la vie. Durant toute notre vie nous recevons des cartes, toujours bien mélangées, c’est ce qui rend cette vie si palpitante. Il y a des moments où les cartes peuvent bien être positionnées pourquoi ne pas en profiter pour remercier cet Être Suprême pour ces moments de répit. Sinon aux déboires de la vie leur accorder patience et calme car après chaque tempête, il y a le calme. En ces moments difficiles ne pas avoir honte d’interpeller une autre fois cet Être Suprême pour de l’aide. Demandez et vous recevrez! Il attend seulement notre appel. Il veut que l’on est besoin de Lui. Me voici transformée en araignée solitaire qui tisse une toile au fils de la vie pour vous offrir une dentelle fine, très fine aux couleurs de la Paix. La vie est le plus grand jeu dont chacun connaît la fin; la mort. Alors contre cette fin inévitable, pourquoi ne pas vivre les moments présents à pleines dents comme un beau fruit mûr gorgé de soleil, jouer avec le temps et ses imprévus comme un enfant. Ceci est facile car chaque personne, petite ou grande, est toujours un enfant dans l`âme. A l`enfant qui sommeille au fond de toi, voici cette question; comment désires-tu ton terrain de jeu? Car le monde est ton terrain de jeu, c`est à toi de le découvrir. Voici un petit défi pour éveiller ta curiosité, car tout enfant est curieux, avide de connaître, d`apprendre. Prends seulement une ligne de ce poème, celle qui te touche le plus Alors la paix reviendra Si tu crois qu’un Sourire est plus fort qu`une Arme, Si tu crois à la Puissance d`une Main offerte, Si tu sais Regarder l`autre avec un brin d`Amour, Si tu sais Préférer l`Espérance au soupçon, Si tu estimes que c`est à Toi de faire le Premier Pas plutôt qu`à l`autre, Si tu peux te Réjouir de la Joie de ton voisin, Si pour toi l`Étranger est un frère qui t`est proposé, Si tu sais Donner Gratuitement un peu de ton temps par Amour, Si tu sais Accepter qu`un autre te rende service, Si tu partages ton Pain et que tu saches y joindre un morceau de ton Coeur, Si tu crois qu`un Pardon va plus loin qu`une vengeance, Si tu peux Écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder ton sourire, Si tu sais Accueillir et Adopter un avis différent du tien, Si pour toi l`Autre est d`abord un Frère, Si tu crois que la Paix est possible, ....Alors viendra la PAIX Pierre Guilbert Lis ce livre et la paix aura déjà commencé son œuvre. Ce petit effort aura le même effet qu`une petite goutte d`eau tombant sur une surface liquide inerte, une propagation d`onde bénéfique sur le chemin de la paix. Si tous les gars de monde voudraient bien jeter une petite goutte d`amour sur cette inertie humaine, l`onde de propagation serai celle d`un tsunami d`une puissance énorme qu`elle inondera le pouvoir et l`indifférence des gens. Ce petit effort est à la portée de tous; gens de toutes races, de toutes religions, de toutes classes sociales, de tout âge, aux lecteurs d`Harry Potter dont l`imagination est reine, aux lecteurs du Da Vinci Code dont les principes scientifiques fascinent. À tous, je demande de laisser la chance au coureur, de laisser votre cœur s`ouvrir aux différents outils qui vous seront proposés. Certain diront peut-être que c`est de l`hérésie, de croire à l`au-delà, de croire à l`intervention divine dans notre quotidien actuel. Alors telle une araignée je vais tisser ma toile au fil de la foi. Oui, je vais y croire, car je n`ai rien à perdre, au contraire, j`ai tout à gagner, si je veux une paix durable qui permettra à mes petits-enfants de vivre pleinement sur une terre de richesse, d`amour, de bonheur. La vie est aussi comme une balance dont le pivot est notre créateur. Le plateau de gauche contient les mésaventures tandis que les plaisirs se trouvent dans celui de droite. La vie de grand parent fait aussi partie de cette balance surtout quand le petit-fils atteint l`âge du POURQUOI. C`est à lui que je réponds: -Pourquoi la paix? -Parce que je n`aime pas la guerre. Pourquoi? -Parce qu`on perd des personnes qu`on pourra aimer -Pourquoi? -Parce que j`aurai aimé connaître mes grands parents. -Pourquoi? -Parce qu`ils auraient répondu à mes questions. -Pourquoi? -Parce qu`ils m`auraient aimée. -Pourquoi? -Parce que moi, je t`aime! Ce fut le point final de ce petit plaisir de grand-maman. Un silence couronné d`un sourire resplendissant et d`un câlin spontané de ce petit bout d`homme de deux ans qui partage l`amour qu`il apprend à connaître. Pour tous ces innocents, je vous offre cette deuxième partie pour l`amour. Voici une petite annonce pour tous ceux dont la paix intéresse. PAIX À DÉCOUVRIR Située dans un château magnifique, sur la plus haute montagne. Coordonnées faciles à suivre, demandant seulement une foi absolue au maître des lieux, appuyée d`une bonne volonté à gravir tous les niveaux, seul ou accompagné. Avant le départ, prendre un temps d`arrêt pour mettre ses priorités en ordre, en répondant à cette question: qu`est-ce qui est le plus important pour un monde meilleur? L`argent, la domination ou la paix. Si la paix est votre premier choix, vous pourriez apercevoir au loin, cette montagne. Préparez votre baluchon, réservez de la place pour l`accumulation de trésors indispensables pour se rendre au sommet. Chaque partie du trésor sera découverte par étape ou ligne de conduite qui se passera en douceur, au hasard. Ce hasard qui deviendra votre allier. CHAPITRE 26 Le terme hérésie employé, un peu plus tôt, peut être fort si on tient compte de la définition du dictionnaire: doctrine contraire aux dogmes, condamné par l`Église Catholique. Le terme employé devrait être: confiance. La plupart des livres de référence qui vous seront proposés sont écrits par des laïcs qui ont reçus des apparitions ou des voix pour nous faire connaître les désirs d`un certain JÉSUS et de sa mère MARIE. C`est vraiment un cas de confiance. Pouvons-nous ouvrir une parenthèse plus grande en disant ce mot “croyance”. N`arrêtez pas ici votre lecture. Soyez curieux! Je me répète: “Laissez la chance à l`auteur!” Si au départ, vous acceptez que ce Jésus est venu sur terre conçu par Marie, il est plausible, qu`il reste des écrits pour nous rappeler ses “enseignements”. Sur ce point, la foi n`est pas tellement mise en doute. Le point de foi est celui-ci. Ce Jésus, fils de Marie, est mort comme toute destinée d`homme, mais trois jours après, Il serai ressuscité. Il serai donc toujours vivant, c`est pour cela que certaines personnes privilégiées ont cette possibilité de le voir, d`écrire ses paroles dictées. Je laisse donc la chance au coureur. Je laisse cette chance à une certaine Maria Voltorta. Elle a écrit L`Évangile tel qui me fut révélé. Jésus l`a choisi pour qu`elle décrive, en détail, toutes les visions qu`elle apercevait ainsi que les conversations écoutées pendant ces visions. Voici comment Jésus désire cet évangile: J`ai le dessein d`alterner tes contemplations avec les explications que je te donnerai ensuite, avec des dictées proprement dites pour t`élever avec ton esprit en te donnant la béatitude de la vision et aussi parce que, de cette manière est rendue évidente la différence de style entre ton exposé et le mien. En outre, en présence de tant de livres qui parlent de Moi et qui, touche et retouche, changements et embellissements sont devenus irréels. Je désire donner, à qui croit en Moi une vision ramenée à la vérité de mon séjour sur la terre. Je n`en sort pas diminué, mais au contraire, je deviens plus grand dans mon humilité qui pour vous se fait pain, pour vous apprendre, à être humble et à ressembler à Moi, qui ai été un homme comme vous et qui ai porté sous mon vêtement humain la perfection d`un Dieu. Je dois être votre modèle et les modèles doivent toujours être parfaits. Je ne suivrai pas les contemplations un ordre chronologique à celui des Évangiles. Je prendrai les points que je trouverai plus utiles en un jour déterminé pour toi et pour d`autres, en suivant mon ordre d`enseignement et de bonté. « Voltorta, livre 2, p 11» Cet Évangile de Maria Voltorta ne renie aucunement les quatre Évangiles présentés dans le Nouveau testament et qui sont les références pour toutes nos célébrations eucharistiques. Cet Évangile ne demande que l`amour, la compréhension et le pardon. Il contient les récits des quatre évangélistes, mais il y a un plus. Il y a des enseignements supplémentaires proposés en toute simplicité. C`est à vous de vivre l`aventure en ouvrant votre cœur pour permettre à la foi de germer. Voici l’explication du principal intéressé Jésus. Il s`adresse à Maria Voltorta dans le livre 2 en page 21. Sais-tu Marie ce que tu fais? C e que je fais plutôt en te faisant voir l`Évangile? C`est une tentative plus forte pour amener les hommes vers Moi. Tu l`as désiré par tes prières ardentes. Je ne me borne plus à la parole. Elle fatigue et les éloigne. C`est un péché mais c`est ainsi. J`ai recours à la vision, à la vision de mon Évangile et je l`explique pour la rendre plus claire et plus attrayante. À toi, je donne le réconfort de la vision. À tous, je donne le moyen de me désirer et de me connaître. Et si encore elle ne sert pas et si comme de cruels enfants ils rejettent le don sans en comprendre la valeur, à toi, le don restera et à eux mon indignation. Je pourrai, une fois encore faire l`antique reproche:« nous avons joué de la flûte et vous n`avez pas dansé. Nous avons entonné des lamentations et vous n`avez pas pleuré.» Il y aura certainement un accompagnateur indésirable sur notre route. Il est très discret, insidieux et hypocrite qu`il peut passer aux oubliettes. S`il y a un Dieu, il doit y avoir son opposé, Satan pour avoir une vrai balance de la vie. Pourquoi pas! L`ignorer, c`est faire son jeu. Quelle satisfaction pour lui. Soyons donc sur nos gardes. Voici le moyen pour y échapper. Voltorta, livre 2, page 28. «Satan, tu l`as vu, se présente toujours avec un aspect sympathique, sous un aspect ordinaire. Si les âmes sont attentives et surtout en contact spirituel avec Dieu, elles se rendent compte de cette observation qui les rend circonspectes et promptes pour combattre les embûches du démon. Mais si les âmes sont inattentives au divin séparées de Lui par des tendances charnelles qui les envahissent et les rendent sourdes n`utilisant pas le secours de la prière qui les unit à Dieu et fait couler sa force comme un canal dans le coeur des hommes, alors elles s`aperçoivent officiellement du piège dissimulé sous une apparence inoffensive et y tombent .S`en dégager après cela est très difficile. Les deux chemins que prend plus communément Satan pour arriver aux âmes sont l`attrait charnel et la gourmandise. Il commence toujours par le coté matériel de la nature. Après l`avoir démantelé et asservi, il dirige l`attaque vers la partie supérieure. Il faut avoir la volonté de vaincre Satan, la foi en Dieu et en son aide, la foi dans sa puissance à la prière et la bonté du Seigneur. Alors Satan ne peut nous faire du mal.» Le second appel de foi est en Elizabeth Kindelmann. C`est une laïque qui nous rapporte des messages de Marie, la mère de ce Jésus. Étant sa Mère, ce Jésus miséricordieux, pourquoi ne donnerait-il pas à sa Mère ce même privilège de nous parler. Alors encore une fois, la chance est au coureur. Cette Mère bienfaitrice nous donne un message d`espoir en le Flamme d`Amour de son Cœur Immaculé. Il n`y a rien à perdre. Pour éclairer notre route, voulez-vous essayer cette Flamme d`Amour. C`est encore une question de foi, de croyance mais surtout de bonne volonté. Pour la paix, je suis prête à tout. Êtes-vous prêt à me suivre? Je demande à l`Esprit Saint ainsi qu`à mon ange gardien de m`aider dans cette épopée. Que le journal spirituel d`Élizabeth Kindelmann m`insuffle un peu de son courage, de sa foi, car la montagne sera haute et abrupte. Je m`unis à elle, que nos pieds cheminent ensemble. Le langage est un don de Dieu 26 juillet 1971 Le Seigneur Jésus et la Sainte Vierge, en alternant parlent à mon coeur: JC.-«Le langage est un don de Dieu dont nous aurons à rendre compte un jour. C`est au moyen de la parole que les âmes communiquent entre elles; c`est par la parole que les hommes nous connaissent. Nous n`avons donc pas le droit de nous draper dans le silence. Mais nous ne pouvons non plus oublier que chaque parole prononcée a son poids. C`est pourquoi nous devons marcher et vivre en présence de Dieu en soupesant chaque parole que nous prononçons. Notre Père octroie la parole, vous devez faire usage de votre droit. N`ayez pas peur de parler! Oui, c`est une affaire sérieuse que de secourir les autres, les réveiller de leur léthargie. Cependant, vous ne pouvez pas les laisser les mains et le coeur vide dans leur foyer. Vous devez parler!» S.V.-« Vous ne pouvez dévoiler ma Flamme d`Amour aux autres qu`en en parlant. Vous n`avez pas le droit de vous taire par lâcheté, ou par orgueil, ou par négligence, ni par crainte d`un sacrifice. Mais que les paroles que vous prononcez à mon sujet soient vécues à fin que les âmes soient touchées par le mystère du Ciel. Si, éventuellement, vous demandez la parole et qu`on vous l`accorde, que ma force soit avec vous! Que chaque parole soit comme une graine semée a fin que ceux qui l`écoutent produisent une récolte abondante.» (Journal spirituel d`Élizabeth Kindelmann page 383) Alors je souffle sur ce Satan, sur cette peur de déranger, du ridicule, des quand dira-t-on, de mon égoïsme. Mes mots seront notre moyen de transport pour cette escalade. Je ne puis faire de mon silence un accommodement raisonnable, cela serait un signe de lâcheté, d`abandon. Mon bagage est enfin terminé. Il est petit. Alors voici la question à Jésus. (Voltorta, livre 2, page 38) “ Que devons-nous apporter?” Il nous a répondu, avec un sourire qui nous fait goûter le paradis: «C`est un grand trésor que je vous demande.» et vous: « Mais si nous n`avons rien ? » Et Lui : « un trésor qui a sept noms, et que le plus humble peut avoir, et que le roi plus riche peut ne pas posséder, vous l`avez et je le veux. Écoutez en les noms: charité, foi, bonne volonté, droiture d`intention, continence, sincérité, esprit de sacrifice. Cela, je le veux de celui qui me suit, cela seulement, et vous l`avez en vous. Il dort comme la semence, dans le sillon, l`hiver, mais le soleil de mon printemps en fera naître les sept épis. C`est ainsi qu`Il a parlé.» Si vous ne voulez pas cet évangile, prenez l’évangile « ordinaire », il est plus compact, au moins, vous connaîtrez les lignes à suivre pour régir votre vie. David Wilkerson n’a pas eu peur de l’offrir aux jeunes drogués de la ville de New York. Les résultats furent fulgurants. Le tout est écrit dans son livre La croix et le poignard. Je vous cite une petite partie, le lire est encore plus palpitant. L’histoire de Jésus ne change pas; cependant, pour bien la communiquer aux jeunes d’aujourd’hui, des méthodes contemporaines se révèlent nécessaires. C’est la raison pour laquelle ceux qui travaillent dans le cadre de Teen Challenge Continental apprennent le langage de ceux qui s’adonnent à la drogue et des jeunes de la rue. Ils étudient aussi la culture de la jeunesse, examinant le sens profond des questions qui hantent leurs esprits et pénètrent jusqu’au causes premières de leur mécontentement et de leur recherche de drogues. Ensuite ces équipiers vont dans les rues pour y apporter l’Évangile et afin de communiquer avec efficacité la réponse vivante que Jésus peut apporter aux problèmes de l’humanité. C’est un christianisme en action. C’est retirer la théologie des livres et la mettre en pratique; c’est appliquer l’ »ancienne vérité biblique aux besoins de l’homme moderne ». David Wilkerson a fait de l’Esprit Saint son allier, sa lumière. Je suis son exemple. Je Lui demande son aide pour étendre ce fil de foi de cette araignée solitaire N’ayez pas peur de cette araignée. Apprivoisez- moi! CHAPITRE 27 Avant le grand départ, une petite vérification; avez-vous pensé à apporter une boussole? Pourquoi? Mais pour vous dirigez efficacement, tout simplement! Je vous propose donc une boussole, nouvelle, efficace, soyez en certain, car je l’ai mise à l’épreuve. Elle est simple, complète et surtout plus détaillée que celle qui est utilisée depuis plus de 2ooo ans. Je vous parle de l’Évangile tel qu’il me fut révélé de Maria Voltorta. Le magnétisme de cette boussole est l’enseignement donné par Jésus lui-même. Laissez l’aiguille de votre volonté s’attirer vers Lui pour vous diriger efficacement. Les livres de Marie de Voltorta «L’évangile tel qu’il m’a été révélé» vont me suivre tout au long de ce livre car ils m’ont aidée à vraiment comprendre l’évangile dans toute sa simplicité. Je vais vous citer cet exemple ainsi vous comprendrez mon raisonnement. Voltorta, livre 4, pages 178-180 Je vous propose cette parabole pour que vous compreniez mieux l’enseignement. Un agriculteur avait dans ses champs un grand nombre d’arbres et de vignes qui donnaient beaucoup de fruits et, parmi ces dernières, une de grande valeur dont il était très fier. Une année cette vigne produisit une abondante frondaison mais peu de raisin. Un ami dit à l’agriculteur:« C’est parce que tu l’as trop peu taillée«. L’année suivante, l’homme la tailla abondamment. La vigne fit peu des sarments, encore moins de raisin. Un autre ami dit:« C’est parce que tu l’as trop taillée. La troisième année, l’homme la laissa à elle-même. La vigne ne produisit même pas une grappe de raisin et eut des feuilles peu nombreuses, maigres, recroquevillées et couvertes de tâches de rouille. Un troisième décréta:« La vigne meurt parce que le terrain n’est pas bon. Tu n’as qu’à la brûler». «Mais pourquoi si c’est le même terrain que pour les autres et je lui donne les mêmes soins? Au début elle donnait une bonne récolte!» L’ami haussa les épaules et s’en alla. Un voyageur inconnu passa et s’arrêta pour observer l’agriculteur tristement appuyé contre le tronc de la pauvre vigne. «Qu’as-tu?» Lui demanda-t-il. «Un mort à la maison?» «Non, mais elle est en train de mourir cette vigne que j’aimais tant. Elle n’a plus de sève pour produire le fruit. Une année peu, la suivante moins, celle-ci rien. J’ai fait ce qu’on m’a dit, mais cela n’a servi à rien.» Le voyageur inconnu entra dans le champ et s’approcha de la vigne. Il toucha les feuilles, pris dans sa main une motte de terre, la sentit, la brisa entre ses doigts, leva son regard vers le tronc arbre qui soutenait la vigne. «Il faut enlever ce tronc. C’est lui qui stérilise la vigne». «Mais elle s’y appuie depuis des années!» «Réponds-moi homme: quand tu as mis cette vigne en place comment était-elle et comment était-il, lui?» «Oh! C’était un beau plant de vigne de trois ans, Je l’avais pris sur une autre de mes vignes et pour le mettre ici, j’avais fait un trou très profond pour ne pas blesser ses racines en l’enlevant de la terre où il avait poussé. Ici aussi, j’avais fait un trou pareil et même encore plus grand pour qu’il fût tout de suite à l’aise. Et, auparavant, j’avais biné toute la terre autour pour la rendre plus moelleuse pour les racines afin qu’elle puisse se répandre rapidement, sans difficulté. Je l’ai soigneusement arrangée, en mettant au fond du fumier consommé. Les racines, tu le sais, se fortifient quand elles trouvent tout de suite de la nourriture. Je me suis moins occupé de l’orme. C’était un arbre destiné seulement à soutenir le plant de vigne. Aussi je l’ai mis presque en surface près du plant. Je l’ai buté et suis parti. Tous les deux ont pris racine, parce que la terre est bonne. Mais la vigne croissait d’une année à l’autre, aimée, taillée, sarclée. L’orme, au contraire, végétait. Mais pour ce qu’il valait! … Puis il est devenu robuste. Tu vois maintenant comme il est beau! Quand je reviens au loin, je vois sa cime qui s’élève, haute comme une tour, et on dirait l’enseigne de mon petit royaume. Avant la vigne le recouvrait et l’on ne voyait pas sa frondaison. Mais maintenant regarde comme elle est belle là en haut, dans le soleil! Et quel tronc! Élancé, puissant. Il pouvait soutenir la vigne des années et des années, même si elle était devenue aussi puissante que celles prises sur le torrent de la grappe par les explorateurs d’Israël. Au contraire…» «Au contraire il l’a tuée. Il l’a étouffée. Tout en favorisant sa vie: le terrain, la situation, la lumière, les soins que tu lui as donnés. Mais celui-là l’a tuée. Il est devenu trop fort. Il a lié les racinées jusqu’à les étouffer, il a pris toute la sève du sol. Il lui a mis un bâillon pour l’empêcher de respirer, de profiter de la lumière. Coupe tout de suite cet arbre inutile et puissant, et ta vigne ressuscitera si, avec patience, tu creuses le sol pour mettre à nu les racines de l’orme et les couper pour être sûr qu’elles ne donnent pas de rejetons. Leurs dernières ramifications pourriront dans le sol et au lieu de donner la mort, elles donneront la vie parce qu’elles deviendront du fumier, digne châtiment de leur égoïsme. Le tronc, tu le brûleras et ainsi il te fera du profit. Il ne sert qu’au feu un arbre inutile et nuisible, et il faut l’enlever pour que tout ce qui est bon aille à l’arbre bon et utile. Aie foi en ce que je te dis et tu seras content.» « Mais qui es-tu? Dis –le-moi pour que je puisse avoir foi.» «Je suis le sage. Celui qui croit en Moi sera en sécurité» et il s’en alla. L’homme resta un peu hésitant. Puis il décida et mit la main à la scie. Il appela ses amis pour qu’ils l’aident. «Mais tu es sot?» «Tu vas perdre l’orme en plus de ta vigne.» «Moi je me contenterais de couper la cime pour donner de l’air à la vigne. Rien de plus.» « Il lui faudrait pourtant un tuteur. Tu fais un travail inutile». «Qui était ton conseiller! Peut-être, à ton insu, quelqu’un qui te hait». «Ou bien un fou» et ainsi de suite. «Je fais ce qu’il m’a dit, J’ai foi en cet homme» et il scia l’orme au ras du sol, et non content de cela, dans un large rayon il mit à nu les racines des deux arbres. Patiemment, il coupa celle de l’orme en prenant soin de ne pas abîmer celles de la vigne. Il reboucha le grand trou et mit à la vigne, restée sans tuteur, un solide pieu de fer portant le mot «Foi» écrit sur une tablette attachée en haut du pieu. Les autres s’en allèrent en secouant la tête. L’automne passa, et l’hiver. Le printemps arriva. Les sarments enroulés autour du tuteur garnirent de nombreux bourgeons d’abord fermés comme dans un étui de velours argenté, et puis entrouverts sur l’émeraude des petites feuilles naissantes, et puis ouvertes, et puis poussant à partir du tronc de nouveaux sarments robustes, tout un épanouissement de fleurettes, et puis une profusion de grains de raisin. Plus de grappes que de feuilles, et celles-ci larges, vertes, robustes avec des groupes de deux, trois grappes et plus encore et chaque grappe portait, serrés les uns contre les autres, des grains charnus, succulents, splendides. Je me retrouve dans cette parabole. Les années avec ma famille, mon travail en garderie familiale, les loisirs m’ont permis de grandir, de former des racines, un tronc solide de vigne. Cette famille, ce travail semblent être mon tuteur qui m’a donné une raison de vivre, qui avec les années semblait fondre au soleil. Je voulais me donner plus entièrement. Cette méthode d’enseignement par parabole laisse au lecteur différentes possibilités d’interprétation. Cette vigne pourrait être notre religion chrétienne. Ce tronc pourrait être nos évangiles qui sont passés au travers les siècles. La chrétienté s’est appuyée dessus durant tous ces siècles. Ils nous ont montré le chemin, maintenant n’étoufferaient-ils ses progrès? Pourquoi l’Église n’irait-elle pas voir cet évangile de Maria Voltorta? A-t-Elle si peu de foi qu’Elle n’a pas accordé l’imprimatur officiel? Auriez- vous chers lecteurs cette curiosité comme vous en avez eu pour le code Da Vinci et les aventures d’Harry Potter? Il vous réserve des surprises qui sont véridiques, données par Jésus lui-même. Qui fut ce sage qui m’a interpellée? Ce fut probablement la lecture d’un livre qui probablement me portera préjudice, mais je dois le nommer «La prophétie des Andes», le premier comme le deuxième. Ces livres m’ont permis de me découvrir, de me faire réaliser que c’est à moi, à moi seule à me réaliser malgré toutes les embûches que la vie peut nous apporter, de défier ses craintes, ses peurs et de foncer avec confiance. Ce sont des romans, donc de l’imaginaire mais avec de l’imagination beaucoup de choses sont réalisables si on y met de la patience, de la persévérance, de l’amour. Ils parlent aussi de coïncidences, celles-ci aussi m’indiquent le chemin. Cela peut-être le fruit du hasard ou si vous voulez un petit signe de votre ange gardien qui malgré tout doit bien nous faire signe à sa façon. Eh bien oui! Je crois aussi aux anges. Chaque personne en a un, car Dieu, ce Père Créateur du ciel et de la terre ne laisserait ses enfants seuls dans son univers sans un soutien protecteur. Ce charmant compagnon ne demande pas mieux que de nous aider, alors ne vous inquiétez pas, il semble muet, très discret mais utile. Il vous a amené au pied de la montagne. Alors vous pensiez entreprendre seul cette escalade? C’est impossible. Vous aurez toujours votre accompagnateur invisible sur les épaules. Faites-lui confiance, simplement, il vous guidera. Bref, suite à la lecture de ces livres, il semble que j’ai commencé à nettoyer ces racines qui m’étouffaient, ce n’est pas un reniement de ma famille, c’est un isolement pour m’épanouir, pour ne plus être dominée par l’amour donnant à un petit cercle fermé. N’oubliez pas ceci, j’aime ma famille, mon époux et mon travail qui tous, donnaient satisfaction à mon coté physique. Je me devais de trouver l’équilibre du coté spirituel, car lui aussi compte, il est primordial. Le coté physique ou matériel est provisoire tandis que le coté spirituel est éternel. Je devais le développer pour continuer mon cheminement de vie. Connaître sa compagne de voyage serait un atout de choix pour accrocher votre confiance. Alors l`huître que je suis vous ouvre son cœur. Mon père est né en Russie, disons le 11 février 1920. Il n`a pas de papier officiel. C`est la révolution. Agé de 10 jours, il est expédié en Belgique, sans connaître ses parents. Dans ce pays d`adoption, il grandit dans des orphelinats et une famille d`accueil. À l`âge de 18 ans, il décide de se convertir. Il se remet entre les mains de Dieu. Survient la deuxième guerre mondiale, l`amour entre dans sa vie. Papa et maman se retrouvent hospitalisés en même temps, le 8 décembre 1944. Ils se font la cour par l`intermédiaire d`un miroir. Ces échanges amoureux forment une union, le 28 décembre 1946, jour des Saints Innocents. La famille se forme avec des orages à l`horizon. Pour une plus grande paix d`esprit, un second exil pour papa est nécessaire. L e 8 décembre 1951, une petite famille embarque à bord d`un paquebot de la compagnie britannique Cunar Line: Monsieur Victor Boldireff, marié et père, Madame Thérèse Hélène Mack, mariée et mère ainsi que trois petits bouts de femme, Anne, trois ans et demi, Marie-Jeanne, deux ans et Françoise 13 mois. Le 25 décembre 1951, sur l`île de Montréal, tous les espoirs sont permis sur cette nouvelle terre d`adoption. Après la fête de Pâques 1954, lors d`une sortie familiale, je contracte une violente scarlatine qui semble sans espoir selon l`avis des médecins. Une nuit en dernier recours, papa demande à Katéri Tekathwika de me redonner la santé, en échange, je ferai toujours le bien. C`est seulement quand j`ai eu 40 ans que j`ai finalement pu obtenir tous ces détails. L a communication familiale n`était pas tellement ouverte. Quatre garçons, quatre filles formaient la famille Boldireff. Tout était égal de cette façon. L`enseignement catholique était roi et maître, strict disons très strict. Alors quand j`ai quitté la maison le 2 juin 1973, pour le mariage avec un vrai québécois, la religion semble avoir passée au second plan, un peu délaissée donnant un goût de liberté. Le couple et le travail sont nos priorités, enfin avoir ses sous à soi. Le 22 août 1975, voilà déjà un premier petit fruit de notre union. La construction de la maison familiale devient notre priorité. À la fin de cette même année 75, Georges, mon frère de 17 ans, vient nous demander une aide financière. Nous ne lui prêtons aucune attention significative. Le bébé et la maison sont prioritaires. Le 11 février 1976, jour de son anniversaire, Georges se suicide. Ce suicide ne m`a
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pas touché particulièrement, sur le coup, c`est plus tard qu`il est venu me chercher. Notre maison est terminée en septembre 1976. Fini le travail à l`hôpital, mon temps est consacrée exclusivement à la famille qui s`agrandit avec Stéphane en 77 et Sébastien en 78. Trois enfants, pas plus formeront notre famille. On ferme l`usine pour plus de certitude. Le travail ne manque pas avec trois moucherons, mais quand on a pris le goût d`être indépendant financièrement, l`orgueil en prend un coup. Alors je commence à garder des enfants à la maison. Durant une vingtaine d`année, gardienne en milieu familial fut mon boulot, en plus d`être maman et épouse. J`étais au petit oiseau. La vie est belle, argent, santé, bonheur, rien ne semblait me manquer. Les enfants grandissent, sans contrainte, surtout pas celle de la religion. Ils ont reçus les sacrements selon disons la coutume, baptême, eucharistie, pardon et confirmation mais la pratique proprement dites est à leur choix. C`est à eux que revient ce choix, ils doivent être autonome. Cela pourrait être difficile quand la maman est toujours là alors s`éclipser un peu, laisser le temps faire son oeuvre. Quand Sébastien eut 18 ans, ce fut le temps du départ. La Bolivie m`ouvre tout grand les bras. Tout au long de ce périple en Bolivie mes racines se sont découvertes, ont repris de la vigueur, de la confiance en soi résultant en un pouvoir d’écriture. Une écriture donnée en partage à des amis, tout comme vous, à un ami avec toute ma foi. Cette foi accompagnée d’un amour inconditionnel en Jésus et Marie. Je repars donc à la reconquête de cette Bolivie pour vous offrir des trésors de vie. J’ai vraiment suivi les instructions de Jésus pour ce périple, sans le savoir car c’est seulement à mon retour que j’ai finalement osé ouvrir mes yeux sur ces livres. J`ose unir les mains aux siennes: «Que nos mains rassemblent dans l`unité» Voltorta (livre 4, page 70) Écoutez: Un homme était allé par hasard dans un champ pour prendre du terreau et le porter dans son jardin. Voilà qu’en creusant avec fatigue la terre dure, il trouve sous une couche de terre un filon de métal précieux. Que fait alors cet homme? Il recouvre de terre sa découverte. Il n’hésite pas à travailler davantage encore, car la découverte en vaut la peine. Et puis, il rentre chez lui, rassemble toutes ses richesses en argent et en objets, et ses derniers il les vend pour avoir beaucoup d’argent. Puis il va trouver le propriétaire et lui dit:«Ton champ me plaît. Combien en veux-tu?» «Mais il n’est pas à vendre» dit l’autre. Mais l’homme offre une somme toujours plus forte, disproportionnée avec la valeur du champ et il finit par décider le propriétaire qui pense: Cet homme est fou! Mais puisqu’il l’est, j’en profite. Je prends la somme qu’il m’offre. Ce n’est pas de l’usure, puisque c’est lui qui veut me la donner. Avec elle je m’achèterai au moins trois autres champs, et plus beaux» et il vend convaincu d’avoir fait une affaire merveilleuse. Mais au contraire, c’est l’autre qui fait une bonne affaire, car il se prive d’objets qu’un voleur peut emporter ou que l’on peut perdre ou consommer, et il se procure un trésor qui, parce qu’il est vrai, naturel, est inépuisable. Cela vaut donc la peine qu’il sacrifie ce qu’il a pour cette acquisition, en restant pendant quelques temps avec la seule possession de ce champ, mais en réalité il possède toujours le trésor qui est caché. Vous, vous l’avez compris et vous faites comme l’homme de la parabole. Quittez les richesses éphémères pour posséder le Royaume des Cieux. Vous les vendez aux imbéciles de ce monde, les leur cédez, acceptez qu’on se moque de vous pour ce qui, aux yeux de monde, paraît une sotte manière d’agir. Agissez ainsi, toujours, et un jour votre Père qui est dans les cieux, avec joie vous donnera votre place dans le Royaume. Chapitre 28 Dieu, le Créateur, créa l’homme et la femme à son image pour peupler celle-ci. Il est donc notre modèle. Le couple ainsi formé ce multiple et fonde une famille. Le père devient le modèle pour sa progéniture. Je prends donc mon père pour modèle. Je suis ses traces, son exemple. Il avait une foi profonde en Jésus et Marie. Il Leur offrit ma vie, ma santé. Il parlait franchement de Dieu, de Jésus, de ses enseignements. Il était aussi un passionné de lecture. Tous ses livres pouvaient remplir plusieurs bibliothèques. Ces livres, je semblais les ignorer pendant que je restais tranquillement avec ma famille et mon travail dans ma maison. C’est comme si rien ne pouvait déranger ce petit cadre de vie bien tranquille. Leur découverte s’opéra lors de mon retour de Bolivie quand finalement, seule dans la maison, j’ai ouvert mon carcan personnel. La communication avec ma mère s’est ouverte plus spontanément. L’intérêt s’est accru pour ces livres accumulés dans sa maison. Je me fais un plaisir de rentrer dans une librairie, de bouquiner pour trouver des trésors. Quand une nouveauté paraît, je me contente quelques fois à certains achats, par curiosité. Les romans nous propulsent dans l’imaginaire, Ils peuvent nous ouvrir à certains questionnements. Est-ce que je suis heureuse dans ma vie? Que puis-je faire de plus pour rendre celle-ci plus enrichissante? Ces questionnements surgirent lors de la lecture de la prophétie des Andes. Je tiens à le nommer car c’est lui qui fut la bougie d’allumage pour cette Bolivie, cette impression, cet appel pour partir. Je voulais une vie plus trépidante. Je l’ai eu cette vie avec ses hauts et ses bas, avec ses joies et ses peines mais surtout avec une satisfaction du travail accomplit. Toutes mes actions se sont faites de façons spontanées suivant mes impulsions, suivant les coïncidences qui semblaient me montrer le chemin. Par la suite, sur le retour de mes actions, je réalise que certains événements qui se juxtaposent sont des signes évidents du bon chemin. Je vous parle de mon époux. Pour partir, j’ai du lui demander son autorisation écrite ce qu’il fit sans trop d’enthousiasme, me laisser partir malgré les réticences de certaines personnes. La lecture du cinquième évangile de Bernard- Marie m’a convaincu que j’étais sur la bonne voie. (page99) À peine avait-il achevé ces paroles que sa femme entra sans aucune aide, tout à fait guérie. Elle salua son mari et vint se prosterner aux pieds de Jésus en disant:« Seigneur, merci d’être venu sous notre toit et d’y avoir manifesté une nouvelle fois ta miséricorde. Tu m’as rendu la vie et comme je voudrais pouvoir t’en faire don à mon tour!» Jésus lui dit en souriant: Femme, si ton mari l’accepte, viens et joins-toi à nous pour travailler à la vigne de mon Père du ciel. Un point essentiel pour partir à l’aventure est la confiance. la confiance en soi-même. Laissez tous ces tuteurs, prenez celui qui est au fond de vous. Il saura vous guider par votre bonne volonté. La confiance en l’autre, à son prochain, a celui qui veut bien nous écouter. Cela au début fut un exercice assez difficile car s’ouvrir implique de montrer ses défauts, que j’avais besoin d’une autre personne. L’orgueil en a pris un coup mais cela a valu la peine, la sérénité a pris la place de l’anxiété me donnant plus de vigueur de certitude, car je me sentais pardonnée et comprise. Avoir confiance en ses intuitions qui peuvent être un signal de notre ange gardien, si nous faisons confiance Voltorta livre4 page 62 Dis-le à toi-même, ô! Maria, ma petite «voix», dis-le aux âmes. Va dis-le aux âmes qui n’osent pas venir à Moi parce qu’elles se sentent coupables. Il est beaucoup, beaucoup, beaucoup pardonné à qui aime beaucoup. A qui m’aime beaucoup! Vous ne savez pas, pauvres âmes, comme vous aime le Sauveur! Ne craignez rien de Moi. Venez. Avec confiance. Avec courage. Je vous ouvre mon Cœur et mes bras. Souvenez-vous-en toujours: Je ne fais pas de différence entre celui qui m’aime avec une pureté intacte et celui qui m’aime avec le sincère regret d’un cœur qui renaît à la Grâce.» Je suis le sauveur. Souvenez-vous-en toujours. Certains pourront commenter que je n’ai pas de formation pour parler de cette façon de l’Évangile, de Jésus car je n’ai pas suivi de cours, que je n’ai pas de diplôme, mais c`est simplement l’expérience de ma vie, c’est comme simple laïque, mère de famille et épouse que j’ose vous écrire, car maintenant l’Église a besoin plus que jamais de laïque pour parler de Foi. Pierre au début n’avait pas de diplôme, il avait seulement son vécu pour parler et Jésus donna l’initiative à Pierre de parler après un repas. En passant, saviez-vous que Pierre était marié, qu`il avait une épouse. Jésus lui confia les rennes pour partir son église. Voltorta (livre4, page 237-238) Je regardais donc en premier lieu la flamme, et il m’est venu cette pensée: Voilà: de quoi est faite la flamme? Du bois. Mais le bois par lui-même ne s’enflamme pas. Et même s’il n’est pas bien sec, il ne s’allume pas du tout car l’eau l’alourdit et empêche l’amadou de l’enflammer. Le bois quand il est mort, arrive à pourrir et à se réduire en poussière par l’action des vers mais, par lui-même, il ne s’allume pas. Et voilà que si quelqu’un l’arrange d’une manière convenable et en approche l’amadou et le briquet et surgir l’étincelle et favorise l’allumage en soufflant sur les brindilles pour faire grandir la flamme, car on commence toujours par les branches les plus fines, voilà que la flamme surgit et devient belle et utile et elle envahit tout, même les grosses bûches."» Et je me disais:«Nous sommes le bois. Par nous-même, nous ne nous allumons pas. Mais pourtant il faut prendre soin de ne pas trop nous laisser imprégner par les lourdes eaux de la chair et du sang pour permettre à l’amadou de nous allumer. Et nous devons désirer être brûler car, si nous restons inertes, nous pouvons être détruits par les intempéries et les vers, c’est-à-dire par l’humanité et le démon. Alors que, si nous nous abandonnons au feu de l’amour, il commencera par brûler les brindilles et les détruira – et pour moi ces brindilles, c’était les imperfections – et puis croîtra et attaquera les bûches les plus grosses, c’est-à-dire les passions les plus fortes. Et nous, le bois, chose matérielle, dure, opaque, grossière aussi, nous deviendrons cette belle chose, immatérielle, agile, qu’est la flamme et tout cela parce que nous nous sommes prêtés à l’amour qu’est le briquet et l’amadou qui, de notre être misérable d’hommes pécheurs font l’ange du temps futur, le citoyen du Royaume des Cieux. Cela a été ma première pensée.» Jésus a levé un peu la tête et reste à écouter, les yeux fermés, avec une ombre de sourire sur les lèvres. Les autres regardent Pierre, encore étonnés, mais ne sont plus effrayés. Lui continue tranquillement. «Une autre pensée m’est venue en regardant les animaux qui cuisaient. Ne dites pas que mes pensées sont puériles. Le Maître m’a dit de les chercher dans ce que je voyais…Et j’ai obéi. Je regardais donc les animaux et je me disais» Voilà, se sont deux être innocents et doux. Notre Écriture est pleine de douces allusions à l’agneau, à la fois pour rappeler Celui qui est le Messie promis et Sauveur depuis le moment où il fut représenté par l’agneau mosaïque, et pour dire que Dieu aura pitié de nous. C’est ce que disent les prophètes. Il vient rassembler ses brebis, secourir ceux qui sont blessés, porter ceux qui ont un membre fracturé. Quelle bonté!» Je me disais. «Comme il ne faut pas avoir peur d’un Dieu qui promet tant de pitié pour nous misérables! Mais» me disais-je encore» il faut être doux, doux au moins, puisque nous ne sommes pas innocents. Doux et désireux d’être consumés par l’amour, car même l’agneau le plus doux et le plus pur, que devient-il une fois tué, si la flamme ne le consume pas? Une charogne putride, alors si le feu l’enveloppe, il devient une nourriture saine et bénie.» Et je concluais:« En somme, tout le bien est fait par amour. Il nous dépouille des lourdeurs de l’humanité, nous rends brillants et utiles, nous rends bons pour les frères et agréables à Dieu. Il sublime nos bonnes qualités naturelles en les portant à une hauteur où elles prennent le nom de vertus surnaturelles. Et ce qui est vertueux est saint, qui est saint possède le ciel. Car ce qui ouvre les chemins de la perfection, ce n’est pas la science et ce n’est pas la peur, mais c’est l’amour. Lui, beaucoup plus que la crainte du châtiment, nous tient éloignés du mal par le désir de ne pas contrister le Seigneur. Il nous donne la compassion pour nos frères et de l’amour, parce qu’ils viennent de Dieu. L’amour est donc le salut et la sanctification.» Voilà ce que je pensais en regardant le rôti et en obéissant à mon Jésus. Et pardonnez-moi s’il n’y a que ces seules pensées. Mais à moi, elles m’ont fait du bien. Je vous les donne dans l’espoir qu’elles vous fassent du bien, à vous aussi.» Jésus ouvre les yeux. Il est radieux. Il allonge le bras et pose sa main sur l’épaule de Pierre »En vérité, tu as trouvé les paroles qu’il fallait. L’obéissance et l’amour te les ont fait trouver. L’humilité et le désir de donner des consolations aux frères feront d’elles tant d’étoiles dans la nuit de leur ciel. Que Dieu te Bénisse, Simon de Jonas!» Nous voilà donc parti, je vous emmène à la découverte de trésors fabuleux tel que patience, persévérance, confiance, douceur, prière, amour et le plus merveilleux le pardon. Vous avez votre boussole? Quand je suis partie la première fois, en y pensant bien, j’avais aussi ma boussole personnelle, un origami du nom d’électra qui se trouve dans le livre 1000 créations en papier et origami. C’était des carrés que je repliais une dizaine de fois chacun. Ces pliages représentent une personne. Chaque pliage s’emboîte dans un autre identique de façon à former une boule que je nomme, une boule de paix. Ce sont vraiment des boules de paix car en les confectionnant je m’adresse à Marie, cette reine de la paix, à tous les niveaux. Je m’adresse à Marie en récitant simplement des Aves mais en ajoutant ceci: Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, répandez l’effet de grâce de votre Flamme d’Amour sur toute l’humanité, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. Il me fut dit:« Tu ne dois pas toucher au Je vous Salue Marie.» La réponse à cette interdiction est simple, je vous donne l’explication sur La Flamme d’Amour en annexe 1. Je crois fortement en Marie, en ses apparitions ou messages qu’Elle veut bien nous dicter par l’intermédiaire d’âmes privilégiées. Pour obtenir la Paix dans le monde, si un petit rajout à nos Aves peut nous aider, alors pourquoi s’en passer. «Le jeu en vaux la chandelle!» Alors le 13 février 2003 quand la guerre sévissait en Irak, j’ai commencé des neuvaines pour la paix. L’idée m’est venue du livre Enquête sur l’existence des Anges Gardiens, il est écrit:«Si on invoque sous le vocable de Notre Dame du Rosaire en faisant trois neuvaines de Rosaire, on obtiendra tout ce que l’on désire, suivies de trois neuvaines de Rosaire en remerciement. Ces neuvaines se sont terminées le 8 avril. Le 9 avril Bagdad tomba. Quelle coïncidence! Pendant que je récitais mes rosaires, je fabriquais des boules de paix. Chaque boule représente une nation. Ces boules sont reliées entre elles pour former un chapelet qui est surmonté par une croix. La croix d’Amour ou croix de Dozulé qui compose le chapelet de la clé de la Paix. Le départ de la croix de Dozulé se fit par Madeleine Aumont, explication en annexe 2. J’ai rappelé à tous mes enfants ma prière quotidienne de Dozulé: JÉSUS de Nazareth a triomphé de la mort Son règne est éternel, Il vient vaincre le Monde et le temps Pitié mon Dieu, pour ceux qui te blasphèment, Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Pitié mon Dieu, pour le scandale de Monde, Délivre-les de l’esprit de Satan. Pitié mon Dieu, pour ceux qui Te fuient, Donne-leur le goût de la Sainte Eucharistie. Pitié mon Dieu, pour ceux qui viendront se repentir Au pied de la Croix Glorieuse, qu’ils y trouvent La Paix et la Joie en Dieu Notre Sauveur, Mais sauve-les, il est encore temps, Car le temps est proche et voici que Je viens. Amen, viens Seigneur JÉSUS! Je vous présente des trésors de la Bolivie, que mon parcours a bien voulu me dévoiler jusqu’à maintenant. Chapitre 29 Le premier trésor à découvrir, à polir, est la patience. La patience sur toutes les coutures: avec soi-même, avec les enfants, avec le temps, avec la vie, avec Dieu. La patience donne la main à la persévérance. L’une ne peut aller sans l’autre, elles sont indissociables. Toutes deux accompagnées de douceur avec les enfants font fondre les cœurs les plus endurcis, endurcis par les difficultés qui les ont amenés dans un orphelinat. Réchauffez ces cœurs avec l’amour, ils viendront manger dans votre main, vous accompagneront partout car, ils ne demandent qu’à être aimés. Hermann est né en 1981. Il est le plus âgé des enfants de l’orphelinat. Il a une légère déficience mentale, accompagné d’un trouble d’élocution ce qui occasionne un manque de communication. Il est encore avec nous, lors de mon arrivée en 1997, car il est toujours en deuxième année. Nous gardons les enfants jusqu’au niveau du secondaire. Ma première activité avec les enfants fut le dessin, car un dessin peut révéler bien des secrets cachés. C’est un des aspects que le travail en garderie m’a permis de découvrir. Cet Hermann nous présenta de très beaux dessins, c’est un artiste en herbe. Il a quand même 16 ans, une dextérité manuelle plus développée que ses copains qui sont à un stage du gribouillage. Il a donc un bon développement de ce coté. Je profite donc de cette occasion pour lui demander gentiment son aide pour les devoirs des plus jeunes, car dans une famille les plus âgés doivent prendre l’habitude d’aider au plus jeunes cela les rend responsables. Il travaille sur une supervision discrète pour bien observer son comportement et éviter certains inconvénients. Vers la fin d’une période d’étude, les enfants commencent à ressentir un peu de fatigue. Ils écoutent moins, c’est alors que Hermann veut employer la manière forte. La méthode de Don Bosco demande la douceur et la patience. Mais Hermann a toujours appris avec la méthode dure. Nous devons donc annuler cet aide qui aurait bien été bien salutaire pour chacun. Nous devons même l’envoyer coucher à l’extérieur du hogar avec Mama Nellie celle qui était responsable du hogar avant notre venue, mais il continue de venir avec nous durant la journée. Les fins de semaine il les passe chez Mama Nellie, quand nous le rencontrons sur la rue, il n’ose pas nous parler. Il fait même des détours quand cela lui est possible où il longe les murs sans nous regarder. Lors de mon deuxième séjour, une journée où Mama Nellie n’était pas à sa résidence, j’accroche doucement Hermann pour lui demander le prêt d’une pelle. Il acquiesce gentiment à ma demande, avec un sourire. J’en profite pour lui demander de me montrer sa chambre. Il se dirige vers l’enclos des cochons, des porcs. «Non, je voudrai juste voir ta chambre! Pas les cochons!» Il me fait signe de le suivre. Près de l’enclos de ces bêtes nauséabondes, une petite porte s’ouvre sur une pièce minuscule, avec un lit, sans fenêtre. «C’est ta chambre! Mais il y a tant d’autres pièces, ici!» Nous repartons sans oublier la pelle dont il est bien fier de me prêter. Il veut même faire le petit travail de jardinage que je comptai faire. Il me fait penser au renard dans le petit prince de St- Exupéry, son regard semble dire apprivoise-moi! Cela va prendre du temps et de la patience. Le temps de trois années pour qu’il m’ouvre son cœur, ses mains, son sourire spontané. L’apprivoisement se fit durant les messes quotidiennes de ces années. Lors de l’échange de la Paix, après Le Notre Père nous devons nous donner la main. Au début Hermann était toujours très loin dans l’église, avec le temps ce petit renard se rapprochait mais ne donnait pas la main, il se cachait pour nous éviter. Ce fut pour moi, comme un jeu, je le cherchais, lui adressais un sourire. Je m’approchais de son banc au cours des jours et des semaines. Une journée, je suis allée le rejoindre pour lui offrir cette main de la Paix. Cela fut radical. Les journées suivantes, il s’avançait toujours plus pour arriver finalement au premier banc, et même il se faisait un plaisir d’allumer les cierges pour la messe. Quand il fut en avant, je lui fis signe de la main de venir me rejoindre pour la poignée de main, ce qu’il fit timidement au début. Par la suite, les participants à la messe lui donnaient la main comme à toute autre personne. Il me fit une merveilleuse surprise quelques jours avant mon départ précipité en juin 2001. Il voulait une photo de nous deux a l’avant de l’église ce que je fis avec grand plaisir, c’est le plus merveilleux souvenir de cette épopée en Bolivie. Maintenant Hermann se promène dans Vallegrande la tête plus haute. Il ne longe plus les murs. Il salue les passants d’un merveilleux sourire. À ma dernière messe à Vallegrande, je lui ai donné un chapelet lui disant mon départ, qu’il demande à Marie de l’accompagner à chaque jour. Son visage s’est rougi timidement, ses yeux se sont illuminés et une grosse embrassade spontanée fut un remerciement sans égal. Il fut l’un des premiers à s’intéresser aux boules de Paix, ce petit bricolage de 30 petits carrés de papier qui s’emboîtent les uns aux autres pour former une boule. Ces boules qui furent ma carte de visite pour les différentes personnes que j’ai pu rencontrées que se soit à Santa Cruz, à Vallegrande ou à Cuchabamba. Elles furent essentielles à ma concentration ainsi qu’à mes méditations, car des Aves accompagnaient leurs fabrications. Les jeunes filles de Santa Cruz furent emballées de fabriquer celles-ci pour Noël, tout comme les jeunes du Hogar. Ces boules furent mon appât pour attirer ces jeunes dans ma chambre, pour les connaître avec douceur et patience. Elles furent utiles pour montrer à ces jeunes qu’avec de la patience et de la persévérance, eux aussi pouvaient arriver à de bons résultats. Elles furent aussi mes cadeaux de remerciements à maintes reprises au cours de ces 4 années. Elles sont celles qui forment les grains de mon chapelet de la Paix ou de la clé de la Paix comme je l’appelle. Elles servaient aussi de système d’émulation pour les plus jeunes. Ceux-ci pouvaient ajouter différents confettis sur sa boule respective quand ses devoirs furent terminés. Le premier avait toujours la priorité sur le choix des confettis et du nombre. Elles furent les premières décorations pour le premier Noël en 97. Chaque enfant avait confectionné sa boule. Il pouvait l’amener dans sa famille pour le congé annuel. Les enfants étaient bien fiers de pouvoir apporter avec eux un petit cadeau qu’ils avaient confectionné. Chacun reconnaissait sa boule parmi les dizaines de boules suspendues au plafond du hogar. Elles étaient un signe pacifique et visible pour entreprendre ou conclure des négociations délicates, un symbole de gratitude pour différents services rendus soit au poste de radio local ou à différents commerces. Elles étaient un gage d’amitié que j’avais plaisir à donner lors de mes départs ainsi je partais en toute tranquillité, en paix avec ceux que j’ai pu connaître et lier certaines amitiés. Une belle boule fut donnée à l’évêque responsable aux changements de direction des hogars le 25 septembre 1997. Les négociations étaient très laborieuses, traînant en longueur. Une boule de paix, dans ma tête, pouvait servir de catalyseur. Cet évêque quand il nous a vu à Postervalle dit:«Qu’est ce qui pousse les canadiens a entreprendre un trajet aussi périlleux pour me parler?» «Les enfants ont besoin de notre présence au hogar, et cela dans les plus brefs délais car les argents que nous dépensons pour les frais d’hôtel sont des argents qui sont ainsi enlevés aux enfants.» La discussion dura une petite heure. À notre départ, j’offre à l’évêque cette boule de paix en lui disant: «Je vous offre une boule de paix en signe d’amitié. Nous voulons seulement le bien des enfants.» Dans la voiture, sur le chemin du retour, le directeur se retourne: «Je crois que ta boule de paix est la lumière sur un cierge!» «Je l’espère bien!» Le chemin du retour fut encore plus périlleux puisque la nuit était tombée. Je pourrai vous la décrire, mais Maria Voltorta a la description parfaite dans le livre 2 page 238. Le même point de la montagne. Seulement, maintenant, c’est la nuit. Une nuit toute étoilée. Une beauté du ciel nocturne, comme je crois on ne peut jouir que dans ces pays déjà tropicaux. Étoiles d’une grandeur et d’un brillant merveilleux. Les grandes constellations semblent des grappes de brillants, de clairs topazes, de pâles saphirs, de douces opales, de tendres rubis. Elles tremblent, s’allument, s’éteignent, comme les regards quand les paupières les voilent un instant, et reprennent un éclat plus merveilleux. De temps à autre, une étoile filante trace dans le ciel une ligne de feu et disparaît vers on ne sait quel horizon. Un trait lumineux qui paraît le cri de joie d’une étoile charmée de voler ainsi dans ces prairies illimitées Il n’y avait pas seulement le ciel qui était illuminé. Toute la nature l’était car des milliards de lucioles s’étaient données rendez-vous pour nous saluer. C’était plus beau que Noël car c’était au naturel. Le naturel dans toute sa splendeur, dans toute sa simplicité. L’escalade de notre montagne peut être périlleuse si nous manquons de confiance mutuelle. Pour éviter de tomber, une corde pourrait être bien utile. Cette corde est le fruit de la confiance mutuelle et de la foi. Acceptez-vous d’être encordé par cette corde de confiance pour continuer l’escalade? Si oui, vous accumulez déjà une partie du trésor. Celle qui sera chef de cordée est Marie, la Reine de la Paix. Acceptez-vous ce Cœur Immaculé que nous a donné Jésus? Alors que nos cœurs battent le même rythme! Chapitre 30 À chaque retour de Bolivie, le questionnement était souvent le même:«Quel était ton travail avec les enfants? » La réponse la plus simple est celle-ci: tout travail qu’une mère de famille peut faire soit éducatrice, monitrice de jeux, infirmière au besoin, boulangère, cordonnière et bien plus, vous savez tous très bien ce qu’une maman peut faire, la différence c’est que la famille dans un orphelinat est un petit peu plus grande donc un peu plus de travail. Le travail sera donc le deuxième trésor à découvrir. Au cours des années, la distribution du travail s’est améliorée. Des différents bénévoles venaient contribuer au partage des tâches, soit pour: l’éducation, la maintenance des habitations, la couture, l’infirmerie, l’animation pour les temps libres et les jours de congé, la production agricole et d’œuf ainsi que des poulets. Les bénévoles viennent du Canada, des États- Unis, de la Pologne et de l’Allemagne. Ils sont présents pour des séjours de trois mois à deux ans, selon leur disponibilité. Il y a le travail d’administration qui se rajoute quand on est la charge de directrice par intérim. Tout ce travail doit se faire dans la bonne entente pour avoir une bonne atmosphère de vie. La complexité des différents intervenants soit au point de vue des différents bénévoles de toute nationalité, soit des employés et moniteurs ou encargado ont amené certaines frictions que je préfère oublier pour ne garder aucune rancune envers qui que ce soit, chacun doit être là pour les enfants en priorité pour leur apporter un bien-être qui était bien dérisoire, un bien-être matériel et affectif. Ce que je retiens de cette aventure, c’est la complexité des travaux que j’ai entrepris. Le modèle pour tous ces travaux fut ma mère. Elle a su avec ses enfants nous inculquer une méthode de travail rapide et efficace en tout point, sans perte de temps et d’énergie, sans perte de ressources matérielles sachant utiliser tout ce que passe entre nos mains. Cette façon de travailler, j’ai essayé de la partager avec tous les enfants du hogar quel que soit le groupe d’âge. Nous ne sommes pas avec ces enfants pour faire leur travail, il faut qu’ils apprennent à travailler même s’ils sont petits. Le travail que je vous parle est le travail du quotidien. Je reviens à la méthode de Don Bosco qui demande à l’enfant de fournir un effort, pour le confort que nous lui apportons. Ce confort est le gîte et couvert. Nous demandons simplement que chaque jeune fasse son lit le matin, qu’il soit responsable de ses effets personnels sans les gaspiller et contribuer au maintien de l’ordre dans l’ensemble du hogar. J’emploie le mot hogar car c’est ainsi qu’est désigné un orphelinat en Bolivie. À l’arrivée de nouveaux bénévoles où lors d’un changement de personnel l’enfant se trouve confronté à un remaniement de sa façon de travailler. Plus il y a de changement, plus ce petit se sent quelques fois perdu. Il devient plus nerveux, turbulent et indiscipliné car il veut tester ce nouvel arrivant, lui imposer ses règles de conduite. La patience doit se joindre au travail pour que chacun trouve ses limites dans le respect de chacun. Les différents travaux sont distribués selon l`âge de l’enfant, pour maintenir l’ordre. Il y a des corvées qui sont assignées pour groupe d’âge, les petits, les moyens et les grands. Voyons! Un exemple pour chaque groupe: pour les petits (5à 7ans), être responsable de son lit, de son casier, de ses effets scolaires semble être suffisant car un enfant qui déroge à ses responsabilités obtient des sanctions qui sont généralement des travaux ménagers tels que le balayage de la chambre ou de différents endroits de l’habitation, aide aux cuisines pour l’épluchage des légumes. De petits travaux que chaque enfant peut faire dans une famille pour le maintien de l’ordre. Chaque groupe est responsable de sa vaisselle après chaque repas. C’est à l’encargado, le responsable de chaque groupe, d’assigner l’exécution de ce travail. Pour le groupe des moyens (8 à 10ans) le nettoyage des lavabos et des toilettes, la vidange des poubelles, le nettoyage des planchers, sans oublier qu’il doit garder sa chambre, ses effets personnels et scolaires à l’ordre tout comme les petits et les grands. Pour les grands (11à 14 ans) Le service aux tables, la responsabilité des ordures hebdomadaires, l’aide pour le marché dominical, apprenti- cordonnier, apprenti- cultivateur, apprenti pour les poulaillers et les œufs. Les différentes corvées doivent être exécutées aux temps spécifiques à chacun, soit avant le déjeuner, avant le départ pour les cours le l’après- midi ou avant les activités spéciales de fin de semaine. C’est agréable de voir travailler ces petits mousses. Dès ses premiers jours au hogar, l’enfant reçoit les consignes précises sur les règles de vie avec ses copains. Cela est difficile au début, mais avec l’aide de chacun, tout rentre dans une routine sécurisante. Chacun apprend ainsi la responsabilité envers lui-même et envers les autres. Il l’apprend que cela lui plaise ou non. Il n’a pas le choix. C’est une règle au hogar, chacun doit faire sa part sinon il est puni. Les punitions font parties aussi des trésors à découvrir, attention, aucune punition n’est physique, cela est très différent pour ces enfants. La majorité a subi des violences physiques qui engendrent une méfiance certaine envers l’adulte. Il faut agir avec une telle douceur dans certain cas, avec une main de velours mais une volonté de fer pour ne pas se faire emberlificoter par le joli minois de certain. Ces punitions sont attribuables aux cas d’indiscipline, de violence envers les copains et d’impolitesse à tous points de vue. Les cas d’indiscipline sont fréquents, se sont des garçons, pas toujours des anges. Le balayage est souvent utilisé car les habitations sont à l’aire libre, la rue principale est en terre, ce qui occasionne beaucoup de poussière. Nous tenons à vivre dans des lieux propres ce qui est exigeant pour de jeunes garçons turbulents. Ne penser pas que les punitions sont toujours exécutées prestement. Certaines fois oui, quand l’enfant veut aller jouer au soccer avec ses copains, mais il y a des fois où l’enfant ne veut absolument rien faire. C’est le combat du plus fort, du plus obstiné. Cela arrive à
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chaque fois qu’un nouvel adulte se présente. Je crois bien que cela doive être une règle secrète entre les enfants, car chacun veut tester ce nouvel arrivant, sa volonté et sa façon de réagir. La patience et la douceur comme je l’ai déjà cité viennent à bout des plus récalcitrants. Nous voici à l’heure du coucher dans le dortoir des plus jeunes. C’est mon dortoir souvent assigné car j’ai la responsabilité de ceux-ci dans les temps libres. Les enfants sont super excités. Chacun est étendu sur son lit. Il y a une trentaine de lits superposés. Le calme doit se faire. Il y a un jeune qui fait un bruit ce qui occasionne la risée de toute la chambrée. Ce manège dure un bon quart d’heure. J’arrive à finalement trouver les deux escogriffes qui s’amusent à mes dépends. Voilà Jorge et Nelson, ils sont pris en flagrants délits d’indiscipline. Comment croyez-vous qu’ils ont été punis? « Eh bien voilà! Jorge et Nelson puisse que vous tenez à rire, sans écouter, vous allez travailler à la cuisine demain matin, après vos devoirs pendant votre période libre, c’est bien entendu!» Le lendemain matin, ces deux moineaux sont amenés aux cuisines. «Voici deux enfants, je vous les confie pour une heure. Faites-les travailler! Tenez à l’épluchage des oignons! Nous verrons bien s’ils auront le cœur à rire après cela.» Je vais les voir au bout d’une demi-heure. Comment croyez-vous que j’ai trouvé mes moineaux? Les yeux tout rougis, en larme: «Nous allons écouter la prochaine fois!» «C’est très bien, mais il vous reste encore une demi-heure de travail!» «Mais il y a assez d’oignons d’épluchés» de dire la cuisinière, alors le travail est terminé. Chaque fois que ces deux garnements essaient de faire les bouffons au coucher, je passe simplement près de leur lit, leur glissant doucement à l’oreille: «Tu veux retourner aux oignons?» Cela est ma méthode pour ces deux là. À chaque enfant, un travail différant peut-être assigné. Tout dépendant de la gravité du problème. Nous pourrions dire:«Tu seras privé de collation ou de nourriture!» Non, nous ne touchons pas à la nourriture. C’est un point primordial. L’enfant doit être conscient qu’il aura toujours sa nourriture, qu’il ne sera plus violenté. Il sera corrigé simplement par de petits travaux. Cela nous occasionnera souvent des casse-tête d’ingéniosité, mettant ainsi du piquant dans la vie quotidienne. Les travaux à la cuisine sont mes lieux de prédilections à différents niveaux. C’est en travaillant simplement avec les enfants que l’on obtient souvent les meilleurs résultats. En voici un exemple. Lors des devoirs, le matin, un groupe d’une dizaine d’enfants était sous ma responsabilité puisque j’étais le professeur assigné pour un certain temps, aux enfants de première année. C’est un groupe super! Il y a souvent des imprévues, ces enfants sont magiques. Nous sommes aussi au temps de cueillette des petits pois ce qui occasionne un travail supplémentaire à la cuisine. Mes enfants ayant terminé leurs devoirs avant la fin de la période d’étude vont tout simplement nous donner un coup de main pour ces petits pois. Il ne faut surtout pas dire:«Viens travailler à la cuisine!» à un groupe, de cette façon, c’est certain qu’il y aurait des récriminations. Il faut savoir employer quelques stratagèmes, comme celui-ci. «Alors les amis, vos devoirs sont terminés. J’aimerai maintenant savoir lequel de vous sait compter parfaitement jusqu’à dix!» «C’est moi» «Non, C’est moi» «C’est très bien! Je ne veux pas de chicane! Suivez-moi, je vais bien voir qui a raison!» Nous voici près des cuisines ou un beau sac de pois à écosser qui nous attend. «Voilà les amis! Chacun va écosser des pois et me dire combien il a de pois dans sa cosse! C’est bien compris! Voilà chacun a son bol! Les cosses vont à la poubelle, pas par terre, sinon il faudrait balayer et je crois que vous n’aimez pas cela! Il y a des questions? Alors au travail!» Le travail commence avec entrain. Chacun compte ses pois et recommence le manège. Ils discutent tout en écossant. «Je vais plus vite que toi!» «Je faisais cela avec ma mère quand j’étais à la maison. J’ai l’habitude!» de dire un autre. En enfilant des pois dans sa bouche. «Eh! Les pois sont pour le souper, si vous les manger maintenant les amis vont en manquer!» Je les laisse quelques minutes seuls, à mon retour j’aperçois quelques petits points verts sur le plancher. Je regarde le groupe qui baisse la tête, en silence. «Bon! Je crois que cela suffit! Chacun sait compter! Vous pouvez aller jouer au soccer! Un gros merci pour votre aide!» C’est avec joie qu’ils courent au terrain de jeu. Plus d’une fois, j’ai fait appel à ces petites mains, quand elles sont plusieurs, les pois sont vite écossés, il suffit de tout présenter sous forme de jeux. C’est de cette façon que l’esprit de famille et d’entraide se garde et doit se propager, chaque membre, petit ou grand a toujours la possibilité d’aider sans maugréer. Plusieurs fois par la suite je demandais, après la messe dominicale, à ces petits doigts de fée de bien vouloir nous aider dans le nettoyage de différents légumes fraîchement achetés, au marché, le matin même, la réponse était souvent positive. C’est vrai que le travail s’accomplissait près des cuisines ou, chaque dimanche, des patates frites étaient au menu. Ceux qui osaient demander une frite en recevaient quelques fois, à chacun sa chance. Des travaux de nettoyage sont souvent réservés pour les cas d’inconduites tel que l’impolitesse ou la violence envers un copain. Chacun a le droit au respect le copain comme tout adulte qui côtoie l’enfant. Nous veillons à ne laisser passer aucun cas de transgression. Un jeune qui est pris en fragrant délie est aussitôt sanctionné pour qu’il réalise clairement la gravité de son geste. C’est à ces moments que nous rencontrons le plus de difficultés à la réalisation des punitions. Si une punition tombe avant le repas, je m’excuse mais le jeune doit réaliser sa punition avant le repas et vite s’il veut que sa nourriture soit encore chaude, car son plat lui est gardé cela il le sait, il l’a compris en voyant avec les autres. Ah! Oui, j’oubliais l’essentiel, avant d’entreprendre sa punition, un jeune doit toujours s’excuser auprès de la personne offensée et lui tendre la main. Ouf! Pour plusieurs, je crois que c’est cela le plus difficile. Même un enfant est orgueilleux, il faut lui apprendre à bien se tenir coûte que coûte. Il y a aussi les travaux de groupe que ce soit pour une corvée ou pour une punition. En groupe le travail se fait toujours mieux. C’est dans les cas d’urgence que l’on fait appel à un groupe entier. Pour se dépanner, pour une cueillette de tomates pour le marché, pour ramasser des bouses de vaches dans la montagne, pour trier quelques quintaux de fèves séchées pour le marché, pour le repiquage de quelques milliers de plants de fraise. Lors de mon deuxième séjour, après ce fameux verglas de1998, dans le jardin, derrière les cuisines, un bon monticule s’était élevé. «Qu’est-ce que c’est que cela?» «C’est le fumier pour engraisser le jardin!» «D’où vient-il!» «De la montagne! Durant ton absence, les fins de semaines les enfants allaient en promenade, à la montagne. Chacun avait trois sacs de plastic. Deux servaient de gant et le troisième était pour les bouses que les enfants ramassaient. Ce petit manège a été fait à quatre reprises» Vous pouvez peut-être vous imaginer la hauteur du monticule ainsi que sa largeur. Cela était nécessaire car, par la suite le jardin a produit au centuple, avec tous les soins donnés par le jardinier. Le jardin aussi sert comme lieu de punition. Voici le cas de Yon, celui-là nous en a fait voir de toutes les couleurs. C’est un jeune très perspicace. Ce fut le premier a prendre une douche forcée avec notre directeur. Il était le plus jeune des enfants. Il vient de la campagne qui était sans électricité, sans eau chaude. Chaque jour, les enfants doivent prendre une douche. Ce petit bonhomme prend panique de la douche. Il ne veut absolument pas se laver. Le directeur prend le grand moyen, il va avec lui sous la douche tout habillé. Donc c’est une pierre deux coups, le directeur et l’enfant ont droit à la douche. Ce n’est pas un cas isolé, à chaque nouvel arrivant surtout avec plus petits, les bénévoles se voyaient ainsi résolus à prendre une douche tout habillés pour bien montrer à ces jeunes un des bénéfices de la technologie qu’est l’électricité, l’eau chaude. Nous revoici donc de nouveau avec ce Yon. Il est maintenant en deuxième année. Il a décidé un beau matin que ses devoirs, il ne les fera pas. Le travail premier de tout jeune est son travail scolaire que cela lui plaise ou non. Mais notre petit bonhomme a quand même une tête particulièrement dure, il est obstiné, tellement que nous semblons lâcher prise, mais il va devoir travailler. Un travail scolaire ou un travail dans le jardin! Choisi! Il choisit le jardin. C’est un avant-midi particulièrement chaud. Nous confions donc notre énergumène au jardinier, lui spécifiant que Yon doit bien travailler car il ne veut pas faire ses devoirs. Notre jardinier s’informe une dernière fois auprès de son jeune travailleur de ses réelles intentions. «Oui! Je veux travailler dans le jardin!» Eh bien soit! Au travail! L’avant-midi se passe sous un soleil de plomb. L’heure du repas sonne. Tous les enfants sont en rang attendant le signal pour se diriger vers leurs tables respectives. Devant tous les enfants, nous interrogeons Yon sur son travail de l’avant-midi. «Alors Yon! Tu as bien travaillé? Es-tu fatigué? Que préfères-tu l’école ou le jardin?» «Oui, j’ai bien travaillé. J’ai mal au bras. Je préfère l’école c’est moins chaud!» «Alors, tu vas faire tes devoirs?» «Oui!» «Dépêches-toi de manger, tu as assez de temps pour terminer tes devoirs avant l’école!» Notre petit bonhomme a fait ses devoirs d’une façon impeccable, sans rouspéter et dans les temps. Maintenant quand il fait la tête, nous lui demandons simplement s’il veut aller nous aider dans le jardin, que croyez-vous qu’il réponde? Non, car lui, n’aime pas cela, mais il y a certains jeunes qui voudraient réellement travailler dans le jardin, alors nous avons commencé à organiser de petits groupes de jardiniers, tout comme de petits groupes d’apprentis cordonniers. C’était super quant au bout de trois ans, nous pouvions compter sur notre propre cordonnier qui recevait ainsi quelques pièces pour son travail accomplit. Le travail de groupe n’est pas exclusif aux enfants. Nous devons faire appel à toutes les mains disponibles quand cela devient une nécessité. Au mois de mai 2001, nous voulions partir une fraisière sur le terrain à San Antonio, terrain qui compte deux poulaillers, un de 500 pondeuses et l’autre de 500 poulets pour la consommation. Ce projet à San Antonio est place sous le nom de Mama Marguarita, en l’honneur de la mère de Saint Don Bosco. Des adolescents du secondaire sont responsables des différents travaux agricoles, de l’entretien des poules et poulets, le tout sous la supervision de Juan, un superviseur, employé qui a la charge exclusive des poulaillers. Ils ont ainsi un salaire qui leur permet de tenir un budget pour leurs dépenses personnelles. Pour partir cette fraisière, nous devons repiquer quelques milliers de plans. Nous avons bien trois employés à temps plein pour la majeure partie des travaux agricoles mais cela se ne suffit pas, nous pourrions engager du personnel supplémentaire pour nous sortir de ce pétrin, mais nos états financiers ne le permettent pas. Il y a justement un groupe d’une dizaine de bénévoles qui sont présents au hogar pour une période de trois mois. Ces bénévoles sont disponibles pour nous aider. Le partage de leur temps se fera entre les enfants et ce petit travail à la fraisière, cela nous permet, en l’espace de trois semaines de venir à bout de ces plans, sans donner du travail supplémentaire à nos jeunes adolescents qui vont à l’école le soir. Le travail agricole à la grange Mama Marguarita a permis la culture de fèves. Celles-ci sont récoltées et séchées, elles sont prêtes pour la vente au marché, mais demandent à être triées pour être parfaites et être vendues au meilleur prix. Nous devons accomplir ce travail en même temps que celui à la fraisière. C’est le triage de dix quintaux de fèves. Voilà un cas parfait pour demander l’aide de nos enfants. Les temps libres seront voués au triage de ces fèves, donnant ainsi aux jeunes des points supplémentaires pour les vacances d’hiver. Ces vacances sont au mois de juin. N’oubliez que la Bolivie est dans l’hémisphère sud, donc les saisons sont contraires aux nôtres. Après les heures de classe et les samedis, le groupe des moyens participe au triage. Lors de cette corvée, le ballon de soccer est employé comme stimulateur principal, autant de travail autant de jeu. Le tout a été fait dans les temps. Nous avons pu vendre nos fèves au bon moment quand le prix était au plus haut. Vous pourriez peut-être penser que nous abusons des enfants pour le travail. Je ne pense pas, car en Bolivie les enfants sont vite habitués au travail, c’est une question de survie. Le hogar est leur lieu pour dormir et manger, il ne faut pas les maintenir dans de l’ouate, dans un confort disproportionné sinon quand ces petits qui grandissent seront des hommes, comment trouveront-ils la vie à l’extérieur? Nous leur donnons affection et tendresse autant que cela nous est possible, c’est cela l’essentiel. La sécurité du gîte et du couvert, la sécurité de l’amour ainsi que des soins appropriés au bien-être, mais il ne faut pas oublier la réalité de la vie à l’extérieur du hogar. Quand les enfants doivent aller au secondaire, nous les plaçons, quand cela est possible dans des hogar à Santa Cruz, car nous manquons de place pour les plus jeunes. Ces jeunes ont ainsi l’opportunité de connaître une autre ville avec une population plus dense. Ces enfants ont de la difficulté à nous quitter, c’est pour cela qu’ils viennent chez nous pendant leurs vacances saisonnières quand les plus jeunes sont avec leur famille. Il y a un règlement pour les résidents des hogar de Santa Cruz, qui stipule qu’un adolescent qui a encore de la famille doit passer du temps de vacance avec sa famille pour ne pas ainsi perdre ses racines. Ces jeunes se rappellent très bien comment ils étaient bien avec nous. À chaque vacance ils essaient de venir chez nous. Nous les acceptons avec grand plaisir, mais ils doivent absolument passer par leur famille, ce qui n’est pas toujours rose pour eux, se retrouver dans une maison sans électricité et sans eau courante pour la plupart. Mais cela faisait partie de leur vie et sera leur vie quand ils seront adultes. Ils auront de l’instruction, se sera à eux de faire tourner leur roue de la vie, à l’améliorer où à la garder tel quel. Nous sommes là pour les aider à prendre un départ plus assuré, s’il veut bien y mettre du sien. Durant leur présence parmi nous, les règles ne changent pas. Ils doivent fournir une partie de travail pour leur gîte et le couvert. Ils sont plus âgés, plus fort, ils sont de vrais hommes maintenant. Des travaux d’hommes leur sont confiés tel que la peinture des murs, l’aménagement des locaux et aussi le défrichage de certains terrains. Je vous parle ici, du terrain à Guadalupe. Il se trouve à une trentaine de minutes, à pied de Vallegrande. Il a une superficie 200 pieds de large par 400 pieds de profondeur. C’était la résidence d’un bolivien, José, que j’ai dépanné par l’achat de terrain. Pendant les années1998 à 2001, les différentes transactions sur ce terrain ont fait que celui-ci est la propriété du hogar. Il y a une propriété assez vétuste avec l’électricité, l’eau courante, un terrain de jeu et à l’arrière un terrain en friche avec des pêchers. Le tout est à l’abandon, suite à un incendie. Le terrain peut-être bien utile mais a besoin d’un bon nettoyage. Je charge donc un encargado avec une dizaine d’adolescents du défrichage de ce terrain. Ma présence est requise ou hogar. José vient me communiquer l’état des travaux par ce groupe. Il aurait pensé que les travaux seraient plus rapides. De la façon que les jeunes travaillent, le tout ne sera pas terminé dans les temps accordés soit une semaine. Un bon matin j’accompagne ces jeunes leur expliquant clairement que nous avons besoin de leurs bras qui sont un trésor pour nous car ils sont plus forts. Nous voulons réserver la surprise d’un terrain bien nettoyé pour la venue prochaine de notre directeur. C’est pour moi, un trésor que ces grands mais eux aussi doivent réaliser qu’ils peuvent nous aider et persévérer dans leurs efforts même s’ils sont un peu fatigués. Je prends donc la faucille et à genoux, je leur montre comment travailler en répartissant à chacun un travail précis. L’encargado a lui aussi sa charge de responsabilité, il doit travailler autant que les enfants, diriger ceux-ci de la bonne façon. Il y a une heure de travail constant à faire, s’ils veulent jouer au ballon. Ces Enfants sont comme de l’or à l’état brut. Il faut les faire travailler pour qu’ils se découvrent. Ils veulent bien nous aider, ils sont bien enthousiastes. Ils sont contents d’être parmi nous. Voltorta Livre 4 page 172 Mais l’or découvert, pour être beau et au point voulu pour servir à l’orfèvre, doit à son tour persévérer dans la volonté de se faire travailler. Si l’or, après le premier travail de découverte, ne voulait pas souffrir de peines, il resterait brut et on ne pourrait le travailler. Vous voyez donc que le premier enthousiasme ne suffit pas pour réussir, ni comme apôtre, ni comme disciple, ni comme fidèle. Il faut persévérer. Je suis donc restée à travailler tout l’avant-midi avec eux, maniant la faucille et la houe. Les enfants sont estomaqués par ma façon de travailler. «Elle travaille comme un homme!» Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le défrichage, c’était pour moi aussi, durant mes années d’adolescences, l’occasion d’aider ma famille pour notre chalet. Les feux de broussailles, la faucille et la houe occupaient plusieurs journées entre la garde de mes frères et la préparation des repas. C’est encore à ma mère que je dois cette corde à mon arc. Cette corde est bien tendue, elle a servi au bon moment. Le travail c’est terminé dans les temps, les enfants sont contents car maintenant nous avons un endroit bien à nous qui va servir pour des excursions et pour la culture des pommes de terre. Le temps est très pluvieux. Le mur adjacent du bureau au hogar à un voisin semble toujours humide. La peinture fraîchement appliquée sur celui-ci laisse des tâches inquiétantes. Après vérification auprès de notre voisin, un homme âgé de soixante- dix ans, le problème est celui-ci : Cet homme a appuyé deux cordes de briques sur ce mur. Les murs de nos habitations sont faits d’adobe, adobe est un matériau fait de terre séchée et de paille qui garde l’humidité quand il n’est pas bien aéré. Ce voisin devra éloigner ses briques du mur avant qu’il n'y ait plus de dommage. Nous sommes toujours au mois de mai 2001. Ma chambre se situe au fond du hogar, car j’aime vivre près des enfants. Cela me rend la vie plus facile en tout point, car le bureau se trouve dans ces habitations, je peux donc faire tous les travaux de bureaucratie, tranquillement avant que tous les enfants se réveillent, soit vers 4 heures. Un certain matin, il me semble que j’entends le groupe des petits, chambrée de 30 enfants qui semblent être un peu trop matinal. C’est bien vrai, quelques petits moineaux sont prêts à faire la fête, mais il est seulement cinq heures. Je les calme les avisant de se tenir tranquilles. Je retourne travailler dans le bureau, c’est au tour de la chambrée des moyens de s’énerver. Là aussi, les mêmes consignes sont données : ce n’est pas le moment de parler, c’est le moment de dormir, au moins de ne pas parler pour respecter le sommeil de son voisin. Je retourne à mon travail car le directeur qui se trouve à Montréal a besoin des certaines factures que je dois compiler. Les petits recommencent à bouger tout comme les moyens. Ils sont prévenus une seconde fois de se tenir tranquilles sinon je devrai sévir et là se sera le groupe entier qui sera de corvée. C’est vrai que les vacances avancent à grand pas et chacun voudra bien les passées dans sa famille, si cela est possible. Cela engendre naturellement des discussions un peu matinales. Bref, à la troisième offense, les deux groupes seront de corvée dans l’avant-midi. À l’arrivée des encargados de chaque groupe, ceux-ci sont avisés que son groupe sera de corvée. Cette corvée leur sera assignée après mon retour de ma messe quotidienne. Il est sept heures, c’est mon moment privilégié, mon temps de repos que je savoure pleinement. Oui! C’est à ces messes que je trouve la force et le courage pour vivre pleinement toutes mes journées. C’est pour cela que je ne veux pas coucher à l’extérieur du hogar, cela m’obligerais à me lever 30 minutes plutôt pour pouvoir abattre tout le travail d’une journée, surtout Je pourrai bien rater ce temps de recueillement, surtout en temps de pluie. Le temps est à la pluie, mais pas trop froid. Sur le chemin du retour de l’église, en passant devant notre voisin, l’idée de la corvée pour les deux groupes a jailli comme une étincelle. Nous allons l’aider à déplacer ses briques. Les enfants n’ont pas de cours à l’extérieur, ils auront donc tout leur temps à consacrer à celui-ci. Il est neuf heures, le groupe des petits sera le premier de corvée. Les enfants sont bien habillés contre la pluie. Celle-ci tombe doucement ce qui n’occasionnera aucun problème. En avant! Deux par deux! Au pas! Gauche! Droite! Tel de petits soldats, ils avancent chez le voisin qui gentiment nous ouvre ses portes. Il nous dirige vers ses briques. Les enfants vont faire la chaîne pour le transfert. Les briques sont ainsi données une à une au voisin qui les empile, avec l’aide d’une bénévole plus loin du mur. Pour les enfants, cela leur semble un jeu, c’est avec le sourire que chacun passe une brique à son copain. Il est bien entendu qu’il faut prendre chaque brique avec ses deux mains pour ainsi éviter tout accident comme la chute d’une brique sur les pieds qui sont chaussés seulement de sandales. Ils doivent suivre la cadence, surtout ne pas aller trop vite. Les encargados supervisent le transfert. À dix heures trente, c’est la collation et l’échange de groupe. Les moyens remplacent les petits. Ils font exactement le même travail. À l’heure du dîner, tout est terminé, parfaitement cordé avec un voisin qui ne sait plus comment nous remercier pour ce travail qui lui semblait disproportionné. Avec cette corvée, tous les enfants sont alors certains de pouvoir partir dans leur famille, car ce travail a permis d’accumuler les points nécessaires pour leur départ. Pour profiter de chaque occasion de travail, il suffit de prendre le temps de regarder la vie autour se soi, tout comme Jésus nous l’a enseigné. Voltorta, livre 2 page 305 Aimez-vous pour vous apporter une aide mutuelle. Aimez-vous pour enseigner à aimer. Observez. Même ce qui nous entoure, nous enseigne cette grande force. Regardez cette tribu de fourmis qui accourt toute entière vers un endroit. Suivons-la, et nous découvrirons la raison de leur concours, qui n’est pas inutile vers un point donné…. Voilà: une de leurs petites sœurs a découvert avec ses organes minuscules, invisibles pour nous, un grand trésor sous cette large feuille de radis sauvage. C’est un morceau de mie de pain tombé peut-être des mains d’un passant venu pour soigner ses oliviers, ou bien des mains d’un voyageur qui s’est arrêté à l’ombre pour prendre sa nourriture, ou bien encore celle d’un joyeux bambin courant sur l’herbe fleurie. Comment pouvait-elle à elle seule traîner dans sa tanière ce trésor mille fois plus gros qu’elle? Et voilà : elle a appelé une sœur et lui a dit:«Regarde et cours vite dire aux sœurs qu’il y a de la nourriture pour toute la tribu et pour plusieurs jours. Cours avant qu’un oiseau ne découvre ce trésor et n’appelle ses compagnons et qu’ils ne le dévorent». Et la petite fourmi est accourue, essoufflée par les accidents du terrain, à travers les graviers et les herbes jusqu’à la fourmilière et elle a dit:«Venez, une de nous vous appelle. Elle a fait une découverte pour toutes. Mais toute seule, elle ne peut la charrier jusqu’ici. Venez». Et toutes, même celles qui, fatiguées du travail fait pendant la journée se reposaient dans les galeries de la fourmilière, sont accourues; et même celles qui étaient en train de ranger les provisions dans les chambres de réserve. Une, dix, cent, mille… Regardez… Elles saisissent avec leurs griffes, elles soulèvent en faisant de leur corps un chariot, elles traînent en appuyant leurs petites pattes au sol. Celle-ci tombe… l’autre, là, a failli s’estropier parce que l’extrémité du pain, quand elle rebondit, la cloue entre elle et le caillou. Celle-ci, encore, si petite, une jeune de la tribu, s’arrête épuisée… mais pourtant, après avoir repris son souffle, repart. Oh! Comme elles sont unies! Regardez maintenant le morceau de pain est bien enlacé et il avance, il avance lentement, mais il avance. Suivons-le… Encore un peu petites sœurs, encore un peu et puis votre fatigue sera récompensée. Elles n’en peuvent plus, mais elles ne cèdent pas. Elles se reposent et repartent… Voilà qu’elles arrivent à la fourmilière. Et maintenant? Maintenant au travail pour réduire en miettes la grosse masse. Regardez quel travail! Les unes découpent, les autres transportent… Voilà c’est fini. Maintenant tout est en sécurité et heureuses, elles disparaissent par les fissures au fond des galeries. Ce sont des fourmis, rien d’autre que des fourmis. Et pourtant elles sont fortes parce qu’elles sont unies. J’ai mis les enfants au travail comme des fourmis. Oui! C’est encore du travail me direz vous! Celui-ci a servi principalement d’aide au prochain. Il montre bien qu’un plus petit que soit peut aider, si on lui en donne la chance. Pour ma part, je trouve cette corvée, l’une des plus valorisantes. Qui a bien pu mettre cette étincelle de lumière dans ma tête pour penser à cela? Serai-ce L’Esprit saint a qui je demande aide à chaque messe? À mon ange gardien? Cela est-il sa façon de m’aider? Et aussi toutes ces coïncidences d’événements, de temps que devons en penser? À vous, je laisse toutes les réponses! Ce qui m’amène à vous dévoiler un quatrième trésor, l’entraide
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Chapitre 31 La différence essentielle entre le travail et l’entraide est le besoin d’être ou moins deux pour avoir de l’entraide, pour partager. C’est s’apercevoir du besoin d’un autre, que nous ne pouvons nous suffire à nous-même, de notre vulnérabilité d’accepter le travail offert par l’autre. C’est participer à un acte de charité qui nous ait donné en toute humilité, sans arrière pensée ou intention. L’entraide est réciproque, chacun obtient de l’autre, quel que soit son statut. Elle devient spontanée par la pratique, c’est cette habitude que j’espère avoir propagée à ces jeunes au cours des séjours en Bolivie. Plusieurs bénévoles ont passé et passeront au hogar, c’est une entraide très appréciée. Les enfants reçoivent ainsi plus d’affection, de tendresse et de sécurité. Ces bénévoles viennent en toute simplicité offrir leurs mains et leurs bras, leur connaissance, leur temps pour repartir chez eux avec cette satisfaction d’avoir été utile au bien-être de ces enfants à tous les points de vue soit, au point affectif, matériel, physique et éducatif. Chaque bénévole est employé à toutes les sauces, suivant l’horaire d’une journée. Les enfants se lèvent généralement à 7 heures, suivi du déjeuner. Ils doivent être prêts pour 8 heures qui est le temps prévu pour les devoirs. C’est habituellement un encargado bolivien qui est responsable du groupe, mais les groupes sont d’une trentaine d’enfants ceux-ci ont besoin d’aide pour éviter tous retards car vous pouvez tous vous imaginez 30 garçons, le matin, comment ils peuvent écouter. Quel est l`apport des enfants? Ils procurent aux aidants cette satisfaction de soi-même, cette possibilité d`échange d`amour et d`énergie. Tout cela n`a pas de prix, c`est un trésor inestimable. Premièrement se sont des enfants. Il y en a qui ne veulent pas se lever, d’autres qui ont mouillé leur lit, ce qui les obligent à passer à la douche, d’autres qui ne trouvent pas leurs souliers ou leur linge ou qui ne veulent pas faire leur lit. Les bénévoles viennent aider cet encargado (moniteur bolivien) pour éviter tout retard de la part des enfants pour l’ordre dans la chambre, la corvée de chambrée et pour la prise du repas. Quand la cloche de 8 heures sonne, les enfants doivent être prêts, en rang le sac d’école en main pour participer à cette première activité journalière: les devoirs. Cette activité est sous la charge de professeurs boliviens qui viennent au hogar. Ils sont responsables des enfants durant les trois heures qui suivent. Ce temps est exclusivement scolaire et éducatif. Quand les enfants ont terminé leurs devoirs ceux-ci doivent compléter le temps par des activités éducatives. C’est là encore que les bénévoles peuvent donner un coup de main pour différentes activités car les enfants ne terminent pas tous leurs devoirs en même temps. Il ne faut pas que l’enfant reste à rien faire sinon cela dégénère en carnaval, comme ils disent si bien. Les bouffonneries et les cris peuvent partir comme une flambée de poudre et dégénérés en bagarre, la plupart du temps. Les bénévoles doivent faire preuve de souplesse pour maintenir une bonne harmonie dans chaque groupe tout en gardant un peu d’autorité car ils sont responsables de l’heure libre qui suit. C’est l’heure de liberté des enfants qui se passe généralement au terrain de jeux. C’est le temps du soccer, des balançoires, des jeux de billes……… C’est au bénévole de faire preuve ici, d’imagination, pour occuper les enfants pour qu’ils soient bien contents d’être avec lui. Vient par la suite le dîner, la vaisselle et le départ pour l’école. C’est là le temps de repos pour ces bénévoles car l’école de l’après-midi se passe à l’extérieur du hogar dans les lieux publics de Vallegrande. Les après-midi ainsi sont «libres» si on peut dire. Il y a toujours du travail dans le hogar à celui qui veut bien faire du temps supplémentaire. C’est le temps idéal pour la lecture, l’écoute de la musique ou tout simplement pour une petite sieste. Les bénévoles viennent de partout et de différents âges. Ils sont présents pour une période de trois mois à deux ans tout dépendant leur disponibilité. Ils participent à la vie du hogar selon leur habilité et leur connaissance ou tout simplement pour offrir une aide à différents niveaux. C’est sur le coté hygiène que le hogar a bénéficié le plus de la présence de bénévole. En octobre 1997, l’hygiène était pratiquement absente dans la vie quotidienne des enfants. C’est avec patience que les douches furent journalières, que les poux ont laissé place à de belles têtes propres, que les pieds des enfants furent débarrassés de tous les petits bobos tels que ninguas (petits insectes qui pondent ses œufs sous la peau) et que chaque enfant fut propriétaire d’une brosse à dent. Des infirmières, des menuisiers et des professeurs à la retraite, de futurs médecins nous firent grâce de leurs talents en toutes circonstances développant ainsi les habitudes de nos jeunes garçons infortunés. Un suivi de cinq ans a permis d’aider les jeunes sur la maladie des chaggas, maladie qui se propage par la piqûre d’un insecte. La patience et l’attention de certains bénévoles qui ont passé quelques semaines pour renouveler leurs expériences deux ou trois ans de suite furent salutaires pour plusieurs enfants, cela est le plus beau des trésors d’entraide quand tout est donné dans la gratuité et la simplicité. Un bénévole, s’il est présent pour une période d’une année peut avoir une responsabilité accrue tel que la supervision des cultures. Il est responsable de la formation des futurs jardiniers. Cela n’est pas une mince affaire avec le peu de matériel que nous possédons, au départ. Il faut user de patience pour éveiller dans l’adolescent, cette responsabilité du travail à accomplir, sans une supervision continuelle, ce qui implique de donner ses énergies au travail donné avant de penser à s’amuser, que le travail fait doit être bien fait, sinon il faut recommencer, cela n’est pas toujours très agréable. Il y a toujours de bons résultats à un enseignement donné avec amour, patience et loyauté. Un certain dimanche, au cours du mois de mai 2001, quand nous n’avions plus d’argent liquide pour les achats nécessaires au marché, l’occasion c’est avérée idéale pour prouver à une jeune l’utilité de son travail. Un certain Ruben a grandit de quelques centimètres quand je lui ai fait part de ceci: «Regarde Ruben! Ces tomates que tu nous apportes vont être vendues rapidement avant de faire nos propres achats, car c’est avec l’argent de ces ventes que nous pourrons ainsi faire nos propres achats!» «Comment tu n’as plus d’argent?» «Non! Mais je vais en avoir assez avec la vente de tes tomates, car tes tomates sont belles. Tu as fait vraiment du bon travail!» Ce grand adolescent qui généralement marche le dos un peu courbé, illumine son visage d’un grand sourire et se redresse tel un arbre dans toute sa fierté. Oui! Il vient de réaliser que son travail était utile, qu’il pouvait maintenant, lui aussi, aider les plus petits du hogar. Cela est le fruit du travail des bénévoles qui donnent leur temps pour apprendre aux enfants comment travailler, sans nécessairement faire le travail ces enfants. Nous sommes seulement de passage avec ses enfants. Il faut leur donner les moyens de grandir. Ces moyens sont déjà commencés. Ce ne fut pas la seule fois que nous avons manqué d’argent. La première fois, en décembre 1997, les besoins du hogar étaient grandissants puisque nous venions de prendre sa direction. Des achats importants devaient être faits. Le seul moyen pour obtenir de l‘aide fut par téléphone, ce qui nous occasionnait des dépenses, sans grand résultat. J’opte donc pour un séjour à Montréal, pour convaincre différents organismes de nous venir en aide. J’arrive à Dorval, le 6 janvier 1998, par un bel après-midi ensoleillé. Mon gendre est à l’aéroport pour m’accueillir. Au fait, vous rappelez-vous cette date? Le paysage est magnifique, tout est éblouissant sous un léger verglas qui laisse les arbres avec mille et mille diamants scintillés sous le soleil. C’est splendide! Je profite donc de cette occasion pour rencontrer un ami avant mon retour à la maison. «Oh! Françoise! Qu’est-ce que tu fais ici? Et la Bolivie?» «Nous avons besoin d’argent! Je viens donc parler de ma Bolivie personnellement, car plusieurs personnes ne semblent pas croire à nos besoins. Tiens regardes les photos des enfants. Elles sont superbes!» «Eh bien! Tu comptes ramasser des sous avec ces photos! Elles sont pleines de bonheur! Tu n’auras pas grand chose avec de telles photos! Ici, il faut des photos montrant la misère, pas le bonheur!» Cet ami m’a quand même donné un peu de sous, cela m’encourage pour mes collectes. Je repars donc avec entrain dans ma maison à Saint-Michel pour enfin revoir mon mari après quatre mois d’absence. À mon arrivée à la maison, ma grande fille Isabelle est toute fière d’illuminer le sapin de Noël. «Qu’il est magnifique!» Il s’éteint aussitôt. C’est le début du grand verglas. Cela m’importe peu, pour l’instant, c’est même idéal pour une passionnante nuit après ces mois de séparation. Le lendemain matin est plutôt frisquet, car le poêle au bois s’est éteint au cours de la nuit. Par réflexe, je pense à mon amie qui a ses trois enfants sans chauffage. Je lui téléphone aussitôt lui proposant l’hospitalité pour ses marmots. Au grand étonnement de mon mari qui dit aussitôt: «À qui téléphones-tu?"» «À Manon! Ses enfants vont avoir froid!» «Mais tu viens juste d’arriver et tu penses encore aux enfants!» «Les enfants, en premier! Nous verrons par la suite!» La suite fut seulement pour deux jours. Car le père des enfants est de retour, lui aussi de voyage en France. Il pourra organiser le chauffage dans leur maison avec sa génératrice. Chacun de vous a vécu ce verglas. Ce verglas fut un vrai exemple d’entraide pour chacun, même ici chacun a besoin de son prochain, de son proche prochain quand il est dans le besoin. J’ai bien essayé de passer à différentes émissions de télévision, mais peines perdues. La réponse que j’obtenais était celle-ci: «Madame! Nous sommes en situation de catastrophe, avec ce verglas! Personne ne va vous aider! Nous sommes désolés!» Je me rends bien compte de la situation. Me river le nez sur le verglas, dit bien ma situation. Je repars donc en Bolivie le 26 février 1998, avec les seuls sous de mon ami. Ce n’était pas le temps pour obtenir de l’aide à la Bolivie, mais ce fut un temps idéal pour que chacun puisse s’entraider. À mon arrivée, c’est Georges, un bénévole polonais qui vient m’accueillir à l’aéroport de Santa Cruz. Il voudrait que je prenne trois jours de congé avant de reprendre le boulot, au hogar, mais je suis venue pour travailler avec les enfants. Nous repartons, le lendemain, à Vallegrande. Les enfants me manquent beaucoup. Je choisis une des chambres adjacentes au dortoir des petits. Je serai plus en mesure de bien m’occuper d’eux, en toutes occasions. Durant les temps scolaires, je serai le professeur pour les enfants de la maternelle ainsi que ceux de première année. Je suis comme un poisson dans l’eau. Tous les jeux éducatifs de ma garderie vont ainsi servir comme moyen de stimulation. Ce sont des jeux différents qui demandent l’éveil de la concentration. Les véritechs et autocorrectarts bien imagés intéressent tous les enfants qui se font un plaisir d’accomplir leurs devoirs scolaires pour jouer avec ceux-ci. La classe de deuxième année se trouve dans le même local que nous. Ces enfants aussi voudraient employer ces jeux ce qui oblige la professeure bolivienne a faire preuve d’imagination pour combler son temps avec des activités éducatives intéressantes pour garder un bon contrôle des enfants. Deux bénévoles allemandes sont aussi présentent avec nous pour une période d’un an. Elles aident ainsi ces professeurs à bien employer ce temps pour des activités éducatives nouvelles tel que du théâtre, des bricolages, de la lecture et du dessin. Ces activités sont aussi utilisées pour les temps libres après l’heure du souper. Les grands comme les moyens participent aussi à ces différentes activités. Le soir, au coucher, c’est mon temps préféré, car je suis entièrement avec cette chambrée de trente enfants qui sont comme une crème chantilly sur un superbe gâteau. Chacun reçoit caresses et bisous. Ils sont bien bordés. Les «je t’aime» sont distribués délicatement aux oreilles de ceux qui veulent bien les entendre. Quand un petit est plus triste, les jours de mélancolie, de douces berceuses sont fredonnées pour l’endormir. La porte de ma chambre est toujours ouverte pour les nuits. Aux moindres bruits suspects les enfants sont calmés et soignés et le matin, les enfants matinaux sont priés de bien respecter le sommeil de ses voisins, en restant bien silencieux. Un simple «chut» suffit pour qu’ils réalisent qu’ils sont entendus et bien surveillés. Georges a du me céder cette chambre. La priorité dans le choix du partage des chambres vient du fait que je suis rentrée avant lui au hogar. Il va donc coucher à l’extérieur du hogar comme tous les autres bénévoles qui viendront par la suite, par manque de place. Il y a un coté positif à cela. À L’extérieur du hogar ils peuvent ainsi trouver le calme nécessaire pour bien se détendre et donner ainsi un bon rendement auprès des enfants. Au début de l’année scolaire qui s’effectue après le carnaval, soit fin février où début mars, il y a trois jeunes inscrits à la maternelle. Trois petits moineaux doivent donc trouver intérêt à ce nouveau programme. Il semble qu’ils se soient donné le mot pour me rendre, la première journée, comme programme leurs mécontentements absolus. Des pleurs et des cris font part de leurs obstinations à la grande surprise des plus grands qui essaient de les convaincre à tous de rôle. Rien n’y fait. J’accompagne donc ces trois récalcitrants, à l’école. Le plus coriace, sur mes épaules et chaque main accroche les deux autres, et en avant pour l’école. Sous un soleil de plomb, ce petit groupe insolite se dirige vers l’école aux sons des pleurs et des cris. À la maternelle c’est une Françoise rouge comme une tomate et toute en sueur qui présente ces trois enfants à leurs copains. Ils sont bien accueillis par les responsables qui prennent bien soin de refermer les portes à mon départ. Ils sont bien avisés de mon retour dans deux heures pour les ramener au hogar. Cette première journée c’est bien passée. Les trois enfants sont contents, ils me promettent qu’à l’avenir ils reviendraient sans faire des problèmes. Ce qui fut le cas, à part une certaine journée où ils firent l’école buissonnière. Ils étaient allés tout simplement au terrain de jeux et pour occuper les deux heures de classe, ils avaient tout simplement démoli la barrière de notre ancienne directrice qui les avait vus à l’œuvre. Dans ce cas de fragrant délit, ils furent punis malgré leur jeune âge. Ils ont du nettoyer le terrain du feu de camp qui laissait des bûches non consumées en attente. Ils durent le lendemain matin, après le temps scolaire transporter ces bûches au terrain de jeu. Ils devaient faire vite pour être à l’heure à l’école après avoir pris une bonne douche. Des grands ont voulu les aider mais comme cela était une punition cela leur fut refuser. Ils n’ont plus refait l’école buissonnière. Chacun a réalisé par ce fait que l’école est le travail principal de chacun peut importe l’âge. Au mois de juin1998, ce fut le tour d’un village entier de nous venir en aide. Nous cherchions un petit coin pour les vacances de l’hiver, soit en juillet. Un prêtre polonais nous parle d’un petit village situe à Tembraderal, la terre qui tremble. Je l’accompagne pour me rendre compte des intentions des villageois. Les vacances se feront par deux groupes, les petits et les moyens partiront la première semaine et l’échange avec les plus grands se fera pour la deuxième semaine. Pour le premier groupe cela compte une trentaine d’enfants de 5 à 10 ans. Des garçons, en bonne santé, qui peuvent courir aussi vite que des chèvres. Le paysage est magnifique. L’école, où les enfants pourraient héberger, est située dans une petite clairière entourée de montagnes fantastiques. Je voie déjà nos trente petites chèvres sautillantes vers ces montagnes, je les voie se perdre aussi car je sais que nous avons seulement deux moniteurs avec nous. Les bénévoles prennent leurs vacances à Santa Cruz. Le travail me semble énorme pour de supposées vacances. Les habitants, eux nous veulent avec eux. Mario, le prêtre me prend à l’écart pour me persuader d’accepter cette invitation des villageois. «Je pourrai être d’accord avec vous tous! Nous pourrions venir mais avec le groupe des petits cela me semble un peu risqué. Ils vont tellement vite nous aurions besoin d’aide pour les encadrer!» Le plus âgé des villageois se lève avec sa canne et sa barbe grise. «Je suis prêt à vous aider et chacun de nous ici présent est prêt aussi à vous aider! Nous vous voulons pour les vacances!» J’accepte leur invitation, mais avec une certaine crainte qui s’est dissipée des les premiers instants de vacance. À chaque jour, c’était la rotation des différents habitants qui venaient chercher les enfants pour le matin les amener boire le lait du petit déjeuner qui était trait directement dans les tasses des enfants. Ces enfants purent boire du lait bien chaud qui était vous pouvez vous imaginer de morceaux de pain ou de biscuits fraîchement cuits du matin. Les après-midi furent consacrés aux promenades dans les montagnes, accompagnés d’ânes qui servaient de point de ralliement pour les plus rapides. La petite rivière rafraîchissait tout ce petit monde dans les moments de chaleur. Les subventions de différents organismes au cours des années 1999 à 2001 ont permis l’agrandissement et la réfection du hogar permettant ainsi l’augmentation du ratio des jeunes. Plus il y a d’enfants, plus le travail des encargados, personnels boliviens engagés par le hogar, est augmenté. Il faut arriver à trouver les perles rares qui sont prêts à travailler comme mère et comme père auprès des enfants. Ils ne doivent pas être de simples travailleurs, ils doivent être responsables de ces enfants, les traiter comme s’ils étaient leurs propres enfants en toute douceur et impartialité. Cela me fut un grand défi, apprendre à juger une personne dans son intégralité, sans être bonace mais franche, tenir aux priorités des enfants avant toutes choses. Voici la nomenclature des employés boliviens: deux femmes sont responsables pour la cuisine. Elles doivent préparer les trois repas selon un menu qui est établi à chaque semaine selon les achats du dimanche matin. Le déjeuner est habituellement du grau ou un petit pain accompagné de confiture, chocolat ou fromage. Ces petits pains sont faits par un boulanger quand il y en a un au hogar sinon, c’est la cuisinière qui est responsable de ces pains. Ces petits pains sont de la grandeur des pains hamburger. La pâte est préparée le matin et l’après-midi elle est divisée en petite boule et aplatie pour cuire dans un four au gaz. À notre premier retour de vacance de Tembraderal, nous nous sommes trouvés sans boulanger et avec une cuisinière qui devait s’absenter pour cause de maladie. Nous manquions de pain et de mains d’œuvre pour la confection de ces petits pains, qui demande assez de temps. Pour les fêtes de Pâques, chez les Russes, c’est la coutume de cuisiner des koulichs. C’est un pain légèrement sucré et brioché. Je me suis donc mis à la confection de pain pour le hogar. Par la cuisson de ces pains qui demande un peu moins de temps de préparation, car la pâte qui est séparée en grosses boules au lieu de petites boulettes demande moins de temps de travail. Pour chaque recette, j’obtiens ainsi dix grosses miches de douze pouces. Ces pains nommés pain torta ou pain-gâteau par les enfants font le bonheur de chacun. Voici donc un autre métier à mon arc, celui de boulangère. Je peux ainsi dépanner la cuisinière quand le travail aux cuisines est trop ardu. Il est souvent ardu car la préparation des différents légumes demande beaucoup de temps car les repas doivent combler la faim d’une centaine de personnes. Les appétits de ces enfants semblent des gouffres sans fond, car ils ne sont pas encore habitués à trois repas quotidiens, cela demande une bonne année à un appétit d’être bien rassasié après un régime d’abstinence. C’est au cours de cette année que les enfants se sécurisent au point de vue nutritionnel. Ils réalisent qu’à chaque jour trois repas complets seront présentés à leurs tables ainsi que des collations le matin et l’après-midi. La viande bovine ou porcine est présentée au menu deux fois par semaines. Elle est apprêtée en ragoût, en grillage, en haché dans des pâtes ou en hamburger. Le foie est aussi présent aux deux semaines, en alternance avec la viande porcine. Le poulet est la viande de prédilection des enfants : il est donc au menu tous les dimanches midi accompagné de frites. Les soupes et les légumineuses complètes l’ensemble des menus. Les cuisinières sont responsables de l’hygiène du coté cuisine. Le garde-manger doit toujours être propre pour ne pas se retrouver avec des habitants indésirables tel que coquerelles, scorpions, souris et rats. Cela demande une constante vigilance et un ordre certain car les légumes et les fruits sont tous en vrac. Ils arrivent dans des paniers, à chaque dimanche matin. Le gaspillage est à proscrire. Toute nourriture achetée doit être consommée dans les temps et avec toute sa fraîcheur. Cela occasionne souvent des maux de tête au point de vue rangement, car les espaces de rangement sont restreints. Le deuxième groupe de travailleurs est les encargados. Ils sont responsables de groupe respectif, soit un par groupe agissant comme père ou mère auprès des enfants. Avec chaque groupe, l’encargado doit maintenir chaque chambre dans un bon ordre, dans la bonne entente avec chaque enfant. Deux femmes de ménage sont responsables de l’entretien du linge des enfants, de leur literie. Elles effectuent le lavage de leur linge et des lits. C’est à elles d’organiser leur travail pour veiller à ce l’enfant ait son linge propre et réparé ainsi qu’un lit lavé à toutes les deux semaines. Maintenir l’ensemble du hogar dans un ordre constant avec l’aide des enfants. Je vous parle ici du coin des toilettes. Nous avons régulièrement quelques problèmes avec l’ordre à l’arrivée de nouveaux venus. La plupart des nouveaux arrivants viennent de la campagne, où les toilettes sont pour le moins inexistantes, ce qui implique que pour ses besoins primaires l’enfant allait tout simplement dans la nature. Il se soulageait ou bon lui semblait. Il a donc beaucoup à apprendre, surtout pour un tout jeune enfant. Il se voit obligé à de nouvelles règles sanitaires qui l’insécurisent dès sa venue parmi nous. Il doit aller au cabinet se soulager dans celui-ci, faire partir la chasse d’eau qui disparaît avec un bruit qui peut l ‘effrayer, au début. Il doit aussi prendre l’habitude de se s’essuyer avec un peu de papier hygiénique pour ne pas boucher ces dites toilettes. Ces femmes doivent faire preuve de compréhension et d’attentions soutenues pour obtenir l’ordre demandé car se sont elles les principales responsables de l’hygiène sur ce point. Chacun doit apprendre au tout petit à accomplir ces règles d’hygiène. Si un enfant souille son linge, il doit le laver, c’est de cette façon qu’il arrivera à prendre le rythme journalier. Il arrive que certains caleçons souillés se soient retrouvés chez notre voisin qui nous les rapporte avec mécontentement, mais avec diplomatie ces désagréments s’annulent avec le temps et la pratique. La pièce de rangement pour tout le linge de rechange est aussi le lieu pour les réparations. Des étagères sont remplies de linge qui nous arrivent la plupart avec la venue des bénévoles. À leurs arrivées, chacun nous amènent des trésors d’habillement qui complètent l’habillement des nouveaux arrivants qui se présentent généralement avec le seul linge qu’ils ont sur eux. Les pantalons, les shorts, les t-shirts, les pyjamas, les caleçons, les bas, les souliers leur sont distribués dès leurs arrivés pour que chacun soit bien à l’aise dans leur nouvel environnement. Ce coin de rangement est souvent la responsabilité d’un bénévole. Il doit organiser le rangement de tout nouvel arrivage pour ainsi permettre une bonne distribution au moment propice. C’est surtout l’occasion de maintenir un inventaire pour éviter tout larcin possible. Un enfant reçoit une seconde pièce de vêtement quand la première est trop petite ou trop usé. Nous devons de préférence faire l’échange car l’enfant qui se présente pour obtenir une pièce supplémentaire peut bien vouloir tout simplement obtenir un petit surplus. Il l’obtient quand cela est possible, mais avec autant d’enfants il faut maintenir la bride serrée. À l’arrivée des nouveaux bénévoles et à leur départ, les enfants sont souvent comme des mouches autour de ceux-ci. Ils espèrent ainsi recueillir de nouvelles pièces de vêtement. C’est même un plaisir de partager nos vêtements avec ces enfants. Ils obtiennent ainsi un souvenir qu’ils aiment bien exhiber auprès de leurs copains. Il faut s’organiser pour que la jalousie n’interfère pas le comportement des enfants. Pour la Bolivie, le 6 août, c’est la fête nationale qui est célébrée par le défilé de tous les organismes locaux. La préparation à cette fête nous demande beaucoup de préparation. C’est un peu comme l’examen du comportement social pour chaque institution. Chacune doit défiler devant les dignitaires de la ville. Les discours sont de rigueur, accompagnés des chants nationaux. Les enfants sont tout habillés de blanc et pour des garçons cela n’est pas une mince affaire. Chaque enfant a généralement son linge marqué de son nom qu’il doit garder bien rangé dans son casier respectif, mais son linge blanc, tel que le pantalon et la chemise blanche est rangé dans le déposito du linge. C’est une corvée monumentale que cette préparation au défilé. Il faut se préparer un mois à l’avance pour être certain d’être à la hauteur de la situation. Ces charmants enfants dont les pantalons sont marqués de l’année précédente sont assez répulsifs à l’idée de laisser partir leurs pièces de vêtements bien marqués à un autre copain. D’une année à l’autre l’enfant naturellement a grandit mais pas son linge. L’enfant accepte de bien changer son pantalon ou sa chemise seulement après avoir bien observé qu’il ne lui sied plus. Un remaniement de nom est essentiel occasionnant bien des discussions et surtout des essayages comme preuve pour un changement. Le nombre d’enfants augmente à chaque année, ce qui nous oblige à l’achat de pantalons et de chemises pour parvenir à un ordre précis pour ce défilé. Ces achats se font à Santa Cruz au à Cuchabamba où les vêtements sont moins dispendieux et souvent achetés à la douzaine. Les trajets d’autobus de douze heures se font de nuit pour éviter toutes pertes de temps.
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Il n’y a pas seulement que l’habillement qui compte. Nous devons défiler en bon ordre, des plus petits au plus grands. Tous, marché au pas, comme des militaires. C’est cela qui demande un bon mois de pratique pour notre premier défilé. Il faut faire comprendre à ces garçons qu’ils doivent être bien disciplinés pour que chacun se rende compte que la présence de bénévole peut aider ces enfants, que nous sommes là pour leur bien, que le tout peut se faire sans que ces enfants soient maltraités. Cela n’était certain pour plusieurs, car ils disaient: «Ces enfants Il faut les frapper pour qu’ils écoutent!» «Avec les coups, ils comprennent bien plus vite!» Non! La patience et la douceur sont nos façons de travailler. Les coups de bâtons ou tous autres sévices corporels sont interdits au hogar, les enfants vont l’apprendre avec le temps. Notre premier défilé c’est très bien passé, sans anicroche. Le poste de radio a notre passage a même affirmé ceci: «Voilà le hogar Jésus Infante! Voyez maintenant! Je crois que ces enfants ont trouvé un père et une mère qui sont capables de s’occuper d’eux!» Sous les applaudissements de la population nous passons bien en rang et en bon ordre. Les enfants sont contents et nous aussi. Oui! Il y a eu beaucoup de travail. Il y aura encore beaucoup de travail. La patience et l’amour seront toujours les meilleurs outils avec les enfants. Au cours de l’après-midi nous recevions des salténias, petits pains boliviens fourrés à la viande, ainsi que différentes gâteries de la part de la population. C’était une occasion idéale pour nous remercier du travail accompli auprès de ces enfants. Le travail de directrice par intérim m’oblige au travail bureaucratique qui consiste à présenter un relevé mensuel des dépenses encourues pour les achats de nourriture. Le gouvernement bolivien aide les hogars par l’octroi de becas, cinq bolivianos par enfant par jour. Les dépenses doivent balancer avec les sommes perçues. Elles doivent être envoyées à la préfecture avec les factures pour ainsi obtenir les sommes nécessaires mensuellement. Ce travail demande d’être ordonné pour éviter tout retard. Ces relevés terminés nous obligent à des voyages mensuels à Santa Cruz. C’est l’occasion pour des achats. Les journées de congé des bénévoles sont souvent utilisées pour ces occasions. Nous devons prendre généralement deux journées pour ces sorties mensuelles. Lors de cette première fête nationale ce fut deux jours sans sommeil que je me suis tapée. Premièrement, sur le trajet vers Santa Cruz nous avons eu droit à une crevaison ce qui coupa ma première nuit de sommeil qui se fait généralement durant le trajet d’autobus. Sur le chemin du retour ce fut une panne majeure, bris de différentiel, qui donna un temps d’attente de trois heures pour un nouvel autobus. Une seconde nuit sans sommeil. De retour au hogar vers quatre du matin, ce 6 août, ce fut la course folle pour tout mettre en ordre dans l’habillement des enfants. Quand à neuf heures tous les enfants furent prêts pour le défilé, une remarque fut lancée: «Françoise! Comptes-tu te rendre au défilé en pyjama?» C’est vrai! J’ai couru tout le matin en pensant avoir le temps pour quelques minutes de repos. Ce fut en vain. En quelques minutes me voilà changée. Plutôt déguisée en madame comme le disaient les enfants en jupe et en veston. Le tout c’est fait en cinq minutes. Tous nous purent participer dans les temps à ce défilé. J’étais fatiguée mais bien contente. Nous avions reçu une bouteille de vin en cadeau, après un premier verre de vin, ma tête c`est mise à tourner. «Tiens! Françoise ne supporte pas l’alcool! Tu es saoule!» « Non! Je suis tout simplement fatiguée!» Je laisse donc les enfants un peu plus tôt que d’habitude pour retrouver mon lit. Dans mon sommeil, mon père est venu me rendre visite. Il me fit une telle accolade que je me suis réveillée. Il devait être bien fier de mon travail. Il me l’a fait sentir. Je le remercie de tout mon cœur. Je reste avec les enfants jusqu’au 19 septembre 1998. Mon époux m’attend toujours patiemment à la maison, je vais le rejoindre puisque le directeur Gaston est de retour. L’échange se fait comme convenu. Les hivers sont pour moi car je préfère le temps froid. Les enfants sont tristes. Ils me demandent tous si je vais revenir. Oui! Je vais revenir! Une maman ne laisse pas ses petits enfants tant qu’ils ont besoin d’aide, elle veut toute sa maisonnée en accord, que nos âmes soient à l`unisson. Il n`est pas nécessaire de faire tant de kilomètres, me diriez-vous, pour trouver de l`entraide. Vous avez raison car ouvrir ses yeux, ouvrir son cœur est à la portée de tous, petit comme grand. C`est avec l`habitude, la pratique, la bonne volonté que l`on découvre ce trésor universel. Il est près de soi, nous pouvons être efficaces. Il suffit de tendre la main pour trouver ce filon, en mettant de coté son égoïsme, ne pas se croire seul au monde. Avoir cette persévérance de donner le meilleur de soi-même. Quand le besoin d`aide va au-delà de ses limites, chercher la bonne voie, la bonne source pour combler cette aide. Le chemin se trace facilement quand on laisse son esprit libre. Il devient ainsi un capteur d`ondes positives. Ce bon Créateur nous a donné toutes les possibilités d`action. Il s`agit de le remercier des biens reçus, de lui demander par la suite son aide, vaguer à ses occupations en laissant son canal ouvert dans le silence pour attraper ces ondes bienfaitrices. Les coïncidences, les rencontres seront la réponse à cette aide. Avec confiance, cette entraide se transformera en chaîne de partage pour un monde meilleur. Me voici de nouveau avec mon époux qui est venu me chercher à l’aéroport. Un bouquet de roses à la main, les yeux brillants de contentement et d’une tendresse douce comme une rosée matinale. Ce qui m’amène à la découverte du prochain trésor: la famille. Chapitre 32 Une famille est un ensemble de personne vivant sous un même toit, lié par la parenté, socialement déterminée. La famille sera donc ce trésor à découvrir. La famille présente et disparue. Elle est formée par le père et la mère ainsi que des enfants. Mes deux plus vieux ont déjà quitté le nid familial. Il reste Sébastien qui cherche son chemin avec ses études. Jean-Claude, tout attentionné, est aux anges, ma présence le comble de bonheur. Après quelques jours de repos, je pars à la conquête d’un travail que je trouve rapidement avec l’aide d’une amie. Le ménage et l’emballage de pommes de terre occuperont certains temps libres de la journée car mes nuits sont toujours occupées par cette présence continuelle des enfants. Les matins, il me semble que je me réveille avec ces enfants. C’est seulement après quelques secondes de réveil que je dois me résigner à ce fait : tu es dans ta maison! Réveilles-toi! Les journées semblent s’éterniser malgré la présence quotidienne de mon mari et les quelques présences de Sébastien. Je me sens inutile quand je pense à ces enfants en Bolivie qui demandent tellement d’attention. Ma mère a aussi droit à mes visites. Elle aussi est bien contente que je sois revenue au bercail. Elle n’était pas très emballée pour mes aventures en Bolivie. Lors de la fête des morts, le 2 novembre, nous allons prier pour nos chers disparus: papa, Georges et André. Je leur offre une rose à chacun malgré les réticences de maman. C’est vrai qu’il était interdit de placer des fleurs sur le mur glacial de marbre qui recevait leurs cendres, mais pour moi c’était le moment présent qui comptait. Je voulais mettre une tâche d’amour sur ce mur glacial. Cette matinée, leurs était consacrée pour leur montrer notre affection. Oui! Ils sont partis mais je les aime bien tous les trois. Nous ne devons pas oublier ces chers disparus. Ils sont toujours près de nous. Voltorta livre 4 page 407 Penser que rien n’empêche l’âme des morts d’assister l’âme des vivants, et sentir par conséquent auprès de soi l’âme maternelle, retrouver son regard et sa voix quand elle parle à l’âme de sa fille, et pouvoir» Oui, mère, pour venir vers toi, oui. Pour ne pas troubler ton regard, oui. Pour ne pas mettre des larmes dans ta voix, oui. Pour ne pas endeuiller l’Hadès où tu es en paix, oui. C’est pour tout cela que je garderai mon âme libre, l’unique possession que j’aie et que personne ne peut M’enlever et que je veux conserver pure pour pouvoir soumettre ma raison à la vertu». Penser ainsi c’est liberté et joie. Et c’est ainsi que je voulais penser et d’agir. Parce que c’est une philosophie troquée et fausse de penser, et puis d’agir d’une manière qui n’est pas conforme à la pensée. Penser ainsi, c’était se reconstruire une patrie, même dans l’exil, une patrie intime dans le moi, avec ses autels, sa foi, sa croyance, ses affections… Une patrie grande, mystérieuse, et pas telle pourtant, dans ce mystère de l’âme qui sait qu’elle n’ignore pas l’au-delà même se présentement elle le connaît comme un marin, au milieu de la vaste mer, dans un matin brumeux qui connaît les détails de la côte: confusément, comme une ébauche avec à peine quelques points qui se dessinent nettement et qui, pourtant, suffit, oh! Suffit au navigateur fatigué que les tempêtes ont tourmenté, pour dire: «Voilà, c’est le port, c’est la paix». La patrie des âmes, le lieu d’où elles viennent…le lieu de la Vie. Parce que la vie prend naissance de la mort… Oh! Cela, je ne l’ai compris qu’à moitié, tant que je n’ai pas connu une de tes paroles. Après. Après, ce fit comme un rayon de soleil qui eût frappé le diadème de ma pensée. Tout fut lumière, et j’ai compris jusqu’au étaient arrivés les maîtres grecs et comment ensuite ils s’étaient perdus, car il manquait une donnée, une seule pour résoudre exactement, le théorème de la Vie et de la Mort. Cette donnée: le Vrai Dieu, Seigneur et Créateur de tout ce qui existe! Maman est contente malgré tout car elle réalise que je suis heureuse et contente d’avoir offert ces trois roses. Son sourire illumine son visage qui était tristounet. Le retour à la maison c’est passé dans les blagues et la bonne humeur. À notre retour à la maison, maman me donne mon cadeau d’anniversaire: Un beau chèque. «Oh! Merci maman ! Avec cet argent, tu me mets les pieds dans l’avion!» Ses yeux se sont embués de larmes. Oui! Maman, je dois repartir car mon travail là-bas n’est pas terminé. Je vais ainsi pouvoir rejoindre ces enfants plus rapidement. Je me sens pleine d’énergie malgré que je sois arrivée depuis seulement six semaines. Jean-Claude me laisse partir le 10 novembre, il est formidable pour cela. Il me laisse partir pour mon bonheur. La mort n’est pas un sujet tabou avec ces enfants. Elle est déjà venue frapper à la porte de ceux-ci. Certains gardent-ils des rancunes? Ce n’est pas une certitude, car un enfant est l’innocence même. Ils ont des questionnements qui sans réponse accumulent de l’agressivité. Gualberto avait cette agressivité accumulée, suite au décès de ses parents. Cette agressivité s’est transformée en douceur d’agneau quand l’espoir s’est ravivé en sachant qu’il pouvait toujours se confier à son père, même s’il était décédé. Il faut aussi amener chaque situation à l’éveil des questionnements enfouis dans ces enfants pour qu’ils puissent s’épanouir plus facilement. C’est à l’enterrement du père de l’une de nos encargados que les questions se sont dévoilées sur la mort. Les plus jeunes nous accompagnaient. Ils nous serraient les mains très fort. Chacun aurait voulu être en contact avec les adultes. Oui! Ils étaient angoissés. Ils revivaient des moments pénibles. «C’était comme cela pour ma maman! Tout le monde pleurait!» «Tu peux pleurer encore, si tu le veux! Tu en as le droit! Quand on a de la peine, nous pouvons pleurer!» Chacun raconte son bout de vie. Les autres écoutent et compatissent. Ce moment triste est l’occasion appropriée pour chacun d’offrir sa peine à son copain. Il se sait écouter. Il réalise qu’il est maintenant dans une nouvelle famille qui lui offre cette occasion de partage. C’est dans la spontanéité que les meilleurs moments éclosent comme des boutons de fleurs au soleil. Oui! Chaque enfant est un bouton de fleur, il faut lui présenter ces occasions d’épanouissement dans toute leur simplicité. Ces occasions ne sont pas réservées seulement aux enfants. Les adultes aussi doivent saisir ces occasions fortuites. Le décès de Sylvain le premier juin 2001 est un bon exemple. Dans ma spontanéité, je fais ce voyage éclair pour réconforter ses parents. Ils purent connaître le travail fantastique que Sylvain avait réalisé auprès des enfants. Il leur avait inculqué le goût d’un travail bien fait. Les grands avaient appris à jardiner de telle façon qu’ils étaient fiers de pouvoir participer à la vie du hogar en aidant les petits par leur travail. Un travail qui transforme l’enfant en adulte responsable. Cette compassion pour ses parents accablés, les soulagea. Je réconfortai le père: «Je ne savais pas que mon garçon fit un tel travail!» «Oui! Vous pouvez être fier de votre fils! Nous sommes bien content de l’avoir connu!» Dans la vie comme dans la mort, la famille est là pour nous soutenir. Il faut vraiment prendre l’habitude de faire appel à chaque membre de sa famille qui ne demande pas mieux que de nous soutenir. Les enfants gardent ainsi l’espoir de ne plus être seul au monde. Les souvenirs sont les boîtes de trésor pour nos chers disparus. Il s’agit d’un peu de bonne volonté pour bien l’ouvrir, pour demander l’aide de ceux-ci, en tout moment. Georges et André, mes deux frères décédés ont bien voulu me faire des clins d’œil quand je fais appel à eux. Voici de quelle manière: Georges, le premier, m‘a suivi dès le début dans ce périple de la Bolivie. Il me fait encore signe. Un sentiment de culpabilité à son égard m’accablait jusqu’à maintenant car je ne l’ai pas aidé au moment opportun. Notre Seigneur dans toute sa miséricorde nous offre par l’intercession de Saint Brigitte d’aider nos défunts. Je vous offre donc en toute simplicité ces oraisons qu’Il a bien voulu nous donner, en annexe 4. Voici maintenant la manière qu’André, mon second frère emploie pour m’aider. Il reçu de son vivant une relique de Don Bosco celle-ci me fut remise par maman lors de mon départ pour la Bolivie. Chaque fois que je regarde cette relique, c’est à André que je pense. Il me vient à mon secours par l’intercession de Don Bosco. Vous voyez, faire appel à nos disparus demande seulement un soupçon de foi qui épice notre quotidien pour le rendre plus vivant. Même ceux que nous n’avons pas connus sont prêts à nous aider. Mes grands-parents m’aident par la présence de toutes ces personnes âgées que je peux approcher. Un délicieux plaisir est de s’offrir des sourires et des rencontres fortuites avec ces abuélitas, petite grand–maman, comme je les appelle. Seules, la plupart du temps, elles surveillent les allées et venues des passants par la porte de leurs petits commerces qui se trouvent sur tous les chemins de Vallegrande. Un petit achat favorise les conversations et les amitiés. Le bonjour traditionnel accompagné d’un sourire donne un surplus d’énergie pour une autre journée dans la solitude. Une taquinerie habituelle devient une routine amusante comme celle-ci. Chaque fois que je passais devant un petit commerce qui se trouvait sur le chemin du hogar et que la propriétaire était devant sa porte, je passais directement sans salutation. Je revenais sur mes pas de reculons, et alors je la saluais par un «Holà! Buenos dia!» À chaque fois une frimousse toute ridée s’enjolivait d’un sourire, une joyeuse conversation s’activait dans cette bonne humeur retrouvée. Je reviens sur mon retour au hogar, le 10 novembre 1998. Les enfants sont toujours formidables. Il y a beaucoup d’adultes responsables pour le hogar et l’animation des enfants: Trois animateurs boliviens, deux cuisinières boliviennes ainsi qu’une autre responsable pour l’entretien, Georges est bénévole pour deux ans, deux allemandes pour une année ainsi qu’une américaine. Ils étaient présents à mon départ. Voilà que le directeur est présent avec une douzaine de bénévoles supplémentaire. Avec toutes ces aides, je réalise sur place, que je ferai mieux d’aller rejoindre ce trésor précieux qu’est ma famille pour les fêtes de Noël. Ma présence sera le plus beau des cadeaux de Noël. Je sors de Bolivie le 15 décembre. Mes bagages sont d’alléger d’une bonne partie de mes vêtements car je compte bien revenir. Les enfants le savent très bien. Ils me laissent partir plus facilement. Les allers-retours du directeur ainsi que les miens, leurs ont donné confiance en nous, Ils savent que nous allons revenir. Il ne faut pas leurs donner de faux espoirs qui briseraient cette confiance acquise. Je passe Noël avec ma famille. J’en profite pour me reposer ce qui n’est pas dans mes habitudes. Des casse-tête reçus en cadeaux comblent mes moments libres. C’est en récitant des rosaires que je forme ces casse-tête, car de cette façon, il me semble que je ne perds pas de temps. Mes prières sont aussi inscrites dans des cahiers que je prends soin de bien ranger au fond de ma garde-robe, à l’abri des regards indiscrets. Les invocations suivantes complètent les pages vierges. L’idée m’est venue d’inscrire ces invocations par la lecture disant que certains ermites écrivaient leurs invocations, cela les stimulait à la contemplation. Je me sentais un peu comme un ermite, seule dans la maison quand mon mari était au travail et mon garçon à l’école. Voici donc ces invocations: Oh! Christ, j’ai confiance en toi! Seigneur! Aidez-moi je vous en prie! Seigneur! Entends ma prière! Mon Dieu! Envoyez-moi l’argent nécessaire pour que je reparte le plus tôt possible au hogar. L’argent nécessaire pour le reconstruire. Seigneur! Ayez pitié de moi! Esprit Saint! Éclairez mon chemin! Mon Ange gardien! Guides-moi! Esprit Saint! Envoie-moi tes conseils! Ces invocations s’inscrivaient selon le moment. Elles m’ont donné le courage dans cette attente du printemps pour le troisième départ, le 26 mars 1999.
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Chapitre 33 Je reviens au sujet initial de ce bouquin, après un chapitre quelque peu ardu. La situation a bien changé au hogar, en ce 26 mars 1999, depuis octobre 97. Il y a plus d’enfants donc plus de personnels boliviens engagés pour maintenir les différents services auprès de ces enfants. Les chambres disponibles sont maintenant allouées a ce personnel bolivien permettant ainsi un temps certain à l’extérieur du hogar pour les bénévoles. Une maison louée sera donc la résidence pour tous les bénévoles. Elle s’appelle la casa ocho puisque son adresse est le 8. Elle est située à deux kilomètres du hogar après la ville de Vallegrande, en bas d’une pente entre coupée d’un léger plateau. Chaque matin nous devons entreprendre une petite marche d’une trentaine de minutes, beau temps, mauvais temps, faire l’escalade de cette pente assez abrupte pour ensuite la redescendre près du hogar. Ce chemin nous réveille bien le matin et tiens aussi les enfants éloignés les jours libres. Je suis donc les consignes et je me résigne à résider à cette casa ocho, tout comme les autres bénévoles, laissant ainsi aux boliviens la responsabilité des enfants pour les temps libres du soir et les nuits. Nous sommes avec les enfants pour les aider, c’est aux boliviens qu’incombe la première responsabilité de ceux-ci. Il faut seulement trouver des boliviens responsables qui seront prêts à accomplir cette tâche. Ce qui m’amène à ce chapitre qui traitera sur le trésor de l’écoute. Être à l’écoute, c’est être semblable à une abeille qui avec ses antennes perçoit les moindres signaux d’aide et de demande. C’est s’ouvrir à son entourage lui permettant de faire appel à nous, par ses silences. Les yeux nous servent d’antennes, pour ces moments précieux. Ils sont silencieux mais révèlent bien les sentiments de l’âme à qui veut bien les regarder. C’est tellement facile d’être à l’écoute des enfants car ils ne savent pas encore cacher leurs sentiments. Ils ont cette innocence qu’il faut sauf garder. Quand ce Gualberto était bien triste, un certain soir, par cette attention, un petit dialogue, il a compris que je serai là pour le consoler chaque fois que cela serai possible. J’ai acquis sa confiance totale qui a éteint ce feu d’agressivité qui le consumait chaque jour. Il est devenu aimant et cajoleur. Il fut sans le savoir ma bougie d’allumage sur cette écoute auprès de tous ces copains quand ceux-ci sont venus me demander, après un mois d’attente: «Quand Gaston va-t-il revenir parmi nous?» Je suis restée à l’écoute, ce qui implique toujours une réponse à un questionnement, à une écoute sinon le charme peut être rompu, s’envoler en fumée et perdre ainsi cette confiance qui germe. Les enfants savent bien que mes oreilles leurs sont toutes ouvertes. C’est le même comportement pour chacun, même pour les adultes. Georges l’a bien réalisé quand il est venu m’annoncer qu’il était amoureux. C’était l’évidence pour tous ceux qui le connaissait. Être amoureux donne des ailes et des étincelles dans les yeux pour ceux qui savent bien les regarder. Ces étincelles devraient toujours briller dans les yeux d’un enfant. Elles étaient inexistantes dans les yeux de la sœur du petit Carlito quand celle-ci s’est présentée avec lui. Elle l’accompagnait car il était en retard. Elle ne semblait pas vouloir retourner chez elle. Avec douceur, elle s’est confiée. Cette petite gamine de 10 ans avait été victime d’un viol au cours de la nuit. Elle fut confiée à la protection de la jeunesse. Des soins appropriés lui furent donnés et placée sous la responsabilité du hogar Anicet Solares, le hogar pour jeunes filles. Quand je rencontre cette petite, elle me sourie spontanément. Ses grands yeux noirs sont remplis d’étincelles car elle aime de nouveau la vie. Être à l’écoute vis-à-vis soi-même, de ses intuitions. Elles nous indiquent le chemin à poursuivre, dans la spontanéité, il faudrait les suivre pour éviter certains contretemps. Le résultat positif à cette écoute, nous parviendra après un certain recul dans le calme. La famille demande cette écoute quand la tristesse ouvre la porte sur notre égoïsme. Pour refermer cette porte rien de mieux que le dialogue, la communication en faisant un ménage sur ses sentiments, en balayant au loin la poussière d’orgueil sur soi-même. Un bon crayon peut servir de balai en imprimant ses sentiments et ses attentes vis-à-vis ses proches. Une fois bien inscrit ces sentiments peuvent être donnés au moment opportun. Ils seront lus dans le calme en clarifiant l’horizon embrumé par l’incompréhension. La certitude d’avoir communiqué ses intentions nous laisse cette liberté d’esprit qui éloigne l’agressivité et le stress. La joie de vivre pleinement rejaillira sur son entourage. Elle sera comme la rosée matinale qui s’illumine sur les brins d’herbe par la venue des premiers rayons de soleil. C’est cette méthode que j’applique avec mon mari. Cet homme très réservé reçoit à l’occasion de petits mots explicatifs accompagnés de gentillesse pour éclaircir, apaiser, pour réconforter où tout simplement pour dire: Je t’aime. Ces communications silencieuses nous ramènent sur les mêmes longueurs d’onde. Nous accordons nos sentiments pour ainsi vivre à l’unisson malgré les distances qui nous séparaient, au cours des ces quatre années. Les attentes étaient plus agréables permettant des retours pleins de tendresse. Être à l’écoute ne s’applique pas seulement aux humains. Être ouvert à la nature nous permet d’éviter bien des désagréments. Tous ces nuages gris n’annoncent-ils pas la pluie, la venue prochaine d’un orage ou d’une bonne bordée de neige? Ils nous préviennent, nous permettant de s’abriter. Un cours d’eau tumultueux nous prévient du danger. Ne me traverse pas! Sinon à tes risques et périls! Les grosses coquerelles dans le garde manger, nous préviennent de tout remettre à l’ordre, sinon gare aux infections. Ces moustiques sifflant dans nos oreilles, nous signalent qu’il y a des trous dans les moustiquaires. Faites attention! Nous voici, nous pouvons infecter vos enfants dans leur sommeil. Ces délicieuses petites souris se faufilant sur les étagères sont bienheureuses de ne pas avoir de gros chats pour se faire bouffer. Alors les chats entrent au hogar et les souris disparaissent aussitôt. Il ne faut surtout pas oublier le chien. Ce chien gardien de nos maisons. Ses aboiements nous préviennent d’une venue à l’improviste d’étrangers qui frappent à la porte, dans la nuit sombre. Avec sa tête, délicatement me réveille quand un enfant pleure dans son sommeil. Cet enfant malade qui fait une pneumonie. Il a mal, il manque d’air. Les soins sont urgents. Ce réveil nocturne occasionne des retards qui pourraient aggraver sa situation. Ce pauvre petit entre en convulsions. Le temps compte. Que faire quand nous sommes démunis? Ne vous en faites pas. Cet enfant a finalement reçu les soins appropriés. Qui était à l’écoute à ce moment précis. C’était le chien, mon ami qui accompagnait mes nuits. Il était mon réveil matin tout comme ces oiseaux qui gazouillent dès le lever du jour. L’eau qui est trouble signale qu’elle est impropre à la consommation. Elle monte rapidement quand les égouts sont bloqués. Elle n’attend pas le matin. Elle monte rapidement à toute heure de la journée provoquant des inondations si nous ne lui laissons pas son espace d’échappement. Il faut rapidement corriger la situation. Déboucher le tuyau dégoût qui est obstrué par des dizaines de collant donnés en cadeau par notre papa Noël Josèphe. Vous auriez du voir sa tête, ce fameux soir quand l’eau est montée d’une telle rapidité, car les trois canaux étaient bloqués en même temps. «Oh! Zut! Voilà la manière que les enfants se débarrassent de ces collants, en les jetant par terre!» Cette observation, je l’ai lancée spontanément devant Josèphe qui était tout désolé. Ce fut la dernière fois que les enfants avaient ces collants. Les égouts sont souvent bloqués soit par des noyaux de pêches, des papiers ou des jouets. Il faut simplement surveiller que ces petits diables respectent l’ordre et la propreté en tout temps sinon gare aux dégâts! Quand un enfant me demande gentiment une longueur de fil, je lui donne simplement sans l’interroger. Qu’est-ce donc qu’un petit bout de fil? C’est à l’écoute de cris exubérants que finalement j’ai vu l’utilité de ce fameux fil. Un certain Gabriel, âgée d’une dizaine d’année, se gambadait avec son fil à la main. Celui-ci bien tendu par une grosse libellule bien ficelée au thorax tournoyait comme un hélicoptère. «Gabriel! Aimerais-tu que je t’attache ainsi, que je te fasse courir aussi vite que cette belle libellule!» «Mais ce n’est plus une libellule! C’est mon hélicoptère!» «Je compte jusqu’à trois et tu la laisse partir. Cela n’est pas gentil. Il faut te comporter avec toutes choses vivantes comme si tu voulais qu’on te fasse!» La pauvre libellule pu reprendre son vol en toute quiétude. Je suis très directe. Je parle plutôt de façon synthétique en quelques mots et actions, je résume la méthode de Jésus. Voltorta livre 2 page 251 Jésus arriva par une rue et regarda autour de lui, mais il ne voit encore personne. Patiemment il s’appuie à un tronc d’arbre et il attend. Il trouve moyen de parler aux gamins de la charité qui a sa source en Dieu et descend du Créateur sur toutes les créatures. « Ne soyez pas cruels. Pourquoi voulez-vous troubler ces oiseaux? Ils ont leurs nids là-haut. Ils ont leurs petits. Ils ne font de mal à personne. Ils nous donnent leurs chants et procurent la propreté en mangeant les restes de l’homme et les insectes qui nuisent aux moissons et aux fruits. Pourquoi les blesser et les tuer en privant leurs petits de leurs pères et mères, ceux-ci de leurs petits? Seriez-vous contents de voir entrer un méchant dans votre maison, la démolir, ou tuer vos parents ou vous emporter loin d’eux? Non, vous ne le seriez pas. Et alors pourquoi faire à ces créatures innocentes ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fît? Comment pourrez-vous un jour ne pas faire de mal à l’homme si, encore enfants, vous endurcissez votre cœur contre des petites créatures inermes et gentilles comme les oiseaux? Ne savez-vous pas que la loi dit : »Aime ton prochain comme toi-même? » Qui n’aime pas son prochain ne peut non plus aimer Dieu. Et qui n’aime pas Dieu, comment peut-il aller dans sa Maison et le prier? Dieu pourrait leur dire, et le dit du haut des cieux : » »Va-t-en. Je ne te connais pas, un fils, toi? Non, tu n’aimes pas tes frères, tu ne respectes pas en eux le Père qui les a faits. Tu n’es donc pas un frère pour tes frères. » Voyez comme il aime, Lui, le Seigneur Éternel? Aux mois les plus froids, Il fait trouver des greniers et des granges pour que les oiseaux puissent s’y abriter. Pendant les chaleurs, Il leur donne l’ombre des feuilles pour les protéger du soleil. En hiver, dans les champs, le grain est à peine couvert de terre et il est facile de trouver les semences et de s’en nourrir. En été, des fruits succulents soulagent la soif, ils peuvent faire des nids solides et chauds avec les brins de foin et la laine que les troupeaux laissent après les ronces. Et Il est le Seigneur. Vous, petits hommes, créés comme des oiseaux par lui, frères par conséquent de ces petites créatures, pourquoi voulez-vous être différents en vous croyant permis d’êtres cruels envers tous ces petits animaux? Soyez tous miséricordieux en ne privant aucun de ce qui lui revient, ni parmi les hommes, vos frères, ni parmi les animaux, vos serviteurs et amis, et Dieu… » J’ai été trop radicale. Je n’ai pas su être à l’écoute de cette occasion pour parler de Dieu Créateur, cela me désole un peu. Une chose est certaine c’est que plus jamais au hogar une libellule ne fut reprise comme hélicoptère. Quelques pages plus loin Maria Voltorta à la page 282 me rappelle à ne plus être cette personne pressée qu’à l’avenir il faut prendre son temps ainsi chaque moment sera un petit trésor. « Me refuser à moi? Me faire si longtemps attendre? C’est manquer de respect envers l’apôtre de Dieu » Non, amis. Regardez la création et pensez à Celui qui l’a faite. Méditez sur le progrès de l’homme, et pensez à son origine. Pensez à cette heure où nous sommes, et calculez combien de siècles l’on précédée. Le monde créé est l’œuvre d’une tranquille création. Ce n’est pas d’une façon désordonnée que le Père a fait son univers. Il a procédé par étapes. L’homme est l’œuvre d’un progrès patient, l’homme actuel, et il progressera toujours plus en savoir et en puissance, qui seront saints ou non, selon la volonté des hommes. Mais l’homme n’est pas devenu savant en un jour. Les Premiers renvoyés du Jardin avaient tout à apprendre, lentement, progressivement. Apprendre jusqu’aux choses les plus simples : comment le grain de blé est meilleur réduit en farine, puis en pâte, puis après la cuisson. Apprendre comment le réduire en farine, comment le cuire. Apprendre à faire le feu avec le bois. Apprendre comment on fait un habit en regardant la fourrure des animaux. Comment se faire un abri en observant les fauves. Comment faire une couche en observant les nids. Apprendre à se soigner avec les herbes et les eaux en observant comment agissent les bêtes poussées par l’instinct. Apprendre à voyager à travers les déserts et les mers en étudiant les étoiles, en domestiquant les chevaux, apprendre l’équilibre des embarcations qu’enseigne une coquille de noix flottant sur l’eau d’une rivière. Combien d’insuccès avant de réussir. Mais la réussite vient, et on la dépasse. L’homme n’en sera pas plus heureux pour cela, parce qu’il se rendra plus habile dans le mal comme dans le bien. Mais il progressera. La Rédemption n’est-elle pas œuvre de patience? Décidée, depuis des siècles de siècles, et même au-delà des limites du temps, voici qu’arrive le présent l’heure que les siècles a préparée. Tout est affaire de patience. Pourquoi, alors être impatient? Dieu ne pouvait-il pas tout faire en un éclair? L’homme doué de sa raison, sorti des mains de Dieu, ne pouvait-il pas tout savoir en un éclair? Ne pouvais-je, Moi, venir au commencement des siècles? Tout pouvait se produire ainsi. Mais rien ne doit être violence. Rien. La violence est toujours contraire à l’ordre. Dieu, et ce qui vient de Dieu est ordre. N’ambitionnez pas d’être plus que Dieu. Il faut, en temps utile, provoquer l’écoute quand cela devient essentiel et vital. Rester ouvert à son intuition nous certifie, de notre audace, si nous savons être persévérants et persuasifs. Pour le séjour du Noël 1999, nous manquions de produits pharmaceutiques et de médicaments. Ma prochaine arrivée était le moment idéal pour taper à la porte des pharmacies Jean Coutu. Voici en quelques lignes comment la provocation à l’écoute fut efficace. «Bonjour Madame! Je suis bénévole en Bolivie dans un orphelinat auprès d’une centaine d’enfants. Nous venons faire appel à votre générosité pour l’obtention de certains médicaments. Pourriez-vous nous aider?» «Nous aidons déjà beaucoup les enfants du Québec. Je ne crois pas que cela nous sera possible!» «Madame! Pourriez-vous seulement nous aider pour les médicaments d’un seul enfant qui a la tuberculose. Nous sommes vraiment à court d’argent et ces médicaments sont vitaux pour cet enfant!» « Un instant, je vous communique avec la personne autorisée.» Après quelques minutes d’attente, une deuxième personne écoute religieusement ma demande. Elle me répond: «C’est très bien Madame! Nous allons vous aider! Envoyez-moi par fax avec les signatures officielles de votre organisme tous les médicaments et produits pharmaceutiques que votre orphelinat a besoin. Nous allons vous satisfaire.» Je me retrouve avec une dizaine de boîtes supplémentaires pour mon départ. Avec cette donation, nous avons pu traiter ce garçon tuberculeux et garnir notre pharmacie de tout le matériel qui nous manquait. Sans ma persévérance, cette écoute aurait été vaine. Il faut savoir frapper à la bonne porte et garder en mémoire ces paroles de Jésus: «Frappez et on vous ouvrira! Demandez et on vous donnera!» C’est avec tous ces trésors, l’entraide, le travail et l’écoute que ce hogar a eu satisfaction. Sincères remerciements aux hommes de bonne volonté qui ont écouté, à ces pharmacies Jean Coutu. Tous ensemble quand nous aidons notre prochain, que nous regardons dans la même direction, l`onde de Paix grandit sans cesse. Que nos regards se fondent l`un dans l`autre.
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Chapitre 34 Je laisse de nouveau les enfants pour retrouver ma famille 26 septembre 1999. Le mariage de ma grande fille Isabelle est l’occasion espérée pour ce retour. Tous les préparatifs furent organisés avec l’aide de sa belle-famille. Elle a trouvé en celle-ci de merveilleux amis ce qui m’amène au trésor pour ce chapitre: l’amitié L’amitié, cet attachement mutuel entre deux personnes prend naissance par la bonne volonté des parties en cause. Elle demande seulement de la compréhension et de l’amour. Les liens d’une véritable amitié peuvent être plus forts qu’un amour familial car il est choisi. Il va au-delà des liens du sang. L’amitié se transforme en véritable amour quand deux personnes s’unissent pour former une famille, pour former une nouvelle roue de la vie. L’amitié demande une confiance totale entre les êtres en cause, une écoute attentionnée permettant l’aide mutuelle, en toutes occasions, dans les bons et difficiles moments qui peuvent survenir dans ce cours d’eau tumultueux de la vie. Elle aide à franchir les rapides et les torrents avec force et courage. Elle apaise les tempêtes des émotions. Elle se réjouie dans les joies quotidiennes nous amenant dans les clairières et sur les eaux calmes d’un lac bien tranquille qui reflète la bonté du Dieu Créateur dans toute sa splendeur par sa présence dans le soleil radieux. Que demander de plus à la vie, si ce n’est que de chanter: «Gracias a Dios por la vida, la tierra y el sol!» Oui! «Merci à Dieu pour la vie, la terre et le soleil!» Je le remercie pour ma famille qui agrandie à trouver l’amour et l’amitié. Cette roue de la vie tourne joyeusement en toute confiance car cette confiance est donnée à Dieu et Marie. Ils sont nos guides, nos phares nous indiquant le bon chemin. Les célébrations du mariage terminées laissent la place à la venue du nouveau millénaire. Chacun veut célébrer cette venue par un événement particulier. Je me demande encore pourquoi faire autant de chichi pour une simple journée, pour un simple nouvel an. Alors moi aussi je veux faire quelques choses de particulier. Ce nouvel an, je vais le célébrer avec ces enfants, au hogar. Ces enfants n’ont pas de famille. Ils ont donc la priorité. Les enfants d’abord! Semble être ma devise. Renoncer à ma famille pour ces petits bouts d’homme m’est essentiel. Jésus n’a-t-il pas dit: «Tout ce que vous ferai à ces petits, c’est à Moi que vous le faite!» Alors c’est avec joie que je m’attelle aux préparatifs, pour faire de ce nouveau millénaire, pour ce dernier Noël, mon Noël. Ma famille a passé son Noël quelques jours à l’avance, soit le 6 décembre. Ce samedi soir ce fut Noël dans la maison. Près du sapin, tout illuminé, les familles Rhéaume et Boldireff étaient rassemblées. Un réveillon bien canadien était célébré. Chacun reçu un petit cadeau et mes souhaits de circonstance. Le dimanche matin, je me retrouvais en l’église de Notre Dame du Rosaire quelque peu fatiguée pour recueillir les dons pour les enfants de Bolivie. Que de préparatifs pour ce Noël, les cadeaux pour chaque enfant occasionna la découverte de mes deux plus beaux cadeaux: l’amitié de Rika ainsi que la générosité du petit Sébastien Hamel. Cette femme adorable et généreuse n’a pas compté son temps et ses énergies pour me venir en aide à maintes reprises. Ce Sébastien, âgé de six ans, a offert aux enfants toutes les économies qu’il avait accumulées lors de sa tournée d’Halloween. Ses vêtements trop petits sont ajoutés à ses jouets qu’il me laisse volontiers. Le tout s’accumule dans ma maison. Il y a tant de colis qu’une partie est envoyée par le service postal. Une grosse poche rouge, celle de la mère Noël, renferme les cadeaux des enfants. Elle contient seulement les 70 sacs à dos qui serviront de sacs d’école. Les boîtes de médicaments sont précieusement emballées pour le transport aérien. Des petits cadeaux surprises sont dans mes baluchons, car chacun aura une surprise, les bénévoles comme les employés. Aucun ne sera oublié. Ce fut un de mes plus beau Noël car il fut imprégné d’amour, d’entraide, de générosité et d’amitié. Le passage à l’an 2000 fut aussi célébré de bien belle façon, au hogar. Vers 23 heure, les plus âgés des enfants sont montés à l’arrière de notre camionnette, direction le Pikatchou. C’est cette montagne qui surplombe Vallegrande. Nous roulons tranquillement sur cette route cahoteuse et sinueuse pour éviter tout accident. La route n’étant pas praticable jusqu’au sommet nous oblige à une petite escalade impétueuse. En file indienne les derniers mètres sont parcourus à la lumière de certaines lampes de poche. Au sommet, en direction de Vallegrande, le son des cloches de l’église nous signalent les premières minutes de l’an 2000. Nous illuminons le ciel de quelques feux d’artifice. La population se demandait bien qui avait eu cette idée géniale pour accueillir cette nouvelle année. Des remerciements nous furent envoyés, accompagnés de quelques douceurs pour nos garçons. Lors du souper de Noël, une petite tête étrangère était assise à notre table. C’est un garçon qui avait entendu que Noël se fêtait bien au hogar. Celui-ci s’est invité, tout simplement. La nourriture était abondante, une bouche de plus a nourri était là une occasion de bien accueillir la venue de Jésus. Cet invité inattendu est reparti avec quelques surprises, à son grand bonheur. Nous étions ouverts à l’écoute à l’enseignement de Jésus celui d’ouvrir sa porte aux plus démunis. Il y a certaines fois qu’il est impossible d’ouvrir nos portes. L’espace est restreint où l’acceptation d’un jeune parmi nuirait à son entourage. C’est le cas du petit Jésus. Oui! Jésus est le prénom de nombreux jeunes dans ces régions. Ce petit de dix ans est orphelin de père et mère. Il vit avec son grand-père, non- voyant. Les dimanches, ils parcourent les rues de Vallegrande quémandant leur nourriture pour la semaine. Un certain dimanche, comme d’habitude ce petit couple se présente à notre porte car il est certain d’obtenir satisfaction. Les enfants leur procurent des fruits et autres nourritures qui garniront leurs repas hebdomadaires. Un jeune questionne spontanément:«Nous pourrions faire une petite place à ce Jésus?» La réponse, la plus spontanée fut lancé par un plus âgé:«Eh! Burro! (C’est un âne, expression employée habituellement à Vallegrande) Si nous prenons l’enfant! Qu’adviendra-t-il de son grand-père? Lui, il a besoin des yeux de ce Jésus!» Cet adolescent dans cette spontanéité nous révèle un point d’amour que Jésus tient à cœur: celui des vieillards, des personnes âgées. Voltorta livre 4 page 553 «Vous avez raison. Les vieillards, il ne faut pas les faire pleurer. D’ailleurs, on ne doit faire pleurer personne car celui qui donne douleur au prochain donne douleur à Dieu. Mais les vieillards! Le Maître traite bien tout le monde, mais avec les vieillards, il est toute caresse comme avec les enfants. Car les enfants sont innocents et les vieillards sont souffrants. Ils ont déjà tant pleuré! Il faut les aimer deux fois, trois fois, dix fois, pour ceux qui ne les aiment plus. Jésus dit toujours que celui qui n’honore pas le vieillard est deux fois plus méchant comme celui qui maltraite l’enfant. C’est que les vieillards et les enfants ne peuvent de défendre» Donc, Jésus et son grand-père nous font encore, par leurs visites, l’occasion d’être à l’écoute de leurs besoins. Ils reçoivent ces oranges juteuses pleines de soleil, du café pour réchauffer leurs matins, des gâteries de toutes sortes pour agrémenter leurs quotidiens. Des vêtements, des petits jouets leurs sont offerts quand les occasions se présentent. Le plus beau des remerciements sont ces yeux illuminés de plaisir qu’accompagnent les embrassades de gratitude. Les enfants apprennent ainsi à partager, à respecter la famille d’autrui. Ils deviennent plus conciliant envers celui qui demande aide et protection. Ils apprennent à ouvrir leur cœur à l’amour, à l’amitié. À cette amitié qui s’offre en partage dans la confiance mutuelle des parties en cause. Elle demande la compréhension, une écoute inconditionnelle pour laisser une ouverture à toutes aides sous-entendues en ayant en retour que l’amour intégral. Un amour qui accepte le pardon pour toutes offenses volontaires et involontaires. Un amour qui pardonne au centuple toutes les offenses. Ce pardon donne le réconfort, celui qui est nécessaire pour continuer son chemin dans la sérénité. Dieu n’est-il pas le meilleur exemple du pardon de du réconfort? Voltorta livre 4 page 370 Oh! Comme il plaît à l’homme de faire savoir qu’il a été offensé et qu’il a souffert! Il s’en va comme un mendiant non pas pour demander une obole d’or au roi, mais il s’en va vers d’autres sots et gueux comme lui demander des poignées de cendre et du fumier et des gorgées de poison brûlant. C’est ce que le monde donne à celui qui a été offensé et qui s’en va, se plaignant et quémandant du réconfort. Dieu, le Roi, donne de l’or pur à celui qui, offensé, mais ans rancœur, ne va pleurer qu’à ses pieds sa douleur et à Lui demander, à Lui, à l’Amour et la Sagesse, un réconfort d’amour et un enseignement pour une continence publique. Si dons vous voulez du réconfort, allez à Dieu et agissez avec amour. Il faut agir comme un guerrier pacifique comme ce guerrier pacifique qu’est Jésus. Sa méthode est l’action. Qu’est ce qu’un guerrier pacifique. L’adaptation d’un poème de Lao Tseu le décrit parfaitement. Le guerrier pacifique a la patience d’attendre Que la boue se dépose et que l’eau se clarifie. Il se teint immobile jusqu’au moment opportun Pour que la bonne action vienne d’elle-même. Il ne cherche pas l’accomplissement, mais il attend les bras ouverts Pour accueillir toute chose. Prêt à utiliser toutes les situations, ne gaspillant rien, Il incarne la Lumière. Le guerrier pacifique possède trois grands trésors: La simplicité, la patience et la compassion. Il retourne à la source de l’Être. Patient avec ses amis comme avec ses ennemis, Il vit en harmonie avec la façon dont les choses sont. Compatissant envers lui-même, Il fait la paix avec le monde. Certains traiteront cet enseignement d’insensé; D’autres de sublime et d’impraticable. Mais pour ceux qui ont regardé au-dedans d’eux-mêmes, Cet illogisme est parfaitement logique. Et pour ceux qui le mettent en pratique, Le sublime a de profondes racines. Plusieurs boutons d’amitié sont offerts sur nos routes quotidiennes. La bonne volonté sera cette eau qui amènera ces boutons de fleurs d’amitié à l’éclosion dévoilant de nouveaux arômes d’entraide, de nouvelles fleurs éblouissantes de bonté, de simplicité. L’amitié et le pardon sont indissociables. L’amitié vraie implique l’acceptation du pardon. Il va au-delà de l’orgueil qui paralyse .Voici comment Jésus nous explique le pardon. Voltorta livre 4 page 49 Le Pardon! La rosée sur la brûlure du coupable. La rosée ce n’est pas comme la grêle qui frappe comme une flèche, blesse, rebondit et s’en va sans pénétrer, en tuant les fleurs. La rosée descend si légère que même la fleur la plus délicate ne la sent pas se poser sur ses pétales de soie. Mais ensuite, elle en boit la fraîcheur et se restaure. Elle se pose près des racines, sur la glèbe brûlée et la pénètre…C’est une moiteur de larmes, les pleurs des étoiles. Les pleurs aimants d’une nourrice sur ses enfants qui ont soif, et qui descend, en les restaurant en même temps que le lait doux et nourrissant. Oh! Le mystère des éléments qui agissent même quand l’homme repose ou pèche! Le pardon est comme cette rosée. Il amène avec lui non seulement la netteté, mais les sucs vitaux qu’il prend non seulement aux éléments mais aux foyers divins. Puis après la promesse du pardon, voici la Sagesse qui parle et qui dit ce qui est licite et ce qui ne l’est pas, et rappelle et secoue. Pas par dureté mais pas souci maternel de sauver. Je crois que le pardon est plus facile à être accordé à une tierce personne. Le pardon a soi-même me semble plus difficile, surtout quand la faute est bien enracinée dans son cœur. À cet ami que j’ai déçu, mon cœur lui était tout ouvert. Ouvert sur mes regrets face à mon frère qui s’est suicidé. Je me sentais responsable de son acte parce que je n’ai pas l’aider au moment voulu. Il a su me comprendre. Mais ce pardon, je n’osais pas me l’accorder. Encore une fois Marie de Voltorta a su bien indiquer les mots de Jésus pour bien m’éclairer. Voltorta livre 2 page 153 «Que dois-je éviter, Maître?» « Tout ce que tu sais qui te trouble. Car Dieu c’est la paix, et tu veux te mettre sur le sentier de Dieu, tu dois désencombrer ton esprit, ton cœur et ta chair de tout ce qui n’est pas la paix et amène avec soi le trouble. Je sais qu’il est difficile de se réformer soi-même. Mais je suis ici pour t’aider à le réaliser. Je suis ici pour aider l’homme à redevenir le fils de Dieu, à se refaire comme une seconde création, une auto génération que l’on veut pour soi-même. Mais laisse-moi te répondre à ce que tu demandais pour que tu ne dises pas que tu es resté dans l’erreur par ma faute. Il est vrai que le suicide est un véritable meurtre, qu’il s’agisse de notre vie ou de celle d’autrui, c’est un don de Dieu et à Dieu seul qui l’a donnée est réservé de pouvoir l’enlever. Qui se tue avoue son orgueil, et l’orgueil est haï de Dieu» « Avoue l’orgueil? Je dirais plutôt le désespoir.» « Et qu’est-ce que le désespoir, sinon de l’orgueil? Réfléchis, Judas. Pourquoi quelqu’un désespère-t-il? Parce que les malheurs s’acharne sur lui et que lui, par ses propres moyens, n’en peut venir à bout. Ou parce qu’il est coupable et qu’il juge que Dieu ne peut lui pardonner. Dans l’un et l’autre cas, n’est-ce pas peut-être l’orgueil qui le domine? L’homme ne veut se fier qu’à lui-même n’a plus l’humilité de tendre la main au Père et lui dire:« Je ne puis, mais Toi’ Tu le peux. Aides-moi, car c’est Toi qui donnes tout ce que j’espère et attends». Cet autre homme qui dit:» Dieu ne peut me pardonner», il le dit parce que mesurant Dieu à son aune, il sait que quelqu’un offensé, comme il l’a offensé, ne pourrait pardonner. Là aussi c’est de l’orgueil. L’humble compatit et pardonne même s’il souffre de l’offense qu’il a reçue. L’orgueilleux ne pardonne pas. Il est orgueilleux aussi parce qu’il ne sait pas courbé le front et dire:» Père j’ai péché, pardonne à ton pauvre fils coupable». Mais ne sait tu pas Judas, que tout sera pardonné par le Père, si le pardon est imploré d’un cœur sincère et contrit, humble et désireux de résurrection dans le bien?» Je marche donc sur mon orgueil. Je vais faire un petit tour dans une église à la rencontre de Jésus dans son sacrement du pardon. Je lui demande ce pardon pour le manque d’amour vis-à-vis mon frère. Ce prêtre me dit avant l’absolution:«Écoutes bien ceci. Tu retourneras à ta place, Jésus t’aura pardonné! Cela est-il bien clair! Il t’a pardonné! Pars en paix avec toi-même.» Alors j’accepte de me pardonner. J’accepte cette paix dans Jésus miséricordieux. Comment naît une amitié? Dans chaque personne, les semences d’amitié sont présentent. Elles attendent patiemment l’occasion, la venue propice, l’étincelle dans les yeux d’une âme en peine qui s’ouvre à nous dans toute sa simplicité. L’acceptation intégrale de cette âme en balayant au loin ses actions négatives pour laisser place à l’espoir d’horizons limpides, sans tâche. J’étais à la recherche d’un employé, d’un animateur responsable pour prendre la direction des animateurs. Mes demandes sont offertes à Marie, à l’Esprit Saint car toute ma confiance leur est acquise. Une certitude grandissante envahit mon esprit. Avec le temps, la patience est souvent récompensée. Un beau matin. Un certain Angel, ancien responsable au hogar Don Bosco se présente à nos portes. Il est disponible pour travailler avec nous. La première journée, sous observations, toutes sortes les travaux lui sont confiées. Il fait ses preuves. D’une délicatesse avec les enfants, il stimule, corrige avec doigtée sans blesser l’enfant dans ses incartades. Son expérience d’animateur me remplie d’enthousiasme. Il semble être cette perle rare demandée dans mes prières. Le soir, après le coucher des enfants une discussion franche s’ouvre spontanément sur les objectifs de chacun. Dans une cordialité mutuelle chacun ouvre son cœur laissant l’espace pour la germination d’une petite graine d’amitié. Cet Angel semble être un ange descendu du Ciel malgré son passé quelque peu entaché. «Je te fais confiance! Ce que tu as fais dans le passé m’importe peu! Les difficultés que tu as eues avec la justice sont au loin, pour moi! À une seule condition! Je te fais confiance! Ne me déçoit pas! Tu accompliras le travail comme responsable des travailleurs boliviens au hogar. Tu seras le coordinateur des activités de groupe pour les temps libres, le responsable de maintenance dans la bâtisse.» «Tu peux me faire entièrement confiance! Tu verras, je ne te décevrai pas.» «Non! Je ne veux pas être déçue. Ma confiance t’est acquise! C’est à toi maintenant de garder cette confiance intacte. J’ai besoin de toi! Et Toi tu as besoin se moi! Ensemble, nous commençons dans une amitié mutuelle. Tâchons de nous aider pour le bien de tous!» Je fais fit de son passé, ce qui déplaît à quelques personnes qui mettent en garde. Je serai sur mes gardes. Son travail est excellent en toutes occasions. Plusieurs fois, je lui confie de l’argent et certains comptes qu’il acquitte en toute franchise. Cette confiance acquise l’un envers l’autre ne semble pas s’entacher. Chacun ouvre son écrin personnel, laissant découvrir à l’autre ses trésors familiaux, ses sentiments sur la vie. Chacun obtient une obéissance intégrale à une amitié florissante.
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Chapitre 35 L’obéissance est un trésor bien particulier. Il demande la soumission de la spontanéité. Cette spontanéité irréfléchie qui accompagne l’impatience. Un enfant doit apprendre l’obéissance, apprendre à se maîtriser pour grandir dans la vie. L’obéissance est la suite logique de l’écoute. L’écoute demande l’attention, l’arrêt d’initiative personnelle. Que de fois les enfants semblent écouter, nous laissant croire à tout arrêt de son initiative. Dans le cas contraire, plusieurs anecdotes peuvent «agrémenter» le quotidien. En voici un en particulier: le cas du petit Taylor. Ce petit bonhomme, pas plus haut que trois pommes, est d’une spontanéité fulgurante. Pour commencer, il a comme habitude de relever ses pantalons jusqu’à ses aisselles ce qui raccourcit ses pantalons bien ajustés. Il semblerait que ses pantalons soient toujours trop courts, dans un défilé très protocolaire, cela pourrait donner une mauvaise note. Ce n’est pas le cas de son pantalon, le sujet exacte de l’anecdote, mais garder cette image dans votre tête. Nous sommes, le 5 août, la veille du défilé pour la fête des boliviens. Une dernière pratique s’impose pour être tous biens coordonnés pour cette marche «militaire». La centaine d’enfants, en trois rangées, bien droite, du plus petit au plus grand, marque le pas: en partant du pied droit, gauche, droite, gauche, droite. Georges, le bénévole polonais, un grand six pieds, tient dans un plat des tranches d’ananas bien juteuses de sa main gauche. De sa main droite une tranche d’ananas dégoulinante qui émoustille l’envie des enfants. «Si vous voulez une tranche d’ananas, vous devez être parfait! Alors, on continue! Gauche, droite!» Tout semble aller comme sur des roulettes. Le travail de ces deux semaines semble avoir porté fruit. Ce Taylor est le deuxième de sa rangée. Il marche la tête, un peu basse, son intérêt n’est pas très enthousiaste. Soudain, il se penche rapidement. «Oh! Quelle est belle!» Il se penche voulant ramasser un petit trésor de roche scintillante. Savez-vous ce que l’effet DOMINO quand le premier tombe? Ceux qui suivent tombent simultanément. Ce fut le cas. La filée derrière Taylor s’est affaissée sur lui laissant la place à diverses émotions, les cris, les pleurs et l’hilarité pour les observateurs. L’attention des enfants était sur cette tranche d’ananas appétissante. L’attention de Taylor était à cette roche scintillante. L’obéissance n’était pas au rendez-vous. Des consignes bien précises furent ajoutées: «C’est bien marcher en ligne droite! Mais vous devez toujours garder la tête en avant, pour éviter les obstacles. Nous serons là pour marcher non pour ramasser les trésors qui peuvent se présenter à nos yeux. Maintenant! Que chacun vienne prendre une tranche d’ananas, et cela dans le calme!» Pour le défilé, un adulte eut pour consigne de bien surveiller ce Taylor pour éviter un second cas «domino». Dans la vie chacun cherche son petit trésor. Il peut survenir à tout moment dans toute sa splendeur. Un trésor est provisoire. Il s’envole comme de la fumée. Gardons dans la tête cet esprit présent à autrui. Cette découverte de trésor va-t-il nuire à notre prochain? Si oui, sachons tenir ses distances envers celui-ci. Voici une autre anecdote: celle de Jorge et Nelson. Les dimanches après-midi, les enfants sont libres dans Vallegrande. C’est à eux de gérer ce temps libre. Il fait un soleil radieux. Tout semble être propice pour ce temps de repos nécessaire pour les animateurs et les bénévoles. Soudain, on tape à la porte du hogar. Des pleurs et des cris résonnent dans la rue. «Vite! Ouvrez! J’ai mal!» À l’ouverture de la porte, ces deux lascars, tout gonflés entrent tout en pleurs. «Les abeilles! Les abeilles nous ont attaqués!» «Comment cela! Les abeilles vous ont attaqués?» L’explication est donnée par une tierce personne. «Il y avait un nid d’abeilles dans un arbre. Jorge et Nelson ont lancé des pierres sur le nid. Il est tombé. Les abeilles se sont fâchées. Je leur ai dit de ne pas le faire. Mais ils n’ont pas écouté!» Une visite d’urgence chez le médecin s’impose car ces deux polissons ont la tête et la figure comme deux gros choux fleurs. Un repos obligatoire et des soins appropriés furent donnés. Au souper malgré leur douleur ces deux garnements ont dû faire la file avec leurs copains pour que chacun réalise la gravité de cette situation. «Jorge et Nelson! Êtes-vous contents de votre après-midi? Je crois que non. Ces abeilles, ces innocentes abeilles qui travaillent pour nous donner du miel, vous ne les aimez pas? La prochaine fois qu’une envie semblable vous traversera l’esprit tâché de garder ceci dans votre petite tête. Cette remarque s’adresse aussi à vous tous! Pensez toujours avant de faire un geste. Est-ce que j’aimerai que l’on me fasse un tel geste? Si oui! Faites-le! Si non! Restez bien tranquille! Ne faites jamais aux autres ce que vous ne voulez pas que l’on vous fasse! Que ce soit pour tout! Les animaux, les insectes et les copains. Ils sont tous vivants et venant de Dieu. C’est bien compris!» «Oui! Nous avons compris! Nous ne toucherons jamais plus aux abeilles!» «Alors bon appétit!» «Nous n’avons pas faim! Peut-on aller se coucher!» Ces deux-là furent au lit très tôt. Ils gardèrent le lit pendant deux jours dans un état pitoyable. Chaque enfant a réalisé qu’une action mal intentionnée est souvent punie plus sévèrement que l’action elle-même qu’il fallait traiter toute chose vivante, en prendre soin comme d’un ami. L’adulte étant toujours un enfant dans son cœur doit lui aussi avoir ce devoir envers son ami. L’écouter quand une parole est donnée. Faillir à sa parole entraîne des conséquences irréversibles, si l’une des parties en cause ne veut pas pardonner une incartade. La confiance est ainsi brisée, entraînant au loin dans le torrent de l’incompréhension, l’amitié. J’ai malheureusement failli à une amitié en demandant de l’aide malgré la parole donnée à un ami: «Non! Je ne parlerai de tout cela à personne!» Cet ami avait ma confiance. Je l’ai déçu. Si j’ai parlé de cet entretien à une tierce personne, c’est que j’avais besoin d’aide. Je n’ai pas respecté ma parole de ne rien dire, oui, j’ai trahi sa confiance, j’ai fait acte de désobéissance mais ne me juger pas trop sévèrement. Cela a probablement aidé à mon expulsion. Voltorta livre 2 page 308 Pensez fermement, et que cela vous soit une règle de conduite, qui rien de ce qui est caché ne le reste pour toujours. Ce peut-être Dieu qui prend soit de faire connaître les œuvres de l’un de ses fils au moyen de signes miraculeux, ou bien Il le fait par l’intermédiaire des justes qui reconnaissent le mérite d’un frère. Ce peut-être aussi Satan qui, par la bouche d’un imprudent, je ne veux rien dire de plus, révèle des choses que les bons auraient préféré de les taire, pour ne pas poussé au manque de charité, et il déforme la vérité de façon à créer de la confusion dans les pensées. C’est ainsi que le moment vient toujours où ce qui est caché est connu. Maintenant, ayez toujours cela présent à l’esprit. Que cela vous arrête sur la pente du mal sans vous inciter par ailleurs à publier le bien que vous faites. Combien de fois on agit par bonté, par vraie bonté, mais par bonté tout humaine! Or, comme cette action n’est qu’humaine et précède d’une intention qui n’est pas parfaitement pure, on désire que cette action soit connue des hommes, on écume, on s’énerve de voir qu’elle reste inconnue et on étudie des méthodes pour que ce bien soit connu. Non, mes amis. Ce n’est pas ainsi. Faites le bien et abandonnez-le au Seigneur Éternel. Oh! Lui saura, si la chose vous est profitable. De la faire connaître aussi aux hommes. Si, au contraire, la divulgation pouvait enlever toutes valeurs à vos actions entreprises dans un juste but par l’effet d’une résurgence d’orgueilleuse complaisance, voici qu’alors le Père la garde secrète, se réservant de vous rendre gloire au ciel en présence de toute la Cour Céleste. Que celui qui voit une action, ne la juge jamais sur les apparences. N’accusez jamais, car les actions humaines peuvent avoir un aspect déplaisant et cacher des motifs louables. Un père, par exemple, peut dire à un fils paresseux et bambocheur; «Va-t-en», cela peut passer pour de la dureté et une dérobade à ses devoirs de père. Mais il n’en a pas toujours ainsi. Son « Va-t-en » est assaisonné d’un pleur bien amer, plus celle de la part du père que du fils, et il est accompagné de la parole et du vœu qu’elle se vérifie:»Tu reviendras quand tu te seras repenti de ta paresse». C’est même justice à l’égard des autres fils, parce que ce comportement empêche qu’un bambocheur dépense en débauche ce qui appartient aux autres en plus de qui lui appartient. Cette parole serait mauvaise, au contraire, si elle venait d’un père qui, en faute, à l’égard d’un Dieu et à l’égard de ses enfants, dans son égoïsme, il se juge supérieur à Dieu et pense avoir des droits même sur l’esprit de son fils. Non. L’esprit appartient à Dieu, et Dieu ne violente pas la liberté de l’esprit de se donner ou pas. Pour le monde, les actes sont pareils, mais combien l’un est différent de l’autre! Le premier relève de la Justice, le second d’un arbitraire coupable. Ne jugez donc jamais. Je fis acte de désobéissance vis-à-vis ma parole donnée. Je dois en subir les conséquences. Une amitié brisée que j’aimerai tant retrouver. Le temps arrange bien des déconvenues. L’avenir laisse place à toutes les possibilités. Il laisse place au trésor de l’espérance. Voltorta livre3 page 8 Vivre sans espérance est une horreur. La vie est belle avec ses duretés seulement parce qu’elle reçoit le flot du Soleil Divin. La vie a pour but ce Soleil. Est-il sombre le jour humain, trempé de larmes, marqué de sang? Oui, mais après il y aura le Soleil. Plus de douleurs, plus de séparations, plus de dureté, plus de haine, plus de misères et de solitudes sous les nuages qui accablent, mais clarté et chant, mais sérénité et paix, mais Dieu. Dieu: le Soleil Éternel. L’obéissance a sa place dans le maintien d’un poste de directeur, dans ses convictions, dans ses jugements. Cette certitude de pensée surtout quand il s’agit d’employer est sa ligne de conduite. Il a la priorité sur certaines décisions. Le travail d’Angel était très satisfaisant. Ma confiance lui était acquise. Si une tierce personne, n’ayant pas cette confiance acquise pour celui-ci, suggère un renvoi. À qui? À quoi devrai-je obéir? Ayant en main la direction du hogar, le bien des enfants, le bon travail d’Angel ainsi que sa confiance m’indique la solution: Garder celui malgré les réticences de certains. Cette décision augmente d’un cran l’atmosphère tumultueuse du hogar. Plusieurs changements surviennent dans l’ordre des travailleurs qui ne sont pas toujours présents au bien-être des enfants. De jeunes stagiaires s’ajoutent à la routine quotidienne. Les enfants apprécient ces nouvelles présences par de meilleurs résultats scolaires. L’inauguration de la restauration pour le troisième dortoir occasionne de nombreux préparatifs. Le consulat canadien nous a apporté une aide financière très appréciée. Cette inauguration fut l’occasion inespérée pour remercier toute la population de Vallegrande pour son aide accordée depuis notre présence parmi eux. Les divers commerçants furent emballés d’être ainsi parmi les invités. «C’est la première fois que nous recevons des invitations! C’est très gentils de votre part!» Cela était normal de tous les remercier, car sans eux, sans leurs soutiens, les enfants ne seraient pas aussi fiers d’être dans cette grande famille élargie. La reconnaissance de bienfaits reçus est le meilleur salaire de toutes actions. Alors, il ne faut pas oublier le principal instigateur de tous biens: Dieu Voltorta livre 3 page 180 «Merci mon Dieu pour cet argent, pour ces moissons, pour ces arbres, pour ces brebis, pour ces commerces! Merci brebis, arbres, prés, commerces qui m’êtes si utiles! Soyez tous bénis, parce que par ta bonté, ô Éternel, par votre bonté, ô choses, voici que je peux faire tant de bien à qui a faim, à qui est nu, sans toit, malade, seul…. L’an dernier, je l’ai fait pour dix. Cette année, bien que j’aie donné beaucoup aux aumônes, j’ai davantage d’argent, plus riches sont les moissons et plus nombreux sont les troupeaux, voici que je vais donner deux fois, trois fois plus que l’an passé, pour que tous, même ceux qui n’ont rien personnellement, se réjouissent avec moi et te bénissent avec moi, Toi, Seigneur Éternel». Voilà la prière du juste. Cette prière qui, unie à l’action, transporte vos biens au Ciel et non seulement vous les conserve pour l’éternité mais vous les fait trouver augmentés des fruits saints de l’amour. Ayez votre trésor au Ciel, pour y avoir votre cœur, au-dessus et au-delà du danger pour que non seulement l’or, les maisons, les champs, les troupeaux ne puissent subir les malheurs, mais pour que votre cœur ne soit pas attaqué, enlevé, corrompu, brûlé, tué par l’esprit du monde. Si vous agissez ainsi, vous aurez votre trésor dans votre cœur parce que vous aurez Dieu en vous, jusqu’au jour bienheureux où vous serez en Lui.
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Chapitre 36 Ce dernier mois de mai 2001, ce mois de Marie fut l’un des plus chargés d’émotion. Pourquoi le mois de mai est-il consacré à Marie? Est-ce par tradition? Par obligation? Non! C’est par simple reconnaissance pour Celle qui a su obéir à la volonté du Père acceptant de porter le Fils du Père se faisant ainsi notre Sauveur. Voltorta livre 4 page 440 «Parce qu’en vérité je vous le dis qu’au Ciel on ne mesure pas avec les mesures de la terre. Et ma Mère elle-même sera heureuse non pas tant pour son âme immaculée que pour avoir écouté la Parole de Dieu et l’avoir mis en pratique par l’obéissance. Le «que l’âme de Marie soit faite sans faute» c’est un prodige du Créateur. C’est à lui donc qu’en va la louange. Mais le «qu’il soit fait de moi selon ta parole» c’est un prodige de ma Mère. C’est donc pour cela qu’est son grand mérite. Si grand que pour cette capacité d’écouter Dieu, parlant par la bouche de Gabriel, et pour sa volonté de mettre en pratique la parole de Dieu sans rester à soupesés les difficultés et les douleurs immédiates et futures qui viendraient de son adhésion, est venu le Sauveur du monde. Vous voyez donc qu’Elle est ma Bienheureuse Mère non seulement parce qu’elle m’a engendré et allaité, mais parce qu’elle a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique par l’obéissance. Je ne suis pas la seule à avoir une dévotion particulière à Marie, Angel aussi. Nous voulons pour le mois de Marie, apprendre aux enfants à prier notre Mère du Ciel, même quand un proche décède. Il est normal de prier pour celui-ci. La fleur fut employée pour rallier tous ses petits esprits vagabonds autour d’un point commun: le centre d’une fleur. Cette fleur était composée de neuf pétales représentant chaque journée de la neuvaine. Sur celle-ci s’inscrivait une intention toute particulière: Pour la santé de Sœur Lucie. Sœur Lucie est une bonne amie et bienfaitrice pour le hogar. Cette neuvaine commença le 11 mai. La statue de Marie Auxiliatrice est placée dans les dortoirs des enfants, à tour de rôle. Chaque groupe organise un coin spécial pour la recevoir. Le premier groupe est celui des petits. Quand Marie fut bien installée sur l’oratoire de ce groupe, un des plus jeunes, Arturo, s’arrête devant Marie. Il se signe, il fait une prière. Un petit temps de réflexion qui fut pour moi le plus beau des trésors. Ici, en Bolivie, les enfants jusqu’au plus petit ont cette spiritualité toute simple qu’il manque à nos jeunes d’ici. Le 12 mai, dans la soirée, est décédé le père de Gladys, la monitrice du groupe moyen. Donc sur les pétales restants, est ajouté « L’âme du papa de Gladys». Des enfants bien intentionnés apprirent à prier pour le bien des vivants comme pour le bien d’un défunt. Ils apprirent à garder espoir en leurs parents défunts, en leurs aides, à leurs amours. Voltorta livre 4 page 535 Jésus lui met la main sur la tête en disant:» Celui qui croit à ma parole ne doit pas être triste comme ceux qui ne croient pas. Je dis toujours la vérité. Même quand J’affirme qu’il n’y a pas de séparation pour les âmes des justes qui sont dans le sein d’Abraham et celles des justes qui sont sur la terre. Je suis la résurrection et la vie. Et cette vie, Je l’apporte même avant d’accomplir ma mission. Tu m’as toujours dit que tes parents soupiraient après la venue du Messie et qu’ils demandaient à Dieu de vivre assez pour le voir. Ils croyaient donc en Moi. Ils se sont endormis dans cette foi. Ils sont par conséquent déjà sauvés par elle, déjà ressuscités et vivants par elle. Car c’est une foi qui donne la vie en donnant la soif de justice. Chaque soir de cette neuvaine, un feu de camp est allumé pour éclairer la récitation du chapelet, pour terminer un pétale est jeté dans le feu. Certains enfants ajoutaient spontanément leurs intentions: pour mon papa qui est parti, pour ma maman. Aucune intention n’était rejetée. Chacun a su trouver le réconfort, auprès de la Vierge Marie, en cette neuvaine. Voltorta livre 4 page 368 Enfin dernier cercle de cette couronne d’amour resserrée comme les pétales d’une rose autour du cœur de la fleur, l’amour pour les frères de sang; les premiers des prochains. Le centre du cœur du centre de la fleur d’amour c’est Dieu, l’amour pour lui est le premier qu’il faut avoir. Autour de son centre, voici l’amour pour les parents, le second qu’il faut avoir parce que les parents sont les petits«Dieu» de la terre, parce qu’ils nous créent et coopèrent avec Dieu pour nous créer, sans compter qu’ils ‘occupent de nous avec un amour inlassable. Pour clore cette neuvaine en beauté, nous avons tous assisté à la messe, au matin 19 mai. Tel de petites fourmis nous marchions en rang derrière la statue de Marie Auxiliatrice. Bien installée dans son support, Elle ouvrait la marche. Au soir, avant le souper, ce cortège a repris sa route dans Vallegrande, au rythme des prières. Certains habitants se sont joints au cortège. Tous priaient Marie notre Mère du Ciel. Cette statue a présidé un souper de fête épatant. Tous les enfants ainsi que tous les employés, comme les stagiaires étaient présents. Un vrai repas de fête: poulet frit, patates frites, salades, jus et pour bien terminer un désert. Douze gros pains briochés furent bien partagés en portions égales et arrosées d’un coulis de fraises bien sucré. Ce coulis fut fantastique car il provient de fraises cultivées par nos grands. Les grands ont bien commencé à pourvoir aux besoins des petits. Un dernier grand feu de camp fut allumé pour bien terminer les festivités pour Marie. Je lui donne le temps nécessaire tout au long de ce mois pour un rosaire quotidien qui pour moi est une habitude, une tradition si vous le voulez. C’est en suivant l’exemple de mon père, que cette habitude m’est venue. Il me fait signe en ce mois de Marie qu’il est toujours à mes cotés, toujours là pour m’aider, même s’il est mort, je sens toujours sa présence à mes cotés. Oui mon père était à mes cotés car c’est au dimanche de la paix. Ce dimanche où j’animais la messe en commençant par ces paroles: «Je vous laisse la Paix, Je vous donne ma Paix!» que m’est parvenu par le courrier le joli texte de Pierre Guilbert. Ce texte était gardé bien à l’abri dans son ordinateur, quand Anne, ma sœur aînée, alluma cet ordinateur, ce texte, testament de mon père, comme le dit si bien une bénévole, s’est révélé. Oui! C’est encore des coïncidences, cela porte à réfléchir. Où est donc ma place? Mon travail à ce hogar tire-t-il à sa fin? Marie, notre Mère au Ciel, me réserve sa réponse. Lundi le 29 mai, je prends trois jours de congé, sans les enfants. Cuchambamba est l’endroit idéal car plusieurs achats doivent être faits. Je profite de la camionnette du hogar puisque Georges doit aussi y aller. «Je veux bien t’amener avec moi! À une condition! Je ne parlerai en chemin. Je resterai silencieux! Cela est-il bien clair?» Certainement que cela est clair. Mais que se passe-il donc dans sa tête? J’ai bien essayé d’entamer une conversation, mais sans grand résultat. Il n’est pas content. Je le sais. La confiance que j’ai vis-à-vis Angel le contredit. Les achats nécessaires sont pour les enfants: matériel de bricolage, livres, souliers et aussi une nouvelle bannière pour remplacer l’ancienne qui est plus que défraîchie. À l’endos de celle-ci est inscrit: LA TORTUGA est nom surnom. Cette bannière sera mon cadeau personnel pour ce hogar. J’ai un mauvais pressentiment. J’ai l’impression d’un départ imminent. À mon retour le 1ier juin, dans la soirée, par trois fois un crucifix est tombé de mes mains. Angel était à mes cotés. À la troisième fois, je lui dis:«Qu’est ce qui se passe? J’espère qu’il n’arrive rien à mon mari, à mes enfants ou à ma mère!» «Calmes-toi! Tout va bien! Vas plutôt te coucher! Tu dois être fatiguée!» Tout au long de ce mois de mai, j’arrivais à la messe quotidienne, à la course, car c’est avant cette messe que je réservais mon temps pour la récitation du Rosaire. Une journée, je m’excusais auprès d’Elle de ce manque de temps. Je lui ai dis ceci: «Marie, je m’excuse de ce rosaire à la course, quand je serai de retour dans ma maison, je te réserverai tout mon temps. Je te le consacrerai et cela pour la Paix!» Nous ne devons pas faire de marchandage avec Dieu et Marie, car Ils nous prennent au mot. Oui! Elle m’a prise à la lettre, car au début de juin, les événements se sont déroulés de telle façon que je suis maintenant dans ma maison. Ce n’était pas mon mari, ni mes enfants, ni mon mère qui était en cause ce 1ier juin. Ce fut Sylvain, un de nos bénévoles canadien. Il fut victime d’un chauffard à château Richer. Je suis descendu en catastrophe pour ses funérailles. Malgré toutes les dépenses qu’a encourues ce voyage éclair, la consolation des parents de Sylvain en valait la peine. Ils ont su que Sylvain a fait un travail fantastique. Cela devait leur être dit. Je l’ai fait avec spontanéité. Ces parents furent réconfortés. Ils ont donné la croix qui reposait sur le cercueil de Sylvain. Elle est maintenant à Mama Marguarita, à Guadaloupe. L’endroit ou Sylvain a si bien travaillé avec les enfants. Le 26 juin, le directeur fait lui aussi un voyage-éclair à Vallegrande. À mon retour de la messe quotidienne, Gaston était présent au hogar. «Puisque tu es ici cela veut dire que je dois partir!» «Allons dans le bureau pour parler!» Les premières pensées qui me viennent à l’esprit sont celles-ci: «Mon Dieu, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font!» Je me demande encore pourquoi ces paroles ont jaillies dans mon esprit. Je ne veux surtout me montrer présomptueuse. J’ai ce besoin de penser à Dieu. Ces paroles me calmaient de façon spontanée. La discussion fut très calme. Gaston me demande de retourner dans ma famille. Il affirme que mon mari a besoin de moi, que mes enfants ont besoin de moi, alors je l’écoute malgré l’impression d’un travail inachevé avec ces enfants de Bolivie. Mon temps sera maintenant consacré aux Rosaires, à travailler, à ma façon pour la Paix, en travaillant un peu comme une disciple de Jésus. Voltorta livre 4 page 388 Venir à Moi comme disciple, cela veut dire renoncer à tous les amours pour un seul amour: le mien. Amour égoïste pour soi-même, amour coupable pour les richesses, pour la sensualité ou la puissance, amour honnête pour l’épouse, amour saint pour la mère, le père, amour affectueux des fils et des frères ou pour les fils et les frères, tout doit céder à mon amour, si on veut être mien. En vérité je vous dis plus libre que les oiseaux doivent être mes disciples, plus libres que les vents qui parcourent les espaces sans que personne les retienne, personne ni rien. Libres, sans lourdes chaînes, sans lacets d’amour matériel, sans même les fils d’araignées fins des plus légères barrières. L’esprit est comme un papillon délicat enfermé dans un lourd cocon de chair, et son vol peut s’alourdir ou s’arrêter tout à fait, par l’action d’une iridescente et impalpable toile d’araignée, l’araignée de la sensualité, du manque de générosité dans le sacrifice. Moi, je veux tout, sans réserve. L’esprit a besoin de cette liberté de donner, de cette générosité de donner, pour pouvoir être certain de ne pas rester pris dans la toile d’araignée des affections, des coutumes, des réflexions, des peurs tendus comme les fils de cette araignée monstrueuse qu’est Satan, voleur des âmes. Si quelqu’un veut venir à moi et ne hait pas saintement son père, sa mère, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et jusqu’à sa vie, il ne peut être mon disciple. J’ai dit«hait saintement». Vous, dans votre cœur, vous dites:»La haine, Lui l’enseigne, n’est jamais sainte. Lui, donc contredit» Non, Je ne contredis pas. Je dis de haïr la pesanteur de l’amour, la passion charnelle de l’amour pour le père, la mère, l’épouse et les enfants, les frères et les sœurs, et la vie elle-même mais, d’autre part, j’ordonne d’aimer avec la liberté légère, qui est propre des esprits, les parents et la vie, Aimez-les en Dieu et pour Dieu, ne faisant jamais passer Dieu après eux, vous occupant et vous préoccupant de les amener là où le disciple est arrivé, c’est-à-dire à Dieu vérité. Ainsi vous aimerez saintement les parents et Dieu, en conciliant les deux amours et en faisant des liens du sang non pas un poids mais une aile, non pas une faute, mais la justice. Même votre vie, vous devez être prêts à la haïr pour me suivre. Hait sa vie celui qui, sans peur de la perdre ou de la rendre humainement triste, la consacre à mon service. Mais ce n’est qu’un semblant de haine. Un sentiment qui est appelé de manière incorrecte:«haine», par la pensée de l’homme qui ne sait pas s’élever, de l’homme uniquement terrestre, de peu supérieur à la brute. En réalité cette haine apparente qui est le refus des satisfactions sensuelles de l’existence, pour donner une vie toujours plus grande à l’esprit, c’est de l’amour. C’est de l’amour, le plus élevé qui existe, le plus béni. Ce refus des bases satisfactions, cette interdiction de la sensualité des affections, ce risque des reproches et des commentaires, des punitions, des répudiations, des malédictions et, peut-être des persécutions, est une suite de peines. Mais il fait les embrasser et se les imposer comme une croix, un gibet sur lequel on expie toutes ses fautes passées pour aller justifiés vers Dieu, et par lequel on obtient de Dieu toute grâce vraie, puissante, sainte, pour ceux que nous aimons. Celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas, celui qui ne sait pas le faire, ne peut pas être mon disciple. Il semble c’est une croix que je doive porter. Les sœurs du hogar Anicet Solares m’invitent pour un dîner d’adieu. Elles me font cadeau d’un joli sac à main confectionné par les jeunes filles. Une merveilleuse carte accompagne celui-ci. L’inscription suivante confirme bien cette impression de croix à porter: «Chacun a sa croix à porter! Bonne chance avec ta famille! Il y aura toujours une place dans notre hogar.» Nous avons le même but, aider les enfants, alors parlons à Dieu. «Que nos lèvres supplient ensemble le Père Éternel pour obtenir miséricorde.
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Chapitre 37 Le 1ier juillet, fête du Canada, fut une «fête d’adieu». À chaque départ d’un bénévole, le hogar le remercie par un dîner. En grande pompe, son travail accompli est souligné, Les ballons, la musique et surtout les cartes de remerciements des enfants essaient d’agrémenter cette fête qui est plutôt nostalgique. C’est le cœur dans l’eau que s’effectue ce départ involontaire. L’obéissance laisse place au désir de rester au hogar Anicet Solares qui m’offre une possibilité de rester en Bolivie. Je retourne dans ma famille le 4 juillet 2001. Je me sens comme une vieille chaussette jetée au loin. La première réaction est de mettre une croix sur tout ce qui s’appelle amitié pour ne plus être déçue par des amours incompris. L’isolement total fait place à ces petits bouts d’homme attachants, à ce travail enrichissant qu’est de ce donner sans compter. Ce travail, cette expérience, je veux la partager avec plusieurs, l’écriture du livre «Sur les chemins de la Paix» se met en branle. Son démarrage est facilité par le journal de bord qui s’inscrivait à chaque journée, dès le début de ce périple. Le manque de temps pour inscrire les détails de chaque journée, au cours des dernières années m’ont obligé à plusieurs appels à Vallegrande. Ces appels m’apportaient certains réconforts. Ils occasionnaient aussi des mécontentements de certains interlocuteurs. -Arrêtes d’appeler! Tu nous déranges!» Je sais très bien que je dérange, mais je tiens à inscrire dans ce livre la vérité intégrale sur les faits, les gestes et les dates. Mon fils Sébastien est dans la place. Il est ma bouche et mes yeux durant cette présence. Je tiens à écrire cette aventure de Bolivie car elle fut accomplie pour le mérite de Dieu. Pour remettre le contact avec le directeur, un article passe dans la revue DERNIÈRE HEURE, le 13 octobre 2001. Ce fut peine perdue! Seulement des remontrances me soulignant que les désaccords se règlent en famille. Ce n’est pas pour la guerre que cet article fut demandé, c’était une ouverture pour un dialogue. Puisque la liaison semble être rompue, il me reste le pardon en échange, en partage. Sera-t-il accepté? L’avenir seul a la réponse. Je sais que j’ai brisé une chose essentielle, la confiance. Le pardon pourra reformer ce maillon qui s’est brisé. Voilà déjà deux ans que cet article est paru. Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis ce temps. Bien des changements sont survenus et continus. Ma famille s’est agrandie de trois petits-enfants. Cette parole fut dite à ma fille: «Quand je serai grand-maman, je resterai à la maison pour profiter de mes petits-enfants!» Alors à parole donnée, chose dues! Je respecte ma parole. Je reste à la maison à chouchouter à la moindre occasion ces petits-enfants, à chouchouter mon mari qui a su bien me laisser cette liberté de mouvement au moment opportun. J’aime tendrement mon époux. Il m’a permis cette découverte de trésors fabuleux tels que patience, l’écoute, le travail, l’amitié, le pardon et les deux principaux Dieu et Marie. Je consacre donc mon temps à ces deux derniers trésors pour qu’Ils nous aident par leur éclat à l’instauration d’un monde meilleur, un monde de Paix et d’amour. Oui! Toutes mes énergies seront pour un monde de paix car pour ces petits-enfants, c’est ce monde que je leur souhaite. Je suis convaincu de cette aide venant du Ciel, de Dieu. Voltorta livre 3 page 8 Une âme qui a perdu cette certitude de l’aide de Dieu, qu’est-elle jamais? C’est un faible liseron qui se traîne dans la poussière car il ne peut s’accrocher à l’idée qui était sa force et sa joie. Vivre sans espérance est une horreur. La vie est belle dans toute ses duretés seulement parce qu’elle reçoit le flot du Soleil Divin. La vie a pour but ce Soleil. Est-il sombre le jour humain, trempé de larmes, marqué de sang? Oui, mais après, il y aura le Soleil. Plus de douleurs, plus de séparations, plus de duretés, plus de haines, plus de misères et de solitudes sous les nuages qui accablent, mais clarté et chant, mais sérénité et paix, mais Dieu. Dieu: le Soleil Éternel! Regardez comme elle est triste la terre quand survient une éclipse. Si l’homme devait se dire:« Le soleil est mort» ne lui semblerait-il pas qu’il vit pour toujours dans un obscur tombeau, emmuré, enseveli, mort avant d’être mort? Mais l’homme sait qu’au-delà de cet astre qui cache le soleil et donne au monde un aspect funèbre, il y a toujours le gai soleil de Dieu. Il en ai ainsi de la pensée de l’union à Dieu en cette vie. Les hommes blessent, volent, calomnient! Mais Dieu guérit, restitue, justifie. Et sans mesure. Les hommes disent: «Dieu t’a repoussé»? Mais l’âme tranquille pense, doit penser:«Dieu est bon et juste. Il voit les causes et Il est bienveillant. Et l’est encore plus que l’homme le plus bienveillant puisse l’être. Il l’est infiniment. Par conséquent, non. Il ne me repoussera pas si j’incline mon visage en pleurs sur son sein et lui dis:»Père. Toi seul me restes. Ton enfant est affligé et abattu. Donne-moi ta paix….» Maintenant Moi. L’Envoyé de Dieu, je rassemble ceux que l’homme a troublés ou que Satan a renversés et je les sauve. C’est mon œuvre, une œuvre vraiment mienne. Le miracle sur la chair, c’est la puissance divine. La rédemption des esprits, c’est l’œuvre de Jésus Christ, Sauveur et Rédempteur. Je pense, et je ne me trompe pas, que ceux-là qui ont trouvé en Moi leur réhabilitation aux yeux de Dieu et à leurs propres yeux, seront mes disciples fidèles, ceux qui, avec plus de force, pourront entraîner les foules vers Dieu disant:«Vous pécheurs? Moi aussi. Vous, avilis? Moi aussi. Vous désespéré? Moi aussi. Et pourtant, vous le voyez, le Messie a eu pitié de ma miséricorde spirituelle et il m’a voulu son prêtre. Car il est la Miséricorde et il veut que le monde en soit persuadé, et nul n’est plus apte à persuader que celui qui l’a éprouvée». Oui! Je me confie à Dieu en toute obéissance. Je fais sa volonté car Il est le Chemin. Voltorta livre 3 page 10 «Tu as bien parlé Simon» dit Jésus qui devant eux, semblait absorbé par ses pensées.»Tu as bien parlé. Il est plus facile d’obéir que de commander. Il n’y paraît pas. Mais c’est ainsi. C’est certainement facile quand l’esprit est bon. Comme il est difficile de commander quand on a l’esprit droit. Car si un esprit n’est pas droit, il donne des ordres fous plus que fous. Alors il est facile de commander. Mais… comme il devient difficile d’obéir! Quand quelqu’un a la responsabilité d’être le premier d’un lieu ou d’une assemblée il doit avoir toujours présents à son esprit: charité et justice, prudence et humilité, tempérance et patience, fermeté et pourtant pas d’entêtement. Oh! C’est difficile!… Vous, pour l’heure, n’avez qu’à obéir. À Dieu et à votre Maître. Toi, et non pas toi seul, tu te demandes pourquoi je fais ou ne fais pas certaines choses, tu te demandes pourquoi Dieu permet ou ne permet pas de telles choses. Vois, Pierre, et vous tous mes amis. Un des secrets de parfait fidèle est de ne s’ériger jamais en interrogateur de Dieu. «Pourquoi fais-Tu ceci?» demande quelqu’un qui est formé à son Dieu. Et il paraît prendre l’attitude d’un adulte devant un écolier pour dire:»Ce n’est pas à faire. C’est une sottise. C’est une erreur» Qui est supérieur à Dieu. Alors je prends cette décision d’être disciple de Jésus, de suivre ses enseignements, de L’aider de tout mon être comme Il nous aide. Je serai un semeur de ses paroles. Mon terrain, ma terre sera l’écriture. Les semences seront les lettres. Ce temps de réflexion dura de juillet 2001 à juillet 2003. Il fallu ces deux années pour que les nuages de dissipent laissant entrevoir une éclaircie dans la tempête de mes sentiments. Je ne suis pas restée inactive durant ce temps, bien au contraire. Avec tout le tumulte du monde extérieur, je demandais à Marie de nous aider pour la Paix. Il me semble que certaines de mes demandes furent vaines, telles, les écoutes des éditeurs. Personne ne voulait de ce livre « Sur les chemins de la Paix» Je demandais finalement à l’une de mes amis de lire ce livre. Sa réponse fut celle-ci: «Ton livre se termine en queue de poisson!» C’est vrai qu’il se terminait en queue de poisson. Quatre années qui semblent se terminer dans le malheur. En fait c’était le cas car il semblait qu’il se terminait sur une note d’amertume. Je priais de toutes mes forces pour la paix. Cette paix ne semblait pas m’envahir. Il y manque la cause principale que demande toute Paix: la miséricorde, le pardon. Je pardonne donc à tous ceux qui de près où de loin j’aurai pu offenser en paroles où en actes. Je demande à Dieu de m’appuyer dans cette recherche de bonheur intégrale. Sa réponse fut très claire. C’est à ce moment que L’Évangile tel qu’il m’a été révélé s’est présenté à mes yeux. Qu’il m’a ainsi procuré cette paix intérieure. Les dix livres de Maria Voltorta furent lus, en très peu de temps. Il semble qu’il a fallu que je vive toutes ces années avec les émotions positives et négatives pour comprendre intégralement tous les récits, si bien exposés. C’est pour cela que j’emploi plusieurs de ces récits. Ils viennent consolider mes propres chemins de vie. Cela sera donc ma façon d’être disciple de Jésus pour vous permettre de réaliser, que par des actions toutes simples nous pouvons aisément suivre ses traces. Oui, il y a eu des moments difficiles mais les moments merveilleux effacent toutes traces de tempêtes. Il y a toujours le soleil qui rayonne après une tempête. Il est ainsi mieux apprécié. J’écris ces quelques mots tout spécialement pour toutes ces femmes à la maison. Ne vous sentez pas coupables si vous êtes dans votre maison, que vous aussi vous aimeriez bien vivre une expérience, une aventure semblable, mais que les obligations vous retiennent dans votre univers. Tous ne peuvent entreprendre un tel chemin. Voltorta livre 3 page 46 «Les femmes fidèles qui ne se sentent pas appelées à quitter leur maison pour me suivre me servent également en restant chez eux. Si toutes avaient voulu venir avec Moi, j’aurai dû commander à certaines de rester Il y a certainement des malades cloués au lit qui ne peuvent plus partir à l’aventure. Savez-vous que malgré votre condition, vous aussi vous aider Jésus. Voltorta livre 4 page 494 Soyez persévérants. Je ne vous demande que cela. Souvenez-vous que Dieu ne peut céder aux sortilèges d’un de mes ennemis. Vos malades, ceux qui ont eu réconfort et paix pour leurs esprits, qu’ils parlent toujours par leur seule présence, de qui est Celui qui est venu parmi vous pour vous dire:»Persévérez dans mon amour et ma doctrine et vous aurez le Royaume des Cieux». Mes œuvres parlent plus encore que mes paroles, et bien que ce soit une béatitude parfaite de savoir croire sans avoir besoin de preuves. Tous tel que nous sommes à la maison, au travail, à l’hôpital, en groupe, en famille ou isolé nous pouvons reconstruire ces petites cités spirituelles que nous sommes. Voltorta livre 4 page 480 Comment reconstruire ces petites cités spirituelles que tant de raisons ont démolies? Quels matériaux employer pour les faire solides, belles, durables? Les matériaux sont dans les préceptes du Seigneur. Les dix commandements, et vous les connaissez parce que Philippe, votre fils et mon disciple, vous les a rappelés. Les deux saints parmi les saints préceptes:»Aime Dieu avec tout ton toi-même. Aime le prochain comme toi-même». C’est l’abrégé de la loi et se sont ceux-ci que Je prêche parce que, avec eux, on est sûr de conquérir le Royaume de Dieu. Dans l’amour se trouve la force de se conserver saint ou de le devenir, la force de pardonner, la force de l’héroïsme dans la vertu. Tout se trouve dans l’amour. Ce n’est pas la peur qui sauve. La peur du jugement de Dieu, la peur des sanctions humaines, la peur des maladies. La peur n’est jamais constructive. Elle provoque l’éboulement, l’effritement, la dislocation, la ruine. La Peur porte au désespoir, elle porte aux astuces pour cacher une mauvaise conduite, elle porte seulement à craindre quand la crainte est désormais inutile parce que le mal est désormais en nous. Qui pense, pendant qu’il est en bonne santé, à agir avec prudence par pitié pour son corps? Personne. Mais dès que le premier frisson de fièvre court dans les veines, ou qu’une tache fait penser à des maladies immondes, voici alors qu’arrive la peur, tourment qui s’ajoute à la maladie, force de désagrégation dans un corps que déjà la maladie désagrège. L’amour au contraire est constructeur. Il construit, affermit, maintient compact, persévère. L’amour apporte l’espérance en Dieu. L’amour fait fuir le mal. L’amour porte à la prudence envers sa propre personne qui n’est pas le centre de l’univers, comme le croit et le font les égoïstes, les faux amoureux d’eux-mêmes : la moins noble, au détriment de la partie immortelle et sainte; mais c’est un devoir, cependant, de toujours en prendre soin pour la conserver en bonne santé tant qu’il plaira à Dieu, pour être utile à soi-même, aux parents, à sa cité, à son pays tout entier. Il est inévitable que surviennent les maladies. Il n’est pas dit que toute maladie soit la conséquence d’un vice ou d’une punition. Une maladie peut-être l’occasion d’offrir ses souffrances, ses angoisses à Dieu, tout comme Jésus a su le faire pour nous sauver. Ce peut-être aussi une occasion décrire directement au Papa des cieux pour lui demander son aide. «Demandez et l’on vous donnera!» Mais il faut le demander, faire cet acte d’humilité quand on est démuni. Il y a un certain casier postal que l’on peut se procurer aux éditions Saint- Raphaël, à Sherbrooke. Ce casier postal à notre cher Papa des Cieux comprend deux choses principales: un volume écrit par Roger Bonheur relatant plusieurs témoignages représentatifs des réponses reçues du Ciel. Cette méthode de la prière-écrite s’est toujours révélée très efficace lorsqu’elle est faite avec foi, humilité, confiance et amour. La seconde partie du casier postal est la boîte elle-même ou le casier qui sert à contenir les lettres que tout lecteur ou lectrice désire envoyer au Père Éternel. Ce Roger Bonheur est un pseudonyme. Il est né en 1919 dans l’Estrie au Québec; il est décédé à Montréal en 1998. Il était machiniste de son métier. Il avait toujours avec lui des casiers postaux à notre cher Papa des Cieux, qu’il avait fabriqué avec amour, un moyen qu’il avait inventé pour mieux faire connaître les bontés du Père Éternel et nourrir la prière du coeur. À sa retraite, il a écrit un livre, maintenant épuisé, avec une sélection des nombreux témoignages qu’il avait reçus de partout. Il y a une nouvelle édition revue et corrigée. Ce casier postal s’adresse directement à une personne intéressée. Si une personne a besoin d’aide, c’est elle qui doit écrire, c’est elle qui doit faire acte de foi pour obtenir de l’aide. Une seconde personne ne peut faire acte de foi pour une seconde, un acte de foi est personnel.
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Chapitre 38 Un trésor que Jésus et Marie nous ont laissé, c’est la prière. Je laisse à Maria Voltorta le soin d’expliquer la prière Voltorta livre 3 page 104 Mais je vous fais connaître comment on prie et ce qu’est la prière. C’est une conversation de fils avec le Père, d’esprits à Esprit, ouverte, chaude, confiante, recueillie, franche. La prière est tout: c’est un aveu, c’est connaissance de nous-même, c’est pleurs sur nous-même, c’est engagement à notre égard et à l’égard de Dieu, c’est demande à Dieu, le tout aux pieds du Père. Elle ne peut se faire dans le vacarme, parmi les distractions, à moins d’être des colosses en fait de prières. Faire une prière, c’est faire acte d’humilité. C’est marché sur son orgueil en acceptant d’être tout petit devant notre Dieu, C’est accepter d’être aider, de réaliser que seul on ne peut rien. C’est s’ouvrir en toute confiance, d’être certain d’être écouté. De faire Sa volonté et non la sienne. Voltorta livre 4 page 457 «Certainement je vais te le dire. Ainsi tu prieras avec moi. La journée c’est Dieu qui la donne, toute entière, celle qui est lumineuse comme celle qui est sombre: le jour et la nuit. C’est un don de vivre de d’avoir la lumière. C’est une sorte de sanctification la manière dont on vit. N’est-ce pas? Alors il faut sanctifier les moments du jour entier pour se garder dans la sainteté et garder présent à notre cœur le Très-Haut et sa bonté, et en même temps retenir au loin le démon. Observe les oiseaux: au premier rayon du soleil, ils chantent, ils bénissent la lumière. Nous aussi nous devons bénir la lumière qui est un don de Dieu, et bénir Dieu qui nous la donne et qui est lumière. Le désirer dès la première clarté du matin comme pour mettre un sceau de lumière, une note de lumière sur tout le jour qui s’avance, pour qu’il soit tout entier lumineux et saint, et s’unir à toute la création pour chanter l’hosanna au Créateur. Puis, quand les heures passent, et à mesurent qu’elles passent, elles nous apportent la constatation de ce qu’il y a de douleur et d’ignorance dans le monde: prier encore pour que la douleur soit soulagée, que l’ignorance disparaisse, et que Dieu soit connu, aimé, prié par tous les hommes qui, s’ils connaissaient Dieu, seraient toujours consolés, même dans leurs souffrances. Et à la sixième heure, prier pour l’amour de sa famille, goûter ce don d’être unis avec ceux qui nous aiment. Cela aussi est un don de Dieu. Et prier pour que la nourriture ne passe pas de son caractère d’utilité à celui d’occasion de péché. Et au crépuscule prier en pensant que la mort est le crépuscule qui nous attend tous. Prier pour que le crépuscule de notre journée ou de notre vie s’accomplisse toujours avec une âme en grâce. Et quand les lumières s’allument, prier pour remercier le jour qui s’achève et pour demander la protection et le pardon afin de se livrer au sommeil sans craindre le jugement imprévu et les assauts du démon. Prier enfin pendant la nuit- mais ceci est pour ceux qui ne sont pas des enfants- pour parer aux péchés des nuits, pour éloigner Satan des faibles, pour que chez les coupables survienne la contrition avec la réflexion et de bonnes résolutions qui deviendront réalités au lever du jour. Voilà comment et pourquoi prie le juste pendant la journée.» En étant en prière, on s’ouvre directement avec Dieu qui nous offre sa sagesse. Le temps présent celui dans lequel nous vivons, il semble certainement que vivre en bon chrétien semble très marginal. Les églises se vident à une vitesse fulgurante. Pourquoi? Dieu n’existe-t-il encore ou est-il seulement un mythe, un être de légende? Non! Soyons donc fiers de notre foi malgré les boutades de quelques uns. C’est certain qu’il y aura des boutades, des moqueries, de l’humour déplacé car on se moque de choses que l’on ne comprend pas, qui sont différentes d’un cheminement de vie. Ayons cette sagesse de continuer notre chemin en allant chercher Dieu où Il nous attend pour augmenter notre persévérance à le suivre en suivant ses enseignements. Participons à l’eucharistie aussi souvent que cela est possible, c’est là la source de vie continuelle, la source des Dons de Dieu. Alors avec la prière et l’Eucharistie nous serons prêts. Nous ne nous laisserons pas surprendre par les prochains événements que Notre Seigneur et Marie ont bien voulu nous annoncer. Qui fait preuve de tant de miséricorde? Qui sait si bien nous prévenir, pas seulement un fois comme ce fut le cas voilà déjà 2000ans? Évangile de Jésus Christ selon Saint Mathieu (24, 37-44) Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement de Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. À cette époque, avant le déluge, on mangeait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Dues femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maître de la maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’airait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’homme viendra. » C’est Jésus, c’est le Père, c’est Marie avec toutes leurs Miséricordes Divines qui nous préviennent. Oui! Le Christ reviendra! Cela est pour bientôt. Je l’espère de tout mon cœur car je voudrais une terre entière en Paix pour que mes enfants et mes petits-enfants puissent vivre cette vie de paix. S’il faut un grand bouleversement, un grand avertissement pour obtenir cette paix alors qu’il survienne. Nous serons préparés. Que ceux qui veulent bien comprendre, se préparent en toute sérénité, en laissant la peur de coté. En la balayant du revers de la main. En nous plaçant en toute confiance dans le cœur de Marie et de Jésus. Ils prendront soin de nous car ils ne veulent pas la fin de l’homme. Ils veulent seulement des hommes de paix. Voltorta livre 4 page360 Mais ne savez-vous pas que quand on a mis la main à la charrue, il faut persévérer une année, dix, cent, tant que dure la vie, car s’arrêter est un crime envers soi-même, parce qu’on refuse une gloire plus grande, et c’est régresser, car celui qui s’arrête, généralement, non seulement ne progresse plus mais revient en arrière? Le trésor du Ciel doit augmenter d’année en année pour être bon, puisque si la Miséricorde Divine doit être bienveillante, même avec ceux qui ont eu peu d’années pour le former, elle ne sera pas complice des paresseux qui, ayant une longue vie, font peu de chose. Le trésor doit être en continuelle croissance. Autrement ce n’est plus un trésor qui porte du fruit, mais un trésor inerte et cela se produit au détriment de la Paix promise au Ciel. Je remercie Dieu pour ces années de bonheur. Je ne puis être indifférente de tant de biens reçus de Dieu. Je veux les partager, partager ce trésor en matières spirituelles. Voltorta livre 4 page 362 Et ne soyez ni indifférents ni avares des biens de Dieu. Donnez de ce que vous avez en fait de sagesse et de vertu. Soyez actifs en matière spirituelle comme les hommes le sont pour les choses de la chair. C’est pour vous tous en tant qu’amis, en tant que frères que toutes ces lignes sont écrites. On donne tout à son frère, tous les moyens pour l’aider, s’il le veut bien. Je veux vous offrir un moyen indispensable pour avancer. Je vous les offre comme le proposerait un vendeur de voiture. Une voiture indispensable pour parcourir un long chemin de vie. Une voiture familiale dans laquelle tous pourraient entrer, en tirant une remorque à l’arrière. Une voiture chaussée de quatre bons pneus increvables qui sont : l’espérance, la foi, la charité et la persévérance. Elle carburerait à la prière et l’Eucharistie serait son huile. Son système de direction serait l’enseignement de Jésus, l’amour et celui-ci serait le volant. Les phares seraient Marie. Dans la remorque, l’humanité prendrait place en toute sécurité dans la paix. Il faut de l’audace pour concevoir une telle voiture. Il en faut encore plus pour la mette sur la route de montagne qui même à Dieu. Ayez cette audace de vous la procurer pour tous ces êtres que vous aimez. Il faut surtout avoir la foi. Voltorta livre 4 page 207 La foi présuppose une espérance pleine de certitude. Comment croire arriver à Dieu si on n’espère pas en sa bonté? Comment trouver un appui dans la vie si on n’espère pas en une éternité? Comment pouvoir persévérer dans la justice si on n’est pas animé par l’espérance que chacune de nos bonnes actions est vue par Dieu et pour en recevoir une récompense? De la même manière, comment faire vivre la charité s’il n’y a pas en nous l’espérance? L’espérance précède la Charité et la prépare. Les désespérés n’aiment plus. Voilà l’échelle faite de barreau et de montants: la Foi c’est le barreau, l’Espérance les montants; en haut c’est la Charité vers laquelle on monte moyennant les deux autres. L’homme espère pour croire, il croit pour aimer. Tout comme l’échelle et la voiture qui peuvent être de merveilleux trésors qui s’offrent à tous ceux qui veulent bien les découvrir. Voici une dernière prière que Jésus a laissée à Elizabeth Kindermann dans son journal spirituel page 84: Et le doux Rédempteur me pria de réciter avec Lui cette prière qui exprime ses désirs les plus ardents: J.C.-« Que nos pieds cheminent ensemble, Que nos mains rassemblent dans l`unité, Que nos coeurs battent au même rythme, Que nos âmes soient en harmonie, Que nos pensées soient à l`unisson, Que nos oreilles écoutent ensemble le silence, Que nos regards se fondent l`un dans l’autre, Et que nos lèvres supplient ensemble le Père Éternel, pour obtenir miséricorde.» Je laisse mon petit fils terminer ce chapitre. Quand ce petit lutin va se coucher, il trouve toujours une astuce pour étirer notre présence près de lui. Voici donc sa dernière stratégie. Avec ses yeux rieurs et pétillants, lors de la sieste d’après-midi : « Grand-maman, on peut dire les paroles pour le Papa des Cieux? » « Bien sur mon lutin! » Alors commence le Notre Père. Il répète un petit bout de la prière après moi. Le tout se termine par un petit signe de croix sur son front, en lui disant : « Que Jésus te bénisse et Marie te protège! » Avec ce petit stratagème vous pouvez être certain que tous vos petits lutins auront un sommeil réparateur aux pays des rêves. C’est avec mes petits enfants que je retrouve le plaisir de parler de Jésus. Est-ce cela ce rôle grand parent? Si oui, il est super. Super de prendre le temps, car cela nous l’avons ce temps. Il nous appartient et ne coute rien. Nous avons cette liberté d’en disposer selon notre propre volonté.
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Conclusion Au début du livre, je vous avais suggéré de garder de la place dans votre baluchon pour les différents trésors que vous pourriez rencontrer. Les annexes font parties de ce trésor, les accumuler ou les rejeter selon votre bon vouloir. La seule chose indispensable dans le baluchon de la vie est l’amour. Cet amour qui irradie de chaque être parce qu‘il vient de Dieu et qu’il le possède au fond de son cœur. Les bouddhistes, les musulmans ou tout autres adeptes d’une religion, je vous pose cette question. Avez-vous dans votre religion un être qui est venu sur terre et qui fut ressuscité par son propre Père? Je ne crois pas. Alors je vous propose un dernier cadeau. Le casier postal à notre cher Papa des Cieux. Ce casier postal comprend deux choses principales : Un volume écrit par Roger Bonheur relatant plusieurs témoignages représentatifs des réponses reçues du Ciel. Cette méthode de la prière s’est toujours révélée très efficace lorsqu’elle est faite avec foi, humilité, confiance et amour. La Boîte elle-même ou le casier qui sert à contenir les lettres que tout lecteur ou lectrice désire envoyer au Père Éternel. Roger Bonheur, un pseudonyme, est né en 1919 dans l’Estrie au Québec; il est décédé à Montréal en 1998. Il était machiniste de son métier. Il avait toujours avec lui des casiers postaux à notre cher Papa des Cieux, qu’il fabriquait avec amour, un moyen qu’il avait inventé pour mieux faire connaître les bontés du Père Éternel et nourrir la prière du cœur. À sa retraite, il a écrit un livre, maintenant épuisé, avec une sélection des nouveaux témoignages qu’il avait reçus de partout. Une nouvelle édition revue et corrigée est maintenant disponible aux éditions Saint Raphaël à Sherbrooke. Avec ce casier postal vous aurez la possibilité de vérifier la miséricorde infinie du Père Éternel qui accueille et attend tous les êtres vivants auprès de Lui. Un petit détail : un casier postal est personnel. Les personnes qui ont besoin d’aide doivent le demander personnellement, c’est elle qui doit faire acte de foi devant le Père Éternel pour être entendu. Essayez, n’ayez pas de crainte, vous serez entendus! Cette expérience en Bolivie m`a permis de découvrir ce trésor enfoui au plus profond de mon être: le pouvoir. Chaque personne a ce pouvoir ou la volonté. C`est à chacun de la manier selon son libre arbitre. Je vous ai offert ce qui me tient le plus à cœur: ma foi. Avec cette foi, allez frapper à la porte de votre coeur, en le réchauffant avec la Flamme d`Amour du Coeur Immaculé de Marie. Votre cœur explosera comme un petit grain de maïs dur. Il deviendra un grain de pop corn appétissant, vous offrant la vie avec appétit, s`il est arrosé de la meilleure garniture: l`entraide à son prochain. Bonne chance! La vie vous appartient! Vous avez le pouvoir de la changer vers la Paix, si le monde vous intéresse. Ce qui m`intéresse maintenant, c`est la participation lors des offices religieux. Elle est en diminution dramatique. Cet amour pour notre Dieu devrait entrer dans nos églises pour Le remercier de tout ce que nous possédons surtout pour cette paix sur notre pays sans bombe, sans stress, pour cette sécurité au lendemain. Nous avons le meilleur. Il faudrait le partager avec nos enfants pour qu`ils réalisent cette chance d`être ici. Nous aimons nos enfants pourquoi ne pas leur offrir le meilleur pour leur vie spirituelle. Vous êtes maintenant au sommet de cette montagne. À vos pieds se trouve le monde. Où va-t-il donc? Vous avez les arguments pour l’aider si vous le voulez. Vous n’êtes plus seul car vous avez trouvé Dieu au fond de vous. Vous y croyez? Alors c’est à vous de lancer à votre voisin cette corde de foi, d’entraide, de bonté pour rendre ce monde meilleur. Ce monde qui deviendra un monde de paix. Annexe 1 Origine de la Flamme d’Amour Sous le régime communiste, dans les années 1948-1949, un jeune religieux, Gabriel Rona quitte sa patrie pour compléter ses études théologiques en Espagne. Ordonné prêtre, il part comme missionnaire en Équateur. C’est là qu’il traduit le manuscrit d’Élizabeth Kindelmann en Espagnol. Le mouvement de réparation se répand dès lors dans toute l’Amérique latine. Dès 1987, « La Flamme d’Amour» reçoit l’appui des évêques et archevêques d’Acapulco, de Colaya, de Guyayquil, de Tuxila, de Mexico, de Durango. Aussi, est-il normal que la première rencontre internationale soit placée sous la Protection de Notre- Dame de Guadeloupe (Mexico), dont la manifestation en 1531 a grandement contribué à l’évangélisation de l’Amérique centrale et du sud. En 1968, le Seigneur demanda à Élizabeth de se rendre chez son évêque de Sakesfenervar et de lui présenter « La Flamme d’Amour» Celui-ci informe le saint- Siège et Paul VI manifesta son intérêt. Deux ans plus tard, Élizabeth Kindelmann se sent appelée à se rendre à Rome. Istvan Kosztolanyi, professeur à la faculté de théologie de Budapest et le confesseur d’Élizabeth, le père Emo Fuhrmann l’accompagne. Avec l’appui du prélat hongrois Istvan Mester, supérieur de la maison Saint Étienne à Rome, un résumé en langue italienne du journal d’Élizabeth est présenté au Saint-Père. En 1976, Gyule Molnal obtient un visa de touriste pour se rendre à Rome. Dans ses bagages, il apporte au prélat Mester le manuscrit complet de 220 pages. En 1977, Élizabeth est à nouveau appelée par le Seigneur à se rendre à Rome pour informer le Pape et les nombreux cardinaux de la curie romaine. Elle ne peut rencontrer le Pape, mais s’entretient avec plusieurs cardinaux et fait parvenir aux autres une brève information en langue italienne. La première rencontre du mouvement hongrois « La Flamme d’Amour s’est déroulée à Mexico du 12 au 18 juillet 1999. La veille, le cardinal Norberto Rivera, archevêque du lieu, lors d’un office solennel, saluait la délégation hongroise et les délégations sud-américaines présentes. Le mouvement « La Flamme d’Amour» fut créé en Hongrie à la suite des révélations célestes confiées à Élizabeth Kindelmann. Mgr Endre Gyulay, évêque de Szeged-sanad, a délégué à Mexico notre ami de Budapest, le diacre g Molnar, lui demandant d’établir un rapport à l’intention de la Conférence épiscopale hongroise. On sait que déjà le cardinal Mindszonty avait apporté un chaleureux soutien à ce mouvement de réparation envers les Cœurs de Jésus et de Marie, blessés par les péchés, par l’ingratitude et le manque d’amour des hommes. G. Molnar informe l’assemblée qu’il considère le moment venu de publier en hongrois la biographie d’Élizabeth Kindermann qu’il a rédigée après la mort de la voyante, survenue le 11 avril 1985 à Erd. Le cardinal Echevema Ruiz demande que cette biographie soit au plus vite disponible en langue espagnole, ainsi qu’en d’autres langues. Annexe 2 D’où vient la croix d’Amour Qui est Madeleine Aumont? Madeleine naît le 27 octobre1924 à Puteaux-en-Auge (France), deuxième d’une humble famille qui comptait trois enfants. Plus tard, elle choisit le métier de couturière; à 24 ans, elle épousa Roland Aumont; ils auront 2 filles et trois garçons..Vers 1966, la paroisse de Puteaux perd son curé. Privés des services religieux et de moyen de locomotion pour se rendre à la paroisse voisine, Madeleine et sa famille délaissent alors la pratique religieuse. Deux ans plus tard, la famille déménage dans un village voisin: Dozulé. Cette paroisse a bien un prêtre mais il faudra attendre encore deux autres années avant de voir Madeleine franchir les portes de l’église. Grâce aux bons conseils de sa mère, elle décide enfin à se confesser et reçoit la Sainte Communion le jour de Pâques 1970, après 4 ans d’abandon de la pratique religieuse. C’est alors qu’elle vit une expérience spirituelle hors du commun qui la transforme totalement. Jésus lui fait ressentir Sa Présence dans la Sainte Eucharistie. Dès lors, Madeleine se sent irrésistiblement attirée vers Jésus-Hostie. Cette faveur du Ciel, qui se renouvellera de nombreuses fois par la suite, marque pour elle le début de sa conversion. Suite à ce revirement profond, elle se met au service de la paroisse comme catéchiste auprès des enfants du village. Il est environ 4h40 au matin du 28 mars 1972 quand Madeleine voit apparaître, par la fenêtre de sa chambre, une croix immense, merveilleusement belle et plus brillante que le jour! Dira-t-elle. Et du Ciel, elle entend une voix qui proclame: «Ecce Crucem Domini» (Elle, qui n’a que peu d’instruction et qui ne sait rien du latin, n’apprendra que plus tard la signification de ces trois mots «Voici la Croix du Seigneur») En tout, Cette croix apparaîtra 7 fois, puis elle s’effacera pour faire place à Jésus Lui-même. Jusqu’en 1978, Madeleine verra à plusieurs reprises Notre Seigneur apparaissant souvent à la place du Saint-Sacrement, soit à l’église ou dans la chapelle d’un pensionnat voisin. Tout au long de ces 6 années, le ciel confiera à Madeleine un message d’une très grande importance pour le monde, et demandera à son Église la réalisation d’une demande extraordinaire. Toujours obéissante et attentive aux recommandations de son directeur spirituel, l’abbé Victor L’Horset (alors curé Dozulé), Madeleine sera l’humble et fidèle messagère de Jésus, malgré les embûches qui de dresseront sur sa route. Pendant toutes ces années, jusqu’en 1979, Madeleine vivra ces expériences mystiques sans pouvoir les dévoiler à son époux qui ne veut rien savoir des «histoires de Bon Dieu.» Retenue par la charité, elle ne dit rien mais prie et se sacrifie pour sa conversion… Et Dieu l’exauce enfin après 9 ans d’attente! C’est en prenant connaissance de toutes les merveilles opérées par le Ciel à travers son épouse, que Roland Aumont retrouve la lumière de la Foi… D’incroyant et incrédule qu’il était, le Ciel en fera un appui infatigable pour Madeleine et sa mission. Dès le tout début des apparitions célestes à Dozulé, Dieu montre à Madeleine l’importance de la croix dans le mystère du Salut. À plusieurs reprises elle la verra, toujours resplendissante de gloire. C’est ainsi qu’Il introduit Madeleine dans la mission qu’Il désire lui confier:«Dites au prêtre de faire élever à cet endroit la Croix Glorieuse et au pied, un sanctuaire. Tous viendront s’y repentir et trouver la Paix et la joie(…)»(Jésus à Madeleine, 7 décembre 1972) «(…)C’est par la croix Glorieuse, qui est le signe du fils de l’Homme, que le monde sera sauvé.»(Jésus à Madeleine, 28 mars75) Annexe 3 Par Notre Seigneur à Les Quinze oraisons révélées Sainte Brigitte Ces oraisons et ces promesses ont été copiées sur un livre imprimé à Toulouse en1740 et publié par le P.Adrien Parvilleirs, de la Compagnie de Jésus, missionnaire apostolique de la terre sainte, avec approbation, permission et recommandation de les répandre. Les parents, maîtres et maîtresse qui les feront dire aux jeunes enfants pendant au moins un an, leur assureront d’être préservés de tout accident grave pouvant entraîner la perte de quelqu’un de leurs cinq sens, pour aussi longue que soit leur vie, ainsi que les autres privilèges spécifiés, et lorsqu’on se sera rendu bien compte que tous ces privilèges se réalisent sans aucune exception, le plus grand nombre voudra sans aucun doute se les assurer. Le Pape Pie IX à eu connaissance de ces oraisons avec le prologue; il les as approuvées le 31 mai 1862, les reconnaissant vraies et pour le bien des âmes. Cette sentence du Pape Pie IX a été confirmée par la réalisation des promesses envers toutes personnes qui ont récité les Oraisons et par de nombreux faits surnaturels par lesquels Dieu a voulu faire connaître leur exacte vérité. Comme il y avait fort longtemps que Ste Brigitte désirait savoir le nombre de coups que Notre Seigneur reçut en sa passion, un jour il lui apparut en lui disant : » J’ai reçu cinq mille quatre cent quatre-vingts coups, que si vous voulez les honorer par quelque vénération, vous direz quinze PATER et quinze AVE MARIA avec les oraisons suivantes (qu’il lui enseigna) pendant un an entier : l’année étant achevée, vous aurez salué chacune des plaies ». Il ajouta, que quiconque dirait ces Oraisons durant un an « délivrera quinze âmes du purgatoire de sa lignée du Purgatoire, quinze justes de sa même lignée seront confirmés et conservés en grâce et quinze pécheurs de sa même lignée seront convertis. »La personne qui les dira aura les premiers degrés de perfection, et, quinze jours avant sa mort, je lui donnerai mon précieux sang afin que par celui-ci il sera délivré de la faim éternelle; je lui donnerai à boire mon précieux sang de peur qu’il n’a soif éternellement; et, quinze jours avant se mort, il aura une amère contrition de tous ces péchés et une parfaite connaissance d’eux. Je mettrai le signe de ma très glorieuse croix devant lui, pour son secours et défense contre les embûches de ses ennemis. « Avant sa mort, je viendrai avec ma très Sainte Mère bien-aimée et recevrai bénignement son âme et la mènerai aux joies éternelles et, l’ayant menée jusque-là, je lui donnerai un singulier trait à boire de la fontaine de Déité, ce que je ne ferai point à d’autres ne disant pas mes oraisons. Il faut savoir que quiconque aura vécu trente ans en péché mortel et dirait dévotement ou aurait proposé de dire ces oraisons, le Seigneur lui pardonnera tous ces péchés et le défendra de mauvaises tentations et lui conservera ses cinq sens, et le préservera de mort subite et délivrera son âme des peines éternelles et obtiendra tout ce qu’il demandera à Dieu et à la Très Sainte Vierge. Que s’il avait toujours vécu selon sa propre volonté et s’il devait mourir demain, sa vie se prolongera. Toutes les fois que quelqu’un dira ces oraisons, il gagnera cinquante jours d’indulgence et est assuré d’être mis et joint au suprême chœur des anges et quiconque les enseignera à un autre, sa joie et son mérite ne manqueront jamais, mais seront stable et dureront à perpétuité. Là où sont et où seront dites ces oraisons, Dieu est présent avec sa grâce. Tous ces privilèges ont été promis à Sainte Brigitte par une image de Notre Seigneur crucifié, à condition qu’elle dise tous les jours les dites Oraisons, et ils seront aussi promis à tous ceux qui les diront dévotement l’espace d’un an. PREMIÈRE ORAISON Pater, Ave O Jésus Christ! Douleur éternelle à tous ceux qui vous aiment, joie qui surpasse toute joie et tout désir, salut et espoir de tous pécheurs, qui avez témoigné n’avoir de plus grand contentement que d’être parmi les hommes, jusqu'à prendre la nature humaine en la plénitude des temps pour l’amour d’eux; souvenez –vous de toutes les souffrances que vous avez endurées dès l’instant de votre conception et surtout dans le temps de votre Sainte Passion, ainsi qu’il avait été décrété et ordonné de toute éternité dans la pensée divine. Souvenez-vous, Seigneur, que faisant la cène avec vos disciples, après leur avoir lavé les pieds, vous leur avez donné votre corps sacré et votre précieux sang, et, tout en les consolant avec douceur, vous leur avez prédit votre prochaine passion. Souvenez-vous de la tristesse et amertume que vous avez éprouvées en votre âme, comme vous le témoignâtes vous-même, disant:»mon âme est triste jusqu’à la mort». Souvenez-vous de toutes les craintes, angoisses et douleurs que vous avez endurées en votre corps délicat avant le supplice de la croix, quand, après avoir prié trois fois en répandant une sueur de sang, vous fûtes trahi par Judas, votre disciple, pris pas la nation que vous avez choisie et élevée, accusé par de faux témoins, injustement jugé par trois juges, en la fleur de votre jeunesse et dans le temps solennel de la pâque. Souvenez-vous que vous fûtes dépouillé de vos propres vêtements et revêtu de ceux de la dérision; qu’on vous voilà les yeux et la face, qu’on vous donna des soufflets, que vous fûtes couronné d’épines, qu’on vous mit un roseau à la main et qu’attaché à une colonne vous fûtes déchiré de coups et accablé d’affronts et d’outrages. En mémoire de toutes ces peines et douleurs que vous avez endurées avant votre passion sur la croix, donnez-moi avant ma mort une vraie contrition, une pure et entière confession, une digne satisfaction et la rémission de tous mes péchés. Amen DEUXIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Vrai liberté des anges, paradis de délices, ayez mémoire de l’horreur de tristesse que vous endurâtes lorsque vos ennemis, ainsi que des lions furieux, vous entourèrent, et par mille injures, crachats, soufflets, égratignures et d’autres supplices inouïs, vous tourmentèrent à l’envi. En considération de ces tourments et de ces paroles injurieuses, je vous supplie, ô mon sauveur! De me délivrer de tous mes ennemis, visibles et invisibles, et de me faire arriver, sous votre protection, à la perfection du salut éternel. Amen TROISIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus, Créateur du ciel et de la terre, que nulle chose ne peut borner ni limiter, vous qui refermez et tenez tout sous votre puissance, ressouvenez-vous de la douleur très amère que vous souffrîtes lorsque les juifs, attachant vos mains sacrées et vos pieds très délicats à la croix, les percèrent d’outre en outre avec de gros clous émoussés et, ne vous trouvant pas dans l’état qu’ils voulaient pour contenter leur rage, agrandirent vos plaies, y joutèrent douleur sur douleur et, par une cruauté inouïe, vous allongèrent sur la croix et vous tirèrent de tous cotés en disloquant vos membres. Je vous conjure, par la mémoire de cette très sainte et très aimante douleur de la croix, de me donner votre crainte et votre amour. Amen QUATRIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Céleste médecin, élevé en croix pour guérir nos plaies par les vôtres, souvenez-vous des langueurs et meurtrissures que vous avez soufferts en tous vos membres dont aucun ne demeura en sa place, en sorte qu’il n’y avait douleur semblable à la vôtre. Depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête Aucune partie de votre corps n’était sans tourments; et cependant, oubliant toute vos souffrances, vous n’avez point laissé de prier votre Père pour vos ennemis, lui disant : »Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font». Par cette grande miséricorde et en mémoire de cette douleur, faites que le souvenir de votre très amère Passion opère en nous une parfaite contrition et la rémission de tous nos péchés. Amen CINQUIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Miroir de splendeur éternelle, souvenez-vous de la tristesse que vous avez eue, lorsque, contemplant dans la lumière de votre divinité la prédestination de ceux qui devaient être sauvés par les mérites de votre sainte passion, vous voyez en même temps la grande multitude des réprouvés qui devaient être damnés par leurs péchés et vous plaigniez amèrement ces malheureux pécheurs perdus et désespérés. Par cette abîme de compassion et de pitié, et principalement par la bonté que vous fîtes paraître envers le bon larron, lui disant: « Tu seras avec moi aujourd’hui en paradis», je vous prie, o doux Jésus! Qu’a l’heure de ma mort, vous me fassiez miséricorde. Amen SIXIÈME ORAISON Pater, Ave Misérable, vous étiez attaché et élevé en croix, où tous vos parents et vos amis vous abandonnèrent, excepté votre O Jésus! Roi aimable et tout désirable, souvenez vous de la douleur que vous avez eu quand, nu et comme un Mère bien-aimée qui demeura très fidèlement auprès de vous dans l’agonie et que vous recommandâtes à votre fidèle disciple, disant à Marie:» Femme, voilà votre fils!» et à St Jean:» Voilà votre mère!» Je vous supplie, o mon sauveur! Par le glaive de douleur qui alors transperça l’âme de votre sainte mère, d’avoir compassion de moi en toutes mes afflictions et tribulations, tant corporelles que spirituelle, et de m’assister dans toutes mes épreuves, surtout à l’heure de ma mort. Amen SEPTIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Fontaine de pitié inépuisable qui, par une profonde affection avez dit sur la croix:»J’ai soif!» mais de la soif du salut du genre humain, je vous prie, ô mon sauveur d’échauffer le désir de nos cœurs pour tendre à la perfection dans toutes nos œuvres, et d’éteindre entièrement en nous la concupiscence et l’ardeur des appétits mondains. Amen HUITIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Douceur des cœurs, suavité des esprits, par l’amertume du fiel et du vinaigre que vous avez goûtés en la croix d’amour pour l’amour de nous, accordez-nous de recevoir dignement votre corps et votre sang précieux pendant notre vie et à l’heure de notre mort, pour servir de remède et de consolation à nos âmes. Amen NEUVIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Vertu royale, joie de l’esprit, ayez souvenance de la douleur que vous avez endurée, lorsque, plongé dans l’amertume à l’approche de la mort, insulté et outragé par les juifs, vous criâtes à haute voix que vous avez été abandonné de votre père, lui disant: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné?» Par cette angoisse, je vous conjure, ô mon sauveur! Ne m’abandonnez pas dans les terreurs de ma mort. Amen DIXIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Qui êtes en toutes choses commencement et fin, vie et vertu, souvenez-vous que vous vous êtes plongé pour nous dans un abîme de douleurs, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête. En considération de la grandeur de vos plaies, enseignez-moi à garder vos commandements par une vraie charité, ces commandements dont la voie est large et aisée pour ceux qui vous aiment. Amen ONZIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Abîme très profond de miséricorde, je vous supplie, en mémoire de vos plaies qui ont passé jusqu’à la moelle de vos os et de vos entrailles, de me tirer, moi, misérable submergé par mes offenses, hors du péché et de me cacher de votre face irritée dans les trous de vos plaies, jusqu’à ce que votre colère et votre juste indignation soient passées. Amen DOUZIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Miroir de vérité, marque d’unité, lien de charité, souvenez-vous de la multitude de plaies dont vous avez été blessé de la tête aux pieds, déchiré et tout rougi par l’effusion de votre sang adorable! O grande et universelle douleur que vous avez souffert pour l’amour de nous en votre chair virginale! Très doux Jésus, qu’avez-vous pu faire pour nous que vous n’avez fait? Je vous conjure ô mon sauveur de marquer de votre précieux sang toutes vos plaies dans mon cœur, afin que j’y lise sans cesse vos douleurs et votre amour. Que par le souvenir de votre passion, le fruit de vos souffrances soit renouvelé dans mon âme, et que votre amour s’y augmente chaque jour, jusqu’à ce que je parvienne à vous qui êtes le trésor de tous les biens et de toutes les joies, que je vous supplie de me donner, ô très doux Jésus dans la vie éternelle. Amen TREIZIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Lion très fort, roi immortel et invincible, ayez mémoire de la douleur que vous avez endurée, lorsque toutes vos forces, tant du cœur que du corps, étant entièrement épuisées, vous inclinâtes la tête et vous dîtes:» Tout est consommé». Par cette angoisse et douleur, je vous supplie, Seigneur Jésus, d’avoir pitié de moi, en la dernière heure de ma vie, lorsque mon âme et que mon esprit sera troublé. Amen QUATORZIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Fils unique du Père, splendeur et figure de sa substance, souvenez-vous de l’étroite et humble recommandation que vous fîtes à votre Père lui disant;» Mon Père je remets mon esprit entre vos mains!» Et votre corps déchiré, votre cœur brisé et les entrailles de votre miséricorde ouvertes pour nous racheter, vous avez expiré! Par cette précieuse mort, je vous supplie ô Roi des Saints, confortez-moi et me donnez secours pour résister au démon, à la chair et au sang, afin qu’étant mort au monde, je vive en vous seul. Recevez je vous prie, à l’heure de ma mort, mon âme pèlerine et exilée qui retourne à vous. Amen QUINZIÈME ORAISON Pater, Ave O Jésus! Vraie et féconde vigne, souvenez-vous de l’abondante effusion de sang que vous avez si généreusement répandu de votre corps sacré, ainsi que le raisin sous le pressoir. De votre coté, percé d’un coup de lance par un soldat, vous avez donné du sang et de l’eau, en telle sorte qu’il n’en est plus demeuré une seule goutte, et enfin, comme un faisceau de myrrhe élevé au haut de la croix, votre chair délicate s’est anéanti, l’humeur de vos entrailles s’est tarie, la moelle de vos os s’est séchée. Par cette amère passion et par l’effusion de votre précieux sang, je vous supplie, ô bon Jésus! De recevoir mon âme lorsque je serai à l’agonie de ma mort. Amen CONCLUSION O Doux Jésus! Blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour nuit et jour me servent de pain; convertissez-moi entièrement à vous, que mon cœur vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation vous soit agréable, et que la fin de ma vie vous soit tellement louable qu’après ma mort je puisse mériter votre paradis et vous louer à jamais avec tous vos saints. Amen Je vous salue, brillante étoile de la mer, aimable Mère de Dieu, toujours Vierge, qui nous avez procuré l’entrée du ciel. Recevez ce salut comme de la bouche de Gabriel; affermissez nous dans la paix en changeant le nom que vous avez reçu d’Ève. Procurez la liberté aux captifs, la lumière aux aveugles; dissipez nos maux, et obtenez-nous tous les vrais biens par vos prières. Montrez-nous que vous êtes notre mère, et que celui qui a daigné être votre fils en naissant par vous, reçoive nos prières par votre moyen. O Vierge incomparable et qui avez un cœur plein de douceur, délivrez-nous du péché, rendez nous doux et chastes. Obtenez-nous la grâce de mener une vie pure; conduisez-nous par le chemin assuré pour participer, dans l’éternité, à votre joie en voyant Jésus. Louange à Dieu le Père, honneur à Jésus Christ qui est élevé au-dessus de tout; gloire au Saint-Esprit et rendons un même hommage à la Sainte Trinité. Amen
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Bibliographie Enquête sur l’existence des anges, Pierre Jovanovic, Filipacchi, France, 1994 Dialogues avec l’ange, Gitta Mallasz, édition intégrale, Paris,1990 Histoire de Graide, C.Mouzelard, L.Bourdeaux-Capelle, S.A. Dinant, 1972 La voie du guerrier pacifique, Dan William, du Roseau, 1994 L’art du bonheur, Le Dalai-Lama et Howard Cutler ,Robert Lafont, 1994 L’évangile tel qu’il m’a été révélé, Marie Voltorta, Pisani, 1982. La Bible traduction œcuménique TOB’ édition intégrale, 1989, Paris. Les quinze oraisons révélées par Notre Seigneur à Sainte Brigitte, Les défenseurs de la foi, case postale 231 St- Rémi, Québec, Canada Confidences 655. Mercredi 3 octobre 2001. Les signes vous conduiront 1000 Créations en papier et origami, Paul Jackson et Angela A’Court, Casterman 1993. Casier Postal à notre cher Papa des Cieux, Roger Bonheur, Saint-Raphaël, 2004. La Flamme d`Amour du Coeur Immaculé de Marie, Le journal spirituel, Élizabeth Kindelmann,La Flamme d`Amour du Coeur Immaculé de Marie. 2006, Longueuil. La croix et le poignard, David Wilkerson,Vida, 1963.
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